‹ Bidasari poëme malaisChapitre 12 sur 23 · CHANT QUATRIÈME. I · texte numérisé non relu

CHANT QUATRIÈME. I

Le roi se réjouit de reconnaître dans sa voix celle de Bida, et demanda il Sinapati : • A quelle race a|i|)ur- « tient-il, mon ami ? a Sinapati s'inclina devant le souverain et dit : « Je vous demande mille fois pardon. 11

• est de la race des princes et des kalifcs ; sa nëgory

• n'est pas loin et son royaume est snperhe. Sa négory

• estbelle et grande, et le roi est juste et miséricordieux. ' Beaucoup de navires sont dans la baie avec toutes

• sortes d'officiers. »

A ces mots, le roi fut enchanté d'apprendre que son beau-père était un roi puissant. Tout joyeux, il continua ses informations, et Sinapati lui répondit : « Parce

> que sa négory a été autrefois ravagée, il a subi bean-

> coup de malheurs. •

Le roi comprit par là (ju'il était de noble race et de sang royal, et qu'il a connu l'adversité dans son royaume. Sinapati parla encore des grandeurs et de la puissance du roi de Kcmbajat. Le souverain ne put se contenir davantage, quitta son trône et appela le prince. Descendu de son trône, il dit : ■ Venez, entrez

• dans mon palais ! > Et il le décida par une grande bienveillance;

Le prince pensa en lui-même : a Quand mon père ■ entendra ceci, comme il estimera le roi ! car par lui

> nous avons été sauvés pour louer son nom. Comme il » est juste et aimable I Et que de pauvres et de faquirs il

• prend soin I »

. Et tout ce que le prince 'entendit le réjouit et l'émut prafbndément.

IttI BlltASAIII.

Il s'étuit prt'sciité iruiic manière convcnalil», «iiiuiblc

tl f;ruri(>iisv.

I.e loi conduisit le jeune prince |iai' lit niuiii et le tit entrer dans bun puluis. Lu, iU leneuntrèreut Kidusuri, assise auprès d'une fenêtre chinnise tonte ciselée.

Kii voyant le roi, elle pensa en elle-même : ■ Quel « bvuu et clinrniunt jeune homme amène-t*it là? »

lté roi s'assit il cAtë d'elle, le jtrince alla s'asseoir ti su gauche. Il s'inclina devant le couple royal et m! cornimrtu comnii! une |>crsunne bien élevée.

Le prince leva il la dérobée les yeux sur Uida, courliu le front et pensa en lui-même : • Belle est la figure de

• ma sœur, presque semblable h celle de mon père. »

Le roi dit en riant : » Parle-lui, ma chère; c'est ton » jeune frère, venu ici pour te voir, il est venu ici de lu ■ négory Kembujnt, et tu es celle qu'il cherche; ton » père est depuis longtemps rentré dans sa négory et n pleure tout le jour. >

A ces mots, Bidasari soupira et gémit. Elle gardait le silence et pensait que le marchand était son propre père , Klle inclina la tète et se tut. Ellé était émue parce qu'on la regardait et qu'elle ne connaissait pas son père ni sa mère, mais qu'elle tenait pour ses parents Djouharaetsu icmmc : « Je suisune personne de basse extraction ; mon » intelligence n'est pas développée. Le prince est venu

• ici de son trône royal pour nous raconter quelque » chose d'incertain. Si je suis In fille d'un roi, pourquoi » m'a-t-il délaissée ici ? N'a-t-il pas honte de ne m'avoir

• pas fait chercher pendant si'Iongtem]»? — C'est si

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UIIANT QUATRIKMK. lUl

> loin d'ici it Kcmluijat ! — Poiiiï|iioi ce roi a-t-il i>rr» il

> rurcntiii-c i-t ubaiidoiiiid son enfant dans h pctara? ' Je nuis une malheureuse ! Comment |iuis-je avoir des V frèrc& ou des sieurs, jmis(|ur le aiur-liund u il |ieiiie » un seul enfant? il n'eu u |ias davantage. >

Le prince s'inclina et ilit respectueuseuient : t Vos

> |iaroles, je les porte sur ma téte ; bannissez toute haine » de voire ca-ur; si vous éles de basse extraction, je le » suis aussi ; un Icmps où su négory u <!té ravagée, mmi

• père a sonifert ce malheur, et depuis peu de temps

> seulement il est de retow dans son dcssa, parce que » depuis ]icu de temps le jiays u retrouvé le calme et la » sécurité. Moi-même j'ai vu combien il u souffert dans » Sun cœur ; il ne prononce votre nom qu'avec des lar- " lues dans les yeut. Il ne vous a pas oubliée, ranlnnn nez-lui donc ce en quoi il pourrait avoir failli. Rcflé-

> cliissez il cela sérieusement. Est-ce que quelqu'un " aurait méconnu son enfant au point de l'abandonner

• dans un dessa? ■

Le roi répondit : • Tu dis vrai, mon ami, car ds ne

• savaient pas oik ils allaient, leur enfant était encore

• une toute petite fille ; il était presquo impossible de la

• prendre avec soi, h cause de toutes les ronces et des » tronçons d'orbres. De plus, ils erraient dans le désert » par une chaleur étouffante, llépomlsdui , mon amie, ■ dit-il à sa femme, il vient au-devant de toi. »

Le roi était troublé en voyant le prince s'approcher et se jeter aux pieds de la reine.

-'Bidasari serra son frère dans ses bras et les deux

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m iiiDASAni.

é|>oiiK s'riiihi'itsscmit l'un Tuiilre. Ensuite le prince

s'inclinu devant l« roi, qui lui dit en l'enibriiHiant aussi :

> Ne lui retire |iaston cœur, mon ami, parce que tu sivur

> a été bi tuiinu'e contre toi, »

L.V souverain lui présenta alors la botte do bétel; Sinapati en accepta et s'en servit. Le roi eut de douces et aimables juroles, et tous les deux furent do plus en plus enclins l'un vers l'autre.

f.u priiice s'ussit de noiivciiu et vuconta tous les cliii- (;rii)s (le ses parents; il ])lcurait en fuisunt ce récit, et tous ceux (|ui l'entcnituient pleuraient uvec lui. Ou uppoi'tu alors du riz pour le repas, qui fut servi devant eux. Les niandars apportèrent des plateaux avec ordre, déférence et respect.

Alors le roi dit joyeusement : « ^ens, mon amie, et » dinons.

Bidosari répondit : « Il vaut mieux que vous dîniez

• seul, je ne suis plus qu'une de vos sujettes; laissez-

• moi manger avec mes semblables. >

Le souverain reprit : « Le but de nies paroles est

• juste ; ne songe pas à t'éloigner ainsi de moi, car nous » sommes du même sang; en outre, je me suis uni il

• toi, et si j'agissais autrement, j'agirais mal. >

Alors les trois personnes royales dînèrent ensemble et elles se réjouirent beaucoup, et tons ceux qui les virent lurent réjouis aussi.

Après le repas, elles firent usage de siri et de toutes sortes de pariiims. Ensuite le prince prit congé de ses hôtes.

CHANT qdâthiéme. m Le roi demanda en riant : > Où veux-tu aller, mon

• frère? •

Le prince «'inclina et dit : • Je veux m'en retourner a chez mes parents. «

Mais le roi reprit d'une voix nlTectueuse : ■ Ne retourne

> pas chez Lila Hengindra ! Le frère et lu sœur ont » appris maintenant h se connaître et ont déjà de l'afTec-

• tion l'un pour l'autre; il y a ici assez de place pour toi, - — il y a des banquettes en abondance; — reste donc

• ici, mon frère, avec tes gens et tous tes servilnurs. ■

Le prince s'inclina, sortit et dit au marchand : • Je

• resterai ici dans le palais du roi, où le roi m'a accordé » une résidence pour moi et mes bedouandas. »

Le niangkouboumi s'inclina et dit : < Cela est bien,

> car où peut-on être mieux que près du roi? •

Et le prince se rendit au palais avec toutes les personnes qui l'avaient accompagné.

Tous les mantris se réunirent et se livrèrent durant tout ce temps à la joie et au plaisir.

Aussi longtemps qu'il fut à Indrapoura, le roi et son épouse lui montrèrent de l'affection ; ils l'invitaient chaque jour à se trouver dans leur société, et ils s'amusaient beaucoup avec lui.

Enfin la reine Bidasari fiit reconnue comme étant la fiUe d'un roi d'un autre pays ; cette nouvelle se répandit par toute la contrée, et l'on répéta que son frère était venu pour la chercher.

La reine Lila Sari liit surprise de tout ce qui se disait de Bidasari. Elle ne faisait que soupirer dans sa soli-

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m BiDASAni,

tiido, ressentait une tristesse inexprimable et croyait en

devenir folle. Elle dit b un mendar : « En me butant,

> j'ai mal fuit et me suis trop uliundonnce. Je complais

• sur les dayangs, mais elles ne viennent plus ici ; toutes

• quatre, elles sont allées li)-bas ei montrent mille ami-

> tiis h Bidasari; il n'est plus personne il cjui je puisse

> demander secours ; toiilcs mes ruses et mes mulices sont déjoudes. il fallait bien se fier h ces dayaiiQS !

• Elles paraissaient contrariées de imrtir; je pensais » qu'on pouvait les croire, c'est |jourquoi je les ai prises

> pour mes confidentes ; elles sont maintenant les ser- >> vantes fidèles de Bidasari et lui servent son repas. >

Dang Lila s'approcha, s'inclina et dit : • Des actes ■ d'infidélité n'apportent jamais bonheur : Dieu montre

• |iar là où est la loyauté. Les dayangs sont trcs-afHi-

• gées et languissent après vous, mais elles redoutent la

• colère du roi ; ii quiconque est aimé du roi, elles mon- » trent un visage sympathique. Ne pensez-vous pas,

> princesse, que vous-même avei mal agi ? Aussi long-

• temps que le roi a été fAchë contre vous, aucun de vos » omis n'est venu ici ; ils sont restés & l'écart et personne

• ne s'est montré, comme s'ils avaient été malades et

> privés de remèdes. Aussi longtemps que le roi ne parait » pas, nul présent n'est porté id. •

Quelques-uns des mendars dirent entre eux : t II

> vaut mieux que nous nous connaissions noui-mémes;

• il ne nous appartient pas d'accuser et de ridiculiser le » puissant roi. »

Tout cela irrita encore davantage la princesse; elle

CHANT OrATHlKMK. IM dit : • N'essayez |>as du consoler iiion ùine ! Il ne

> m'estime plus, et je ne veux |>as m'huniilicr devant »■ lui. Pourquoi est-il vrini ici, cet éliontf^? nicn (|uc le

• tambourin roynl ait été frappé Sf |tt fois pour elle, il a » retenti et résonné autrefois pour moi ! Qu'est cela ■ pour un roi qui est venu ici ? Qui sait s'il n'est pus le

> fih d'un pirate qui l'a abandonné ici, et s'il ne se fait

• |His passer pour un fds de roi i Qui sait si elle n'est

• pas le produit humain d'un louton({ ou d'un singe, qui « a été recueilli pur Lila Djouliara? Quiconque le nomme » épou\ de Bidasari a les yeux aveuglés par la douleur.

> Vous toutes, dayangs, allez en paix et montres-vous

> telles que des dayangs doivent être, dévouées comme

• celles qui se sont volontairement soumises au service

• de Bidasari et visent il devenir les concubines du roi I «

Elle paraissait bien irritée, mais en réalité elle se repentait. Elle n'avait a se plaindre de personne, et elle maigrissait de chagrin. Autrefois, elle pouvait obtenir tout ce qu'elle désirait et soulager son cœur & cAté du roi; tous tes désirs étaient satisfaits sans qu'il lui en coUttàtrien; maintenant tous les bitis et les perwaras étaient allés rejoindre le roi. Lila Sari les rappela bien auprès d'elle, mais le roi s'y opposa. Leeoeurdelaieine s'enflammait de plus en plus de colère comme si un scorpion l'avait blessé, car ses regrets augmentaient quand elle se remémorait l'affection du roi pour elle et ses propos inconvenants qui le mécontentaient. Son cœur était aussi inconsolable parce qu'elle avait eu jadis une cour.

Hais la princesse Bidasari dit au roi en voyant tous

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I»S UIUASARI.

lesluentlars : • Itciivoyez ces lueiidars, car ti vous les

» retenri [iiès de vous, Lila Sari se trouvera seule. •

Le rc»i n'|int en souriant et d'un air uiniuhie : u Non, » je ne les laisserai pas partir; elle est si déraisonnable Il et barbare, qu'elle n'ulme personne, et sa parole est n si dure et si cruelle, qu'elle peut bien rester seule. »

La princesse, avec un doux regard de ses yeux, dit : « Votre colère a été trop prompte. Elle vous a parlé » avec tunt du viviicilc, purre qu'elle était Iiubituée à >• une cour. En quoi vous a-t-elle donc manqué, pour

• que vous la repoussiez ainsi? Après l'ovoir caressée

> sur vos genoux, vous l'abandonnez maintenant dans la

> douleur I »

Et elle ajouta avec un soupir : • Ne soyez pas ainsi

> irrité contre elle, car si elle devait travailler en pilant » au mortier, lu honte en retomberait sur vous-même, v

La figure du roi s'illumina et il dit : ■ Je n'ai pas » refusé de revenir auprès d'elle , au contraire j'ai été â » elle et elle m'a chassé. Elle s'est écriée : • Je fuis la

> présence, » et elle a ajouté beaucoup de mots inconve- » nants qui l'accusont. Je venais l'entretenir en ami, « mais elle me cria : « Je ne te reçois pas ! • C'est donc

> elle-même qui a causé son malheur et qui a eu de la » colère contre moi ; sa conduite a été insensée, et elle

• m'a donné des boms indignes. •

La princesse Bidasari reprit : • Ne vous attirez pas » cela, mon ami ; elle a parlé ainsi {>arce que la vengeance ' et la colère la tourmentaient. Autrefois vous la pressiez >> dans vos bras et la couvriez de baisers, c'est pourquoi

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CHANT QUATHliMB. t«r

■ elle est maintenant si irritée et accablée. De plus, vous

• avez voulu la rr»|>|icr, t-t |M!ut-£tre l'avez-vous toucliiSo

> et blessdc au cout >

A ces mots, le mécontentement du roi dispanit sous un sourire, et II dit : « Oui, mou Ame pure, tu parles ' bien et en sage. Comment mon cœur ne seraît'il pas 1 attaché au tien, et comment, uni ti toi, ne parcourrui!>-jo

■ pas avec toi le sentier de h vie? Autrefois nous étions » séparés, maintenant nous voulons rester l'un prés de » l'autre et ne plus nous séparer. Hameau de mon cœur,

• rayon de mes yeux, tu ne désires que le bien. Je dis

> lo vérité, je tiens beaucoup & loi. J'approuve ce que

• tu dis ; puisque tu le désires, j'irai vers elle ; peut-être

• cette démarche plaira-t-elle, afin que la réconciliation

• se fasse. Mais d'ubord elle devra reconnaître ses torts

• Si elle montre du repentir, j'irai la voir. »

Comme ils étaient ainsi à parler, lu femme du man;;kouboumi était survenue; elle s'était assise absorbée dans ses pensées, et ses larmes coulaient ; elle pensait en elle-même : u Mon enfant n'a pas de vengeance dans » le cœur. Elle sourit et se lait quand il s'agit d'une

• personne si perverse. »

Bidasari sourit et dit : • Vous connaissez le secret de

• mes malheurs passés ; oubliez-les, car je veux garder

■ ma bonne renommée, •

■ Dang Bidouri apportait alors le riz pour le roi et sa fîemroe. « Venez, reine, mangeons « , dit le roi. Ils causèrent et devisèrent ensemble, et leur mutuelle affection croissait toujours.

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IW BIDASARI.

Ensuite, il ordonna aux serviteurs et aux racnilars d'appeler le prince, Les serviteurs et les niendars allèrent et dirent respectueusement : « i.ij toi vous du- ■• mande, monseigneur; il nous a ordonné, 6 prince • illustre, de vous le dire. •

Le prince entra en souriant et s'inclina devant le roi d'un air aimable, • Venez ici, asseyez-vous ■ , lui dit le roi.

Alors les trois personnages de sang royal dînèrent ensemble, entourés des serviteurs et des dayangs, La conversation fut trcs-aniraée, et en mangeant ils se réjouissaient et riaient.

Le repas fini, le roi prit du siri de la boite de bétel, se servit de parfums , et le prince s'éloigna.

Aussi longtemps que le prince fat près de lui, la joie du roi ne connut pas de bornes, et le mangkouboumi Lila Hengindra fut l'objet continuel de ses attentions.

Après avoir passé deux mois dans les plaisirs et les festins, le prince pensa k la douleur de ses parents et comment il les avait quittés inquiets. Tout anxieux, il se dit en lui-mémé : • Je veux partir I • et il ordonna ii ses compagnons de voyage de tout préparer pour le départi Il dit alors h Sinapati : « Je suis trèMCBigé de

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CHANT QDATRIÈME. tW

• devoir m'cloi(>ncr de ma scciir pour aller revoir aies

• parents. Je vis ici dans k joie, et j'ai laissé lit-bus mes > parents dans l'inquit^tude. >

Alors Sinapati s'inclina ai dit : • Je vous>atcompu-

• gnerai. •

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Un certain jour, les mantris parurent devant le roi dans le pavillon. Le rejeton royal vint aussi et se jela aux pieds du rni. Le roi lui dit avec amabilité : « Assieds- » toi près de moi, mon frère. Je ne t'ai pas vu durant

• tout un jour, et mon dësir de te voir est devenu

• grand. •

Le prince s'inclina avec un visage ëmu et dit : « Mon

• seigneur roi , si vous me le pardonnez, je désire m'en

■ retourner pour donner des nouvelles à mes parents.

• J'espère en votre bonté, illustre prince! Mon père ra'a 1 ordonné de venir ici pour chercber ma sœur, car il » craignait que son nom ne fi\t couvert de honte. Votre

• bienveillance est si grande, ô roi, et mon père n'en

■ sait encore rien. »

Le roi le fixa et lui dit le cœur tout troublé : ■> Ah ! ■I mon frère au visage éclatant, pourquoi veux-tu partir

• sitôt? >

Etil ajouta douloureusement qu'il étai£ tout troublé de

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Mt UIDASARI.

cude s(!|>aralioii : > A peine iioiiii soiiiiiies-noiis cunnus, » «t je ne suU pus enrairc rassasié ilu (u prdsenrc ! n IjC prince reprit en souriant : k Ne soyez pas attristé,

> monseigneur. Dès ijucj'aurui paru devant mon père,

> je pourrai lui donner de bonnes nouvelles; je lui dirai,

> pour apaiser son cœur, quel est le sort de ma sœur. En

• npprcnunt toutes vos bontés, mes parents en seront «joyeux. Car votre pcncbant et votre affection sont ■> grands pour votre famille. J'espère que vous voudrez

> bien me considérer comme votre sujet, et je reviendrai » bientAt. •

L'émotion du roi accrut encore et il dit d'une douce voix : Cl Demande conseil k ta sœur et écoute ce qu'elle

• te dira ! »

Le roi entra, conduisant le prince par la main. Ils trouvèrent la princesse Bidasari et près d'elle la dayang Agous Djouhari. Les deux personnes royales, étant entrées, s'assirent et prirent du siri dans la botte de bétel.

La princesse adressa la parole au prince : « Venez

> ici, mon frère; pourquoi n'étes-vous pas revenudepuis

• deux jours? Du matin au soir votre absence m'a Il affligée. »

Le prince la regarda et lui dit en s'incUnant : • Parce » quéj'ai eu beaucoup aftàire, je ne suis pas venu. Tous D mes compagnons de voyage se sont rassemblés , et

> tous, ils désirent partir. J'ai donc résolu aussi de

> prendre congé de vous demain matin, quand la lune i> commencera à pùlir. •

A ces mots, la princesse fut toute attristée et vem

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CHANT CINQUIKHK. tOS un torrent de larnivs ; rIIv vluit très-iilHigée duiis siiii cœur. Hors dVIIv-in^m» , cIIg lui dit : a Ah ! illustru

> [irincc, |muv(>K-vous purtir iijirès nous étr» relrouvt'rs 1

• Depuis (|uc vous vous £tes fuit rvconnaitrc |M>ur i»9u « frère, j'ui eu de ruffectiou pour vous et je vous aiuic?, » Fl maintenant, je suis toute ëperduc en vous euten- » daut dire que vous voulez partir sitôt. Je suis sans w aucun doute de basse e\traelioii, et c'est ii tort t|uc

> vous vous toiles passer pour uiou Irèri^. Je suis une

> faible et pauvre orpheline, — comment pourrais-jc

■ mdriter l'amour d'un puissant souverain ? »

A ces mots, le prince courba la tite et fut trc^s-i'nm. Il s'approcha en pleurant et dit : a Ne vous ddsoleii |his

• ainsi, ma sœur ! Je veux m'en retourner parce que nos

■ parents doivent être très-inquiets. Je vous aime tant, » ma chérie, que mon cœur déborde. Si vous me parlez «ainsi, mon amie, mon émotion augmentera encore.

> Vous ayant vue, je ne puis me séparer de vous, mais

• je dois respecter l'ordre de nos parents qui m'ont re-

> commandé la plus grande célérité. Votre alTection

■ m'est chère, et je vous prie d'avoir pitié de moi. «

Le roi était très-ëmu et avait compassion de l'état de désolation de hx reine. Il la caressa, lui donna un séjiah et dit avec un doux accent : • tlon amie, ma chère n épouse, qn'éprouves-tn? Laisse ton frère prendre

• congé de toi, nous verrons ensuite tes parents ici. »

La reine baissa le front, pleura amèrement et dit :

■ Je ne m'y opposerai pas, qu'il tasse ce qu'il lui plait.

> Je suis une étrangère , un enfiint trouvé ; qui peut

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