‹ Bidasari poëme malaisChapitre 13 sur 23 · M» BIDA8ARI · texte numérisé non relu

M» BIDA8ARI

• m'étre dërouë et ))enwr h moit Si l'on ne veut me

• connaître qu'b moitié, il vaut mieux qu'on m'aban- » donne tout h (ait I •

Alors le prince s'inclina et dit, joyeux, en lui séchant ses larmes : ■ Ah I mon amie, ah ! ma chérie, tu es cer- ■> tainement ma sœur 1 Ne sois pas affligée et ne me parle » pas ainsi. Dieu sait combien je t'aime sincèrement. Si n tii ne me laisses pas partir, je ne résisterai pas. Jrj mène ■ ici joyeuse vie à tes festins ; mais mes parents sont » dans l'anxiété et l'inquiétude. Mon père aspire à rece-

• Toir des nouvelles de toi ; et maintenant que j'ai dé- » couvert que le roi est devenu ton époux, nos parents

> seront heureux de le savoir aussi, n

Alors le roi parlant avec un visage éclatant : « Ke

> retourne pas, mon frère; j'enverrai des mantris et des

> houloubalangs avec une lettre. Si ton royal père l'ap-

• prouve , nous espérons le voir lui-même ici. Quand

> tu seras de retour, son cœur ne brûlera plus ainsi de « douleur. Je veux aller moi-même rece^ 'i tes pa-

• rents. n

Le prince s'inclina alors et dit : .< Envoyez plutôt vus « mantris; car, bien que mon conseil soit celui d'un igiio'

• rant, je crois cependant qu'un si grand roi ne désire a pas s'éloigner de sa négory. •

La princesse Bidasari en entendant ces paroles se réjouit beaucoup, et en voyant briller les traits de son frère, elle lui présenta la boite de bétel.

Le roi s'assit loin de son trAne, sourit et caressa sa femme : • Mon Ame, tu aimes trop ton frère, puisqu'il

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CHANT CIHQaiÈME. IW

• est du même sang que toi. Tout à l'heure, tu paraissais

• mécontente et fâchée contre lui. Ne te préoccupe pas

• ainsi, mon amie, et ne lui parle plus avec un tel » accent. Tout ce que tu désires, iàisJe-moi savoir. >

Après qu'ils se furent entendus, le roi fit appeler Lila Mengindra.

Celui-ci parut aussitôt devant le roi et le prince. Le roi lui cria : « Venez ici , mon oncle. Voulez-vous en- ' voyer une lettre au glorieux roi de Kcmbajat, pour " constater que nous vivons encore ? k

Ainsi parla le roi, et il appela le Ferdana mantri. Celui-ci entra et se baisa les mains. Le roi lui adressa la parole : • Viens ici ! > £t il dit, la joie sur le visage :

• Je t'ai mandé, mon oncle le mantri, afin que tu écrives » une lettre. »

Aussitôt le mantri prit une feuille de papier fin et s'assit pour écrire une lettre avec des caractères d'or. Tout en écrivant pour l'illustre roi, il pensait. <■ Eh bien ! n s'écria le roi, <■ mes amis, écoutez le contenu de la lettre :

• Gloire il Dieu h qui revient toute gloire, etc.

» Cette lettre, où je présente mon salut et mon res- » pect, vient de votre humble fils.

> Après avoir dit ceci, écoutez mon récit. Tandis que

• votre enfant languit et soupire après vous, ses larmes

• ne cessent de couler '

> Noui ne Indaiion* pas ceut Iclire, parct! qu'elle n'eil que le réeumé des (aile déjk eonnui du Iccteue,

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SNM BIDA8AR!.

Après que le montri eut écrit ceci, il Toulnit remettre la lettre aux mains du roi ; mais le roi ordonna : « Lisez V d'al)ord. « En écoulant, il se rejouit. Et après que la dayaiig eut écrit la lettre , le roi partit et rassembla les mantris et les liouloubalangs, et une armée innombrable. Dix mantris prirent avec eux des cbevaux et des élépliants et portèrent la lettre du roi à ses parents. Un laksimana fut du cortège, comme ambassadeur, avec des drapeaux et des étendards ornés de joyaux. Le roi lui ordonna de se charger de beaucoup de présents. Sinapati reçut du roi le titre de laksimana mantri et un équipement, etoutre cela, encore beaucoup de mantris et cent serviteurs qui le suivirent; car le roi lui était très-favorable depuis qu'il connaissait les usages et la langue du royaume ; il voulait conserver sa bonne renommée.

Après qu'il eut envoyé l'ambassade a la négory, le roi se rendit aiiprès de son épouse; il était dans la jubilation, et son amour pour la princesse ne 6t qu'augmenter.

Le mangkouboumi Lila Hengindta fut de plus en plus aimé du roi ; il lui donnait de bons conseik et exécutait volontiers les ordres de son souverain. Il venait souvent auprès de la reine etdinait chez elle avec sa femme ; il en (iit très-aimé et tous ses désirs lurent satisfaits. Ses richesses et son bonheur augmentèrent chaque jour, car le roi lui accordait toute sa confiance ; il l'honorait et le respectait et lui donnait tout ce qu'il

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CHAHT CINQUIÈME. t07 sollicitait. Dans toute la nëgory d'Indrapoura, personne ne pouvait lui être coropard. Il était icrmemcnt attaché au fcrdana mantri ; les duu\ mantrls étaient cgalcnicnt prudents, également sages, également instruits, également parfaits. Tous les deux, ils avaient, dans le palais, la haute main sur les grands et les petits, sur les nobles et les gens de la basse classe. Tous les deux pensaient de même et veillaient sur leur réputation . Ils comblaient de bienlàits tous ceux qu'ils aimaient, et dans toute l'étendue du domaine royal, ils avaient sous leurs ordres la terre et la mer. Ils distribuaient des bahars d'or pour les faire vendre k bon marché parmi le peuple ; ils donnaient toujours et il toute heure bon conseil, et plus il venait de marchands, plus ils recevaient de présents.

De jour en jour, le roi vivait dans son royaume heureux et en paix. Tout ce dont il avait besoin , il le demandait au mangkouboumi qui était chargé de l'administration de ses biens.

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Il est question maintenant du lalcsimana mantri qui venoit de Franchir les frontières de la négory.

Lorsque le roi de Kembajat apprit son arrivée, il en fut trés-rcjoui. Il en fit part à la reine et se rendit auprès des niantris, dans le pavillon. Le visage illaminé, il leur ordonna d'aller le recevoir et de le conduire.

Alors allèrent les mantris et les houloubalanga, et ils prirent avec eux des éléphants et des payongs ouverts. Innombrable liit le peuple qui les suivit avec des serounis, des gongs et des genderangs. Ils rencontrèrent le Iaksimana mantri, lui touchèrent les mains, le saluèrent respectueusement et lui offrirent des présents. Les mantris de Kembajat communiquèrent les ordres du roi au Iaksimana mantri et aux jeunes penggawas.

Après qu'ils eurent entendu ces ordres, tous partirent, les mantris ii cheval. Ainsi arriva l'ambassade. Le roi en l'apercevant fut très-joyeux, comme si son enbut avait été de retour.

Tous s'inclinèrent devant le roi, qui accepta les pré-

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1I09 BIDASARI.

senU, pendant que les eunuques recevaient la lettre et la remettaient au ferdana mantri. Celui-ci s'inclina à son tour, elle roi reçut la lettre de ses mains. Il l'ouvrit avec empressement et la lut lui-même. En apprenant le contenu du papier, il fut tout éma. Il ne saura jamais assez récompenser le dévouementdu bon et brave mangkouboumi , parce qu'il avait fait monter son enfant sur un trâne et l'avait mariée ii un roi puissant. De joie, il était tout hors de lui et voulait alle'r aussitôt la voir de ' ses propres yeux.

Dans la lettre, il était clairement dit que les époux royaux désiraient le recevoir. Cette nouvelle le troubla profondément, et il dit au Iaksimana mantri : < Est-ce » que le prince, mon fils unique, n'a pas eu non plus lu

> liberté de s'en retourner? »

Alors le Iaksimana s'inclina et dit, plein de commisération : H Le roi n'a pas voulu le laisser partir et l'a ' prié, les larmes dans les yeux, de rester; lui, aussi » bien que la reine, pensait que si leur frère les quittait, ■ leur père ne se rendrait pasjusqu'tseux. Jevoustransii mets l'écrit et les paroles de vos enfonts. Ils espèrent

> qu'ils trouveront en vous de l'indulgence et ils me

• chargent de leur invitation. Mille fois pardon pour moi,

> et accueillez-moi favorablement, mon prince, afin que

• vos deux enfants puissent vous revoir et que les deux ,a dessas deviennent un royaume I >

A ces mots, le roi répondit amicalement : « Eh bien , » mon fils le Iaksimana mantri, j'attendrai encore sept » jours. "

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CHAKT SIXIÈME. ' Ml

Et le roi s'assit afin d'apprendre encore pins de nouvelles du laltsimano mantri ; et celui-ci raconta toutes sortes d'histoires au milieu de nombreux auditeurs.

Le soir Tenu, les mantris d'Indrapoura se séparèrent ; le roi leur désigna un palais et leur envoya leur repas journalier.

Le roi ordonna a ses mantris : • Faites vos prépa- » ratîfs » , et alla rojoindrc ensuite la reine pour lui parler aussi de leur fiUe. « Eh bien, uia chère, dit-il, dans > sept jours je compte partir, car je n'ai plus de tran- • quillitë et je languis extrêmement après notre enfant. • Il réunit alors ses mantris, vieux et jeunes, rassembla des gens, des éléphants et des chevaux, et dans les sept jours tout fut disposé pour partir de grand matin.

Les étoiles étincelaient encore, lorsque le QonQ royal résonnait et était frappé à plusieurs reprises.

A ce bruit, les gardes sortirent avec joie. Les mantris et les houloubalangs sortirent aussi et prirent leurs heaumes éclatants. Leurs glaives nus brillaient, et c'est ainsi qu'ils firent cortège au roi. Les bannières et les drapeaux furent déployés et flottèrent çh et lit.

Tous ceux qui restaient furent ottristés, comme s'ils avaient ët^ peraés d'un couteau. Les lanciers et les jcuyers marchaient les uns à cMé des antres et ressemblaient h une ville mobile. L'éclat de la lune en fut presque obscurci, comme quelqu'un qui est anxieux et triste. Les glaives et les lances brillaient comme une Ile au milieu de la mer ; c'est ainsi qu'on raconte qu'ils accompagnèrent te sultan accompli,

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tlt BIDASARI.

Le roi montait un éléphant sauvage, et son porteur de siri était assis en croupe. Un payong royal garni de sonnettes était déployé au-de;sus de la tète du prince; le gcnderang, le serouni et le naiiri retentissaient sans cesse. Ainsi il quitta la ncgory, entouré des mantris. Il partit sans s'arrêter et atteignit laiicgoryd'Indrapoura. Près de la négory, il 6t halte et envoya aussitôt un ambassadeur qui y entra et parut devant le roi d'Indrapoura.

Le laksimana mantri vint aussi au-devant de lui et dit : ■ Votre père est arrivé à l'instant. > Le prince ordonna alors h ses hérauts : « Appelez le mangkoubouml » Lila Mcngindra et dites-lui de se rendre aussitât ici ; > je veux lui donner des ordres. • Un eunuque appela le ferdana mantri. Lemantri se présentadevautle prince, qui lui ordonna en souriant : « Eh bien, savant mantri, • disposez la place du marché, rassemblez le peuple et B l'armée, et qu'ils se trouvent aussitôt devant le pavil- » Ion. Que tous les inantris, vieux et jeunes, déploient t les insignes royaux et qu'on mette les ornements aux » chevaux et aux éléphants, car je veux aller recevoir « mon père. »

Le mangkonboumi Lila Mengindra s'inclina et partit, et exécuta les ordres du roi de la manière la plus intelligente.

Le roi rentro alors dans son palais et s'assit sur un

banc orné db joyaux ; la reine était a'ussi assise s ir nn banc orné de joyaux, et Lila Mengindra se trouvait près d'elle.

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CHANT SIXIÈME. ItS Le roi dit en souriant : • Mo chère, rayon de mes ■ yeux, fais garnir le palais de ddcors royaux. Or- > donne à tous les bitis, aux perwanu, aux dayangs et K mandars de venir ici. Hëunissez aussitôt toutes les » jeunes filles, car nos parents sont arrivés; ils se trou- ' vent aux frontières de la négorj'. Demain , j'irai les

• recevoir. »

Alors la princesse Bidasari cria, la figure épanouie et souriante : « Nos parents sont venus pour voir mon » frère; je ne veux pas paraître devant eux et me dé- » clarer leur enfant. »

Le prince était présent, et il sourit en entendant ces paroles : > Eh bien, ma sueur, dit-il, ne parle plus,

• mais écoute ce que je vais te dire ; ne sois pas fâchée.

• Si je suis seul aimé d'eux, seul je devrai m'en retourner « avec eux. »

Le roi reprit amicalement : ■ Vous parlez juste, » prince t — Ne continue pas plus longtemps ainsi, ma » chère femme, peut-être ton frère pourrait-il ne pas en a cjrc satisfait. »

Le^ prince dit alors en souriant : • Je ne suis pas fù-

• ché , mon' frère ; je veux seulement plaisanter avec

• ma sœur et apaiser son inquiétude, •

Il s'inclina ensuite devant le roi et le pria de le laisser aller au-devant do son père.

Le roi reprit en souriant : « Nous irons ensemble,

• mon frère ! •

Le repas fut servi, et il s'y trouvait toutes sortes de mets. Le roi mangea avec sa femme et son frère.

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