BIDA8ARI
Le repas fini, il prit du siri dans la botte de bétel et fit usage de parfums. Ensuite le prince partit.'
Le jour suivant, le roi fit appeler le prince et l'inviter h se rendre près de lui. Il réunit le fcrdana et tous les mantris, et partit avec son frère.
Un payonf; fut déployé au-dessus de sa tête ; tous les insignes royaux flottaient au vent.
Il s'adressa alors a la reine : • Reste ici, mon amie, > je m'en vais hors de la négory pour conduire ton père • auprès de toi. ■
Ces paroles réjouirent la reine, et elle dit : < Allez, K mon ami, je vous accompagne des yeux. >
Le roi prit alors congé de son épouse et monta h cheval, accompagné du prince et suivi des mantris.
Tous les instruments de musique retentirent partout où il y avait des cavaliers. Toutes les cloches sonnèrent, et quiconque ne fut pas du cortège devint triste.
Le roi gagna en droite ligne les frontières de la ncgory. Quelques jours après, il rencontra le roi son beaupère. Lorsqu'ils furent en présence l'un de l'autre, Jcs gens de Kembajat s'arrêtèrent étonnés à la vue des traits du jeune roi, qui était beau comme une leuvre de peinture. Et le vieux roi en les contemplant sourit, et sa joie augmenta.
Le roi d'Indrapoura s'inclina respectueusement et lit approcher l'éléphant qui portait son père. Le roi de Kembajat dit : > Où vas-tu, mon fils f •
Celui-ci s'inclina et répondit : ■■ Je suis venu ic) pour K vous recevoir. •
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' CHAKT SIXIÈME. IIS <■ ~ Mon fils, reprit le vieux roi, le sourire sur les
• lèvres, mon fils, souverain' puissant, pourquoi es-tu » venu en personne ? Il aurait suffi de tes mantris. » La joiedëbordaitda son cœur et '1 se sentait très^nclin vers son gendre. Il dit, assis sur son éléphant : « Approclic , » mon fils, — tu es un souverain renommé, — le corps » et l'ûme ont une égale valeur, l'un ressemble à l'autre;
> tous les deux sont de pure origine royale. » Il le serra dans ses bras et dit : • O mon fils, rayon de mes yeux,
> Dieu a exaucé mes prières et m'a accordé un gendre » selon mes vœux. •
Le roi d'Indrapoura inclina alors le front et sourit gracieusement. Le prince approcha aussi et fut bien accueilli par son père : • Viens, mon fils, monte à côté n de moi ! »
Le prince s'inclina et monta sur l'éléphant de son père. Son maintien était aimable et agréable ; — il était beau comme de l'or ciselé.
Les rois entrèrent alors dans la négory, entourés d'un grand nombre de mantris. Lorsqu'ils furent arrivés, le mangkouboumi s'inclina devant eux; le roi d'Indrapoura s'inclina et dit : i Parlez a mon oncle, mon père,
• il est ce mantri qui a élevé votre fille. »
A peine le vieux roi eut-il entendu ces paroles qu'il s'adressa a lui tout joyeux : • Viens ici, mon frère, viens
> et faisans connaissance. »
Le vieux roi, assis sur l'éléphant, avait la figure rayonnante d'amabilité et de bonheur. Il lui témoigna une vive oifectlon, et tous les spectateurs furent émus. Il lui
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m BIDAgARI.
<auta au cou, embrassa son front et dit : • Celui-ci est
I mon frère bien-aimë. Grand a été son omour; il s'est
• rendu digne d'éloges ; sa fidélité a été complète et à
• toute épreuve, •
Le mnngkouboumi inclina la téte et répondit au roi : «Moi, votre esclave, je porte vos ordres sur la téte; « vous me comblez de vos bonnes grâces. *■
Alors, le vieux roi s'assit sur le trône royal orné de neuf pierres précieuses de couleur. Son fils, le jeune prince, s'assit devant lui, et aussi tous les mantris et le ferdana. En même temps arrivait la reine, et elle fut reçue par le prince et la princesse Bidasari, qui étaient descendus de leur si^e pour aller saluer leur mère.
Tous entrèrent ensuite dans le palais et s'assirent ii leur place royale.
Bidasari s'inclina et fut embrassée par ses parents. Le roi son père dit en pleurant : «Ali ! mon enfant, éclat » de nia couronne, fruit de mon cœur, lumière de mes
• yeux , ne nourris pas de buine contre nous dans ton » ùine. Lu volonté de Dieu et ses intentions sur nous
• sont manifestes. Longtemps nous avons été séparés et » nous nous voyons maintenant de nos propres yeux. I Nous avons bien mal agi en t'ubandonnunt dans un
• dessa. Mais, mon cnlant, que ton cœur ne nous soit ' pas étranger I Depuis , notre négory est de nouveau
• en paix. Telle a clé noire destinée, que pouvons-nous ■ y foiie? Nous étions éperdus. Puisse un liommehono* > rable la recueillir! pensions-nous; comment saurons- I nous jamais le récompenser ! •
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CHANT SIXIÈME. il7
Bidosari pleura en se remémorant son passé. Le roi, son époux, éta'il ému et avait pitié d'elle en la vn' uiit adligée. Tous ceux qui la voyaient versaient des larmes; ■nais ces émotions furent mêlées de joie, lorsqu'on sut de quelle origine elle était.
Pendant ces entretiens royaux le repas fut servi. Les dayangs apportèrent des plateaux pour les princes. Les deux rois mangèrent alors du riz, et après s'en être rassasiés, ils en firent offrir à leurs enfants, prirent le siri placé devant eux et se parfumèrent.
Le repas fini , les cinq personnages princiers , après s'être communiqué divers récits, firent appeler Lila llengindra, qui entra aussitôt. Ils donnèrent au mangkoubomni les restes de leur repas.
Les rois parlèrent il Lila Mengindra et il sa femme, qui s'inclinèrent et se baisèrent les mains.
Alors le roi de Kcmbajat dit : « Mes enfant': , j'avais » résolu , dans le cas où nous nous rencontrerions » dans cette vie et avant que nous devinssions lu proie » de la mort, d'organiser une fête qui durerait tni mois » et de vous y convier. Je veux donc faire faire un pontja « persada pour porter en triomphe ma fille et l'ac- » clamer; vous serez du cortège. Nous voulons donc ■ partir iminédiulcment pour l'ile de .\ousa Antura, et » y célébrer des fêtes avec les membres de notre Futniile, > tous les bitis, les dayangs et les niandars. Telle lut ma » résolution si jamais je retrouvais mon enfant. Donc, n pendant cette lune, nous voulons l'exécuter, avant (pie » vos parents viennent a mourir. »
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m uiOÀtAiii.
A ces inoU, lo roi d'Inilrapoura s'inclina et dit : • Jo
> |iorlo vos paroles snr ma tétc ! Qu'il soit fuit comnu-
> vous l'avez onlonnv, mon rui ! ■
Kt lorsque lo soir fut venu, tout fut prd|>ard; dos mutcliis furent dtcndus; les deux reines se rendirent dans leurs appartements et on laissa tomber les rideaux égyptiens. Los deux reines clierelialent vainement le sommeil ; elles s'entretinrent, étant couchées, du temps oii elles erraient, et des maux et des cliogrins qu'elles eurent il supporter. Elles, ni les rois qui les entendaient, ne purent dormir d'dmotion.
A l'aube du jour, la nourio commença ii chanter et ii babiller, et les rois reposaient encore. Au matin, les l>ajanf;s connnençèrent aussi à clianter. — Tpus se levèrent alors, se lavèrent la figure, mangèrent et burent, causèrent et s'amusèrent.
Alors lo roi d'Indrapoura dit nu niaugkouboumi ;
• Prépare tout ce qui est nécessaire avant la pleine lune. » Prépiire les iiavires, les gliourab et les pendjadjab,
• charge-les de toutes sortes d'ormes; réunis mes hou-
> loubalangs et pahlonans et dis-leur d'accompagner le » roi mon père. Prends toutes sortes de jeux avec toi, » parce que le souverain veut se distraire. Mets en ordre » les canons et les armes h feu ; tel est le désir du roi. »
Aussitôt, le mangkoulioumi s'inclina devant le roi et partit. UBt préparer les navires, les peignit et les dora. Et lorsque trois furent prêts, il y fît entrer tous les hnbitimts de la négory. Toutes les personnes âgées restèrent en arrière, mois pas une des plus jeunes ne manqua. '
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CHANT SiyiBMK. 110 Lorsque tous les iiuvircs furent cliarjjés, lo luiingkou-
• bounii dit nu roi d'Indriipouru : » Timt est \>rM. >
A ces mots, lo roi se réjouit, su fiyure s'uiiiuiii de pluisir, et il donnii au inangkoubouini un vélcuieut neuf |iour sa recompense.
Alors celui-ci parut devant lo roi de Keiuliajat : « Sait lut à vous, dit-il, salut il vous, won prince ; tous les
• navires sont disposés et chargés ; nous n'attendons plus » que vos ordres. ■■
En entendant ces paroles, le roi de Kenibajat fut réjoui et dit ii soyépouse : ■ Kli bien, mon umic, pré-
• parons-nous. •
De bonne heure, la reine do Kcmbajat fut prête. Klle sortit du palais avec lo roi, sa fdlc Didasuri, le forduna et les mantris. Tous les instruments de musique retentirent et les cloches sonnèrent.
Tons ceux qui devaient rester au logis avaient de la peine, comme s'ils avaient été Trujipés d'un couteau.
Les canons tonnèrent; les drapeaux, les bannières et les tjemara furent déployés , et oprès une traversée de trois jours, on atteignit l'ile do Nousa Antara. Les navires abordèrent.
Les deux reines s'assirent et virent comment les dayangs péchaient le corail , blanc et rouge. Les coquillages de la mer furent recueillis par les mandars.
Le roi quitta son navire et posa le pied sur l'ile de Nousa Antarn. Le roi et son épouse descendirent sur le rivage avec leur 6lle Bidasari.
iW IIDASABI.
Le roi tl'liulriipourn les acroin|>a(jnait, et le prince uiurclmit prés d'eux cl il leur (jauclic.
Alors le roi iriiidrapoiirii oitlonnii iiii iniingkoiilioiinii : u Eh bien, mon cher oncle, lois dresser une • tente, »
Le nianijkouliuunii, un niantri distingué, 6t alors une teille comme un cliùteau, garni d'un tr6ne royal.
Les deux princesses entrèrent et elles s'y reposèrent.
Le prince s'inclina devant son père et dit : • Mon
> royal père , je vous prie de me laisser aller chasser. >
A CCS luots, le roi de Kembujut dit : • Fais selon tes ■ ddsirs, lumière de mes yeux, a
Le roi d'indrapouni ajouta : « Si tu vas à la chasse, a je t'accompagnerai, mon frère ! »
Le prince reprit en s'inclinant : • Comme vous voulez, » mon frère ! • — ■ Demain , nous partirons pour la «chasse, reprit le souvemin d'Iudnipoura ; rassemble
> donc les inaiiti is et les jiulhouuns. »
Le jour suivant étant venu, le roi et le prince partirent escortes des liouloubalangs et des niantris et pénétrèrent dans le bois pour chercher du gibier ; le roi et le prince et toute leur suite le parcoururent en tous sens. Le gibier prit la fuite ; le roi tira avec arc et flèches et les animaux tombèrent morts. Un cerf passait rapidement près de lui ; il lui lança une flèche qui l'atteignit il l'épaule, et les houloubalangs le saisirent et le garrottèrent. Dans les bois de Nonsu Antara, il y avait une grande quantité de gibier. Uu tigre mugit, le roi et le
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CHANT SIXIKMK. iti
prince se ineltent ii sa poursuite ; le prince se luncc et le tigre fuit iivec rapiditi'.
Le prince e'astit dnni In forit, n'iiyant pu aVn cinpnrcr ; il rdfliichil alors profouildmcnt. Il voulait s'en retourner, mais il ne trouvait pas d'issue. Il était seul et dans la plus grande inquic'tude, |>arca qu'il ne voyait pas ses compagnons du cliasse. Tout en cirant çii et lii et trcs-fatignë, il découvrit un jardin de plaisance des temps anciens, une dcpenduiicc du' grand roi Lila, parfait, beau et sans défauts. Il fut étonné et ébahi eu apercevant un palais j il y entra aussitôt et s'y vit solitaire. Il le parcourut et admira les belles proportions de ce palais. Mais il ne s'y trouvait pas une âme. Il se dit en lui-même : ■ Serait-ce ici une hobitation d'esprits et a de démons? Serait-ce lit la cause du vide qui règne » ici? > Il regardait et allait de tous cotés. Tout a coup il entendit la voix sonore de quelqu'un qui parlait, mais sans le voir. Il s'arrêta stupéfait.
La voix murmurait : • Misériconlieux seigneur, mon
• roi, si vous avez pitié de moi, délivrez-moi de cet
• appartement ! •
A ces mots, le prince fut tout hors de lui comme une personne qui réve. Dans son émotion profonde, il répondit : « Qui es-tu? De qui est la voix que
> j'entends sans que mes yeux te voient? dis-le-moi,
> mon omi I Es-tu aussi de la mce des démons et des » spectres? dis-le-moi. Où est la clef de cette porte, afin
• que je puisse oiivrir l'appartement? >
La dayang de Mendoudari, en entendant ces paroles,
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tu niDASARi.
(lit au prince : • Voyez du cAtd gauche, là se trouve la
a clef de la tour du palais. •
AussitAt et rempli de joie, il s'empara de U clef et ou* vrit la porte, >
Kn voyant ses traits, tous ceux qui dtaient à l'intérieur se prosternèrent aux pieds du prince. Le prince leur cria : « X quelle race appartenez-vous? venez vite » et roconlez-nioi cela I »
Ainsi parla le prince : • A qui est ce palais que je vois
> si magnifique ? •
La dayang Tjindra Melini répondit : • Mon royol
• seigneur, mon grand prince, nous sommes des créa- » turcs de Dieu comme vous ; ce palais du grand roi Lila
• est possédé et dominé par Ifrid, un roi des esprits, chez « qui se trouve l'illustre prince Lila. Sa fille, la princesse
> Mcndoudari, est enfermée seule ici dans une chambre, » et le roi des esprits , Ifrid , vient souvent ici ; le plus
> souvent il apparaît tous les trois jours, et ses yeux bril-
> lent comme le soleil. >
Kn apprenant cela, le prince fut réjoui dans son cœur. La joie sur la figure, il prit . la clef et ouvrit l'appartement. A peine eut-il vu les traits de la princesse Mendoudari, qui étaient si beaux et si gracieux, qu'ellevoulut aussitôt prendre la liiite : • Où veux-tu oller, mon » amie? s'écria-t-il; je t'ai cherchée et trouvée !» Et en mime temps il la prit sur ses genoux, la caressa et l'embrassa. « Ne veux-tu pas, mon amie, que je m'humilie ■> devant toit 8i tu ne m'aimes pas, perce-moi avec ce
• sempana. •
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ClUNT «IXIËME. ttS Li prineenD Mendouduri dit au prince pii pleurant :
• Ëte<-vou« si insenad de venir ici ? les esprits vous dé-
• cliireront sans nul doute I »
Ces paroles réjouirent le cœur du prince, Joyeusement et avec une douce voix, il lui clmntu ce panton :
• Le fruit d'un bamban de Petani. Une goutte d'iu-
■ digo derrière un arbre. Je ne puis maîtriser mes ddsirs.
■ l'rès de toi, je suis fou d'amour poiir toi ; c'est poui^
• quoi je suis ici.
» Il y a un bouclier avec un manche de cheveux. Ces
• cheveux sont tressés en une tresse ; un homme beau
• est plein d'anxiété. Ainsi un jeune homme craint
• l'avenir. >
Ën entendant ce chant, la princesse baissa la téte et essuya ses larmes. En voyant cette émotion, le prince fiit tout ému lui-même, il l'embrassa et dit : • Tu es une » belle ièmme, por Dieu ! prudente et sage ; tu mè parais » belle dans une salle de festin, belle dans un palais.
> Plante de l'arum de Java. Dang Djouda pousse une » petite caisse. Si tu ne m'aimes pas, mon amie, tue-
• moi, car je préfêre mourir ! ■
En entendant ces paroles que le prince lui chantait,
M» BIDASARI.
la princesse Meiidoudari te confia ti lui ot dit en pleurant :
« Cet onnenu cntourd de joyaux est (éclatant. Cueillez » des Truils de nielenipari. Si vous mouriez, à prince » accompli, où pourrais-je me rëru0ier?
" Cueillez des fruits de metempari. L'oiseau du rhi- » nocéros vole vers les rochers. Où pourrais-je me réfu- » gier, moi une étrangère, moi une orpheline ?
> L'oiseau du rhinocdros vole vers les rochers. Basi-
• liquo qui pousse dans une boite de bétel. Moi, une » étrangère , moi , une orpheline , j'espère en votre « amour, mon roi. >
Lorsque le prince entendit ainsi chanter la princesse Mendoudari, il éprouva pour elle une véritable pitié; il l'embrassa et dit : • Ne sois pat inquiète, mon amie, » a\ec l'aide du Seigneur, je triompherai certainement
> de nos ennemis. >
Alors la dayang dang Sendari servit le repas de ht princesse, et la princesse Mendoudari dit : « Ne voulez- <* vous pas manger, prince accompli? Je peux ik peine
• vous offrir la pelure des fruits , ne la dédaignez donc
> pas. Vous le savez, je ne suis qu'une orpheline, ayez « pitié de moi ! ■>
Le roi mangea avec la princesse, et ils donnèrent les restes aia dayang Siti Sendari. Le repas fini, le roi prit
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CHANT SIXIÉMI!. 3U (lu sii'i (Iniis la bolto de bdlcl et 6t usogi! de paifiiias agiTiililes il uspircr.
1,1' soir venu, le lit dit roi fut |>rc'pnrc'; la reine (juiltu son appartement et fit tomber les rideaux d'K(jj'ptc.
Le roi dcniundn a la princesse Meiidoudari : • Quand
• vient lo roi des esprits? ■ — ■ Le matin dii lionno
• heure • , reprit In princesse.
Cette nuit, tous furent joyeux, mais la reine était trèsafHigt'c : u Quand il s'dvanouit, ponsa-t-elle, mou mal- I lieur est plus (;rand. ■
Loi'siiue le soir fut plus avance, la princesse Mcndnu- ' dari dit : • Donnez dans cet opparteiiient, mou roi I » Ët il se rendit seul dans sa chambre. L&, le prince dormit seul, plein d'inquiétude. Il avait la cœur tout ému d'amour et il cherchait & se consoler en chantant des pantons.
Le jour suivant étant venu, le prince se leva, et il entendit un esprit s'opprocher du palais de la princesse. A peine la princesse l'eut-elle oussi entendu, qu'elle fut soisic de frayeur : « Voyez, s'écria-UelIc, mon prince » accompli, voyez cet esprit! »
A ces mots, le prince prit ses armes : « Ne crains » rien, mon ainie, dit-il, aie confiance on Dieu, ses des- » seins ne peuvent pas tromper. Si je dois être écrasé et
• anéanti, suis-moi dans la mort ! Eh bien , mon umie, ■ éclat de ma couronne, je te demande seulement ceci : » que tu me baignes de tes larmes quand j'auroi cessé » de vivre. Assure-moi cela, ma binn-aimée, je t'en prie
• et t'en conjure. Si je succombe, donne-moi pour Un-
is
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iM RIDASARI.
» ccul le véteniCDt que tu portes autour de tes niemhres. « Sois doue sans inquiétude, mon amie, je ne dis pas « cela du liout des lèvres, mais je lo pense. N'aie pas » peur, ma toute belle, et luU de> yeux ma rencontre
• avec l'esprit. ■
Il est question maintenant d'Ifrid, l'esprit.
Il était sous le palais. Lorsqu'il entendit lu voix de In princesse qui causait avec lo roi, sa colère s'enflamma comme un feu ardent, comme un tigre qui hurle.
il poussa un cri comme un coup do tonnerre qui éclate; le ch&teau du roi Lila en trembla.
«Toi, homme ii une tète, a'écria-t'il , pourquoi
• gardes-tu le silence? sors d'ici. Sors aussitôt et essuie
• la puissance de mon bras. >
Le prince, à ces mots, ne se sentit plus de colère et voulut sortir aussitôt. Mais la princesse Mcndoudari dit : « 0 royal seigneur, rcfldchissez bien, car cet esprit > a une puissance surnaturelle. '
» Tâchez de jeter un filet. Un natif de Samarang
• vient de Petani. Puisse Dieu vous protéger, et vous I rendre vainqueur dans ce combat I >
Le prince en entendant ainsi chanter la princesse Mendoudari, l'embrassa et lui donna un sëpab, et lui dit d'une douce voix :
• Un Javanois s'amusait ii tirer de l'arc. Une fleur de
CHANT SIXIÈME. m » scganda dans iino boite de Ixitcl. Ne sois jias inquiète » ni attristi!r , mon ninie , je combattrai facilement » l'ennemi. >
La princesse s'inclina devant lui, et lorsqu'il sortit, son port était semblable h celui de Sung-Sumba. Plus on le regai'dait, plus noble ]>araissait son maintien; c'était comme s'il avait voulu abattre une forêt ou terrasser un tigre qui hurle. Il se ceignit de son dpëe de corboncle, et s'urma d'une flèche dont la pointe avait (!td tremp<!e dans le poison de Betara Kala. L'être h deux tètes, Ifrid, s'opproclia comme un spectre. II venait en riant; il souleva une grosse pierre, lu fit tournoyer et lu jeto au prince qui l'évita en sautant. Enflammé de colère, Ifrid se précipita sur lui; mais le prince lui lança aussitôt une flcclic qui lui transperça la poitrine. Mourant, il s'affaissa près de la rivière, et le prince se hâta d'aller rejoindre la princesse.
Lonqu'elle vit que l'esprit Ifrid était mort, elle en fiit très-réjouie et s'inclina devant le prince.' La joie éclata dans tous ses traits parce que son malheur avait cessé; elle était d'autant plus heureuse qu'elle devait son bonheur au prince. C'était comme si elle cdt trouvé une montagne de joyaux. Elle dit d'un ton aimable :
• Kalif était une divinité céleste et se donnait le » titre du grand roi Lila. Votre affection est parfaite, ■ mon ami, c'est pourquoi Dieu peut la récompenser. •
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m BIDASARI.
Le prince, b ces moU, la «erra dam ses bras, la couvrit de baisers et us|iiru suit lialeiiic : » Tu bouche est • charmante, s'^cria-t-il, ta luillo est souple, coininciit H mon cœur ne t*uimerait-il |>as ? Tes Iriiits sont purs
> et éclatants, et hcuux comme une statue d'or ', tu
> seras une princesse de mon pahiis, car ton origine est » honorable et tu es de (>rande race , »
Alors ils folâtrèrent et badinèrent, pendant que les mendars servoicnt le dîner. Le roi mangea avec plaisir h dlé de la belle princesse, et le repas fini, il prit du siri dans la boite de bétel et fit usage do ]iarfiun8. Puis il porta lu princesse sur son lit de repos : « Tu es
> comme un jasmin •> , lui clianta-t-il. Il la portait dans ses bras comme une poupée. Il l'embrassa, la caressa et la déposa sur le matelas ; son corps était doux comme du coton. Il avulu son Imicinc et lui transmit lu sienne. » Chérie, s'écria-t-il, tu es comme un contre-poison » contre les opas ; tu no peux plus te délier, amie. "
Lorsque la nuit fut déjà avancée, les deux époux dormirent. Lenrr traits brillaient de bonheur. La fleur s'épanouit et le bourdon ' en suça le miel ; et tandis que le miel était ainsi extrait de la fleur, Mcndoudari s'évanouit ot perdit connaissance.
Le roi la prit dans ses bras et aspergea sa figure d'eau de rose. Alors la princesse revint à elle et, dans un
* Ckei let Maliif, et surtout rn poésii., une «tatue d'or e«t le type de la beauté.
* Oraue nooehe.
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ClUNT SIXIÈME. 119 troiihlc cxli't'iiio, lïllo se jeta il tt-rro et pleura sur son sort. Mais le prince la riiressii et eut pitli! d'elle en contemplant son visiifje nttristéi <|ni était beau canuiw uuo fleur do kelnjan. Il la porta au bain, et ou premier rayon de l'aurore ils s'en revinrent ensemble.
Alors le prince dit ii la princesse : » Je veux partir,
• mon amie! a A peine eut-elle entendu ces mots, <|ii'clle éclata en sanglots; le prince fut <!mu en voyant sn douleur. Klle ruiniait dans son cœur et lui dit : « Si « vous voulez partir, mon prince, dites-moi de vous » uccomparjner ! »
A CCS mois, le roi reprit : • Si tu veux venir avec V moi, mon amie, toi que je porte sur ina tétc, je te
• conduirai. » Elle répondit alors il son époux : « l'nis-
• que vous voulez partir, eb bien, partons demain. •
Toute la nuit ils s'amusèrent et jouèrent, et il l'aiibo du jour le prince partit; il plaça son épouse sur son cheval. Ils s'éloignèrent et tontes les dayangs suivirent.
Maintenant il est question des mantris.
Ils étaient restés avec le roi d'Indrapoura pour attendre le prince jusqu'à la tombée du soir. Les mantris et les houloubalangs étaient tous inquiets, et le roi était aussi très-préoccupé, parce que le prince tardait si longtemps il revenir.
Le roi dit alors aux bouloubalangs et aux mantris : « Allez, mes frères, chercher le prince, et voyez pour-
• quoi il tarde à venir. >
«10 BIDAtAnl.
Alors quatre iiunitris s'iiicliiu'reiit tti;vaiit te roi et pnrtireiit; ils cliei-eltèreiitpurtuiit, amis ne le trouvèrent |>as. Ils revinrent en riijiportunt In nouvelle qu'ils l'avaient clierchiS eu tout lieu suns l'uvoir ildcouverl. Cette nouvelle nttrista tellement le roi, qu'il donna cet ordre : • Retournez bien vite, mnntris, chez le roi mon » |iiro, et annoncez-lui que le prince s'est igaté, •
Ayont reçu cet ordre, les niuntris se rendirent chez le vieux roi, atteignirent son palais, s'inclinèrent et lui firent part de la nouvelle.
En l'entendant, il gcuiit et s'évanouit. On rnspergea d'eau de rose et il revint à lui en disant : « Ah ! mon ■ enfant au caractère accompli, mon cceur a perdu > toute espérance I Où es-tu, mon Gis accompli? J'irai » te chercher moi-même I »
Le roi pleura beaucoup et sa femme aussi ; Bidasiiri parut même vouloir se tuer, car frère et sœur ne s'tii» moient autant que Bidasari et le prince.
Tous deux étaient innocents et joyeux, et badinaient ensemble.
Vers le soir, revint le roi d'Indrapoum; il alla tout droit au palais en pleurant.
Le roi de Kembajat lui cria ; « Silence, mon RU, » silence; ne pleure pas ainsi, car tu augmentes par In v mn douleur. «
Mais le roi d'Indrapoura reprit : « Il n'était pas mon
• beau-frère ; il était plus pour moi, mon affection pour
• lui était celle d'un véritable frère; il était si aimnnt, » si innocent, si doux ! •
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ClUNT SIXIÈME. 131
Muis voyez, pciidaiit (|uc tout le iiioiule pleiiruit, le prince revint tout il coup et entra chei le roi uvcc mi compngiic.
Dès qu'il fut entnS, il s'inclina devant ses parents et devant In roi son l'rèro, et devant Ilidasari sa sœur.
Le roi son père, en le voyant, ne put parler d'dtonncment et pensa en lui-même : « N'est-ce pas la voix de » mon fils ? > Et en lu reconnaissant il fut tout hors de lui; sa joie était grande.
Le prince raconta alors comment en chassant un tigre il s'était égaré dans un hois; comment, arrivé ii une certaine place, il y avait tué un esprit, et comment il avait terrassé l'esprit Ifrid.
Le roi l'écoutait et se réjouissait.
Alors parurent les serviteurs qui servirent le repas. Le roi mangea avec sa femme et ses enfants ; ils étaient en tout au nombre de six. Il y avait toutes sortes de mets, diverses espèces de râtis et de poissons.
Le repas fini, le roi prit du siri dans la botte de bétel et fit usage de parfums.
Le puissant et sage roi de Kembajat donna alors une fête qui dura sept jours. Le gendrang, le serouni et le nafiri résonnèrent, et l'on se divertit dans la résidence royale. 'Le prince régala les houloubalangs et les mantris durant sept jours et sept nuits. La joie tut h son comble, la joie née du plaisir et de la danse. Les rois se divertirent. Il yavait tontes sortes de jeux. Intji Bibi, une cantatrice de Malacca, chantait avec grâce. Les sept jours passés, la princesse Mendoudari fut toute
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parce. Les épouses des deux rois la prirent près d'elles, et le prince fut confié au mangkouboumi. Elle iiit \6tne d'une kesoumba couleur de grenade, avec des boutons en forme de |>apillon8. Elle fat ornée d'un pcdtika avec six oyrufes et d'une ceinture naga soulinin tuulc iiroiléc. Sa chevelure fut surmontée d'une plancliette {jravée, entourée de joyaux h facettes éclatantes. Elle exhalait les plus doux parfums, et ses manières étaient celles d'une personne bien élevée et polie. Elle avait des sountings et des lacets d'or semblables il des fleurs de tjempaka, toutes sortes de bijoux et de pendants d'oreilles dont l'éclat reflétait sur ses traits. Elle avait un anneau nommé astakouna et un autre nommé glangkana; de plus, un anneau avec des pierreries ciselées il la manière de Ceyian. Ses cheveux frisaient comme une fleur épanouie, et dans ses boucles étaient fixées des pierres précieuses. Les fleurs de tourie lui nlliiicnt bien. Ses traits étaient brillants comme ceux d'un être céleste.
Mendoudari étant ainsi vêtue, fut conduite au fauteuil de la fiancée, et sept filles de mantris se tinrent à sa droite et à sa gauche avec des éventails.
Pendant ce temps, le mangkouboumi Lila Mengindra achevait la toilette du prince. Il Ait orné d'une couronne laite dans l'Ile de Rousa Antara, et habillé d'un sougkct ioit en Occident et nomnlé djougsarat, dont les bords étaient à cAtei. Il porloit un collier ciselé, et sa tuuiquc était orange et flnndioyanle comme le vêtement de Schahid Schah Pri. Son ceinturon consistait en un drap
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CHANT SIXIÈME. 133 de Ijindi avec des franges d'agates. Il portait |>aiir amulette un diamant pur, sur lequel avait ctc gravée une ligne du Koran. Il avait un tadjok de lu forme d'un pa|>illon volant, ina<;nifique et très-beau. Il portait de cimque cùté trois glang-kana's et un anneau de la plus grande richesse. Ses traits étaient d'une grande beauté, comme ceux d'une divinité du ciel.
Ainsi habillé, le prince sortit et s'inclina devant ses parents. Il se rendit au poutja persada, oii les enfants des bedouandas parurent devant lui, et où deux fils des hérauts se tenaient à ses côtés en agitant des éventails comme des nuages flott.Tnts. Tous gardaient respectucusumenl ie silence devant le prince.
Les jeunes houioubalangs montaient la garde et portaient des glaives étincelants. Ëtl'épéc royale, garnie de diamants, projetait des éclats de lumière. On les porta autour de l'tle au bruit des instruments de musique et au son des cloches, et tous ceux qui les entendirent furent troublés, car on n'en pouvait calculer le nombre ni en saisir le sens. Beaucoup de monde accourût pour voir ce cortège, les femmes aussi bien que les hommes ; quelques-unes déchirèrent leurs vêtements, de sorte que leur sein fut mis à nu ; d'uutrespcrdirent leurs enfants , si peu elles y faisaient attention , distraites qu'elles étaient par le plaisir et le bruit. Knfin, après avoir fait trois fois le tour de l'Ile, on rentra au palais.
Le prince fut placé par sa nicrc îi la droite de la princesse Mendoudari. Le riz, nommé adap-adap, fui
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lu BIDASARI.
apporté, et le roi s'eu servit lui-nicine; ensuite il donna
l'ordre de se disperser.
Le repas fini, le prince se retira dans sa chambre à coucher; il caressa et enihrassa son épouse et la prit sur SCS genoux dans le lit.
La nuit étant avancée, les deux époux royaux s'endormirent, la figure animée, jusqu'au matin. Alors le prince se leva et conduisit sa femme par la main clic/ sa sœur Bidasari, auprès de qui elle resta avec plaisir.
Trois jours après, la princesse Mendoudari fut de nouveau parée avec sa bellc-.sœur Bidasari. Elle fut ornée d'un vêtement de soie brodée, nommé tjelarie. Le prince s'habilla aussi selon la circonstance. Elle fut habillée par la fille du ferclana, en même temps que le brillant prince, pour être conduits de nouveau autour de l'Ile. Le roi et Bidasari montèrent le mAme char, le prince et la princesse Mendoudari un autre.
Âpres cette promenade, ils rentrèrent au palais et s'assirent sur leurs banquettes pour se reposer. Alors le roi de Kenibajat dit à sa femme : « Qu'en pensez-vous, > mon amiet Ne partirions-nous |>as demain? • A ca mots, la reine reprit en souriant : • Je porte vos ordres • siir ma tétc. >
Le jour suivant, te séjour royal était tout en joie ; les houloubalangs et les mantris s'assemblèrent pour recevoir les ordres du roi.
Le roi fut satisfait de voir tous les mantris présents. Il s'était rendormi, et il l'aube du jour le chant des bajans l'avait réveillé.
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Le matin, de bonne heure, les princessesentrcront de nouveau dans leniivirc; les rois, tous les liouloubalangs et les niantris les accompagnèrent. On cingla loin de l'ile de Nousa'Autura, et oprès trois jours de navigation on atteignit la ncgoi y Indrnpouru et l'on pdnëtra dans l'cmboucliurc de la rivière.
Lorsqu'on fut arrive au palais, les maniris approché' rent et se baisèrent les mains.
Alors le roi de Kcmbajat dit qu'il voulait partir.
A peine le roi d'indrapoura eut-il entendu que ses parents voulaient retourner à leur niîgory, qu'il réunit tous ses mantris pour leur donner des ordres.
Le jour suivant, le roi de Kcmbajat partit avec sa l^emme.
Dans le palais de leur fille ils rencontrèrent le souverain d'indrapoura.
Le roi de Kcmbajat s'assit h côte de son fils dont tout l'extérieur charmait. Il dit avec beaucoup de douceur et d'un ton aimable : • Eh bien, ma fille Didasari, tes « parents veulent revoir leur ndgory. Sois entièrement » soumise au roi ton époux. Le mnngkouboumi t'a • élevée, il remplace près de toi tes parents; clierche > il gagner le coeur de ton époux et ne méconnais aucun » de ses ordres. »
A peine eut-elle entendu ces paroles, qu'elle s'affuissa de tristesse sur les genoux de son père et versa un torrent de larmes, parce qu'elle ne voulait pns se séparer de ses parents. Le roi eut pitié de sa fille, et l'embrassant il dit tout en pleurs : « Mon amie, chère enfant de
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*M BIDASAIll.
> (es parents, or ciselë, ornement de ma couronne, ra- ' meau de mon cœur, lumière de mes yeux, ne sois pas » inquiète, mon Ame, et que ton cœur ne soit pas
• àRligé I II
Les quatre personnes royales pleuraient et leur père paraissait s'évanouir de chagrin, parce qu'il devait ise séparer de ceux qu'il aimait tant à voir et à admonester par de bonnes leçons. Le roi et son épouse ajoutèrent : « Mon fils, prince accompli, nous te confions Bidiisari; ' montre-lui le droit chemin, si elle en sort, car clic » est venue ici comme une prisonnière; je désire donc » que tu lachfttics si sa conduite n'est pas ce qu'elle doit
> être ; pow nous, ce ne sera pas une honte. •
A ces mots, le roi d'Indrapoura fut tout ému. Il s'inclina et dit : • Ne parlez pas ainsi, mon père, je n'ai pas
• si mauvaise opinion d'elle; nos deux cœurs n'en font
• plus qu'un, comme le corps qui est uni à l'Ame. Scm- » blables oux Pendbawas et aux Konrhavras, nous ren-
• trerons ensemble dans la terre '. Tout ce "ui est en
> dedans des frontières de cette négory appartient ii
• votre enfant. Je ne suis plus que le gardien de ses
> trésors et je satisfais à ses moindres désirs. »
Le roi répondit joyeux : ■ Ëb bien, ma fille, éclat de
( CclM compuraiMD cit empruntée à l'bistoire de* PjndhawH et dei Koarliawai, deui brinches le la niation de Baral, I.a guerre terrible qui
• éclaté ciiire eut et est dcerite dana le Btata Jcuia, a ilt cAuae d'un dés.isire. Le sens de la cojiparalion cat cclai-d i ■ Cumnw les Pan-
■ (lliawaii et les Kourbawaa, nima |i£riroiu totu enaemble, ai noas ni-ona
■ en ininitté.a Via Hotnm,
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CHANT SIXIÈME. m ■ ma couronne, tu n'es plus soits ma direction, et tu es •> entièrement sous les ordres de ton ëpoux. >
Il était très-ému; il dit au nlangkouboumi : • Prends s tous mes trésors , mon frère, car nous ne saurons
> jamais assez récompenser ta charité. '
Alors le mangkouboumi et sa femme s'inclinèrent :
• Votre reconnaissance, prince accompli, est jjrande; » tous les trésors sont à votre fille et nous les admi- » nistrons. »
Le roi reprit d'un ton amical : « Ne parle pas ainsi,
> mon frère, je te donnerais autant qu$ pèse tout Indra- » poura, que je n'aurais 'pas suffisamment récompense a tes peines et ton dévouement. Tes soins étaient par-
• faits et ton amour accompli ; c'est pourquoi nous « t'aimons aussi et te sommes dévoués. •
Aussi longtemps que le roi était là, il l'avait invité à dîner, lui avait donné ii manger et causé avec lui ; il lui était reconnaissant de l'alfection qu'il avait eue pour sa sœur.
Sur CCS entrefaites, les époux Lila Mengindra faisaient les préparatiis pour le voyage du roi. Ils procuraient des amusements aux mantris pour les tenir éveillés.
Au premier rayon de l'aurore, tout fut prêt. Les personnes royales s'éveillèrent et s'assirent dans leurs fauteuils,
La dayang Sendari apporta il déjeuner ; le roi mangea ovcc ses enfants. Mais le repas fut triste, car il fallait s'éloigner de Bidasari.
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tSS BlDASAnl.
Le roi et sa femme dirent a leur fille Bidasari :
• Soumets-toi, mon enfant, entièrement à la volonté
• du roi ton époux, et observe tout ce qu'il te dira; que
> le cœur de ton mari se conConde avec le tien et ne
• transgresse aucun de ses ordres. Une femme doit voir
> son seigneur dans son époux et ne pas lui résister en
• quoi que ce soit ; une telle femme se conduit comme » le lui impose sa haute naissance. Là où deux époux <> se conduisent ainsi, le mari est un héros et la femme n fidèle; là, l'épouse est sage et l'époux puissant. »
A ces mots, Bidosari baissa la tcte, s'essuya les larmes et pensa en elle-même : • Oui, c'est comme le dit .» mon père. • >
Elle ne cessait de pleurer, parce qu'elle sentait son coeur attiré vers son frère : ■ J'ai quelqu'un, pensait-
• elle, qui tient la place de mes parents, mais où trou- » verai-je un frère? »
La princesse Mendoudari s'inclina alors devant Ridasari j les doux princesses pleuraient ; elles s'embrassèrent Tune Vautre, et Bidasari dit : « Ma chère sœur » Mendoudari, quand reviendras-tu ici? Se reste pas
• trop longtemps ci Kembajal , car je ne saurais me
• passer de toi. •
Alors le n>i embrassa sa fille; tous les deux pleurèrent amèrement. Le royal père dit : • Reste ici, mon gendre,
• avec ton épquse. •
Le roi s'inclina devant ses parents, tes traits contractés par la tristesse ; le prince s'inclina devant le roi son frère et se rendit auprès de sa sœur Bidasari,
CHAKT SIXIÈME. tSt élevant les mains avecuncœiirserrû. Il était trcs-émii; il s'inclina en pleurant et dit : « 0 ina sœur, ornement 1 de ma couronne, ne sois pas si affligée; ne pleure pas » si amèrement; je vais partir, ali! ne sois pas ainsi » troublée; si tu lo veux, je reviendrai ici une fois par » an. »
Uidasari l'embrassa , mais sa douleur était inexprimable : " 0 mon frère, illustre prince I selon tes pro- ' messes, ton absence sera trop longue. »
Le prince reprit en s'inclinant : « Apaise ta douleur,
> ma sœur, si le roi mon père le permet, peut-être
> reviendrai-je plus tât. »
Le roi d'Indrapoura dit amicalement : • Bien qu'il ' soit ton frère, je l'aime beaucoup; nous n'avons pas
• eu le moindre différend. Pourquoi n'es-tu donc pas
• gaie et ne veux-tu pas le séparer do lui ? Si ce n'était » pas du roi notre père, je ne le laisserais pas partir. »
Alors le roi s'éloigna, suivi de son 61s. Celui-ci conduisit son père jusqu'en dehors de la ville.
Le mangkouboumi s'inclina devant le roi, qui l'embrnssa et dit : « 0 père de Bidasori, donne aide et pro- » tection h ton enfant. »
Le mangkouboumi s'inclina de nouveau, embrassa le roi et dit : • Tout ce qui est néces.saire, je le porte sur
• ma téte pour me rendre utile. Je porte vos ordres sur » ma téte, moi votre vieux serviteur. "
Lui et le prince s'embrassèrent mutuellement, et celui-ci lui recommanda sa sœur : ■ Guide-la et con- ■ seille-la, mon oncle, si elle commet quelque faute. •
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