DE LA LITTÉRATURE MALAISB. UT
■ Enterrez Kin Tonibouhan avec son aninnt; ils furent > unis lions la vie, ils ne seront |>as sdparcs dans la • mort. > — «Lu reine se contient et se tait, mais il semble que la liaine lui brûle lo cœur. ■
Ce poËme est vraiment beau, quoique le r^cit en soit très-simple et sa forme défectueuse. Mais le caractère des personnages est bien exposii et leur est maintenu jusqu'il la fin du r<!cit.
On s'est demanda quel est l'auteur de cette œuvre remarquable. Itoorda van Kysinga, dans lu triuluotion qu'il en a dopnée en 1838, l'attribue à Ali Muslliiitliiei . De plus, il est porté à croire que le mnimscrit ninluis serait une imitation du javanais, parce qu'il s'y trouve beaucoup de mots empruntés i cette langue. Cependant on les cherche envaindansles fragments qu'en a publics Marsden, et l'on constate au contraire une rédaction entièrement différente de celle du texte édité par le savant Hollandais '.
Le roman de Floris et Blanchefleur, traduit au moyen ftge dans presque toutes les langues de l'Europe, rappelle des aventures semblables h celles de Radcn Mantri et de Kin Tarabouhan. Aussi a-t-on dit que ce roman est d'origine orientale. Comme dans le sjiar malais , une reine d'Espagne, au temps des Maures, avait destiné son fils a devenir l'époux d'une princesse royale. Mais Floris (c'est le nom du jeune prince) aimait, dès sés plus tendres années, Blanchefleur, la fille d'une
( tettertkanttige Leercursui dooi-y J.-J. de HoUandrr.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
158 APPENDICE
rl.T^lieiiiii! i|uc Iv roi iimiirc, Kéims, avait fuite prisonnière en France. > Tous les deux, dit Thierry d'Assenëde, avaient la mémo licuutd, lajuéme pensée, le même cœur, la même Ame. > Le roi et la reine résolurent donc do les séparer. Us vendirent Blanchefleur comme esclave ik dos luarchonds de Nicle, qui la cédèrent & l'iSmir de Bubylone, Golui<i reuent pour elle la paiiion la plui vive et la fait enfermer dans une tour. Ploris, h qui on avait persuadé que Blanchefleur était morte, parvient cependant, après bien des eflorts, à découvrir sa retruite. Il en corrompt le gardien et s'y fçit introduire, Tandis que les deux amants se livrent a la joie et au bonheur do s'être retrouvés, l'émir sunient et les surprend dans leurs transports d'amour. Outré de colère, il s'apprête ii les tuer. Alors Floris s'écrie : » — Sei- » gnour, je no suis pas venu ici d'après les cqnseils do • Blanchefleur ; je le jure sur ce qu'il y u de plus sacré, a Bbinchefleurest innocente, laissez-lui la vie. C'est moi
> qui suis le coupable ; frappez le coupable. • — « 8ei>
> gneur , s'écrie h' son tour Bhinchefleur, ne l'écoutez a pas ; c'est à cause de moi qu'il se trouve ici, c'est ma a faiite. Ce serait injustice de lui enlever la vie. Seigneur, a laissez-le vivre et frappez-moi. »
Thierry d' Assonède, comme Ali Musthathier, exprime avec un art charmant la vivacité des premières affections, l'enthousiasme' né des premières émotions 4e l'àmo humaine, tout ce qu'il y a de courage et de dé' vouement dans le coeur de la jeunesse qui aime avec candeur et pureté. Raden Mantri et Kin Tambouhon,