‹ Bidasari poëme malaisChapitre 8 sur 23 · IM BIDA8ARI · texte numérisé non relu

IM BIDA8ARI

> dons une fonttine. Il est écrit lii-haut que nous devons » tous nous rencontrer.

• Gomment pounions-nous changer cet arrêt 1 » Conserve ce vase dans une fontaine. Dang Djoulita » cueille Ictjoutan, rorigine d'un basilic à Pekudjangan.

> Eh bien , laissons-nous connaître l'un l'autre, a6n qnc

• nous puissions nous aimer ëternellement. >

Ces paroles étonnèrent Bidasari, et elle s'écria en se jetant k terre : ■ Serais-tu aussi un-pirate? Pourquoi viens-

• tu icif Je ne veux pas; non, je neveux pas que tu me

> parles avectantd'dudoce. Eh bien, retourne bien vite

• et emporte tout ce qui m'appartient. Ilàte-toi, car si » mes parents venaient ici , ils te couperaient certaine-

• ment en pièces. Ils te tueraieqt, et personne ne t'ac- » compagnerait daris la mort, et tu n'obtiendrais aucun <* pardon ! »

Le roi dit en souriant : > Ah I ma bien-aimée, pru-

• nelle de mes yeux, que me font tes trésors? Toi seule » est greflîie dans mon cœur. En eflët, je suis un pirate, , H mais c'est ton coeur que je veux dérober ; c'est pour-

• quoi je suis venu ici, et s'il survenait un millier de dé-

• mons et de spectres , ils ne me feraient point peur. >

L'anxiété de la jeune fille augmentait toujours, et sa colère éclata.

« Dussé-jé être brisé , dit le prince , tu m'accompa-

• gneras dans la mort, i

Ilidasari pleura et le supplia en se jetant sur son lit de repos.

CHANT TROISIÈME. 143 Le roi la souleva et lui dit : « Pas de pleurs, ma

• bien-aimëe , mon or pur ; pas ^e pleurs, ma chérie, « gloire de ma couronne ; pas de pleurs, mon urne I car I les pleurs que tu verses, je les estime à une aussi haute

• valeur que moi-même. Ali 1 moli adonîe, mon or ar-

• tistement travaillé, où veux-tu aller? N'os-tu donc pas

> compassion de moi, ni de ma tristesse ? »

A CCS mots, Bidasari versa de plus abondantes larmes. Elle eut peur et trembla, et se priScipita du lit.

Le roi sourit et dit doucement ; « Joyau virginal, or 1 sans pareil , dussë-je mourir pour toi , dussé-jc être » écrasé par les spectres, je garderais un silence absolu.

> Qui oserait, ai ce n'est un esprit ou un spectre, me re- » garder en face ? Tu es comme une fleur unique, ta

• beauté a l'éclat de la pleine lune. Je suis un prince «puissant; qui oserait s'opposer h moi? Où veux-tu » ollcr, or virginal 1 •

Ainsi lui parla-t-il avec les yeux les plus tendres. Bidasari était toute troublée et confuse. • Laissez- » moi vous suivre, s'écria-t-elle. N'approchez pas ! Je

• vous le défends. Tout m'attriste et m'aiflige ; arriére,

> arrière, malheureux I Je veux aller me lover la figure. •

Le n ■ !^ 'ït et dit : > Allons « mon amie, laisse-moi

• laver t.: dgure. >

Hais elle, elle était très-irritée et jeta l'eau an visage Sa roi.

Gela réjouit le prince et il dit en riant : « Pas de cette X manière, ma chérie ; tuas mouillé tout mon vêtement. • Lh on chante et l'on s'amuse gaiement. Un clou

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lu BIDASARI.

• que l'on plante ne peut croître. Puisque tu as mouillé

■ tout mon Tétement,je ddsire l'épbanger contre le vête-

• ment de ton corps.

• Prends-tu' une viole, ou un plateau, ou une boite

> de lidtel, je le fais aussi. Angang est le roi d'un autre K dcssa. Ponr toi, en souvenir de toi, ma chérie, ce vc- » tcment mouillé séchera h mes membres.

" Ângang est roi d'un autre dessa. Un tjempcdak est 9 h vendre dans une boutique. Que ce vétement'mouillé » sèche à mes membres ou qu'il reste mouillé, je ne m'en

• inquiéterai pas. >

Après que Bidasari se iiit Uvëe, elle voulut se ci|cher derrière son lit, mais le roi In saisit et s'y opposa. Il la porta lui-même & son lit et l'embrassa nvcc de tendres |Kiroles : > Mon or, mon rubis, joyau virginal, ne » sois pas irritée contre moi. Écoute-moi, mn bien-aiméc, » entends le secret de mon cœur. Je veux rester ici pour '» attendre tes parents. Écoute, ma chérie, écoute, mu » bien-aimée. Je me trouvais à la chasse, et tandis que

> j'errais sans savoir où j'étais, je vins ici très-agité. Hier

■ aussi j'étais ici, m'étant adonné & la chasse, selon le

• désir de la reine, qui voulait avoir un kidjang pour

• l'apprivoiser. Pendant deux jours, je l'ai recherché

• avec l'aide des mantrii et des houlouba|ang8. Et dc-

• puis que j'ai vu tes traits éclatants, je ne veux plus

> m'en retourner. Ne t'elFraye pas, je ne te ferai pas de « mal ; quand tes parents arriveront, je leur deman- •^derai, comme il convient, ta main. Kt j'aime à croire

> que tes parents me l'accorderont. Je suis d'une race

CIIAHT TROISléMK. US » qui est la semence du pays. Je regrette qu'elle soit » d'origine humaine et la tienne céleste t Si tu y con-

• sens, ma bien-aimée, je te conduirai k mon palais, tu

• seras assise à côté de la reine et tu vivras dans la » fdlicitë. »

Bidasari inclina le front et pleura, et toute rouge de pudeur, elle pensa : « Je ne m'imaginais pas que ce fût

• un roi. J'ai parlé tout à l'heure d'une manière bien

> inconvenante, puisse le roi ne pas être irrité ! ■

Le roi vit combien la jeune fille était inquiète, il la calma avec de tendres paroles : • Rameau de mon cœur, » lumière de mes yeux, ne sois pas affligée, ma chérie.

> Dès que tes parents m'auront donné leur consentement

• je te mènerai h ma négory. De ce bois à mon palais,

> on peut se rendre en un jour; ce ne sera donc pas 'dlf-

• Belle d'y aller et d'en revenir. «

A ces mots, elle ne douta point que ce fùl le roi du pays, etTefFroi que lui avait causé lu reine lui lit perdre connaissance. Elle dit doucement en se soulevant du lit de repos : • Je suis une humble sujette, ne me donnez

• pas de trAne, 6 prince j je ne suis ni esprit ni spectre,

• et j'ai mes parents dans la négory. •

Le roi en entendant ce langage Ait stupéfait d'éton> nement et dit tout joyeux : • Uon or, mon rubis, ma

> bien-aimée, comment s'appellent tes parents f dis-moi

• cela. »

Alors elle répondit d'une douce voix : « Le nom de

• mon père est Lila Djouhara. Il demeure à Pesani ,

• dont il devint le conseil. •

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IM BIDASARI.

L'étonnement du prince augmenta toujours; il reprit avec affilbilité : • Eh bien , ma chérie, dis-moi la véritë ; » pourquoi t'ont-ils traitée ainsi? Pourquoi font-ils > abandonnée dans cette solitude? Lila Djouhara n'est

• pas pauvre; c'est un riche marchand, d'honorable » naissance,^ qui a beaucoup d'esclaves et de serviteurs. » Pourquoi te laisse-t-il dans ce désert? A quoi lui ser- » vent ses trésors? Il se soucie de ses esclaves et de ses a serviteurs. Pourquoi n'a-t-il pas donné un trdne à son » enfant? son enfant qui est le jornu d'uni) couronne? ■ Il est renommé parmi tous I . man hands. Il a bon n cœur et est sincère. Quelle peine ou quelle contrai> riété l'a forcé de cacher sa fille dans les bois ? Disn moi cela et ne me cache rien, n

Elle fut très-embarrassée des questions que le roi lui posait; elle se dit en elle-même : • C'est la faute de sa

• femme; mais si je lui raconte ce qui est arrivé.... Il •I ne m'a pas vue, lui, dans le palais. S'il ne me croit

• pas, je serai une menteuse à ses yeux: •

Le roi reprit par intervalles : « Rameau de mou » cœur, rayon de mes yeux, pourquoi gardes-tu le

• silence et ne parles-tu pas? Raconte-moi donc ce que

• je t'ai demandé. •

Et pendant que le roi la contemplait, les yeux de la jeune fille s'obscurcissaient et son visage si doux trahissait la crainte et l'anxiété qui l'accablaient.

Lui, il sentit fendre son cœuret dit : « N'hésite pas. > Mais Bidasari était affligée et versait des larmes. Elle redoutait de parier et de lui faire connaître les tendan-

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CHANT TIIOISIËME. 147 CCS de la reine. « Comment, pensa-t-elle , lui répon-. » drais-je? Peut-être le roi ne mecroira pas, et supposera- » t-il que je veuille l'induire en erreur, puisqu'il n'a pas

> été témoin des mauvais traitements que la princesse

> m'a fiiit endurer, car je suis à peine digne d'attirer t ses regards, moi humble fille. C'est pourquoi il dira » que je suis ensorcelle, et le puissant roi sera irrite et

> me fera certainement mourir. Si mon père ëtait ici n cependant, je saurais lui parler. •

Son anxiété s'accrut toujours et ses larmes coulèrent abondantes.

Le roi en eut pitié et la prit sur ses genoux.

• Mon or, mon rubis, s'écria-t-il, mon joyau, poura quoi pleures-tu ainsi, ma chérie? « Il l'embrassa et lui donna un sépah : • Mon àme, tu es comme un ange ;

• sois sans crainte, con6e-moi ton chagrin. Pourquoi

> as-tu été abandonnée ici? Par quel sortilège est-il

• arrivé que tu veilles la nuit et que tu t'évanouisses au

> matin? Si tu es en vérité une fille de Lila Djouhara,

> je te prendrai avec moi, je te ferai mon épouse puis-

> santé, et l'amour de tes parents pour toi ne fera » qu'augmenter s'ils veulent m'accepter pour leur gen-

• dre I S'ils veulent te laisser t'en aller avec moi, je leur

• accorderai tout ce qu'ils désirent. •

Le cœur de Bidasari liit tout troublé lorsqu'elle entendit ces paroles du prince ; elle ne sut comment s'excuser et craignit que le princencla conduisit b la négory. Elle pleura amèrement et pensa en elle-même : • Si

• telle est sa volonté, je mourrai certain«ment. Si je ne

1(8 IIIDAiiAIII.

V(uix pus lui imilt'i', il in'iMili'vern. Mes parents, qui " m'aiment tant, nu sauront jiunuis que je suis morte. " Je n'ose avoir confiance, car la reine est trompeuse et >' rusée, et si jamais j'apprends nu roi que j'ai été prise » dans ses filets. ... Elle a été si cruelle à mon égard

• quand elle me croyait sa rivale. Que sera-ce si je lui » prends son époux I »

Bidasuri ne pouvait plus maîtriser son émotion. F.lle quitta les genoux du roi, s'inclina aveu tristesse devant le j)rince et lui dit d'une douce voix : « Mon roi, mon » (l'Iorieiix souverain, In peur m'eni)>éclie de parler.... » Moi, votre liumhic, votre indigne servante, je ne suis u jms fuite pour un trône royal,... Puisque vous aime/

• de causer avec moi , comment oseruis-jo mentir ? Si " vous me voulez du bien, la reine se fâchera.... Mes 0 parents la redoutent beaucoup j c'est pourquoi ils V m'ont conduite ici. Déjà depuis trois mois, j'ai abau- ■> donné la lu'gory à cause de l'efFroi que m'inspire lu » reiuo. »

Itidasari se rappelait la colère de la princesse ; elle ne put continuer et éclata ensungtots.

Alors le roi parla amicalement : » Ëh bien , mon or,

• confie-moi le secret que coche ton sein ; tu n'as rien ii » craindre. La reine est bonne et sage, elle sait s'atta- « cher les personnes. Pourquoi te rendrait-elle malheu- » reuse? Elle sait n merveille ce qui est bien, ce qui est » mal. Ne parle pas ainsi, mon amie, car la reine » ne saurait commettre une mauvaise action. Quand tu » seras près d'elle, tu verras si elle te hait ou t'aime. »

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CHANT TROlillÈMK. IW A CCS mots, Bidasari c-omprenaiil <|m' lo roi avait In princesse en si liaute estime, sentit sonctrur ilél'aillir, et elle voulut parler dans une niixiëtd extrême, car après avoir entendu lo roi, elle perdit la force de se justifier : « Me4 paroles sont vraies et sincères, niais peut-être ne » me croirez-vous pas. N'ai-je pas ctd ddjh dans le palais

• environ six ou sept nuits ? Alors, |Hir la volonté du » Très-Hnut, les gouttes de sueur de mes inc|uiëtud('s i' devinrent nia couche, si violent était mon désir de » revoir mes parents cjui se désolaient pour moi et

• m'envoyaient chaque jour toutes sortes de nu^ts. " Ounnd les dayangs venaient , elles furent retenues " prisonnières par lu princesse, (pii leur disait : Si Ilida- « sari voulait revenir, ne pourrais-je pas la fuir<^ recon- » duiro moi-même? Enfin, je lus une fois ramenée choy, » moi, — je vivais, mais j'étais connue morte. » — Kilo raconta tout ce <]ui s'était passe, et le roi l'ccoutu attentivement. Le prince demeura stupéfait et dit : « Coui- » ment, ma chério, mon or pur, comment est-il possin ble que tu aies été dans mon palais et que je ne t'aie » pas vue? Comment se fait-il q»ie tu ne te sois pas » trouvée à côté de la reine? Je n'ai pas ipiilté un seul

• jour ma royale dcjncurci où t'es-tu donc cachée? Je ' crois, mon amie, h tout ce que tu nie dis. Parle donc ' sans crainte, ne me cache rien, afin que je sache tout.»

Forcée par le roi, Bidasari dit toute la vérité. Après qu'elle eut fait connaître la conduite de la princcs.sp, le roi en fut tout ébahi. Une colère terrible s'empara <le lui et accrut son amour et sa compassion.

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• C'est ilonc oiiisi (|u'vlle a ugi, culte cotéro de Dieu !

> J« n'aurais jaiiiuU penié que son liypocrisie fiH si ■ grande; je n'avais encore rian vu d'etle qui témoignât i< d'un tel penchant au innl. Mais no t'en désole plus, il w est tieiircux que tu n'aies pus succombé ! «

Il serra alors Bidasari diiiis ses bras et dit, pendant qu'elle versait un torrant de larmes : « Rameau de mon

• ceeur, rayon de mes yeux, ne parle plus de cette i> femme maudite et sois sims crainte; heureux que nous r. nous soyons rencontras I Ne pleure pas plus longtemps, ' ma bien-aim(!e, je te donnerai un plus beau trône qu'& i> elle. <■

Et tont dmu, il couvrit la jeune fille de baisers : u Mon

• amie, douée de si aimables qualités, maintenant je >> serai ton compagnon jusque dans la mort. »

F.t Bidasari pleurait, elle pleurait sans cesse ; elle dit : « Je vous remercie , mon prince, d'un trône, car je

• redoute d'entrer en ville. Retournez plutôt, 6 prince

> accompli, à votro négory. Je crains que la princesse

> ne remarque que vons venez trop souvent ici. Je ne

• suis qu'une humble et pauvre servante sans beauté : » permettez donc que je reste ce que je suis et ne vous » occupez plus do moi. >

Le roi l'embrassa et dit : « Mon amie, mon or virgi- » nnl, tout sentiment est dominé en moi par celui que » tu inspires h mon cœur. Chasse donc toute inquiétude ; je no t'abandonnerai plus. Cependant, je veux bien

> m'en retourner et méditer en même temps comment ■ je t'obtiendrai rendue h la vie. »

CHANT TR0Ifll6MR. Ml

Et le roi la serra dans cei bru et la couvrit do baiuTs ; iiiuiii elle buiuu lu Ivtc ul se tut. El lorsque la jour couiniença il reparaître, elle s'dvauouit de nouveau.

Go fiit la preuve que ilidusari avait dit vrai au roi.

Une Iminc im|ilacablc nninia alors lu prince cuiitra In princesse, ci il l'ut saisi d'une colère violente.

Touché de pilié pour la jeune fillo, il l'cmbrossn et cacha sou tendre corjis sous uu drap blanc, et elle ctuil lii étendue- coiuinc une morte.

Il est de nouveau question des mantris. Ils attendaient toujours le roi en silence. Le (erdana inantri alla seul l'appeler. A diverses reprises, il lui adressait respectueusement la parolo : • 0 seigneur, A kalife, ù prince illus- " tre, ne voulez-vous plus revenir? »

A ces mots, le prince se sentit troublé davantage. Il embrassa lu jeune fitle et dit : u Aimée de mon cœur, je >' t'abandonne, ma cbérie, je t'abandonne, mon ùme, je 1* t'abandonne, ma vie, je t'abandonne, montagne d'or

• ciselé I Mais ne sois pas attristée, demain je te reverrai

• encore. Je te quitte, ma fille, tendre corps; ne pleure

• pas, nia chérie, prie le ciel pour moi a6n que je revienne <i bicntAt. Jeté quitte, A pure et immaculée; je te quitte, ■ montagne Maha Roupa I Je ne t'oublierai pas un seul <• instant, demain je serai de nouveau ici. Je te quitte, » amie aux belles formes \ je te quitte, mon âme au teint » jaune pâle ! Demain je te reverrai ; ne pleure pas trop » notre séparation. Je te quitte,^ chérie au teint brillant !

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