I» BIDA8ARI
• ■■« pleure pu, je vaii partir. maU demain je terai de ■ retour. ■
Le mantri appela de nouveau et avec une voix plus sonore. Alors le roi s'dloigno du lit de repos, le coeur rcn)|)li de trlstcssi' et d'amour, et en se décidant & rc(;ugncr la ville.
Le roi partit, se rendit ii la nt^gory, et franchit le seuil (leson palais. Il s'assit ù côt^ de la princesse. Lu princesse lui (lit en souriant : « Qu'apjiorlez-vous de la chasse? •
I.e roi rdpondit en murmurant : « Je n'ai pu m'em- » parer de rien ; je suis resté dehors toute la nuit uni-
> quement pour me distraira. •
La princesse reprit : • Oh ! ce n'est rien cela ! Pourvu
• que quelque malheur ne vous soit arrivé ! Mais puisque M vous êtes resté toute la nuit hors de votre négory, il y " u peut-i^tre quelque chose que vous cherchiez? J'ai » toujours tout préparé pour la chasse, et je n'ai encore K reçu aucune recompense. »
A f»la le roi répondit en souriant : > Eh hien ! » fais de nouveaux préparatifs , je repartirai de- ■> main. Peut-être ta chasse me sera-t-elle plus favorat hle. Si je n'attrape rien, je reviens aussitôt. S'il se n trouve un kidjang h vendre, je l'achèterai et le rap-
> porterai attaché h une corde. •
Lo princesse rit de bonheur et crut ce qu'il disait. Elle ordonna 6 ses serviteurs de faire de nouveaux préparatifs.
Le roi badina et foliitra avec elle et feignit de passer la main sur son sein.
ClUHT TROlillËMI!. lU
Il sentit que le poisson «tait Ih en rëalitd, coiiinie Bida le lui avait dit. Il dit donc aux penakawans et
hedouandas : « J'ordonne f|uc tons les niuiitils, \'u'm\ - et jeunes, apparaissent ici armés de lances, de sarbnx canes et d'houloubalangs lourds et brillants. Demain, ' je retourne aux forêts ; puissions-nous avoir bientôt du
■ gibier. »
Kt il ajouta, la figure enluminée : u Je ne cesserai de
■ rdpéter : Il y a énormément de gibier, c'est pourquoi » je veux aller chasser. •
Quand la nuit fut venue, le couple royal s'endormit. Le roi passa la main sur le sein de la princesse et n'y trouva plus le poisson. Alors il pensa en lui-ménic :
■ C'est comme la jeune fille me l'a dit. Elle est en effet » d'un caractère méchant; avec de telles qualités, je ne » l'accompagne pas dans la mort, f
Toute la nuit, le roi ne put dormir; il était affligé et pensait toujours au chagrin de la jeune fdle ; il était mélancolique, comme s'il entendait un chant émouvant.
•A l'aurore, le couple royal se leva. Les traits du roi se ranimèrent, et celui-ci alla se baigner avec lu princesse..
Le prince rentra ensuite dans son j)ulnis et s'assit sur son tri^ne chargé de joyimx; il revêtit le manteau royal pour se présenter devant la chère je\nie fille ; c'était un vêtement de soie borde de fil d'or, avec une tunique couleur orange flamboyante. Son port était superbe comme celui du roi de la négory. Il était arme d'un carquois de Ceyian.
Source gallica.tjnf.fr / Bibliothèque nationale de France
m BIDASAItl.
La jeune Mengindra l'habilla. Il avait la tournure d'un vrai sultan et montait un cheral scmbrani, couvcit d'une scliubraquo ornde de franges, de joyaux et d'agates. L'ëtendard royal fut déployé pour témoigner que lo roi en pcrsoniio avait quitte son palais. Selon l'usage des anciens rois, le grand gong fut battu. Alors d'innonibrables mantris s'assemblèrent pour attendre les ordres du maître.
Après que les mantris furent assemblés, le roi entra une fois encore dans son pulais, rencontra la princesse Lilu Sari, l'embrassa, lui donna un sépah et lui dit en souriant : ' Je t'abandonne, mon âme, ma chérie, » Et en même temps il lui enleva le poisson caché dans son sein, le délivra, et se fit apporter un plateau entouré de joyaux,
La princesse se saisit et pleura; elle fut trcs-iirilée et trembla intérieurement. Se tenant sur le seuil de la porte, elle s'écria : « Pourquoi me privez-vous de mon > droit? c'est ma propriété, > Mais le roi ne le lui rendit pas et partit aussititt. Le jour laissait paraître ses premières lueurs et les oiseaux chantaient leurs chants variés.
Les nombreux mantris marchèrent sur les pas du roi et le suivirent. Ceux qui restèrent furent affligés comme s'ils avaient été frappés d'un couteau. Les chanteurs firent leur devoir. Les cpées et les lances brillèrent, et l'on se précipita au travers des bois avec les engins et les sarbacanes. Les lances et les boucliers étaient rangés eu ordre de bataille, et parurent une ville mobile. Plus
Source gallica.bnf.fr / BibliothèquË nationale de France