‹ Bien-être et concorde des classes du peuple françaisChapitre 10 sur 21 · BIEN-ÊTRE ET CONCOR DE · texte numérisé non relu

BIEN-ÊTRE ET CONCOR DE

peuple français. Tai pris à tâche de faire comprendre à ces classes les moyens de concilier leur prospérité commune et leurs devoirs mutuels. Je me suis fait une obligation d'écrire , non-seulement pour les riches et pour les supérieurs , mais aussi , mais surtout pour les moindres travailleurs, pour ceux qui ne gagnent leur vie qu'à la sueur de leiu* front. J'ai tâché de montrer le progrès déjà fait et le progrès possible aujourd'hui vers le bien-être, dans les classes qui, jusqu'à ce jour, ont été les plus nécessiteuses. J'ai voulu prouver, aux simples ouvriers, que les plus habiles et les plus actifs d'entre eux reçoivent, par le niveau naturel d'un juste équilibre, un salaire beaucoup plus élevé que la portion qu'ils recevraient d'après le partage égal, aveugle et sans équité, des biens, des capitaux et des salaires, entre tous les habitants, intelligents ou stupides, fainéants ou laborieux.

« Il existe, en effet, chez )|pÉuiples ouvriers, une inégalité de force et d'hS^Kté, commencée par la nature , acéi'ûe par l'apprentissage et développée par le travail. Cette inégalité dans les fûcultés productives exige, à lllte de \usUce^

l'inégalité d'un salaire proportionné, comme il doit l'être, à des productions inégales.

c Ces vérités salutaires qui, dans tous les ateliers , laissent le champ ouvert à tous les perfectionnements de la main-d'œuvre, à tous les progrès de l'intelligence, et par conséquent à toutes les améliorations du bien-être, chez les familles d'ouvriers, ces vérités, j'ai tâché de les démontrer , en m'appuyant sur des faits irrécusables et sur les données authentiques d'une statistique officielle.

€ Afin d'éprouver par l'expérience l'effet que peut produire sur les classes laborieuses l'exposition sincère de telles idées , j'ai choisi la séance d'ouverture de mon cours du Conservatoire , le 22 novembre 1840. J'avais pour auditoire, non-seulement Faite des chefs de l'industrie parisienne, plusieurs savants illustres, et des hommes d'État amis de l'humanité, mais, au sein de l'amphithéâtre, une foule d'ouvriers de toutes professions auxquels les portes sont toujours librement ouvertes. Les uns et les autres ont pu comparer, avec les raisons dont je les ai fait juges, les raisons employées naguère pour agiter les esprits, dans les réunions tum.uUM.<»v-

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ses de la place publique, ou dans le secret des conciliabules. Us ont lécouté dans le pkis pro« fond silence 9 comme des juges intègres. J'ai trouvé d'abord les ouvriers réservés et méfiants; puis indécis ; puis, par degrés, confiants et persuadés. Lorsque j'ai fini par des paroles amicales, quoique austères; en leur montrant, sans faiblesse et sans complaisance coupable, leurs devoirs en regard de leurs droits, et ma ferme intention dé leur dire dans tous les temp9 la vérité, gracieuse ou non mais salutaire, le boû coeur des audit^irs les a fait pencher en ma^ faveur, et leurs acclamations ont récompensé, par des signes d'affection, ma franchise et mon dévouement. »

Les premiers essais de subversion sociale . avortés en 1840 , les fauteurs du communisme renoncèrent en aiq[)arenice à l'^nploi de la jfbrce. La tranquillité reparut à la surface. Les conju* rations socialistes rentrèrent dans l'ombre ; elles travaillèrent sept ans sous terre > épiant un moment plus propice pour reparaître au grand jour.

Je ne veux rappeler en particulier aucune

des phases du drame si redoutable qu'on a fait

joaer à la classe ouvrière abusée , entraînée pen-

dant quatre mois, jusqu'aux sanglantes journées de juin. La dtation que je vais continuer de faire sur les mouvements de 1840, ne me laisse le besoin de rien ajouter de nouveau pour comt]|attre des idées servilement reproduites et des luttes, hélas ! trop fidèlement renouvelées.

« Occupons-nous >surtout des simples ouvriers, n'exerçantenchefaucuneiM:'ofession susceptible de payer patente, et de ceux qui ne travaillent pas chez eux^ à leurs pièces et comme chefs d*un atelier de famille; de ceux enfin qui ne possèdent ni terre , ni maison, m capitd.

« Cette partie de la population, noussonmies heureux de le dire, devient chaque jour en moindre proportion relativement au reste de la société; parce qu'elle passe avec rapidité dans la classe des propriétaires de biens, ou parmi les possesseurs de capitaux. Elle ne compte pas aujourd'hui six millions d'indivklus, y compris les femmes et les enfants. Si, pour ne laisser que la partie laborieuse, ^cace, nous retirions de ce nombre les hommes étrangers à Findustrie , les impotents, les mendiants et les vagabonds ; si nous dtions les simples domestiques ; si^ du restant, nous séparions les ouvriers amis de recoin

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