BIEN-ETRE ET CONCOBDE
Fadresse , à la constance, à l'activité des 4ifl[érents travailleurs. Il a prétendu limiter par force le nombre d'heures que le journalier courageux seï^tait pouvoir consacrer au labeur qui nourrit sa femme et ses enfants.
« Une tyrannie si nouvelle, appesantie sur, la main-d'œuvre , ce n'était pas l'oppresisiDn i|i l'arbitraire d'une autorité parti^e ou jalouse, ce n'était pas l'injustice des maîtres d'^télijB^s, ni la cupidité d'avares capitalistes, le crpiri^ t-on^ c'était l'attentat de la fraction la plusexi^ guê et la moins capable parmi la classe trayaillante : c'était elle qui s'érigeait en despote d^ sa classe tout entière.
< Dans un pays constitutionnel, où la loi devait protéger sans cesse le labeur honnête du moindre citoyen, on apu voir^ pendant plusieurs semaines , une poignée d'oppresseurs de la pire espèce aller, sans obstacle , d'atelier en atelier, défendre aux bons ouvriers de continuer leur travail, etle leur défendre, sous peine de mort!
€ Tandis qu'éclataient en plein jour ces violences impunies d'un complot auquel Paris et la France même ne suffisaient plus, les organisateurs du mouvement ne cessaient pas de le-
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nîr leurs assemblées clandestines, d'y recevoir des adeptes, d*y prêter des serments sacrilèges, et d'emprunter, pour leurs réunions occultes , la nuit, la solitude et le mystère.
« Les amis de l'ordre public et des prospérités nationales peuvent concevoir quelle était notre juste appréhension, par l'anxiété qui les saisissait alors. Nous avons adressé quelques conseils de modération et de prudence aux ouvriers qu*on égarait; nous leur avons montré par quels sophismes on les (rompait sur leurs phis chers intérêts. Ces premiers conseils (1) n'ont pas été sans utilité pour atténuer les mauvais effets des doctrines anarchiques, développées par quelques agitateurs avec une insigpe audace, et par d'autres avec une profondeur d'hypocrisie qui semble propre aux temps où nous vivons.
€ Au nom dij bien-être universel, Certains orateurs, certains écrivains ont tâché d'ébranler lés premières assises de l'ordre social; ils ont attaqué surtout la propriété, comme un obstacle à la félicité publique, en proclamant le par-
(1) Ils ont été reproduits par le Moniieur de 184o, p. 1984, et par les principaux journaux dft V«Lt»^l^s^fi^
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tage des biens-fonds et la division forcée des capitaux. Aux yeux des apôtres de ranarchie, la spoliation violente des possessions et des héritages semblait la seule mesure qui pût ren* dre heureux et paisible le peuple français.
c L'histoire nous a conservé le souveoûr d'une tentative de même nature, mais incomparablement moins subversive, faite il y a dix-neuf siècles, dans la capitale dij; plus graiid empire qu'ait vu briller l'antiquité. Voici la relation textuelle des circopstances au milieu desqueUe» procédait la démagogie romaine» dan$ ses projets sur le partage de$ terres. Qn croira life le récit de notre situation, il y a quelques seaisinés : tant les mêines passions amènent les mè^ mes désordres, au milieu des mêmes terreqi'Sy quelle quç soit la différmce des o^oewSt. des lieux et des temps :
« Il se propage une grande erreur (i), par les dissimulations insidieuses de ces honfunes qui se posent comme obstacles, et qui montent: à
(1), yerMtur magnas error propler insidlosas nonnnl-
lorom siiDiulationes , qui c|aiimr popuU wm Muai , coni*
moda , TeriiDi etiam salutem appognant et impediuDt ,
oratipne assequi Tokint, ut j^pqlares esse Tideantur.
Cfc. u, D^ lege agraria , contra Rallum.
DES CLASSSS DU PEUPLE FBANÇAIS. 7 3
l'assaut contre le bien-être, je ne dis pas assez, contre le salut du peuple : tandis qu'ils veulent, en agissant de la sorte, obtenir, pour prix d'éloquence, de parattre populaires !
c Je sais en qUeï état j'ai trouvé la chose publique, pleine d'appréhensions, pleine de terreurs ! Alors, il n'était aucun malheur» aucune adversité que les bons citoyens ne redoutassent, et que les mauvais n'espérassent. La foi dans la justice était perdue, non par le coup imprévu de quelque calamité nouvelle, mais par le soupçon, par la méfiance contre Faction paralysée des juges, et par l'infirmation des choseis jugées. Alors surgissaient des] dominations inaccoutumées, et l'on ne voyait plus seulement les fonctions insolites, mais les roy»ités du désordre, convàitée#][)ar l'ambition (l). »
« Sans me laisser imposer par ce funeste spectacle, j*ai repris à loisir mes pensées sur le bien-être et la concorde des diverses classes du
(1) Sublata efat de foro fides , non ictn aliquo novae calamitatis, sed sn^icioDe ac pertarbatione-judietomm, iofirmatione remm judicataram : nowm doimnatioiies » extraordinaria non imperia, sed régna, qiueri potaban* tur. Cic. Il, l>e lege agrariaf contra Rulium,