‹ Bien-être et concorde des classes du peuple françaisChapitre 18 sur 21 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Action délétère du communisme contre le bienrétre des' ouvriers* .

Je poursuis la citation de mes réflexions , pubUées en 1840 , sur les moyens de concourir au t»en«-être^ à la concorde des Français. J'ai rappelé les bienfaits du législateur en faveur de l'instruction populaire ; les admirables accroissements de l'enseignement primaire ; la fondadation des écoles normales pour les instituteurs de cet enseignement ; le développement et l'amélioration des écoles d'arts et métiers, auxquelles nous devons tant d'excellents artisans et tant d'artistes éminents.

J'ai résumé les conséquences des perfectionnements de toute nature , en rappdaiit l'augmentation de la v|e chez le peuple français.

« Afin d'arriver à cet admirable résultat, d'accroître d'un tiers la longueur de la vie humaine dans l'espace d'un demi-siècle, il a fallu les découvertes des sciences pour rendre moûv^ 4»aûk-

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gereuses et plus salubres une foule de professions ; il a fallu la découverte de la vacciné pour sauver la vie d'un grand nombre d*enfants; il a fallu remploi de machines ingénieuses pour délivrer l'homme des travaux les plus accablants et les plus périlleux ; enfin , il a fallu le perfectionnement des hôpitaux , l'accroissement des secours à doniîcile, et tous \es bienfaits dont j'ai faiblement présenté l'esquHse*

€ A h vue de cette amélioration progressive dani» le sort défi vivants, et d'une dimitiutlon corrélative dans la proportion des décès avec la population, runiqué i^ntiment que nous devrions éprottveîf^ tfest tifk sentiment de bon* heûr et de recoiinaissarice, en premier lien pour l'auteur suprême de tous lés bienfaits^ en* suite pour Yàdiioù tutèferiré dés honfimés qui se sont voués, avec tant dé constance et de gé^ nié, au bonheur de leurs semblaMes. Le s^tintent qui devrait iMms animer, c'est un nouvel ei plus vif amour de cette palri^, où l'universalité des citoyens voit son existence améliorée sans relâche, malgré les vicissitudes des révohitionS ' et des fléaux passagers, ou naturels ou politiques.

t Qui le croirait ! c'est Finstant même où tout se réunit pour accroître la félicité nationale , abondance des moissons et bas fdx deâ subsistances, prospérité du commerce, activité dti travail; au dehors, la paix qui; j'ose Tespérer, sera conservée ; au dedans, la sécurité; c'est là le moment que choisit la discorde pour souffler dans Tâme d'une foule d'ouvriers^ qu'Us doivent être mécontents, qu'ils doivent pix>te6ter par professions, par masses» contre le n^lheur de leur sort, ccmtre riniqiâité du lot qui leur revient dans le partage des produits que l'indus-trie nationale parvient a créer avec les secours réunis de la force humaiile et des autres forces de la nature, avec l'aoiioa correspondante des capitaux, qu'il fautcoinpter comme force additionndle, ou, pour mieux dire, comme force motrice et de premier ordre ?

« Certains individus^, remarquables seulement par une audace, ne craignons pas de le dire, égale à leut* ignorance, ont voulu nous faire accroire que, d^uis dix-huit annéeis, ils ont découvert , pour l'existence du peuple , des moyens de proscrite que l'expérience du genre

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humain et le génie des plus grands hommes n'avaient pas su découvrir.

€ Pleins de nouveautés dans leurs promesses, ils ont été pauvres et plagiaires dans leurs préceptes, malgré l'étrangeté d'un langage, il faut l'avouer, inouï jusqu'à ce jour.

c Que disent-ils aux hommes simples et cré^ dules, pour empoisonner la part de bonheur que ceux-ci pourraient goûter dans un pays sans privilèges, sans maîtrises, et partout donnant à l'industrie la puissance de la liberté? Ils leac disent qu'en dehors du travail, les hommes qui ne sauraient subsister que de labeur peuvent trouver des moyens plus faciles et plus prompts d'obtenir un sort heureux.

< Comptant pour rien l'égaUté des droits devant la loi, devant la justice et devant la raison, cette égalité, conquête immortelle de notre révolution, ils leur font rêver une autre égalité dont aucun peuple n'a jamais dû, n'a jamais pu jouir : l'égalité des fortunes , l'égalité des salaires entre ceux qui les méritent et ceux qui n'en sont pas dignes.

« CSombien sont coupables les hommes qui»

cherchant à troubler la paix de la société, versent dans le cœur des ouvriers tous les ferments de la discorde, et tous les venins de la haine contre les chefs qui font prospérer Tindustrie! Soigneux qu'ils sont de rester dans le vague et la déclamation, ces hommes se gardent' bien d'amverà des calculs positifs, qui démontreraient à rinstant le sophisme de leurs conceptions, le mensonge de leurs promesses. Cest à nous d'emprunter à la statistique des réfutations sim^des et faciles.

« La France, aujourd'hui le pays le plus riche du continent européen, la France, en réunissant le produit réel de tous les travaux et de tous les capitaux, présente un revenu annuel de dix milliards.

c Ces dix milliards, partagés également entre trente-quatre millions de Français, donneraient pour chacun quatre-vingts centime» par jour.

( Population de 1 840 ).

i Par conséquent, si Ton parvenait à réaliser le rêve des lois agraires,, si l'on procédait au partage égal des produits de toute nature entre les Français, la part de chacuri, grand ou petit, fort ou faible, oisif ou laborieux, s'élève-

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rdit seulement à quatre-vingts centimes; ma»

h la condition de fournir chacun pour quatrevingts centimes de travail ; afin d'obtenir, en échange, pour quatre-* vingts centimes de {produits.

« Mais, sur ces quatre-vingts centimes, Fadnûnistratipn générale du royaume et Vadministration munîc4>ale perçoivent, avec une ad-r mîrable ponqtuaUté, douze centimes, afin de pourvoir aux quinze à dix-huit cents million^^ d'impôts, d'octrois, etc., qui sont prélevé»

chaque joinée. Cette soustraction faite , il ne resteirait plus que soixante-buil centimes pour la part de chaque kidîvidu de tout âge et de tout sexe.

a Vous figurez-vous qu'avec soixanée^huit el même cpMktre-vkigtseenliniespar jour^ vous obtiendriez ces études profondes, ces ^orts inouis d'imagination, de calcu) et d'invention, qui soni nécessaires aux progrès des arts utiles et des beaux-arts ?

« Pour ne parler d'abord que des «chefsd'œuvre dont la nation est si fièrOj vous figu-* rez-vous qu'à quatre-vingts centimes par jour, des peintres, tels que les Yetuel, les Inçres, les

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Laroche et les Pujol; des sculpteurs, tels que les Bosio, les Cortot, les David et les Pradier; des graveurs, tels que les Desnoyers, les Galle, lesTardieu, les Bichomme ; des architectes, tels que les Fontaine, les Percier, les SoufOot, les Brongniart, pourraient produire les chefs-d'œuvre qui perpétuent et popularisent les plus beaux souvenirs de la gloire nationale?

« Pour m'arrêter à la catégorie de nos grands artistes énumârée la dernière, celle des istrchitectes, qui forme en quelque sorte la transition des beaux-arts à Findustrie, pouvons-iious Supposer qu'un architecte concevra les plans, accomplira les calculs et dirigera l'exécution d'un arc de triomphe comme celui de l'Étoile, d'un temple tel que celui du Panthéon ou de la Madeleine, d'un musée pareil à celui du Louvre, et d'un établissement populaire semblable à celui de l'hôtel des Invalides, le tout à raison de quatre-vingts centimes par journée !...

« Il faudrait donc, en premier lieu, renoncer à la grandeur, à la beauté des monuments, qui sont l'Jionneur d'un peuple illustré, et les témoignages visibles de son illustration. Il faudrait redescendre à l'humilité de^ ç.oTL%^s^«^ciss^%

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misérables de cabanes et de chaumières, pour loger une populace nécessiteuse et bassement jalouse, qui ne permettrait pas plus aux artistes de génie de s*éleyer par-dessus la foule, qu'à leurs chefs-d'œuvre de s'élever par-dessus les produits vulgaires de la médiocrité.

« Mais qu'est-il besoin de rappela ici les grands artistes auxquds la France doit ses plus beaux ouvrages d'art? Non-seulement les contre-maîtres, les piqueurs et les appareilleurs en architecture, les metteurs-au-point en sculpture, ne voudraient pas concourir à de semblables travaux, pour la misérable paye égalitaire, élément préconisé du bonheur universel ; mais les simples tailleurs de pierre, les bons charpentiers, les bons serruriers, ne voudraient pas ravaler leur talent pratique à cet humble taux de la main-d'œuvre.

« Lorsqu'on me verra réduire à si bas prix le revenu journalier des Français de tout âge et de tout sexe, comme conséquence du partage égal des richesses nationales, supposées immenses, on éprouvera peut-être uii mouvement involontaire d'incrédulité !

« On aura peine à concevoir comment la

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part de chacun serait si peu considérable < et comment cette opulence , tant préconisée , se transformerait en rétribution insuffisante poui* sortir de rindigence, dans lai plupart des cités.

< Cependant, si l'on réfléchit qu'au fond de lu Hretagne , de rAuvergnq et de beaucoup d'autres provinces , la journée de l'homme en santé ne vaut guère, à la campagne , que soixante et quinze centimes, celle de la femme la moitié, celle des enfants de dix à quinze ans presque rien , et celle des autres enfants den du tout , on comprendra, pour ces contrées, que la quote-part moyenne serait de beaucoup au-dessous de 80 centimes.

« Mais à Bordeaux, à Marseille, à Nantes, à Rouen, à Paris , où la journée du manouvrier égale au moins 2 francs, et celle de la femme 90 centimes, la part moyenne des ouvriers ordinaires surpasse considérablement 80 centimes pour eux, leurs enfants et leurs femmes.

« Voici, pour la ville de Paris, quelques professions qui gagnent aujourd'hui :

a Porteurs de la halle, 4 fr.

«Charpentiers, 4 fr.

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a Garçons boulangers, 4 fr. 50 c»

« Habiles compositeurs d'imprimerie, 6 fr.

« Coupeurs d'habits , 15 fr.

« Horlogers très-habiles. 20 fr.

« D'après cela, si Xoa voulait être conséquent , il faudrait commencer par dire aux ouvriers de Marseille et de Bordeaux, de Rouen et de Paris : < Vous êtes l'aristocratie des ou- « vriers, et les Bretons , les Limousins, les Au- « vergnats en sont le peuple; à bas votre aris- « tocratie! Vous gagnez trois fois, quatre fois, « dix fois la part que l'égalité réclame ; rendez t aux départements tout le surplus qui dépasse « les 80 centimes radicalement calculés. La res- « titution accomplie , et votre aristocratie de « journaliers abattue, nous démolirons à plaisir « l'aristocratie de vos bourgeois et des nôtres. »

c Eh bien I j'ose l'affirmer , ce langage trèsconséquent ne convertirait pas un seul (»ivrier de bon sens; car il comprend à merveille que son salaire doit s'accroître avec son talent, sa fatigue et son aictivité.

« Qu'on demande à ces travailleurs indus-

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trieux que la société rétribue selon leur savoirfaire et selon! leur force physique , selon leur adresse et leur assiduité, qu'on leur demande s'ils regarderaient comme un bienfait, ou seu* lement comme une justice, le partage égalitaire qui les ravalerait à 80 centimes par tête !

« Il faudrait donc imaginer un état social où Ton sacrifierait les villes aux campagnes; où Ton sacrifierait les départements habiles en agriculture, éminents en industrie, aux départements plongés encore dans les ténèbres et la torpeur; où Ton sacrifierait, dans chaque profession, la force à la faiblesse^ L'adresse à la gaucherie, l'activité à la paresse, l'esprit à la stupi^ dite ; et cela, pour donner à la justice un éclatant démenti, par le désir d'introduire dans l'état social une égalité stupide, que la nature généreuse a refusée au genre humain (l) !

« Vous vous trompez, me dira-i<on; nous * • ...

^ (1) Daas les grandes assises du communisiDe , tenues ce printemps au Luxembourg, le bon sens des délégués des ouvriers a fait à la fiu justice de Tégalité des salaires , malgré tous les frais d'éloquence employés pour la leur faire accepter. Je serais charmé que le souTenir de mes démonstrations eût contribué pour quelque chose à en triomphe de la raison.

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voulons seulement abattre raristocratie des fabriques et du commerce ; mais nous laisserons subsister l'aristocratie ouvrière , comme celle des grandes villes. Aveugles que vous êtes!

Vous croyez qu'on pourra supprimer tous les bourgeois d'ouvriers, pour élever à leur place d'anciens simples ouvriers, qui seront les nouveaux bourgeois? Crcyez-vous aussi que vous pourrez anéantir la classe des cafiialiUes , sans détruire les capitaux y retirer l'argent à ceux qui le faisaient valoir avec intelligence , et vous le partager en parcelles imperceptibles , sans que la richesse commune, concassée, pulvérisée par ce procédé barbare, s'anéantisse au milieu de la spoliation ?... Non.

« Voici maintenant un nouvel ordre de difB-* cultes. Comment remplacerez-vous, par exemple , l'homme intelligent et riche qui savait et pouvait réunir, des quatre parties du monde, les métaux, les bois , les filaments et les sucs végétaux nécessaires à la construction d'un grand navire. Ce navire vaut deux cent mille francs; par des voyages nombreux dans les deux hémisphères , il procurera l'échange de produits étrangers et. nationaux pour plus de dix mil-

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lions, avant que ce même navire soit réduit ' par un long usage à ne pouvoir plus tenir la mer? Je le demande, par quel ouvrier à 80 centimes r«nplacerez-vous et le constructeur et Farmateur de* cet admirable produit de Tindustrie navale, et Tadministrateur intelligent des capitaux combinés pour faire travailler et vivre 'des cliarpentiers , des voiliers , des marins , et cent autres professions poputaires ?

« Par quel ouvrier à 80 centimes remplacerez-vous l'ingénieur que son talent et ses épargnes ont rendu fondateur d'un atelier où l'on fabrique des machines à vapeur de cent chevaux , de deux cents, de trois cents et même de cinq cents chevaux ?... Il lui faut un million de francs, employés en bâtisse, en outillage , afin d'établie son atelier; prendrez-vous ce million sur vos 80 centimes, fussiez- vous cent, deux cents ouvriers pour y concourir?

< Afin de vivifier par le commerce dix départements contigus, il faut un chemin de fer qui va coûter quatre-vingts millions de francs ; un assez petit nombre de capitalistes sufGra pour faire ces frais énormes , dès que le gouvernement accordera sa protection dégagée du triste

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esprit de monopole et de corporation. Je vous le demande , si vous dispersez, si vous atomisez en quelque sorte les capitaux par une infinie division , que ferez-vous avec vos quatre-vingts centimes par tête, pour amassçr les quatrevingts millions de francs, sans lesquels, je le répète, la magnifique, la féconde voie de communication ne peut pas être confectionnée?...

< Vous le voyez, les grands ateliers, les grandes constructions , les grandes communications de terre et de mer, et les puissants mécanismes , et les opulents voyages , et toutes les créations qu'une industrie perfectionnée est en état d'accompUr avec lé bienfait des capitaux accumulés^ tous ces trésors de travail pour la classe ouvrière , ils disparaîtraient par le moyen mensonger, (pi\m vous propose, de parvenir à la prospérité.

« Alors , au lieu de compter sur dix millisurds par année pour revenu des .Français, il faudrait par degrés rapides descendre à huit mflliards , à six milliards, et peut-être plus bas encore ; ce qui laisse par personne, non plus 80 centimes par jour ^ mais 60, mais 50, et peut-être moins encore'. Ainsi, rabaissement, l'appauvrissement

de la patrie dans son ensemble, la réduction du salaire de chacun, la dégradation du peuple entier, seraient la conséquence inévitable et prochaine de cette absurde utopie ; le partage égal des biens, des revenus, et des salaires, imaginé comme im moyen de bonheur et d'aisance, pour l'universalité des citoyens !

< Tell^ seraient les misères qui pèseraient en commun sur tous les points du territoire.

Mais il est certains centres d'industrie, qui sont aujourd'hui l'orgueil de la France et qui tomberaient plus bas encore que le niveau, terre à terre, de la dégradation générale. Réduisez à la part inexorable de 80 centimes , impôts prélevés, le revenu journalier de chaque habitant, et le voilà dans l'impossibilité de porter d'autre vêtement que la toile la plus rude, le calicot le plus commun , le lainage le plus grossier : adieu les tissus de soieries , les satins , les velours, les brocarts, les damas, et les tissus les plus légers, qui parent si bien la jeunesse et la beauté; .adieu, par conséquent, les moyens d'existence de Lyon la superbe, de Nîmes, d'Avignon, de Saint-Ghamond et des trois quarts de SaintlÊtienne ; adieu la culture du mûrier, qui fait la

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richesse de T Ardèche et de la Drôme, du Comtât et de la Provence : adieu , maintenant, aux dentelles, aux blondes, aux gazes^ aux mousselines, aux batistes , aux cachemires, même imités avec économie par l'industrie nationale»

C'en est fait, il faut renoncer à tout ce luxe élégant. Il faut renoncer aux plus beaux ornements d'un sexe qui lui-même est l'ornement le plus beau d'un peuple civilisé ! Adieu, maintenant, aux élégants équipages, que dis-je ? aux plus simples voitures et même aux humbles omnibus ; adieu les locomotives et leurs miracles de vitesse; adieu les tardives diligences et jusqu'aux plus rudes véhicules de voyage, car tous deviendraient au-dessus des facultés d'un peuple appauvri; adieu les habitations majestueuses ; adieu le simple appartement au sein duquel il suffit, pour le sage, de réunir le confortable au bon goût; adieu les somptueux ameublements eH toute oeuvre délicate d'horlogerie, d'ébénisterie, de menuiserie soignée et de serrurerie précise ; adieu les tapis de l'opulence, et les tentures gracieuses et jusqu'aux papiers tant soit peu voyants, qui décorât si bien la petite propriété; adieu les bronzes, les dorures,

l'orfèvrerie, la bijouterie ; adieu par conséquent aux industries qui font vivre la population des grands faubourgs de Paris , Saint- Antoine , S2>int*Denis , Saint-Martin, Poissonnière et Montmartre, et les quartiers industrieux du Marais, du Temple, du Palais-Royal, et le vieux centre de Paris

«Voilà donc, tout à coup, que nos principales cités, que les villes manufacturières aujourd'hui les plus opulentes , afin que le peuple prenne sa part au misérable partage annoncé par les niveleurs universels, voilà que ces villes vont perdre la subsistance pour courir après la richesse, et vont rencontrer la ruine, comme dernier lot du partage insensé qui leur est promis.

«0 mystères inexplicables de la lutte impie qu'engagent à l'envi les ennemis de Tordre social ! C'est dans Lyon, c'est dans Paris que l'anarchie s'adresse de préférence à la classe laborieuse ; c'est là qu'elle ourdit ses trames, c'est là qu'elle prêche avec succès l'interruption du travail, et les conditions absurdes entre le maître et l'ouvrier; c'est là qu'elle annonce avec audace ses plans de nivellement et ses projets de partage! et les villes qui, les premières^ se-

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