CHAPITRE II
Démonstrations offertes par la statistique.
Si le tableau que nous venons de tracer du sort , graduelleipent plus heureux , obtenu par les travaux des Français, si ce tableau n'est pas chimérique, nous en devons trouver l'effet et la preuve dans l'accroissement de la vie moyenne calculée pour l'ensemble de la population.
Un des plus beaux services que puisse rendre la science moderne qu'on appelle Statistique est de constater, par ses résultats généraux, les progrès du genre humain produits par les bienfaits de la civilisation.
Je vais résumer, en très-peu de lignes , le résultat de consciencieuses et longues recherches.
Les observations faites par d'éminents calculateurs, sur les éléments de la population françâjse, à des époques différentes , m'ont permis
de constater authentiquement le progrès de la longévité depuis deux tiers de siècle. J*ai développé ce travail , au sein de TAcadémie des sciences, dans ses deux séances du 7 et du 12 juin de cette année.
C'était en effet à ce tribunal impassible, et supérieur, qu'il fallait soumettre des recherches de ce genre, afin qu'elles fussent approuvées ou rejetées par les plus éclairés des juges.
Avant notre première révolution, dans les années écoulées de 1774 à 1783 inclusivement, il est mort , année moyenne, par million d'habitants, 35,608 personnes.
Dans les dix années écoulées de 1 836 à 1 845, il n'est plus mort , par million d'habitants , que 23,515 personnes.
Voilà donc, à soixante-deux ans d'intervalle, la diminution admirable de mortalité qu'éprouve la population française : cette réduction est de plus d'un tiers.
Pour offrir au lecteur une idée sensible de cette grande amélioration de la santé publique et du bien-être général dont elle est l'expression , il nous suffira de comparer les mortalités ordinaires de l'ancien temps avec V^ xwotVa&Mi ^s^