‹ Bien-être et concorde des classes du peuple françaisChapitre 8 sur 21 · SB · texte numérisé non relu

SB

CHàMÎRËIV.

Les projets eontre lù.e&ntùrde.

(te a pu voir, par les chapitres qui précèdent, cûmment Findustrie nationale a grandi, comment depuis les premkrs ans du siècle actud die a pris un nouvel essor.

Les hommes qui dierchetit à se faire un^ juste idée des difficultés vaiticues, sont remplis d'admiration lorsqu'ils contemplent les efforts ûnm^ises qu'on a dû multij^er^etles rèsidtats <d)tenus.

Il a fallu qu'en perfectionnant l^âgiieulture , on tirât d'un même territoire de quoi nourrir tous les six ans tm nouveau million d'habitafits ajoutée à la population» Ha fallu trouver des professions , des métiers pour de même million d'individus ; on a résolu ce problème , et développé la ridiesse nationale suivait une progression plus rapide encore oùe cdle du nombre des hommes^

Jd& JbJ&n, tandis que l'effort combiné de tou-

DES CLJlâàÊS bu PEUPLE FBANÇÀIS. 65

tesl les întelli^énôes et de tous les courages s^employàit à produire ce grand résultat , un petit nombre d'esprits moroses et de céeurs pervers se prenait à maudire la société mêmOy c^est-àdire la patrie. lis accusaient, ils calomniaient rimmensité de ses efforts pour nourrir sa fahdlle ainsi croissante , et pour la rendre plus pîro^ré. Ils s*imagiïiaiént que cette société , telle qu'elle â'ôst rô60HStituéë et par dégréà perfectionnée dépnis la chute de TEmpire romain et rinVài^ion dés barbares , par tous les miracles des sciences et des arts, c'était une œuvre qu'on detdt» non pas admirer et bénir comme un bienfait de la J^vidéncCy mais exécrer et détruire.

Dànà la Vàâte hîu^mônie qu^o^rent les efforts èollÀinés de ^agriculture , des fabriques , des ^liei*» et du commence opérant, sous la protection eonunume de lu justice et des lois , les contâlfif^tènrs n'ont ap^çu que l'absence de tout ordre et de tonte intelligence. Cette société, grandie et perfectionnée de génération en génération , par les miracles du travail et de l'intelligence, ils ont pensé qu'ils pourraient > purement et amplement , f abolir. lU w'q\^^^^

66 BIBN-ÉTBB BT CONCORDS

craint d'annoncer qu'ils voulaient y supprimer à la fois la famille, source des vertus privées» et la propriété , c'est-à-dire le but et le moyen du travail chez l'homme civilisé.

Et ce désordre qniversel» rêvé par eux, ils ont osé l'appeler Yorganisation du travail/

Pendant longues années, ces concertions, qui deviennent criminelles dès le moment qu'elles ne sont pas insensées, elles n'ont paru que de pures folies» trop peu dangereuses poqr troubler l'harmonie de la société, et surtout compro^ mettre son existence.

Mais les novateurs possédaient d'autres^ moyens que l'attaque à front découvert pour arriver à leur but.

Ils se sont proposé d'abord d'irriter les simples travailleurs contre la prospérité des dbefs d'industrie. Ils ont représenté ceuxrd comme étant leurs ennemis naturels ; comme étant des ennemis qu'il suffirait de déplacer, de renverser» pour qu'aussitôt tous les biens affluassent chez le prolétaire qui vit du travail de ses bras.

Avant d'arriver à cette ruine, à cette expulsion des maîtres et des patrons, on a donné:

conseil à leurs ouvriers d'exiger des maîtres un

salaire de plus en plus considérable, pour une durée de travail de plus en plus raccourcie; on leur a dit de former des masses compactes de mécontents oisifs, et d'arriver au terme de leurs desseins,. en débutant par Tintimidation , pour terminer par la violence.

Dès 1831, s'est accomplie la première, et dès 1834 la secx)nde des grandes tentatives de cet ordre, dans la ville de Lyon. Elles ont produit des souffrances infinies pour les ouvriers égarés ; elles leur ont fait perdre tout salaire, aussi longtemps qu'a duré chaque insurrection; elles ont effrayé le commerce,, et suspendu les commandes , qui ne sont revenues qu'avec lenteur. Par là, l'inaction forcée, et la misère qu'elle enfante, ont prolongé la soufirance et, disonsle, le châtiment naturel des ouvriers égarés.

Toujours, les instigateurs de ces révoltes , de ces chômages et des ruines subséquentes, se sont tenus à l'écart , eii remettant à d'autres temps, à d'autres lieux la rénovation de leurs projets.

C'est vers Paris qu'ils ont tourné leur espoir et préparé leurs tentatives, en 1840, après l'explosion terrible que produisit dans les esvirits

68 BIBN-ÈTBB BT G0HG0ftt>6

la révélaUon de i'insultaitl traité des puissances étrangères; traité conclti le 15 jaiUet, sans la France et dontfe la politiqtie de la France, au sujet des affaires d'Orient.

Qui l'aurait pu croire! Cette première tentative faite il y a huit années et si facilement ar^ rélée^ elle s'est r^roduite, en ces derniers temps, avec les mêmes erreurs, colorées des mêmes sophii^nles ,• et suivies de tous les malheurs que houi^ àviotii^ prédiUJ alors pour lés familles d'ouvriers, pour les marchands, pour les fabricants et pour les p)ropriétàires«

Nous avons besoin d'annoncer que nous Reproduirons fidèlement ce qu'à la première époque QOus avons cm Aef^ôlt otfrir d'observations, de jugements et de prédictions. C'est l'unique moyen pouf qu'ôtt ne puisàe nous accuser d'aucune aBui^n relative adx acteurs des scènes si déplorables qui , depuis bientôt huit mois , ont produit de ai grande ealamités à Pans, à Lyoïi, à ftouén, à tiinogôs, et dans beaucoup d'autres cités, auparavant heureuses et florissantes. Voici comnlent nous entrions on tttatiére, au mois de novembre 1840 :

<r Vers h un de l*été dernier , cette heureuse

DBS CLASSÉS DU PBUPLÉ FRAITCAIS. 69

harmonie des classes laborieuses , qui faisait la force et la paix de la patrie , a tout à coup cessé d'exister, Sans cause apparente de trouble, et sans motif plausible d'irritation. .

c Soudain l'anarchie s'est prise à déplorer la misère des ouvriers , au tnonieiit même ou la Protideiice accordait au travail des champs les plus abondantes récoltes. Oti a voulu persuader aux artisans que la France n'est plus ce pays bétii du ciel , qui mtûi largement à la nourriture de ses enfants; ofi a choisi pour celu tépoque où te pain du travailleur tombait autkâtrùi^ du prix gui rend aisée sa subsistance.

« Le génie de l'émeute a commencé de soulever là population des ateliers , en réclanpt des hautes-payes impossibles; et pour se mieiix signaler, il a choisi de préférence les industries ou, déjà, la main-d'oeuvre est beaucoup plus rétribuée que le prix moyen du labeur au sein des campagnes et des cités. Il a fait plus : il a voulu renverser par la violence les libres accords, formés à l'amiable, entre le maître et l'ouvrier. Il a prétendu détruire là proportion des salaires, soit avec la quantité, soit avec la qualité du travail ; et cela , sans nul égard à V\îv\fcVL\%<soRa ^ V

Page 1