CH
43e strophe, vers 1, 2, 3.
Ici par de nouveaux prodiges Ici devant mes yeux erraient des lueurs sombres : Les spectres effrayaientmes yeux épouvantés: Des visions troublaient mes sens épouvantés ; Is balançaient sur moi, parmi d’affreux prestiges Les spectres sur mon front balançaient dansles ombres Conser. Litt. Odes et Ballades.
I y à aussi à signaler de petits changements dans les notes placées à la fin des Odes ef Ballades.
Page 537, note V: Trois jeunes filles étaient trois jeunes vierges dans le Conserv. Litt.
Page 538, note VIII : On a ajouté les deux dernières phrases : « Ce brave se nommait Beaurepaire. L'honneur français ne s'est jamais démenti dans les camps. »
Page 539, note X : Le commencement de la note a été transformé. On lisait dans le Conserv. Lite. : « Mlle Casotte ne put parvenir à sauver son père, bonheur qu'acheta Mile de Sombreuil en buvant... À la 3° ligne, à la place du mot sublime on lisait Aéroïque.
La correspondance de V. Hugo avec M. Pinaud de Toulouse (cf. Correspondance, 1815-1835, p. 356, Lettre de V. Hugo du 9 Avril à M. Pinaud) nous prouve qu'à Toulouse on fit des corrections à l'ode de V. Hugo mais d’après les indications de celui-ci.
La 7e strophe des Odes et Ballades p. 6 (qui pour lui était la 8e) a subi une de ces corrections. Les trois premiers vers de la strophe déplaisaient soit à V. Hugo, soit aux juges de Toulouse, et V. Hugo envoya à ces derniers deux versions : l’une parut meilleure que les trois vers envoyés d'abord, car elle a pris place dans l’ode.
Voici la 2e version.
Quand vos phalanges mutilées Jetant sur nos cyprès l'ombre de leurs lauriers, Reculaient vers Peris, par le nombre accablés..
Dans les Odes et Ballades, pas plus que dans le Recueil des Jeux PE et le Conserv. Litt., nous ne possédons les trois vers primitifs qui commencçaient cette strophe.
La 9% strophe (Odes et Ballades, p. 57), c’est-à-dire la 10e pour V. Hugo, est une combinaison de deux strophes envoyées par V. Hugo pour remplacer le premier texte qui ne plaisait pas et que nous ignorons. Voici ces deux strophes.
Ce dernier trait suffit : leur bonté les condamne, 4 Quoi ! ce trait glorieux qui trahit leur belle âme. Mais non ! l'arbitre de leur sort, 2 Sera donc l'arrêt de leur mort. Tainville, à leur aspect brülant d’un feu profane, 3 Mais non ! l’accusateur que leur aspect enflamme, 4 Tressaille d’un honteux transport. 4 Tressaille d’un honteux transport. 5 Il veut, vierges, au prix d'un affreux sacrifice ñ Il veut, vierges, au prix d’un affreux sacrifice, 6 En taisant vos bienfaits, vous ravir au supplice. 6 En taisant vos bienfaits vous ravir au supplice. 7 Il croit vos chastes cœurs par la crainte Pots 7 Il croit vos chastes cœurs par la cräinte abattus 8 Du mépris qui le couvre acceptez le partage ; De vos jours Tainville est l'arbitre. 9 Souillez-vous d'un forfait ; l'infâme aréopage Souillez-vous d’un forfait : le monstre à ce seul titre 10 Vous absoudra de vos vertus. Vous absoudra de vos vertus.
Les chiffres placés devant les vers indiquent ceux qui ont été conservés et permettent de voir comment cette strophe a été composée.
Dans la 12e strophe enfin.
Charlotte au cœur d'airain était primitivement Charlotte au front d’airain.
L'édition des Ones Er BarLanes de l’Imprimerie Nationale, nous donne quelques variantes (p. 508) ; elle nous indique quels étaient, dans le texte envoyé aux Jeux Floraux, les trois premiers vers de la 7estrophe :
Quand nos phalanges égarées Jusque dans leur erreur moissonnant des lauriers, Reculaient vers Paris, d'ennemis entourées.
On trouve (p. 534) les critiques de M. Pinaud et des autres académiciens. V. Hugo s’est soumis «avec bonne grâce aux observations faites » à Toulouse, comme le prouve sa réponse dans la Correspondance 1815-1835 (pp. 356-357).
(1) Les Derniers Bardes ont subi des transformations profondes, des corrections, des suppressions.
Nous allons suivre le texte même de Victor Hugo raconté en notant au passage les vers supprimés ou transformés.
notre
1819 Juin
Recueil de l’Académie des Jeux floraux, 1819, Toulouse, Dalles, in-8, pp. xxxv-xlij, 243 vers. B°F., Sjuin 1819, n° 2191 : cf.
Conserv. Lilt.,t.r, livrais. vin, 25 mars 1820, pp. 281-289. Victor-Marie Hugo. Poème ossianique, 298 vers: cf. Victor Hugo raconté, t. 1, pp. 271-283. Les Derniers Bardes, 298 vers.
Il dit: Arrive, lue, détruis,ravage puisque Lu as vaincu ceux qui avaient vaincu. (Romances espagnoles).
Les Odes et Ballades, édition de l’'Imprimerie Nationale, donnent (pp. 435-443) le
texte du Conserv. Lilt., avec cette date [Juin
Page 271.
2 vers. Sont-ce les esprits des tempêtes (les anges, Conserv. Lült., p. 281).
4e vers. Ou fidèles encore à vos bocages sombres (vos feuillages, Conserv. Litt.).
8 vers. N'entends-je pas plutôt dans la nuit décevante (la voix mâle et tonnante, Conserv. Litt.). 9 vers. Les spectres s'appeler sur vos fronts chevelus (des spectres égarés, Conserv. Litt.).
Page 272. Après le 2e vers, dix vers ont été supprimés.
Non, les Bardes n’ont pu descendre De leurs chants révérés conservant la mémoire, Dans ce fleuve des ans, qui roule l’avenir ; Les répète aux rochers déserts ; Si leur cythare en deuil se tait avec leur cendre, Et l’écho lointain des montagnes Interrogeons ces lieux, pleins de leur souvenir. A l'étranger, perdu dans ces campagnes,
Le pâtre, gardien de leur gloire, Redit leur sort et leurs concerts.
Conserv. Litt., pp. 281-282.
Page 273.
6° vers. Et Morven, au sein des ténèbres, Et dans ce Morven si célèbre
Te vers. Æntendit des harpes funèbres, D'Ossian la harpe funèbre
8 vers. Annoncer la mort des héros. Annonçait la mort des héros. Conserv. Litt. 9% vers. Voix funestes du sort... Lois funestes du sort...
13e vers. Fait soudain... les vieux frimas. Vieux frimats. Recueil des Jeux floraux, p.xxxvij.
Ce mot rime avec climats.
Page 273. Après le 16e vers, six vers ont été supprimés.
Les héros ont saisi leur lance, Mais l’affreux torrent du ravage, Ils ont volé vers cette armée immense Entraînant dans son cours l'opprobre et l'esclavage, Que le sud vomit de ses flancs ; À passé sur leurs corps sanglants.
Conserv. Lilt., p. 283.
Sur ces six vers, trois avaient subi une correction. Les voici tels qu’on leslit dans le ARecueil des
Jeux floraux:
Que le Sud a vomi de ses flancs ; Le
Mais le noir torrent du ravage Entraînant dans son cours {a mort et l'esclavage, p. xxxvij. 17° vers. Ecosse, {es guerriers, si longtemps invincibles — Ecosse hélas ! frémis : tes enfants imvincibles Conserv. Litt.
Page 274. Après le 18e vers, sept vers ont été supprimés.
Cependant s’avançaient les phalanges lointaines ; Foulant aux pieds ces dards, trop pesants pour leurs La terreur devançait leurs pas: : ! : | [bras,
Les peuples sans défense accouraient vers les plaines : Cherchaient, libres encor, l'honneur d’un beau trépas, Êt les vieux chefs, brisant leurs armes vaines, Et frémissaient au bruit des chaînes.
Conserv. Litt., pp. 283-284.
Les vers 19 et 20 ont été complètement transformés. Les voici tels qu’on les lisait dans le Conserv. Litt., où l’un d’eux avait déjà été corrigé : Mais franchissant d'Uthal les sommets sourcilleux — Æochers sourcilleux, Recueil des Jeux floraux. Edouard secondé de ses lords intrépides
La transposition des vers dans Victor Hugo raconté est produite par la suppression que nous venons d'indiquer. Deux rimes masculines, concerts et sourcilleux, se seraient suivies et il n'y aurait pas eu alternance.
io
Juin
Général Hugo. Journal historique du
blocus de Thionville, en 1814, et de Thionville, Sierk et Droemack, en 1815, contenant quelques détails sur le siège de Longiwy, rédigé sur des rapports et mémoires communiqués par M. A. An. Alm., ancien officier d’état-major au gouvernement de Madrid. In-8, imp. Verdier, Blois. B. K., 31 juillet 1819, n° 2811.
, Page 275.
4er vers. De la Clyde en courroux domptant (dompte, Conserv. Litt., p. 284). 2% vers. Au front du Lothyan pose un pied orgueilleux — £t fait flotter au loin ses drapeaux orgueilleux. Ses Conserv. Lilt., p. 284.
Après le 6e vers, six vers ont été supprimés :
Mais dans son âme enorgueillie, Il règne en espérance, et son camp siège encor De ses projets hautains rien n'arrête l'essor, Près des champs vengeurs d’Ellerslie ! I1 rêve l'Ecosse avihe, Sans songer au réveil, le superbe s'endort: Page 275.
Te vers. Devant ses pas bientôt... — Bientôt devant ses pas... Conserv. Litt., p. 284.
8e vers. Les obstacles des pics sauvages — Des pics menaçants et sauvages. Conserv. Litt. 16° vers. Brillent sur ces sombres rochers — Vastes rochers. Conserv. Litt. 20° vers. Les bataillons... s’allongent... — Au Recueil des Jeux floraux on trouve s’alongent.
Est-ce une faute d'orthographe involontaire ; nous la croirions plutôt voulue à cause de la rime prolongent du vers suivant.
Page 276.
2% vers. Se mêlent à la voix des vents. — Se mêlent au long bruits des vents. Conserv. Litt.. 5e vers, Debout... mobiles brouillards, — Debout. fénébreuxbrouillards. Recueil des Jeux floraux, p. xxxix. 8e vers. Apparaissent de grands vieillards. — Paraissent de sombres vieillards. Conserv. Litt., p. 285. 9e vers. Tels sur Les roches fabuleuses — Tels sur ces roches fénébreuses. 40e vers. On a vu s'élever dans les nuits nébuleuses — On a vu s'élever dans les nuits fabuleuses Ale vers. Les tourbillons fils des hivers, — Les tristes géants des hivers, Page 277.
6e vers. Et les guerriers frémissants — Et les guerriers palissants. Recueil des Jeux floraux, p. xxxix. Après le 8 vers, quatre vers ont été supprimés :
C'étaient les Bardes : l'œil des guerriers qui frissonnent Et leurs voix, s’unissant aux harpes qui résonnent,
+ Les prend pour les fils de Tremnor ; Préludent en accents de mort, Conserv. Litt., p. 285.
14e vers. Aévèle assez Son avenir. — Annonce assez son avenir. Conserv. Litt. 46e vers. C’est un crime de plus etle {emps sait punir. — C'est. ct le ciel sait punir. Conserv. Litt., p. 286. Page 278.
14e vers. Terrible et tel qu'un dieu qui maudit le coupable, — £Zt le chef, tel qu'un Dieu... Conserv. Litt. 45e vers. ZL fait tomber l'arrêt de sa voix formidable — Zaisse tomber Les cris de sa voix. Conserv. Litt. Page 279.
"4e vers. Saxons; mais votre crainte... — Anglais, mais votre crainte... Conserv. Litt. 18e vers. L'’arrèt de Dieu qui te maudit. — L'arrêt du Dieu... Conserv. Lit. Page 280.
Le 4er vers a subi deux transformations :
| Prince qui ris de nos misères, V. Æugo raconté. Monstre qui ris de nos misères, Conserv. Litt., p. 287. Monstre affamé de nos misères, Recueil des Jeux floraux, p. xl].
Page 280. Après le 7e vers, vingt-quatre vers ont été supprimés :
Regarde ce torrent, qui, grossi dès sa source, Dont la fougue lointaine effrayait les vallées, Mugit sur les monts orageux, S'y trainent en faibles ruisseaux. Et vers l’heureux vallon qui menace sa course, Mais qu'au sommet des monts sa fureur turbulente Roule en grondant ses flots fangeux. Ait miné d’un vieux roc la base chancelante ; Vain fracas! ses eaux vagabondes Des neiges, des glaçons pressant l'énorme amas, S'ouvrent sur les glaciers mille chemins divers ; Le rocher déraciné roule, De rochers en rochers il disperse ses ondes, Et dans sa vaste chute entraînant les frimas, Et laisse sur leurs flancs les tributs des hivers. Grossit quand le torrent s'écoule. Ses cent bras affaiblis s’égarent vers les plaines ; Le mont dont il descend s’ébranle et retentit, Bientôt ce fier torrent, qui renversait les chênes, Masse immense ! il bondit de montagne en montagne Brise à peine en passant de faibles arbrisseaux, Et tombe enfin dans la campagne Et ses vagues amoncelées, Sur le torrent qu'il engloutit.
Conserv. Litt., p. 287.
Roi
Juin
Lettre de V. Hugo. Paris, à M. Pinaud, Toulouse : cf. Correspondance 1815-1835, pp. 357-358.
Juillet
Le Lycée Français félicite les frères Hugo de leurs succès aux Jeux floraux : cf. Le Lycée français, t. 1, n° 1, p. 44, 10 juillet 1819.
8e vers. Tu nous braves, comptant sur ta nombreuse armée ; — £douard, ce torrent. c'est ta. Conserv. Litt, 12 vers. Et, si le sort servait ton bras... — Et, si le sort guidait ton bras... Conserv. Litt., p. 288.
Page 281. Après le 5e vers, lrois vers ont été supprimés :
Où vont tes hordes dissipées ?
Aux armes du vengeur, à ses terribles coups,
Tu les crois en vain échappées. Conserv. Lilt., p. 288. 6e vers. Va, {on sang lavera... — Va, leur sang lavera. Conserv. Litt. 10° vers. Mais nos chants à jamais flétriront la mémoire; — Va, nous saurons flétrir ton nom et ta ; : [mémoire. Conserv. Litt.
18e vers. Quoi! nous aurions fatté ton inique puissance !... — Nous aurions dans ta cour pu flatter ta
l } [puissance. Conserv. Litt.
Après le 17e vers, huit vers ont été supprimés :
Nous, grands dieux! Edouard, quand nous serons Jouissent de l’effroi de tes fiers bataillons : [esclaves, Nous allons les rejoindre, et ta rage alarmée L’aigle des monts viendra ramper dans les sillons ; Bientôt nous entendra sur ta coupable armée Vois ces nuages ! là nos braves, Entre-choquer les tourbillons. Nos braves dont nos chants ont brisé les entraves, Conserv. Litt., pp. 288-289. 18e vers. Non ! les siècles diront... — Les siècles se diront... Conserv. Litt. p. 289.
21e vers. Les chantres des héros, bravant sa tyrannie, — Les chantres.. fuyant sa tyrannie, Conserv. Lit.
Page 282. Les vers 3, 4, 5, 6 remplacent trois vers du Conserv. Litt., qu'ils transforment presque complètement :
Nous, O Ciel ! nous mêlés à l'horreur de ta gloire ! Edouard, désormais nous taire est notre gloire : Non, jamais ! chiens lancés par la fureur des dieux, Nos chants vont expirer, mais nos noms dans l’histoire Nos implacables noms dans l’éternelle histoire Poursuivront ton nom odienx.
Poursuivront ton nom odieux ! Conserv. Litt.