‹ Bio-bibliographie de Victor Hugo: de 1802 à 1825Chapitre 15 sur 106 · V. Hugo se sentit vivement blessé par ces deux articles · texte numérisé non relu

V. Hugo se sentit vivement blessé par ces deux articles

(cf. V. Hugo raconté, 1.1, p. 287).

construire au plus vite des palais dans toute la Vendée et nous lui proposons de confier la direction de ce travail à M. Hugo. Nous ne doutons pas que la lyre du poète toulousain ne reproduise les miracles d'Amphion. M. Ed. Géraud, poète lacrymal de Bordeaux, admire beaucoup M. Hugo, poète

(1) L'édition de V. Æugo raconté, 1863, cite vingt-deux vers. On les trouve dans l'édition de 1885,

il en parla dans sa satire le Teélégraphe

p. 289, à partir du vers 13e. jusqu'au vers 3e de la p. 290. Le premier vers seul a subi une transformation. En 1819 et en 1885, V. Hugo l'écrit ainsi : Toi seul qui de nos jours peux toujours agissant. En 1863 il est devenu : © toi qui seul as pu, dans un siècle de sang.

On trouve dans l'édition de 1885 quelques changements à l'édition de 1819. À la p. 291, au 4e vers qu'il existe remplace qu'il se trame ; au 26e vers, mon remplace son (ce qui détruit le sens). De plus six notes, dont l’une très longue, ont été négligées. La première est une réponse aux articles

du Courrier (1er octobre) et de la Renommée (3 octobre) contre les Destins de la Vendée ; .la 2e et :

la 3e sont contre le baron Louis; la 4° contre un journal ministériel ; la 5e contre le ministère ; la 6e contre un régicide de Versailles. |

N.-B. — Notons en passant que M. Agier, dans son article du Conservateur, t. vi, livrais. Lxxv, p. 3 mars 1820, sur le Conserv. Litt., avait dit un mot du Télégraphe.

See

Novembre

« réitérées ; et lorsqu’ensuite on l’aborde un « gros poème épique à la main, il ne peut se « plaindre qu’on ait commencé les hostilités « sans le prévenir. Voici un nouveau recueil « qui va paraître, mais dans un but différent, « les auteurs, négligeant leur gloire person- « nelle, n’ont en vue que l'intérêt général de « de la littérature. C’est une sainte alliance « formée par quelques jeunes gens contre cet « esprit novateur qui envahit le Parnasse pour « le bouleverser. Ce recueil aura pour titre le « Conservaleur Littéraire. Puisse-t-il comp- « ter autant d'abonnés, d’amis et même d’en- « nemis que le Conservateur Politique! » Journal des Débats. Rez de-chaussée :

Mélanges signés R., 8 novembre 1819.

Ouverture des cours à l’école de droit: cf.

Journal des Débats, 12 novembre 1819.

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G. px Poxs. Constant et Discrète : poème en 4 chants suivis de poésies diverses. par le comte Gaspard de Pons. In-18. Imp. Boucher,

Poësie. L'Enrôleur politique. Sutire. Et la lumière à lui dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas comprise (1). Conserval. Littér.,

Paris. — Paris, Vve Renard et chez Boucher.

t. 1, livrais. 1, pp. 3-9 (Signé V.-M. Hugo): cf. B. F. 4 déc. 1819, n° 4162.

V. Hugo raconté, t.1, pp. 297-304; cf. Satires jacobites de Victor-Marie Hugo... L'Enrleur politique, Bibliopolis.chez ies marchands de vieux-neuf 1819-1874, in-12 (Poulet-Malassis), [d'après M. Vicaire|; cf. Odes el Ballades, édition de lImprimerie Nationale, pp. 480-485.

Œuvres complètes d’ André de Chénier (2).

(1) Dans V. Hugo raconté on a reproduit entièrement l'Enrôleur Politique. I faut cependant signaler un vers où se trouve une grosse faute d'impression. Dans V.'Æugo raconté p. 300, 12e vers, on lit « Ne crains pas les brouillards, car toujours la Minerve... le Conserv. Litt. disait avec plus de raison : « Ne crains pas les braillards... (p. 6). A la p. 298, au 22° vers. éravaux d'histoire remplace tableaux d'histoire. Est-ce une faute de copiste ou une correction voulue ? Dans ce dernier cas, elle n’est pas heureuse car les tableaux d'histoire vont bien avec les portraits qu'on trouve au vers suivant.

Trois notes intéressantes ont été supprimées. La {re irait après le {11e vers de la page 299 de V. A. raconté. La voici : «lAlmanach des Braves, une Victoire par jour, de la Gloire tous les « jours et ce las de petits recueils de fête, sœurs puinées des sans-culottides, sont trop connus pour « les rappeler ici. La réputation des autres ouvrages dont parle Pauteur, dans le courant de cette « satire, est assez européenne pour qu'on puisse se passer de notes. »

La 2e se placerait à la fin du 9e vers de la p. 300 de F. Jugo raconté : «Nous ne prétendons pas « condamper l’enseignement mutuel. Cette méthode peut être utile : il y a du ridicule à la trouver « admirable ;

Et le malheur de ce qu'on vante

Est d’être ensuite rabaissé.

« Le temps jugera, et il jugera bien ; car c’est lui qui nous à fait connaître l'excellence des écoles « chrétiennes » À :

La 3e enfin explique le 20e vers, p. 301, de V. Æ. raconté : « On a pu s'apercevoir que, depuis « l’époque où cette satire a été faite, si les noms ont changé, les choses sont restées les mêmes. « Cependant la justice exige une exception en faveur du Spectateur. La plupart de ses rédacteurs « étaient des hommes fort estimables, qui se sont arrêtés, sitôt qu'ils se sont aperçus qu'ils suivaient « la fausse route. M. Campenon, poète aimable, M. Laya, poète courageux, honoraïent trop le minis- « térialisme. >»

(2) Le commencement de l'article du Conserv. Litt. n'a pas été reproduit dans Latf. et Philos. mélées, c’est-à-dire tout le premier $ qui a été remplacé par un autre $ tout différent. Voici ce qu'il y

ns

Décembre

Variétés, nouvelles liltéraires. Conserv.

Lilt.,t.1, livrais. 1, pp. 38-39. L’une de ces variétés intitulée: À Vendre, Fonds de litterature, semble appartenir à V. Hugo. Il en parlera plus tard (Conserv. Litt.,t.u, livrais. XXI, p. 22), avec trop d’à-propos pour ne pas en être l’auteur. C’est une plaisanterie sur un prétendu homme de lettres qui a une collection complète de documents, sur toutes les parties des connaissances humaines, copiés sur des carrés de papier enfilés dans des broches.

Le Journal des Débats publie sous la signature R., au rez-de-chaussée, un petit article sur le Conservateur Littéraire.

Conserv. Litt., t. 1, livrais. 1, pp. 15-23, signé E: cf. Zatt. et Philos. mélees, t: 7, pp. 121-130.

N.-B. — OEuvres complètes d'André de Chénier.

In-8, Imp. lib. Baudoin, Paris, 28 août 1819, no 3068.

Spectacles. Première représentation du Frondeur, comédie en un acte et en vers de de M. Royou. (1) Conserv. Litt , t. 1, livrais.1,

pp. 30-35. (Signé H.)

avait dans le Conserv. Litt. : «& Un jeune homme, élevé au milieu du siècle des idées nouvelles, de « ce siècle remarquable par tant d'erreurs brillantes, s'attache servilement sur la trace des maîtres. « Egaré par un excès de modestie, comme tant d’autres par un excès d’orgueil, loin de chercher une « renommée prématurée, il se livre à des études solitaires ; les encouragements de quelques amis lui « suffisent : il traverse son siècle également inconnu à la gloire et à la critique. Tout à coup il tombe « avant le temps: je n'ai rien fait pour la postérité, dit-il; du moins a-t-il fait assez pour sa gloire, « en montrant ce qu'il aurait pu faire.

Tel fut André de Chénier, jeune homme d'un véritable talent, auquel peut-être il n'a manqué « que des ennemis. »

La suite de l’article est reproduit dans Lift. et philos. mêlées avec un certain nombre de changements qui ont leur importance. Nous signalerons les principaux.

Litt. et Philos. mélées, p. 121, à la dernière ligne, il faut remplacer qu'on invective par qu'on méprise.

Page 122, 7e ligne et suivantes, on lit: « Chacun de ces défauts du poète est peut être le germe « d'un perfectionnement pour la poésie. En tous cas, ces défauts ne sont point dangereux. » A la place on lisait dans le Conserv. Litt. : « aucune connaissance du véritable mécanisme de la poésie « française: ces défauts sont grands, mais ils ne sont point dangereux. »

Page 123, 5e ligne, cet homme si digne de sympathie remplace cet homme si intéressant.

Page 124, la 16e et la 17e lignes ont été ajoutées : « Remarquons seulement que l’image d'Ovide est paienne. celle d'André de Chénier est chrétienne. »

Page 127. Après la longue citation, cinq ou six lignes ont été négligées. V. Hugo s’excusait de ne pouvoir citer tous les morceaux qui l'avaient frappé. Il se contentait de recommander les 17e, 22e et 39e élégies.

Page 129. Il y a plusieurs corrections de style dans le dernier paragraphe : meilleurs remplace supérieurs ; équivalents remplace synonimes. Avant ces mots: D'ailleurs, vous trouverez dans Chénier on a supprimé toute une phrase que voici: « Cela ne veut point dire qu'il soit un bon auteur mais cela prouve du moins qu'il avait tout ce qu'il faut pour l'être, les idées, le reste est d'habitude. »

Page 130. L'article se termine par ces mots: « La poésie, ce n’est presque que sentiment. » Le Conserv. Litt. ajoutait: dif Voltaire. NV. Hugo avait-il, pour donner plus de force à son affirmation, attribué à Voltaire ce qui ne lui appartenait pas? A-t-il voulu plus tard s’attribuer à lui-même une parole de Voltaire ? A-t-il craint de montrer l'affection qu'il portait jadis à Voltaire ? On peut faire ces suppositions, mais il est moins facile de donner une réponse.

(1) Cet article n’a jamais été reproduit. V. Hugo essaie de rendre compte de la {re représentation. D’après les uns, elle est une chüte terminée en succès, selon d’autres elle est un succès commencé en chüûte. On a murmuré dès la première scène et à la fin on a demandé le nom de l’auteur. Le parterre était composé en partie par les amis de l’auteur et en plus grande partie par les amis de l’administration : voilà la raison de la chüûte et du succès.

V. Hugo donne son opinion sur la pièce: « Notre jugement sera sévère ; l’auteur est royaliste, et « nous voulons donner des gages de notre impartialité.….. Nous conviendrons que la pièce est mau-

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N.-B. — Ze Frondeur, par M. J.-C. Royou, comédie représentée pour la première fois sur le théâtre français par les comédiens ordinaires du Roi, le 48 novembre 1819. In-8, Imp. libr. Le Normand, Paris. B. K.: 11 décembre. n0 4950.

Le Drapeau Blanc annonce les Archives

de la Liltérature et des Arts. Rédacteurs :

Quatremère de Quincy, Vanderbourg, Raoul

Rochette, de Feletz, Ancelot. O'Mahony. Ch.

Nodier.

L'avarice et l'envie. Conte. Conserv. Litt.,

t. 1, livrais. 11, pp. 46-47. Signé V. d’Auverney : cf. V. Hugo raconté, t. 1, pp. 261-262. Il y a trois petits changements : au 12€ vers, {oujours remplace sans cesse ; au 24e vers, galant remplace puissant: au 37° vers, murmura remplace murmurait. Les Odes et Ballades, édition de l’Imprimerie Nationale, pp. 417-418, ont reproduit le texte du Conserv. Litt,, avec, en note, une variante des six premiers vers, et, à la fin, la date de la composition, 4er Novembre 1817.

ABEL HuGo. Littérature Française. La Littérature anglaise. Walter Scott. L'offi- Jerusalem délivrée traduite par M. Baour- cier de fortune. La fiancée de Lammer- Lormian. Conserv. Lüitt., t. 1, livrais. «1, pp. moor. (1) Conserv. Littér., t. 1, livrais. 1,

« vaise. Cet aveu nous coûte peut-être plus qu'il ne coûterait à l'auteur lui-même. Cependant nous « sommes convaincus que cette franche déclaration ne lui nuira pas; elle doit donner une haute idée « de son caractère, et ne peut diminuer la bonne opinion que l'on à de son talent.

Personne niera pourtant que l’auteur n'ait eu une idée neuve et peut-être profonde en donnant à « son Frondeur, pour mobile secret, l’ambition : ce caractère, autrement, n'aurait été qu’une nuance « du Misanthrope..… M. Royou n’a pas su tirer parti de la mine féconde qu'il avait découverte. »

V. Hugo résume ensuite la pièce. Il relève les inconséquences du plan « cette comédie est embrouillée sans être intriguée. » Îl rend justice au style, au dialogue conduit avec esprit, à la verve, à la facilité de certains passages. Il cite quelques vers qu'il juge excellents et des fragments d'une scène. « Certains vers, dit-il, ont fait murmurer les libéraux ».

Il termine par une dernière appréciation sur le style. « Nous le répétons, le style de M. Royou « est souvent celui de la vraie comédie. Il est malheureux que le style ne suffise pas. Voltaire, qui « savait comment on ne fait pas la bonne comédie, a dit depuis longtemps qu'il faut une action

Pour achever cette œuvre du démon.

(1) L'article de V. Hugo a été morcelé quand on l’a placé dans Litt. et Philos. mélées; en outre la plus grande partie n’en a pas été reproduite.

V. Hugo débutait (Conserv. Litt., pp. 47-48) par une page savante sur Leuwenhoëck, physiologiste et anatomiste hollandais, qui éprouvait un malaise quand il Jisait un mauvais livre. V. Hugo éprouve lui aussi ce malaise car « un ouvrage n’est mauvais que parce que les peintures sont des lieux « communs qui ne nous rappellent point ce que nous avons vu, et les personnages, d’autres lieux « communs, qui ne nous rappellent en rien ce que nous sommes. La médiocrité se croit trop grande « pour imiter ; elle invente sans avoir observé... un bon peintre ne travaillera jamais sans modèle ; « un mauvais peintre n’y regarde pas de si près. De tous nos écrivains, le plus imitateur et peut-être « aussi le plus original, c’est La Fontaine. Nous vivons pourtant dans un temps où l’ineptie présomp- « tueuse prend l'ignorance et l’étourderie pour de l'originalité ; avec cette candeur, on fait gémir les « presses, spéculer les libraires et parler le monde. La foule admire, l’homme de goût s'étonne en « secret de l'énorme bêtise du siècle et l’ineptie se croit du talent. L’ineptie est aveugle : le talent « observe : et, en vérité, voilà toute la différence. » (Conserv. Litt., p. 48). e

Charron disait: Faites plus de notes et moins de livres. Courage donc : oui, il suffit d'observer. « Joignez à cela le génie, qui crée, l'imagination qui sait peindre ; vous serez un grand écrivain, vous « pourrez faire les Marturs. Courage. » (Conserv. Litt., p. 49). : É ; |

V. Hugo terminait ce long début par le morceau qui a été reproduit dans Zütt. et Philos. mélées, p-. 148.

Décembre

55-64, (A). 4er article. Le 2 article est à la pp. 47-55, (Signé M.): cf. Lité. et Philos.

livrais. 1v, pp. 127-133, 29 janvier 1820. mélées, t. 1. pp. 137, 138, 144, 143, 149, 150. Les Vierges de Verdun par V. Hugo: cf. RS has ee ne de te D. LL. k li 182 TL . 41-46. etc... 2 vol. in-12. Imp.: Cosson, Paris; Paris, Gene V-M. Hugo. sd AE & Nicolle. B. F., 21 août, ne 3023. Walter Scott. Le . lu) . | .

La fiancée de Lammermoor, 3 vol. in-12. Imp.

Cosson, Paris ; Paris, Nicolle, B. K., 25 septembre, n° 3400.

Les Vépres Siciliennes, tragédie par M. C. Delavigne. Louis IX, tragédie par

Il en venait ensuite à Walter Scott: « Celui-là a observé avant de peindre ; celui-là fait dire à « tous ceux qui l’ont lu : J'en ferais autant ! :

« Ce dernier éloge, qui parait peu de chose dans notre bouche, est beaucoup dans un siècle où « l’on a, en général, si bonne opinion de soi.

« Sir Walter Scott n’était connu en France, il y a quelques années, que d'un petit nombre de « gens instruits ; il n’avait fait que des poèmes.

« Sir Walter Scott partage aujourd’hui, dans un certain monde, la célébrité des Paccard et des Ducray-Duminil ; il a fait des romans.

« Nous nous hâtons d'ajouter, pour réparer le tort que pourraient lui faire de pareils admirateurs « et de pareils collègues, que ses romans n'ont fait qu'accroître, parmi les gens de goût, sa réputation « qui est aujourd’hui de la gloire. Et en effet, les dix plus médiocres pages du moins bon d’entre eux « valent mieux que bien de longs poèmes publiés depuis trois ans. » PRE Litt., pp. 49-50).

Le paragraphe suivant a été reproduit, p. 144, dans Zitt. et Philos. mélées ; c’est celui qui commence par ces mots : 52 un sot parvient à la célébrité...

Dans les deux lignes qui précèdent, la 1re phrase « Waller Scott cache son nom sous le nom de « Jedediah Cleishbotham » appartient au Conserv. Litt. (p. 50). V. Hugo avait dit alors : « I (W. Scott) « a caché son nom célèbre sous le nom obscur de Jedediah Cleishbotham. > La 2e phrase: « Je ne « vois pas pourquoi on l'en blâme » est de 1834.

V. Hugo continuait son article en racontant l'histoire des œuvres de W. Scott (Conserv. Litt., pp. 0-51). Il ne voulait pas analyser les deux ouvrages qui faisaient le sujet de sa critique, imitant Voltaire, qui n’avait pu analyser le plan d’Alzire. Il se contentait de l’apprécier :

« Walter Scott, doué d’une imagination vive, a beaucoup appris et beaucoup observé. Ses fictions « sont toutes fondées sur des réalités. Il connaît les lieux qu'il décrit et les évènements qui s’y sont « passés. Dans ses romans, tout ce qui n’est pas vrai est vraisemblable, et quand ce n'est plus l’his- « toire des hommes que vous lisez, c'est toujours celle du cœur humain. Ses caractères sont bien « tracés et bien soutenus ; et si quelques-uns de ses personnages sont pris dans une nature un peu « bizarre, ils n’en sont pas moins dans la nature. La bohémienne Merrillies et le Bedesman du roi « (sorte de mendiants privilégiés, reconnaissables à leur robe bleue), Edie Ochiltree, la vieille Elspeth « et l'Enfant de la Nuit, Ranald, offrent des exemples frappants de ce que nous avançons. Chacun « d’eux a de l'homme tout ce que ses mœurs lui permettent d’en avoir; et c'est la peinture vivante « de ces mœurs qui répand sur les romans de Sir W. Scott une singulière teinte d'originalité. » (Conserv. Litt., p. 51).

V. Hugo montre déjà ses sympathies pour les personnages bizarres qui sont un peu en dehors du commun, en marge de la société.

Il aurait été heureux de citer certaines pages suivant son habitude, mais la chose est impossible pour W. Scott : il perdrait à être cité parce qu'il a pour qualité principale, l'originalité. Nous retrouvons ce morceau du Conserv. Litt. (p. 52), dans Littér. et Philos. mélees, pp. 137-138.

V. Hugo recommandait cependant à son lecteur quelques pages plus intéressantes tout en continuant ses éloges : « W. Scott a un grand art; il excite le rire, il émeut la pitié presque en même « temps, et la transition parait si naturelle, que le contraste est insensible. Son pinceau, sûr et exercé, «< saisit toutes les nuances distinetives des chjets semblables ou qui semblent tels à des yeux vul- « gaires. » (Conserv. Litt., pp. 52-53).

Nous retrouvons la suite de l’article (Conserv. Litt. pp. 53-54) dans Lüitt. et Philos. mélées, pp. 149-150. Trois lignes seulement entre la p. 149 et la p. 150 ont été négligées. « Si la noble mo- « destie de Sir Walter Scott le rend bien supérieur, sous le rapport moral, à Lady Morgan, la mâle «vigueur de son lalent ne lui assure pas moins d'avantages sur elle, sous le rapport littéraire. » A la fin de la p. 150, deux lignes intéressantes ont été supprimées : « Nous sommes persuadés que l’on « dira un jour : Sterne et W. Scott, comme on dit déjà aujourdhui: Montesquieu et Chateau- « briand. » Pourquoi a-t-on supprimé ce jugement si plein de vérité : le nom de Chateaubriand en est probablement l'unique raison |

Le reste de l’article du Conserv. Litt., une page environ (Conserv. Litt. pp. 54-55), offre moins d'intérêt. V. Hugo disait que les deux romans dont il parlait étaient moins intéressants que les ou-

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