‹ Bio-bibliographie de Victor Hugo: de 1802 à 1825Chapitre 17 sur 106 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Janvier

V. Hugo lit le Journal des Débats: cf. Lettre de V. Hugo à Adèle Foucher: cf.

Journal des Débats, 1° janvier 1820 et le Conserv. Litt., t. x, divrais. 1v, p. 148, 29 janvier 1820.

V. Hugo assiste à la 2 représentation des Comédiens de Cas. Delavigne au 22 théâtre français : cf. Conserv. Lült., t.x1, livrais. 1v, p. 157 et Journal des Débats, 8 janvier 1820.

Entre le 1e et le 10 janvier le duc de Rohan, clerc tonsuré, dont la santé avait donné quelqne inquiétude, rentre au Sémipaire St-Sulpice. Il n’a reçu aucun ordre à Noël. Le 9 janvier il assistait au sacre du prince de Croy, évêque de Strasbourg: cf.

Journal des Débats, lundi 10 janvier 1820.

N.-B. — Le Drapeau blanc du 18 décembre

Lettres à la fiancée, pp. 13-15.

N.-B. — Cette lettre n'est pas autrement datée. Le {er janvier 1820 est un samedi ; mais il est peu probable que V. Hugo l’écrivit ce jour-là ; elle est donc du 8, du 15, du 22 ou du 29.

Poësie. Epitre à.Brutus. Les les Tu.

Vous et

Quien haga aplicaciones Con su pan se lo coma (Yriarte].

Conserv. Litt., t.1, livrais. 1, pp. 81-84 (signé Aristide). 15 janvier 1820, B. K., n° 260. cf. Litt. et Philos. mélées, t. 1, pp. 145-148 : soixante-deux vers reproduisent exactement le Conservateur ; douze sont de 1834; soixante-douze ne sont pas reproduits. cf.

V. Hugo raconté, t. 1, pp. 304-310, trois mots seulement sont changés; cf. Satires Jaco-

1819 disait que le duc de Rohan avait été bites... Les Vous et les Tu... Bibliopolis, ordonné diacre le 147 décembre. chez les Marchands de Vieux-Neuf, in-12, 1819-1874.

Littérature française. L'esprit du Grand Corneille par M. le Comte François de Neufchâteau de l’Académie française, elc.… De l’Imprimerie de Didot l'aîné (1).

(1) La page 119 (2e partie) et la page 120 {Lift. et Philos. mélées), reproduisent la page 102 et quelques lignes de la page 103 du Conservateur (on a négligé une note de quatre lignes avec deux vers français traduisant les deux vers latins du commencement de la page 103). Les autres pages 99, 93, 94, 95, 96, 97, 98, 99, 100, 101, 103 (presque entière), 104, n'ont pas été reproduites.

V. Hugo attaque les incorrectes compilations de quelques spéculateurs avides qui, il y a deux ans, voulaient dépraver la morale publique et ne corrompirent que l’art (p. 92). I] félicite Didot grâce à qui les chefs-d'œuvre de notre littérature sont devenus des chefs-d'œuvre de typographie: félicitations aussi à M. le comte de Neufchâteau « l'un de nos académiciens les plus distingués. Depuis « longtemps étranger aux dissensions politiques qui nous tourmentent, M. Francois de Neufchâteau se « livre à d’estimables travaux que son âge et ses infirmités ne peuvent lui faire abandonner. » V. Hugo parle des récents ouvrages de Neufchâteau: Æssai sur la langue et les écrits de Pascal. Notice sur Gil Blas (p. 93). Neufchâteau a choisi en dehors des onze chefs-d’œuvre de Corneille des morceaux excellents « comme si le génie, qui dans ses écarts peut être monstrueux et ridicule, « pouvait jamais être médiocre. » C’est tirer l'or du fumier, dira-t-on, mais ce fumier là vaut mieux que celui d'Ennius (p. 94). V. Hugo cite, pour prouver son affirmation, des vers d’Andromède, de la la Veuve. Il parle de la flexibilité du talent de Corneille qui perfectionnait l’idiôme de Marot et de

Ro —

Un Samedi

Janvier

Conserv. Lilt., &. 1, livrais. 111, pp. 92-104 (signé M.). B. F., 15 janvier 1820, n° 260. cf. Lite. et Philos. mélées, t. 1, pp. 119-120.

N.-B. — Le livre de Neufchäteau parut le 2 octobre 1819. B. K., n° 3421.

Eucëne Huco. Stances à Thaliarque, par M. M.-E. Hugo. Conserv. Litt., t. 1, livrais. in, pp. 84-85, 15 janvier 1820.

J.-J. Aer. Elégie, par J. J.Reda. Conserv.

Litt., t. 1, livrais. nr, p. 85. |

Aëec Huco, £pigramme, par M. D. Monières. Conserv. Lüiti.,t.1, livrais. m1, p. 86.

A8eL Huco. La Panhypochrisiade ou le Spectacle infernal du XVIe siècle. Comédie épique par M. Népomucène Lemercier, de l'Académie française. Conserv. Litt., t. t, livrais. ur. pp. 86-92, 4er article. Le 2e article est à la livrais. v, pp. 165-168. Les deux articles sont signés (A).

De l’éloquence politique et de son influence dans les gouvernements populaires et représentatifs par M. P. S. Laurentie, répétileur à l’école polytechnique, 4°" article (1). Con-

Ronsard et a su se rendre maître de la langue qu'il à créée (p. 95). IL cite comme preuve Pulchérie (p. 96), Suréna, la Toison d'Or, Attila (p. 97). Tite et Bérénice, Andromède. Il exprime son opinion sur les grands mots et les grands gestes qui ne réussiront pas éternellement au théâtre : «le goût, dit-il, réprouve tout ce que la nature désavoue. » Il donne quatre vers de Théophile qu'il compare à quatre vers d'Andromède (p.98). Il ne peut « résister au plaisir de citer des vers où Corneille se montre, comme « nous, puérilement attaché à cette légitimité qui n’est plus rien aujourd'hui, comme on sait, que « pour les têtes faibles » et dans ces vers il est facile de voir des allusions à Louis xvir et à Napoléon. Les mêmes allusions se rencontrent dans des vers de Lebrun (tragédie d'Ulysse, représentée en 1814) que V. Hugo est heureux de transcrire. Son approbation cependant ne va pas sans une critique, « ses vers (à Lebrun) sont beaux : cependant ils sont emprunts d'un vernis de ce scepticisme « laissé dans les jeunes têtes par une révolution qui a ébranlé toutes les croyances tant politiques « que religieuses » (p. 99). V. Hugo admire en Corneille « l'homme monarchique », il ose plus, il cite le poète religieux (dix vers de la fraduction de l’Imitation). « Rien de plus magnifique et de plus élevé que cette strophe » dit M. de Neufchâteau. Il semble que V. Hugo ne veut pas donner lui-même son opinion, il préfère l'emprunter à autrui, mais il ne craint pas de se moquer des esprits spéciaux qui pourraient hausser les épaules (pp. 99 et 100). Il cite encore un portraitsatirique tiré de l'[llusion comique dont, dit-il, on trouverait aisément les originaux, puis quelques vers d'une élégie, imprimée en 1664, car F. de Neufchâteau « ce littérateur distingué »,a voulu recueillir aussi ce qu'il y à de plus remarquable dans les Poésies diverses de Corneille (pp. 100 et 101). l

Dans Litt. et Philos. mélées (pp. 119 et 120), nous retrouvons la p. 102 et les premières lignes de la p. 103 du Conserv. Lut., mais, p. 119, veine remplace verve du Conserv. Lite.

En note de la page 103 du Conserv. Litt. V. Hugo avait traduit les deux vers latins (p. 120) de Lit. el Philos. mélées. « Nous traduirons ainsi sans chercher à rendre les pompeuses expressions de l’hu- « milité du Grand Corneille.

Il ne m'est pas donné, sur le double coteau, De suivre Chapelain, ou d'atteindre Godeau.

V. Hugo termine son article en louant l’ordre, la clarté, les savantes recherches, les judicieuses critiques, le talent connu de Neufchâteau. Il annonce un nouvel ouvrage de lui, la Philosophie des Poëtes, ouvrage important et utile (cet ouvrage n’a jamais vu le jour). Neufchâteau avait pensé, en 1793, à faire de notre théâtre une école d'histoire. V. Hugo n'ose discuter un projet sur lequel Neufchâteau s'est trouvé d'accord avec l’auteur des Templiers (Raynouard). « Nous ignorons si ce « plan serait praticable ; mais nous pensons que du moins l'intention en est utile; et si ce n’est que le « rêve d'un homme de talent, c'est aussi la chimère d’un homme de bien. » (pp. 103-104).

(4) V. Hugo n’a pas reproduit la p. 104 et les 3/4 de la p. 105 du Conserv. Litt. Fe Au commencement de l’article il parle de son antipatbie pour les auteurs latins et pour Cicéron

Na

Janvier

serv. Lite, t. x, livraïis. in, pp. 104-109, signé B., 15 janvier 1820. cf. Litt. et Philos, mélées, t. 1, pp. 106, 107, 108 avec la date : Février

N.-B. — Le volume avait paru en librairie en 1819 : B. F., 30 octobre 1819, n° 3785, in-8, imp. libr. Pillet — en 1821: B. F., 28 avril, nouvelle édition ou plutôt changement de frontispice. Imp. Cellot, Paris. Paris, Mequignon, et Lyon, Périsse.

Spectacles. Académie Royale de musique.

Olympie, tragédie lyrique en trois actes, paroles de MM. Brifaut et Dieulafoy, musique de M. Spontini, ballets de M. Gardel.

Théâtre français: Le marquis de Pomenars, comédie en un acte el en prose (1).

en particulier. Il semble même se vieillir un peu car à l'entendre il y a longtemps qu'il a fini ses classes. Un peu de poudre aux yeux ne fait pas mal.

Il se lance ensuite dans la politique. Il prend la définition de l'orateur d’après Cicéron: c'est l'homme de bien habile dans l’art de parler. Il l’applique à la liste des députés et il trouve peu d’orateurs parmi eux, s’il en trouve, car il ne nous dit pas le résultat de sa comparaison. Il se demande ensuite si Cicéron n’a pas pu transiger avec les principes, comme tant d’autres... En passant. il attaque Basile, les députés du parti gauche (p. 104). Il remarque que Cicéron permet les légers mensonges, les grosses calomnies... il en profite pour donner un coup de patle à M. de Carrion- Nisas, mauvais traducteur d'Horace, aux chevaliers du juste milieu. pour faire des allusions aux bals champêtres de Grenoble, aux conspirations du bord de l’eau (p. 105).

La fin de la p. 105, la p. 106, les 3/4 de la p. 107 sont reproduits dans Lift. et Philos. mélées, pp. 106, 107, 108. avec quelques petites variantes, additions et suppressions.

P. 106, {re ligne. L'autre jour remplace or voici que... — P. 106, 8e ligne. Voilà pour la conscience de l'orateur selon Cicéron, vir probus dicendi peritus, est ajouté. — P. 106, 12e ligne. V. Hugo a ajouté une liaison : Vous n'avons aucune raison de croire que les orateurs fissent autrement que les querriers. — P. 107, 12 ligne. Au lieu de: Je ne suis pas assez sûr de n'être jamais lu que par des hommes pour rapporter... 1 y avait: Par respect pour les dames, nous ne rapporterons pas. — P. 107. après la 17e ligne. V. Hugo a négligé un petit K: Z£ ici, Monsieur, comme je

tiens de mon père qu'il n'est jamais trop tôt ni trop tard pour dire une chose que nous inspire notre conscience, lorsque cette chose peut nous étre utile...

La fin de la p. 107 du Conserv. Litt., les pp. 108-109 ont été négligées. Ces pages sont consacrées à M. Laurentie. V. Hugo lui reconnait véritable talent de style, feu, correction, élégance, marche périodique et nombreuse. C’est un écrivain qui connaît Cicéron. écrit pour écrire, un Lomme probe, instruit, animé de bonnes intentions, qui consacre ses veilles au bien commun, à la gloire de la patrie (p. 107). V. Hugo annonce un prochain article sur le même sujet (il ne parut pas) il cite de Laurentie des traductions de Tacite meilleures que celle de M. Dureau-Delamalle (pp. 108-109).

(1) La signature H. n’est mise qu'après Le marquis de Pomenars mais elle semble porter sur tout l’article Spectacles. Quelques phrases, quelques expressions, des citations de Voltaire révèlent la manière de V. Hugo.

A propos d'Olympie il se plaint que l'on n’entende pas les paroles car l’on est étourdi et ébloui par la musique et les décors. Ulympie est un opéra estimable, dit le critique, tiré d’une assez mauvaise tragédie de Voltaire, faite sur la fin de sa vie. 1i prouve par des citations qu'il connaît bien Voltaire.

Il blâme l’auteur du Marquis de Pomenars d'avoir mis sur la scène une anecdote qui si elle n’était voilée avec art aurait révolté la délicatesse du goût français et des mœurs nationales. On rira difficilement d’un homme qui joue pour ainsi dire avec la corde de son gibet; c’est un triste personnage de comédie. Les personnages, dont il fait le portrait rapide en traits précis et vigoureux, sont peu intéressants, «on ne saurait trop le répéter dans ce siècle, le théâtre est l’école des mœurs. «Certaines scènes sont agréablement écrites, quelques traits sont fins et naturels mais le sujet est « défectueux et inconvenant. L'auteur a mieux fait, nous ne le nommerons pas, ce serait indiscrétion et « peut-être maladresse. » En passant V. Hugo à fait allusion au Légataire de Regnard qui pour être un chef-d'œuvre aurait dû offrir un but moral.

La Revue Littéraire du 15 janvier (Conserv. Litt.,t. 1, livrais. 11, pp. 115-120), est signée F., mais il semble que V. Hugo, s’il ne l’a pas faite en entier, y a largement contribué. Nous la résumons en appuyant sur ce qui nous paraît prouver la collaboration de V. Hugo.

ne

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Janvier

Conserv. Lité.,t. 1, livrais. m1, pp. 109-144, (signé H.): B. F., 15 janvier 1820, n° 260.

N.-B. — Olympie, comédie-vaudeville en trois actes. imilée de Voltaire, représentée pour la première fois. sur le théâtre de l’Académie royale de musique, le 20 décembre 1819. In-8, Imp.

Didot: Paris, Mme Huet, B. F., 7 janvier 1820, n°9.

Le Drapeau blanc annonce le 4er numéro Le marquis de Pomenars, comédie en un acte

des Archives de la Littérature et des Arts. el en prose par Mme Sophie Gay, représentée

pour la première fois à Paris par les comédiens du roi, sur le 4e théâtre français, le samedi 18 décembre 1819. [n-8, Imp. Foin; Paris, Ladvocat, B: K:, 4er janvier 1820, n° 91.

V. Hugo assiste à la représentation des Poésie. Cacus (Extrait d'une traduction Petites Danaïdes: cf. Conserv. Litt., t. 1, inédite de l'Enéide). Jam primum suxis suspenlivrais. 1v, p. 117. sam hanc adspice rupem, ete. livre vin (1).

Constant et Discrète, poème en 4 chants, suivi de Poésies diverses, par le Comte Gaspurd de Pons. (Constant et Discrète, était paru en 1819: B. F., 4 décembre, n° 4169, in-18. Imp. Boucher, Paris. Paris, Vve Renard et Boucher). Le critique signale la grâce et l’aisance mais aussi la négligence de l’auteur ; qu'il se garde un peu de sa facilité, sa manière est trop inégale, il est trop indulgent pour lui-même. Il faut se châtier sans pitié. il faut des sujets plus piquants quoiqu'il y ait dans celuici de jolis détails. Dans les Poésies diverses qui suivent, il y à des passages écrits d'une manière quelquefois originale et presque loujours spirituelle. L'Ode sur le Congrès d'Aix-la-Chapetle, sans offrir l'entraînement et le désordre qui révèlent le poète lyrique, a cépendant la sévérilé du style et la beauté des sentiments qui engendre presque toujours la beauté des idées.

Cet article, qui ne manque pas d’une certaine franchise fut peut-être une des raisons des relations entre G. de Pons et les Hugo.

Le dix-neuvième siècle, satire, par M. Ed. Corbière. (Le dix-neuvième siècle, satire politique, par Ed. Corbière de Brest, ex-officier de marine. In-8, imp. Renaudière, Paris, chez Mile Donnas, chez Plancher et les libraires constitutionnels, B. K.. 14 août 1819, n° 2996). M. Corbière est un élève du père Duchesne, prosateur de mérite, il est poète, il attaque tout le monde, d’abord un illustre pair (Chateaubriand), puis MM. Guizot, Villemain, de Serre, Pasquier, tout ce que la France a d'éminent. Le critique s’amuse à prouver avec esprit qu'il ne faut pas confondre l’auteur de cette satire avec le député du même nom. Peu lue à Paris, sa satire a dû être lue à Brest par les libéraux philosophes qui viennent de donner tout récemment une si bonne leçon de étolérantisme aux apôtres du scandale : M. Corbière est breton.

Le Conserv. Litt. attaquera une 2e fois M. Corbière (L. 1, livrais. 1x. pp. 337-341) à propos d’un poème, les Philippiques françaises. L'article est signé S.

Le dix-neuvième siècle, Epttre à M. le comte Ferrand, pair de France. par M. Rosset, Genève.

M. Rosset, dit le critique, est un honnête homme dont nous partageons les opinions et dont nous honorons le caractère, mais son style est faible et son ouvrage médiocre. On cite quelques vers, « contre nos jeunes radoteurs qui n'étaient hier que des rhétoriciens et se donnent aujourd'hui bien « de la peine pour paraître des rhéteurs. » Cette phrase est curieuse si l’on songe à l'âge des rédacteurs du Conserv. Litt. Voici une autre phrase où le style de V. Hugo nous parait se révéler. « La « satire du dix-neuvième siècle est à encore à faire ; M. Rosset est un satirique à l'eau de rose; « M. Ed. Corbière n’a trempé ses pinceaux que dans la boue Qui saisira le fouet sanglant de Gilbert ? « Il s’agit de tendre l’arc de Nemrod ; où est l’athlète ? Espérons qu'il se présentera ; quoique ces vers « de M. Rosset ne soient que trop vrais :

Si parfois un jeune homme, épris d’un beau délire Ose monter Pégase et manier la lvre

D'un insolent mépris on accueille ses vers,

Et ses nobles transports passent pour un travers. »

V. Hugo ne se plaignait-il pas toujours dans sa jeunesse d'être méconnu et de ne pas recevoir les éloges que méritait son talent. ; DATA

L'abus des Mots, Satire par M*** (In-8, imp. Feugeuray, Paris. Paris, Aimé André et Delaunay : B. F:, 48 septembre 1819, n° 3324). L'auteur adresse son salut d'honneur à M. B. C. (Benjamin Constant) le célèbre publiciste : « Gette satire aussi dénuée de poésie qu'abondarmment pourvue de « calomnies et d’injures est dirigée contre les hommes qui joignent à la noblesse du caractère les « distinctions du talent. »

(4) Voici les changements apportés : |. Hugo raconté, p. 236, vers 13, laissant remplace Juyant ; vers 18e, saisit remplace il prend; vers 25e, le noir remplace ce noir; p. 237, vers 24,

Janvier

Conserv. Litt., t. 1, livrais. 1v, pp. 121-123, 29 janvier 1820 : Signé: V. d’Auverney; cf.

V. Hugo raconté, t. 1. pp. 235-238 ; cf. Lycée Armoricain, t. 1, livrais. 1, pp. 106-108, février 1893 : Signé V. Hugo (B. K., 1€" mars 1823, n° 994) : Le texte est celui du Conserv. Litl.; cf. Odes et Ballades, édition de l’Imprimerie Nationale, pp. 396-398. :

Prose. Du Génie. Conserv. Litt.,t.r, vrais.

iv, pp. 123-126, 29 janvier 1820 (Signé E). : cf. Lilt. et Philos. mélées, t. 1, pp. 160-163. Aucun changement: c’est peut-être le seul morceau ainsi reproduit.

Age, Huco. La Jérusalem délivrée, tra- Littérature française. Les Vépres Siciduite par M. Baour-Lormian : Conserv. Litt., liennes. tragédie, par M. C. Delavigne. t. 1, livrais. 1v, pp. 127-133, 2° article (A). Louis IX, tragédie, par M. Ancelot ; 2e et

dernier article (1): Conserv. Lite.,t.r, livrais. IV, pp. 133-145 sans signature (le 4€r article . IvVrAl Az a Observations sur la traduction en vers de “€ UE ë e Hivrais. 11, pp. 64 69, avec la la Jérusalem délivrée, par M. G. G.: Con- Signature V, 25 décembre 1819); cf. VW. Hugo serv. Lite, t.1, livrais. 1v, p. 133 (A) raconté, t. 1, pp. 443-446, avec la date 1819. ' VU. L DCTALLONE [e Ê n - 199 ( . ÿ Réflexions morales et politiques sur les

avantages de la monarchie, par Mme C. de M. (Aer rarticle) (2) Con en Ut;

Lettres sur la nouvelle traduction de La Jérusalem délivrée, par M. Baour-Lormian.

mornes remplace éristes ; p. 238, les trois derniers vers ont élé complètement remaniés : on lisait dans le Conserv. Litt.: De ses membres hideux il contemple la forme. — JE voit ses yeux sanglants, ses flancs noirs et velus. — Et ses feux expirants qu'il ne redoute plus.

Les Odes et Ballades, édition de l’Imprimerie Nationale, ont donné (p. 397), d’après le manuscrit, une variante plus conforme au texte.

(1) La reproduction du 2e article commence au milieu de la p. 443 (V. Hugo raconté). On a négligé la liaison entre les deux articles : allusion à un chapitre de Sterne sur les bottes et les jarretières (pp. 133-134, Conserv. Litt.). On a négligé des comparaisons entre C. Delavigne et Ancelot, des citations empruntées aux deux auteurs, des critiques à propos des portraits, des caractères, du style d'Ancelot: V. Hugo lui reproche des phrases traînantes, des vers gauches (pp. 134, 135, 136, 137, Conserv. Litt.). Deux longues citations, l’une de Ancelot, l’autre de C. Delavigne (Conserv. Litt., pp. 138-139) ont été laissées de côté. Les quatre lignes qui suivent la citation {V. Hugo raconté. p. 445) empruntées à la p. 143 du Conserv. Litt., résument les pp. 140, 141, 142. 143 et la moitié de la p. 444 du Conserv. Litt. V. Hugo y critiquait Ancelot: après une longue citation il disait: « Ces « vers ne présentent ni force. ni chaleur, pas même une coupe pittoresque, ils sont harmonieux et ce « n’est pas beaucoup, selon nous qui préférons encore des vers durs à des vers faibles. Dans ce mor- « ceau tout est vague et confus, on est obligé de le relire plusieurs fois pour se faire une idée de la « scène qu'il représente (p. 141). » Il insistait ensuite sur la manière ferme, vive et précise, les vers pleins d'action et de mouvement, les scènes animées, pittoresques. les images admirables de grandeur et de vérité de C. Delavigne. Cette appréciation de V. Hugo sur les coupes pittoresques, les vers faibles et les vers durs est intéressante à noter ainsi qu'une attaque contre une imprécation hyperbolique et usée employée à propos d'Ancelot (Conserv. Litt., p.143) V. Hugo continuait en essayant de laver Ancelot d'une accusation de plagiat. Il n’a pu copier, écrivait-il, Louis IX dans les fers de M. D... (Louis IX dans les fers, lragédie en cinq actes de M. D... In-8, Imprimerie Noubel, Agen ; Paris, Ledoux et Teuré et aussi Delaunay. B. F., 5 septembre 1818), tragédie sans valeur, autrement la pièce de cuivre se serait changée en pièce d’or dans la poche du voleur, ce serait tout le contraire du vieux conte arabe. Peut-être cependant a-t-1l pris le personnage du renégat qu'on ne trouve pas dans les Hémoires du temps malgré les affirmations d’Ancelot. V. Hugo rappelait en passant l’épopée du Père Lemoyne, Sf Louis : ilen citait quelques vers à propos des Vépres Siciliennes (Conserv Litt.. pp. 143-144). La fin de l’article, pp. 144-145 du Conserv. Litt., se trouve pp. 445-446 (V. Hugo raconté) avec quelques petits changements. i

(2) Dans Zitt. et Philos. mélées (pp. 67-70) on a seulement reproduit les pp. 445-146 et la moitié de la p. 147 du Conserv. Litt. avec quelques changements.

Pour les pp. 67 et 68 de Zitt. et Philos. mélées, il ÿ a simplement deux corrections de style sans importance ; p. 69, ZLitt. et Philos. mélées, à la suite de la 2e ligne, on lisait encore : « Où l'on

ET ee

Janvier

livrais. 1v, pp. 145-150 (signé B). Le 2 article est au t.1, Hivrais. 1x, pp. 341-350 (signé B) : cf. Lili, et Philos. amélées, pp. 67-70 et p. 105, fantaisie.

N.-B. — Hieflerions morales el politiques sur Les avantages de la monarchie, par Mme C.de M... in-8, Imprimerie Didot, Paris, chez l’auteur, rue du Paon, no 1 et chez Le Normant. B. K., 20 mars 1819, n9 1053.

Mme C. de M... qui, nous dit V. Hugo, est une ultra (Conserv. Litt. 1. 3. p. 149) était une cidevant religieuse. Elle avait épousé pendant la Révolution, Nicolas Chambon de Montaux, médecin, maire de Paris après Péthion, du 3 décembre 1792 au 2 février 1793. C'est lui qui fut chargé de signifier à Louis XVI sa comparution devant la Convention. Il était maire de Paris, le 21 janvier, jour de l'exécution de Louis XVI. Ces faits curieux méritent, je crois, d'être signalés.

Spectacles. Première représentalion des Comédiens, comédie en cinq actes et en vers de

conspire jusque sur les bancs, où l'on pétitionne jusque sur les toits » ; p. 69, 18e Tigne, après ce qui m'épouvante on lisait: « Je ne saurais dire tous les mauvais rêves que j'ai faits cette nuit, après avoir assisté hier à la représentation des Petites DANAIDES, pièce qui en vérité peut être d’un fort mauvais exemple » (1); p. 69, lignes 19 et 20: Fonseca remplace Ponseca (Conserv. Litt., p. 147) ; p. 69, 28e ligne, au lieu de Rue Mézières, n° 10, on lisait rue Quincampoix, n° 4.

Voici maintenant une courte analyse de ce que V. Hugo n’a pas réimprimé : Il rassure Mme de M. ;il ne veut pas lui interdire le droit d'écrire et il n’a voulu parler que pour l'honneur de son sexe : « On ne lisait plus du temps de Voltaire, et l'on dirait que du nôtre on ne sait plus lire... (Conserv. « Litt., p. 147), aujourd'hui nous ne sommes plus comme jadis plus ou moins savants, nous ne « sommes que plus ou moins ignorants. Le professeur prend Caton l'Ancien pour Calon d’Utique, le « bachelier prend Titus pour Néron. » (Conserv. Lilt., p. 148).

J1 fait un petit reproche à Mme de M. qui a de l’érudition : elle ne cite pas le nom des auteurs dont elle met en œuvre les idées. Cela expose le critique « à donner sur la joue d’un auteur, qui se « présente comme inconnu, un soufflet à Horace ou à Virgile, comme dit Montaigne. » (Conserv. Litt., p. 148).

Ce piège tendu par Mme de M. a été vite reconnu: tous les critiques du journal ont refusé de se charger du livre et « l'ouvrage m'a été adjugé à moi pauvre hère qui. ayant passé toute ma vie dans les livres, suis en quelque sorte devenu comme un livre ambulant... (Conserv. Litt., p. 148) cela veut « dire que je suis vieux ; et. plus on est vieux, moins on est galant ; moins on est galant, plus on est « sincère... mais s’il faut en croire ma vieille voisine, la politesse des vieillards de notre temps valait « encore mieux que la galanterie des jeunes gens d'aujourd'hui. » (Conserv. Litt, p. 149).

V. Hugo parlera des principes de Mme de M. dans un prochain article, mais le lecteur voudrait savoir quelles sont les opinions politiques de Mme de M. Dans quel parti doit-on la ranger « puisque « nous en sommes venus au point de n'avoir plus que des partis en France. » (Conserv. Litt., p. 149).

Le reste de l’article (Conserv. Litt., pp: 149-150), a été reproduit dans ZLitt. et Philos. mélées, p. 105, sous le titre Fantaisie avec quelques changements curieux : {re ligne (Litt. et Philos. mélées), au lieu de ce que je veux, ont lit dans le Conserv. Litt., ce que veut Mme de M.: 3 ligne (Litt. et Philos. mélées) V. Hugo a supprimé une phrase. Après garanties pour le peuple on lisait dans le Conserv. Litt.: « et en cela je ne vous aurais rien dit si je ne vous affirmais en même lemps que ce que veut Mme de M., elle le veut non seulement de bouche mais encore de cœur, c'est-à-dire qu’elle est ultra (p. 149) ; 4 ligne (Litt. et Philos. mélres), au lieu de « et en cela je suis different de certains honnêtes gens » il y avait dans le Conserv. Litt. « Et en cela Mme de M. est bien differente (je ne fais celte remarque que pour la postérité) de certains honnêtes gens » (p. 150): 10e ligne (Litt. et Philos. mélées), feu mon grand oncle remplace /eu mon père du Conserv. Litt., p. 150. à

(1) Les petites Danaïdes ou quatre-vingl-dix-neuf victimes. huitalion burlesco-tragi-comi-diabolico féerie de l'opéra des Danaides, mèlée de vaudevilles, danses, etc... par M. Gentil, représentée sur le Chéâtre de la Porte Saint-Martin, le 44 décembre 1819. [n-8, Imp. Cussac, Paris : Paris, Fages, B. F., 25 décembre 1819, no 4437 ; 2% édit., Imp. Nouzou, Paris ; Paris, Fages, B. F., 20 mai 1820, ne 1847.

Janvier

M. Casimir Delavigne (1): Conserv. Lite, LT, livrais. iv, pp. 150-158 (signé H).

N.-B. — Les Comédiens. Comédie en cinq actes et en vers, précédée d'un prologue en prose par M. Casimir Delavigne, représentée par les comédiens ordinaires du roi, sur le 2e théâtre français. le jeudi, 6 janvier 1820. In-8, Imprimerie Fain, >aris. Paris, Barba et Ladvoeat : {re édit. B. F., 29 janvier, n0 360 ; 2% édit., 13. F. 19 février, no 501 : 3e édit, B. F., 143 mai. n° 1643.

(1) V. Hugo commence par une comparaison entre le ler et le 2e théâtre. Ce dernier travaille avec zèle, talent, succès. Le 1er théâtre ne fait rien. Il doit y avoir au moins un pouce de poussière sur les pauvres manuscrits inhumés dans les vieux cartons (Conserv. Litt., p. 150). Ce début amène très naturellement le sujet traité par GC. Delavigne, les ridicules des comédiens.

L'ouvrage n'a pas rempli l'attente des spectateurs « Une grande idée, une idée essentiellement & morale devait donner la vie à l'ouvrage de ce jeune homme ; l’insolente ingratitude des comédiens « envers les auteurs qui les font vivre est une ruonstruosité assez remarquable pour mériter les hon- « neurs de la scène. » — Il aurait fallu avec cela montrer « l'ignorance des jurys comiques, la « bassesse des intrigues de coulisses, l’égoïisme des comédiens voyageurs et la vanité des actrices « ambulantes, le despotisme des sociétaires sur les pensionnaires, la tyrannie des acteurs envers les « auteurs, et même la haute police exercée par certains grands-seigneurs sur les uns et sur les « autres. En un mot il fallait nous montrer les rois de la scène absolument tels qu'ils sont dans leur « intérieur, domestica facta. ll nes’agissait pas de lever un coin du rideau, il fallait déchirer la toile : « et c'est ce que M. Delavigne n'a point fait, seu debilior, seu timidior. » (Conserv. Litt., p. 151).

V. Hugo fait ensuile une analyse rapide de la pièce (Conserv. Litt., pp. 152-154). Nous relèverons seulement quelques phrases que V. Hugo a dû écrire avec plaisir à cause des allusions qu'elles contenaient sur sa silualion présente et ses espérances de bonheur.

« Victor, jeune poëèle de haute espérance, aime Lucile, jeune actrice, d’un rare talent et d’une vertu plus rare encore

De la beauté, vingt ans et pas de cachemire !... (p. 152).

« On doit jouer une comédie de Victor sur le succès de laquelle est fondé tout son espoir « d'épouser Lucile dont il est aimé... (p. 152) ...La pièce a réussi et son bonheur est comblé par son « mariage avec Lucile. » (p. 154). :

Après le résumé de la pièce. V. Hugo ajoute : « Ce plan bizarre et embrouillé exige autant de « critiques que le style mérite d’éloges. Un dialogue, animé et piquant, semé de traits heureux et de « pensées épigrammatiques ; un rôle entier, rempli de beaux vers (celui de Victor, que David récite « avec chaleur mais trop vite); une correction continuelle, une élégance soutenue, placent les Comé- « diens au premier rang sous le rapport du style, parmi les comédies représentées depuis les Deux « Gendres » (Conserv. Litt, p. 154). Dans les trois pages suivantes, V. Hugo fait de nombreuses citations pour prouver « le style soigné, le dialogue naturel » et parfois « un mérite d’observation « rare surtout chez M. Delavigne. » Les appréciations de V. Hugo ne manquent pas de justesse et il signale avec raison des vers « jolis », d’autres « pleins de fermeté et de chaleur. » (Conserv. Litt., pp. 156-157). |

La dernière citation de V. Hugo est une tirade qui, à la {re représentation, fut très applaudie et renferme le vers connu: « Qui sert bien son pays n’a pas besoin d’aïeux ». V. Hugo accorde que ce vers et ceux qui précèdent « sont assez bien tournés » mais à son avis « ils ne méritaient pas les « honneurs du bis qu'un troupeau de jeunes sots voulait leur faire obtenir. Nous nous félicitons « d’avoir contribué avec une portion du parterre, bien faible à la vérité, à ce que l’auteur continuât « son rôle. » (Conserv. Litt., p. 157). Nous apprenons par ce détail que V. Hugo assista non pas à la re, mais à la 2e représentation, le 8 janvier 1820, si nous en croyons le récit que fit le Journal des Débats des deux premières représentations (cf. Journal des Débats, 8 janvier 1820) à moins que V. Hugo n’y ait point assisté du tout et qu'il ait tout emprunté aux Débats.

V. Hugo profite de cet incident pour conseiller à G. Delavigne de supprimer le rèle de Blinval. « Si ce personnage est destiné à représenter les royalistes il ne saurait être plus pitoyablement choisi « et la suppression d’un aussi triste rôle ne sera pas une grande perte. »

En terminant V. Hugo résume sa critique : la versification est brillante avec quelques taches et quelques vers de mauvais goût, le plan est compliqué, l’action est nulle. « G Delavigne nous pro- « mettait un tableau de caractères, il ne nous à offert qu'une galerie de portraits ; il avait à nous « montrer les mœurs des comédiens, il ne nous a fait voir que quelques-uns de leurs usages ; il devait « dévoiler leurs intrigues, il n'a mis à découvert que leurs tracasseries.. » (Conserv. Litt., p. 158).

Les dernières lignes de l’article sont à retenir: « Nous craignons que M. Delavigne ne soit « dépourvu des deux qualités les plus essentielles au théâtre. Comme auteur tragique, il a du mouve- « ment et manque de sensibilité ; comme auteur comique, il a de l'esprit et point de gaieté. 7Z/ semble,

Re rer

- éÿ

1820 Janvier

30 M. l'abbé Frayssinous commence ses conférences ordinaires à Saint-Sulpice: cf. Le Drapeau blanc et La Quotidienne, 217 janvier 1820. L’Ami de la religion (n° 573, pp. 390-393), donne un résumé de cette conféférence sur les principales causes de nos erreurs.

L'évrier

5 Les Destins de la Vendée, Ode dédiée à Histoire générale de France. par MM. Vé- M. le vicomte de Chateaubriand : C'onserv. IV, Villaret et Dufau, ornée de plus de (rois Lite, tr, vrais. v. pp. 161-164. V.-M. Hugo: cents gravures, Zêgne de Charles 1X (suite cf. 25 septembre 1819. et fin), t. xxx, Paris, Desroy, 1er article (1):

« ainsi que le disait ce joyeux et infortuné Scarron, à semble que cet homme là n'ait ni entrailles « nirate. » (Conserv. Litt., p. 158).

N.-B. — Le 8 etle 13 janvier 1820, le Journal des Débats, sous la signature de C., a donné au rez de chaussée deux articles sur les Comédiens. V. Hugo n’a pas dù lire le second avant d'écrire sa critique, mais il a fait de nombreux emprunts au premier ou bien C. et lui se sont rencontrés d'étrange manière.

On trouve dans les deux articles une allusion identique au Prologue qui précède la pièce de C. Delavigne (Conserv. Litt., p. 151). Il y a beaucoup de ressemblance pour les deux débuts comme idées et comme expressions. Les idées de rideau, heros et héroïnes en déshabillés, en habits bourgeois (Les Débats) rappellent les domestica facta etle coin de rideau de V. Hugo (Conserv. Laitt.. p. 451). La vanité des actrices ambulantes, la tyrannie des acteurs envers les auteurs, …l'insolente ingratitude des comédiens envers les auteurs (Conserv. Litt., p. 151), font pendant à la coquetterie de ces dames... aux prétentions exagérées des premiers sujets (Débats). Le plan est bisarre et embrouillé, dit le Conserv. Litt. (p. 154). L'action est embarrassée de détails oiseux et surchargée d'incidents romanesques.. c’est un inexæplicable imbroglio, affirment les Débats. V. Hugo a retourné certaines phrases pour les rendre plus harmonieuses. Dans les Débats, Floridore était un quinquagénaire jeune premier. 1 devient sous la plume de V. Hugo un jeune premier de cinquante ans (Conserv. Litt., p. 153). Toutes les citations des D/bats sont reproduites à propos de Lucile, de Floridore, de Bernard, etc... mais parfois elles sont allongées... La narration des applaudissements libéraux à la 2e représentation est faite presque dans les mêmes termes. V. Hugo la dramatise un peu en se mettant lui-même en scène. Nous retrouvons les mêmes expressions à propos de l'acteur David. « David a mis beaucoup de chaleur, mais a trop précipité son débit dans le rôle de « Victor » affirment les Débats. « Le rôle de Victor que David récite avec chaleur mais trop vite », écrit V. Hugo. (Conserv. Litt., p. 154).

V. Hugo ne s’est pas contenté de lire l’article des Débats, de lui faire des emprunts, ila voulu y faire des corrections historiques et littéraires dans une note qu'il a mise au bas de la p. 454 du Conserv. Litt.:« On a observé, dit-il, que M. Delavigne avait emprunté cette idée (V. Hugo veut parler d’un cahier de papier blanc que Granville remet à Floridore et qui passe pour être le manuscrit d'une comédie nouvelle) à l’auteur de la Matince d'un Comédien; mais l’anecdote étant « réellement arrivée à Grandval (et non à Molé), M. Delavigne a pu la mettre en œuvre aussi bien « que qui que ce fût. » Les Débats avaient dit en effet: « Ce trait naturel de mœurs comiques est « emprunté mot à mot d'un petit acte joué, il y a environ trente-six ans, à l'Ambigu-comique, sous le « titre de la Matinée du Comédien. L’anecdote était vraie et l’on prélend qu'elle était arrivée à Molé, « mais supposée ou réelle l'idée de la mettre en scène n'appartient point à l’auteur des Comédiens. « Il faut rendre à chacun ce qui lui appartient. » Nous venons nous aussi d'essayer de rendre à chacun ce qui lui appartient.

(1) La p.43 de Lit. et Philos. mêl'es, reproduit le 1er paragraphe de la p. 174 du Conserv. Litt.. avec quelques changements. A la 2e ligne, le mot historiques est ajouté après grands hommes. — A la 5e et à la 6e ligne au lieu de « il fallut que l'histoire se laissät écrire par des lettrés et des savants, gens qui... » il y avait « il fallut avoir recours à des savants, c'est-à-dire à des gens « qui. »— À la 9e ligne, on a ajouté: « c'est-à-dire à l'histoire. »

A la p. 44, les deux premières lignes ont été ajoutées et ne sont pas dans le Conserv. Litt. « De « là dans l'histoire, telle que les modernes l'ont écrite, quelque chose de petit et de peu « intelligent. » ! ,

La p. 45 reproduit la p. 175 du Consero. Litt. avec deux pelits changements. Lite. et Philos. mélées, 10e ligne : « Parmi ces ouvrages l'en est. »; Conserv. Lit. :« Or, parmi ces ouvrages on

L'évrier

Age Huco. Æpigramme sur le défunt Conserv. Litt., tr, livrais. v. pp. 174-181,

Mercure, quatre vers signés D. Moniëres : 5 février 1820 (signé E); cf. Lite. et Philos. Conserv. Litt., t.1, livrais. v, p. 165. mélées, t. 1, pp. 43-45 et 57-59. Ce livre avec raison arborait les couleurs N-B. — L'histoire générale de France, 2e par- Du pourvoyeur des rives sombres ; tie du t. xxx. Règne de Charles 1X (suite et fin), Ne guidait-il pas ses auteurs est inscrite à B. F., 4 septembre 1819, n° 5080. Où son patron guidait les ombres ?

N.-B. — D. Moxières est un pseudonyme qui

appartient à Abel Hugo. Il rappelle le bourg de Monnières (Loire-Inférieure), où son grand-père Lenormand possédait des biens.

Eucixe Huco. Le us de précipire (poésie mn Conserv. Litt..t. 1, livrais. v. pp. 165-

Aëez Huco. La panhypochrisiade ou te spectacle infernal du seisième siècle, comédie épique par M. Népomucène Lemercier. de l’Académie française, 2 et dernier article :

Conserv. Litt.,t.1, livrais. v, pp. 168-173 (A). Le 4er article est à la livrais. m1, pp. 86-92

« sait ou l'on ne sait pas qu'il en est. »; Litt. et Philos. mélées, 21e et 22e ligne : « Celle de Vély. « continuée par Villaret et Garnier. ns Litt.! celle de Vély et continuateurs dont nous « allons nous occuper. »

A la p. 46, les neuf premières lignes reproduisent le commencement de la p. 176 du Conserv. Litt. avec deux pelits changements de style sans importance. Le reste, c’est-à-dire de la 40e ligne au bas de la page, ne fait pas partie de l’article du Conserv. Litt. et a été ajouté plus tard par V. “Hugo.

La fin de la p. 176 du Conserv. Litt., les pp. 177, 178 et les trois quarts de 179 ne se trouvent pas dans Zitt. et Philos. mélées. V. Hugo ; parle des faibles talents des devanciers de M. Dufau. Pour ce dernier il a un style clair, rapide, concis. presque toujours élégant. sa narration est animée, ses descriptions pleines de chaleur et de coloris, ses recherches solides, sa critique judicieuse et impartiale.

V. Hugo lui conseille de refaire le travail de ces devanciers, puis il résume les faits, s’attardant un peu à la fuite de Charles IX. Il compare le récit de M. Dufau à ceux d’Anquetil, de Mézerai et du père Daniel. M. Dufau a tracé un véritable tableau de caractère et V. Hugo en cite un long passage (Conserv. Litt., p. ATT).

A propos du prince de Condé, V. Hugo parle du portrait si vrai, si original qu'en a laissé Mézerai, ce qui lui donne occasion de peindre ce dernier en quelques mots: « il était buveur, cynique... « il conserve son caractère dans toute son histoire. il est piquant, mais n'’intéresse jamais ; il n’a ni « chaleur, ni énergie; il est toujours en dehors des évènements; quelque sujet qu'il traite, fêtes, « guerres où massacres, il rappelle toujours ce vers de Segrais :

Un vieux faune en riait dans sa gorge sauvage,

« Mais le morceau où M. Dufau nous semble avoir développé le plus de chaleur, le se d'énergie,

en un mot le plus de talent de style, c'est dans la description de la Saint-Barthélemy. » (Conserv

A p. 178). V. Hugo pendant toute une page parle de ce massacre citant des passages de Dufau,

racontant des traits ‘héroïques ou curieux qu'il emprunte à Dufau, à Mézerai, à d'Aubigné. (Conserv.

Litt., p. 179), mais nulle part nous ne trouvons une appréciation personnelle sur... « cette nuit

terrible. cette nuit fatale. cette nuit terrible > que V. Hugo qualifie ainsi en termes vagues, évitant de nous donner sa pensée intime.

V. Hugo n'a point reproduit ces deux ou trois pages, peut-être à cause de son style qu'il a dû trouver plus tard faible et négligé, peut-être aussi à cause de l'absence de jugement personnel à propos d’un évènement aussi important que la Saint-Barthélemy.

La fin de la p. 479 du Conserv. Litt., la p. 180 et le commencement de la p. 181 sont dans Zité. et Philos. mélées, pp. 57. 58, 59 avec ce titre À un historien. Il faut signaler quelques changements.

AND AS (Lite. et Philos. mélées), la {re phrase a pris du corps : on lisait en effet” dans le Conserv. Litt. (p. 179): « Les descriptions de bataille de M. Dufau sont bien supérieures aux tableaux confus et sans couleur que nous & laissés Mézerai. » La nouvelle rédaction gagne en ampleur et en vigueur grâce à certaines additions et au tour personnel que V. Hugo emploie : « Vos « descriptions de bataille sont bien supérieures aux tableaux poudreux et confus, sans perspective, « sans dessin ef sans couleur que nous a laissés Méseray. »

Le tour personnel se retrouve dans Lift. et Philos. mélées, à la p. 57 (Te ligne), à la p. 58

Février

Trois Messéniennes sur les malheurs de la France, augmentées de deux élégies sur la vie et la mort de Jeanne d'Arc, par M. Casimir Delavigne : Conserv. Litt., t. 1, livrais. v, pp. 181-185 (S). Cet article n’est pas de Soumet, peut-être est-il de Souillard (Saint-Valry).

La famille Lillers ou Scènes de la vie, par A. J. C. Saint-Prosper, auteur de l’Observateur au XIXe siècle, t. 1, (14); Conserv.

Litl., t. 1, livrais. v. pp. 185-189, 5 février 1820, signé M.; cf. Litt. et Philos. mélées, pp. 117-118 et p. 136.

N.-B. — £a famille Lillers, etc... est inscrite à B.F.,le {er janvier 1820, ne 59; t. 1, in-12, Imprimerie Everat, Paris ; Paris, Pichard.

Phocion, tragédie en 5 actes et en vers, par J.-C. Royou, représentée pour la première fois, sur le théâtre français, par les comédiens

! ordinaires du Roi, le 16 juillet 4817 (2); Con-

(16e ligne). Signalons aussi dans cette p. 58 un petit changement (4e ligne): Le lecteur s'arrête au lieu de l'esprit s'arrête.

Le dernier paragraphe de la p. 181 du Conserv. Litt., a été omis mais en partie seulement. V. Hugo encourageait M. Dufau et l'engageait à s’abandonner avec plus d'assurance à ses propres idées, puis il terminait par une phrase sentencieuse qu’il a conservée en la transformant. Nous la retrouvons à la p. 164 de ZLüitt. et Philos. mélées : « L'homme de génie ne doit reculer devant aucune « difficulté, il fallait de petites armes aux hommes ordinaires ; aux grands athlètes, il leur « fallait les cestes d’Hercule. » Le Conserv. Litt., disait plus modestement: « M. Dufau a du talent, « il ne doit donc reculer, etc... »

(1) Dans Litt. et Philos. mêélées (pp. 117-118), sous le titre Satiriques et Moralistes, V. Hugo à reproduit le commencement de l’article du Conserv. Lit. (pp. 185-186). Un seul changement sans importance est à noter. Le mot lui est ajouté à la 2e ligne de la p. 117 de Lit. et Philos. mélées.

Le dernier alinéa de la p. 186 et la première moitié de la p. 187 du Conserv. Litt. ont été négligés. V. Hugo trouve que la Famille Lillers est inférieure à l'Observateur au XIXe siècle pour la partie de l’observation. Saint-Prosper devrait éviter de se nommer : désormais « le voilà sûr de ne « plus rencontrer que des ignorants pétris de modestie, des professeurs qui s’exprimeront en français, « des garçons de bureau pleins d’affabilité, des banquiers aussi ennemis des richesses que Sénèque et « des jeunes filles qui parleront vertu comme de petits Sallustes, ou comme l’Emilie de son roman « nouveau. » (Conserv. Litt., pp. 186-187). Le style de Saint-Prosper, dit V. Hugo, est « original et « piquant », ses récits sont assaisonnés « de réflexions amusantes et de digressions spirituelles. » Il faudrait qu'à ces qualités l’auteur ajoutât « le mérite d’une action vive et d’un intérêt soutenu », alors les souscripteurs se presseront en foule chez Everat et Pichard et feront « croire au passant qu'il « s’agit de relever une baraque démolie ou de soulager un pauvre millionnaire frappé de deux cents francs d'amende! + V. Hugo l’engage ensuite à écrire d’une manière plus correcte (Conserv. Litt.,

f Le reste de la p. 187 du Conserv. Litt., se retrouve dans Züitt.et Philos mêlées, p.136, avec deux changements qui font disparaître les allusions personnelles. Ligne 2e : beaucoup d'écrivains remplace M. de Pradt; ligne 3e: /! faut aussi éviter de... remplace Nous croyons encore que M. Saint- Prosper possède assez de ressources en lui-même pour éviter de. .

Les pp. 188-189 du Conserv. Litt., que l’on a négligées renferment un passage sans importance, un peu recherché, sur les critiques que V. Hugo a faites de l’ouvrage de Saint-Prosper : « les lecteurs « nous croiront sur parole s'ils veulent ou ils ne nous croiront pas du tout... mais nous ne serons pas « aussi indifférents sur la foi qu'ils doivent ajouter à nos éloges. » Ê

V. Hugo termine par une longue citation du Prologue du chap. vu du roman de Saint-Prosper.

2) Dans Litt. et Philos. mélées, les pp. 165-168 reproduisent, avec des changements importants, sous le titre: Plan de tragédie fait au collège, les pp. 189-194 du Conserv. Litt.

La p. 165 offre seulement deux changements de style : 13° ligne, au lieu de : dans cette crise, où il s'agit de lui autant que de l'Etat, on lisait dans le Conserv. Litt.: crise terrible.

La dernière ligne est transformée. Le Conserv. Litt. disait: « Voilà, en peu de mots, toute l’action

PNA

Février

serv. Lite, t. 1, livrais. v, pp. 189-196, 5 février 4820, signé H.; cf. Litt. et Philos.

mélées, pp. 165-168 et 136-137.

N.-B. — Phocion de Royou venait d'être imprimé, B. K., {er janvier 4820. n° 92. In-8, Imprimerie Lenormand ; Paris, Lenormand, Barba, etc.

« de cette tragédie, et, comme l'on voit, elle est noble et simple. » Voici la variante donnée par Litt. et Philos. mélées : « Voilà, en peu de mots, toute l’action de /a tragédie ; elle est simple et peut « être noble pourtant. »

La p.166 offre elle aussi quelques changements sans grande valeur. A la 5e ligne. au lieu de: d'un côté, la haine du peuple, on lisait dans le Conserv. Litt.: D'un rôté, nous voyons la haine du peuple. A la fin du 2e alinéa, on a interverti les propositions et on ‘a fait une petite suppression. Le Conserv. Litt. disait: les moyens sont puissants et d'un noble développement, et il ajoutail: ef en effet cette tragédie présente des beautés. À la 25e ligne : lorsque le spectateur, remplace au moment où le spectateur.

A la p.167, ligne 2e, au lieu de la petite phrase : « Mais le grand homme refuse » il y avait dans le Conserv. Litt. (pp. 190-191) : Mais Le grand homme à qui M. Royou met dans la bouche les belles paroles de Mathieu Molé, Ouvrez, dit-il, Ouvrez : un magistrat ne se cache jamais. Un ouvre les portes et ici commence une des scènes les plus terribles que nous ayons au théâtre.

A la 4e ligne, après ces mots : Phocion n'est point ému, il y avait dans le Conserv. Litt. (p. 491). une citation de six vers; à la 8e ligne, après le mot tribunal, V. Hugo citait un vers de Royou; à la 16e ligne, après les mots pour les sauver, V. Hugo disait dans le Conserv. Litt. (p. 191). Nous citerons ici les vers de M. Royou, qui sont empreints de la plus mâle éloquence. Suivait alors une citation de dix lignes.

A la p. 167, ligne 19e, on a négligé de reproduire la phrase suivante: le spectateur respire : ligne 23e, au lieu de l’incertitude renait, i} y avait dans le Conserv. Litt.. la terreur rentre dans l'âme des spectateurs ; ligne 27e, au lieu de la phrase: Z{ fait ce qu'Aristide n'aurait point osé faire, il reste du parti de la chose juste contre la chose utile, il y avait une citation de huit vers de Royou.

A la p. 168, ligne 2e, après le mot République. une petite phrase a été négligée: Nous le répétons, tous ces moyens sont pleins de grandeur et de vérité ; ligne 3e, Ici l’action se presse remplace cette phrase du Conserv. Litt., (p. 192): ci l’action redouble de vivacité et d'intérêt ; lignes 15e et 16e, ces mots boit gravement le poison remplacent une citation de dix-neuf vers (Conserv. Litt.,

d L petit paragraphe qui comprend les lignes de dix-sept à vingt a été complètement transformé. On lisait dans le Conserv. Lite. (p. 193): « Nous le répétons, cette tragédie est belle. C'est une des « pièces les mieux ordonnées qui aient été présentées depuis longtemps au théâtre, et elle renferme un « grand nombre de vers bien faits : cependant elle n’a obtenu qu’un succès d'estime. Cela tient à ce « qu'elle est froide ; non pas parce qu’elle manque d'action mais parce qu’elle manque de vemve. Il « semble qu'après avoir dessiné un si beau plan, l’auteur n’a plus trouvé assez de forces pour l’exé- « cuter. Une grande partie des scènes ne sont qu'ébauchées ; les intentions sont plutôt indiquées que « rendues : souvent les idées sont belles et les expressions impropres. Il est malheureux que M. Royou « n'ait pas entrepris cette pièce lorsqu'il jouissait encore de toute la vigueur de la jeunesse ; cela est « malheureux pour nous, voulons-nous dire, car, pour lui, nos regrets ne doivent rien lui ôter à sa « gloire. »

En comparant les deux textes on peut voir que les verbes qui étaient au présent dans le Conserv. Litt. se trouvent au conditionnel dans Litt. et Philos. mélées. Ajoutez à celà de nombreuses suppressions dont plus loin nous chercherons la raison, enfin une addition qu'il faut noter : Au théâtre un conte d'amour vaut mieux que toute l'histoire.

Les lignes vingt-et-un, vingt-deux, vingt-trois sur Campistron font suite avec quelques changements sans importance dans le Conserv. Litt. (p. 194), à la longue phrase supprimée que nous venons d'indiquer. Mais ensuite V. Hugo a encore laissé de côté un jugement sur le style de M. Royou et sur celui de Campistron : « Son style (à Campistron) est plus soutenu que celui de M. Royou : seulement, « après avoir lu M. Royou, il vous sera resté de beaux vers dans la mémoire ; et si vous lisez « Campistron, il ne vous en restera que quelques-uns de ridicules. »

Si après cette phrase, nous cherchons, à la p. 168 de Litt. et Philos. mêlees, la suite de l’article du Conserv. Lilt., c'est-à-dire la seconde partie de la p. 494, nous ne la trouvons pas. Au lieu de la laisser à sa place naturelle où elle continuait logiquement l’article commencé, V. Hugo l’a pour ainsi dire découpée et sans en rien changer l’a transportée, on ne sait pourquoi, au bas de la p. 436 et an commencement de la p. 137 de Litt. et Philos. mélées. Le morceau commence par ces mots : Campistron, comme Lagrange-Chancel, etc.

Pour trouver le reste de l’article du Conserv. Litt., c'est-à-dire les pp. 195 et 196, retournons

se 4 . ] , Février J.-J. Aner, Le désespoir d'Amour, conte Achéménide (extrait d’une traduction inépar J.-J. Reda: Conserv. Litt., t.1, livrais. dite de l’Enéide) : /nterea fessos ventus cum vi, pp. 204-207. sole reliquil, etc... (livr. ur) ; cent-trente-

Asez Huco. Littérature espagnole: Juan Auaire vers (1) : Conserv. Lill., t. 1, livrais. Melendez, poesias estogidas : Conserv. Lite. !V Pp- 201-204, signé: V. d'Auverney: cf. t.1, livrais. vi, pp. 207-213 (A... V. Hugo raconté, t. 1. pp. 223-298 ; cf. Lycée

dans Litt. et Philos. mélées, à la p. 168 et aux pp. 169 et 170, à l’endroit même où tout à l'heure nous nous étions arrêtés. Après avoir enlevé le morceau dont nous venons de parler, V. Hugo a rapproché sans plus de façon les deux bouts en enlevant une toute petite liaison que dans sa première rédaction il avait cru utile.

Il n'a fait que deux changements, mais qui sont d'importance. Au bas de la p. 168 nous lisons : Si l’on admet que le style de Voltaire est un bon style. Cette phrase est absente du Conserv. Lite. A la fin de la p. 170 nous trouvons: £n pareil cas Corneille est sublime, il fait dire à Eurydice : Non, je ne pleure pas, Madame, mais je meurs. Dans le Conserv. Litt., V. Hugo faisait aussi allusion à une situation semblable à celle de Chysis, mais alors il ne remontait pas jusqu’à Corneille et Eurydice, il se contentait de citer une pièce dont il avait récemment rendu compte, les Vépres Siciliennes de C. Delavigne {Conserv. Litt., livrais. 1v, pp. 133-145). Du moins, disait-il alors, l’Amélie de M. Delavigne a le bon esprit de s'esquiver sans rien dire.

Cet article, on le voit, a subi des transformations tellement importantes qu'il est difficile de le reconstituer. M. Ed. Biré a fait remarquer (V. Hugo avant 1830, pp. 183-184) tout ce qu'il y a d’extraordinaire dans cette métamorphose. C’est volontairement que V. Hugo à mis dans Litt. et Philos. mélées un titre bien fait pour tromper le lecteur. Celui-ci, s’il n’a sous les yeux le Conserv. Litt., est porté à croire que ce plan de tragédie a été fait par V. Hugo, qui lui-même l’a d'ailleurs annoncé dans sa préface de 1834 (p. 8). V. Hugo a comanis là un plagiat, dit Ed. Biré (p. 184); pour nous, nous dirions volontiers une gaminerie et pourtant V. Hugo, à cette époque, avait dépassé la trentaine.

Peut-être au collège avait-il déjà étudié cette pièce, représentée le 16 juillet 1817, et en avait-il fait à ce moment un compte-rendu qu'il a reproduit plus tard dans le Conserv. Litt. Admettons même cela: ce n’est pas une excuse de sa conduite en 1834.

Pour rester dans son rôle d'auteur, V. Hugo omet dans la reproduction de son article toutes les épithètes louangeuses, toutes les citations, toutes les allusions à la pièce de Royou. Pourquoi a-t-il ajouté un jugement sur le style de Voltaire? On l’ignore. A-til voulu prouver une fois de plus son affection pour Voltaire ? C'était inutile, car les preuves déjà abondaient.

[1 a remplacé le nom de C. Delavigne par celui de Corneille. Rien d’étonnant car partout nous trouvons cette manière d'agir. Il a fait disparaître toute allusion à ses contemporains, disent les uns, toute allusion à ceux qui n'étaient plus ses amis, disent les autres. Les deux opinions sont plausibles : en tous cas le résultat est le même.

(4) Voici les changements que l’on a fait subir à trente-quatre vers :

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