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Mars
cf. Odes et Ballades, édition de l’Imprimerie Nationale, pp. 66-71.
Correspondance. À MM. les Rédacteurs du Trois chants de l’Iliade, traduits en vers Conservateur Littéraire, 2% lettre, Masse- français. suivis de quelques fragments, par vaux, 40 février 1820, par Publicola Petissot: A. Bignan (4). Conserv. Litt., t. 1, livrais. VII, Conserv. Lite., t.x, livrais. vu, pp. 262-269. pp. 255-262, signé V.; cf. Litt. et Philos. Voir au 12 février 1820. mélées, pp. 130-131 et 132.
(1) Cet article de V. Hugo est loin d’avoir été reproduit entièrement dans Lift. et Philos. mêlees : la partie que V. Hugo y a insérée a d'ailleurs été complètement transformée par des additions postérieures.
Voici le résumé de l’article du Conserv. Litt.: Bignan n'a pas osé mettre son ouvrage en un double in-octavo, trouvera-t-il plus de lecteurs pour avoir pris le format des almanachs et des chansonniers Ces derniers sont peu lus, ils sont obligés de relever l'intérêt par des phrases libérales. Le livre de M. Bignan sera l’objet de l'indifférence, mais l’auteur a eu raison de le publier : son exemple devrait être suivi « par tous les littérateurs qui ont d’épais volumes en portefeuille et de grosses répu- « tations en espérance, un extrait de leurs œuvres inédites suffirait pour mettre le public à même « d'apprécier leur talent. » (Conserv. Litt.. p. 256).
V. Hugo à donné plus tard à cette phrase une forme plus ronflante, car c'est elle à n’en point douter que nous retrouvons dans Litt. et Philos. mélées (p. 130) : « Il y a déjà dans la nouvelle géné- « ration née avec ce siècle des commencements de grands poètes. Attendez quelques années encore. »
En tous cas nous retrouvons la suite de la page 256 du Conserv. Litt., à la p. 130 de Litt. et Philos. mélées : « Les fils des dents du dragon, etc... » — La p. 131 n’est que la continuation de la p. 130 avec trois petits changements : {re ligne. une suppression : les grands poètes, «a dit un écrivain éloquent ; 4e ligne, une suppression : Homère, le fils aîné des Muses: 5e ligne, renommée remplace célébrité.
Mais dès le 4er alinéa de la p. 1392, croyez-moi, ne vous mélez pas à ces nains, nous ne retrouvons plus le texte du Conserv. Litt. Toute cette page, sauf les dernières lignes qui terminent l’article du Conserv. Litt., a été écrite en 1834.
Dans le Conserv. Litt. (p. 257), V. Hugo parlait de l’interminable légion des commentateurs imitateurs et traducteurs d’Homère : il serait facile de rire à leurs dépens et le plus ridicule de ces auteurs ne serait pas parmiles anciens, car il y avait des peines graves contre les plagiaires.
M. Bignan n’est pas exempt de cette manie de s’enrichir des dépouilles des devanciers. C’est un misérable défaut qui annonce presque toujours de l'impuissance. M. Bignan a emprunté à Lamotte, à Aignan des vers isolés, des tournures de phrase, des hémistiches. Il n’a pas eu l’audace de dérober des passages entiers, il n’est pas de l’Institut. Emprunter est un défaut dont la moindre conséquence est le ridicule.
V. Hugo reconnait à M. Bignan une versification riche et brillante, une flexibilité de talent nécessaire à un traducteur (p. 258). Il cite (pp. 258-259) de longs extraits et met en note les vers d’Aignan imités par Bignan.
Il continue ses citations (pp. 260-261), puis il résume ses critiques et ses éloges. M. Bignan n’a pas « cette simplicité majestueuse qui fait toute la pompe d'Homère. Son style a rarement cette cou- « leur antique, ces coupes pittoresques, ces tournures variées et faciles, que seules peuvent nous « rendre, avec quelque fidélité, les mâles beautés du plus magnifique des langages humains et les « sublimes inspirations du prince des poètes. La phrase poétique de M. Bignan est élégante sans « précision et vive sans rapidité. »
V. Hugo parle ensuite des vers rendus sonores par de vains cliquetis de mots, de l’absence de cette marche large et nombreuse sans laquelle il n’est point de véritable harmonie, des traits d’afféterie ou de néologisme, des bizarres alliances de mots, des phrases emphatiques et à effet. A l'appui de ses critiques il apporte des citations. Il est à remarquer que plus tard il introduira dans ses œuvres bien des vers dans le genre de ceux qu'il condamne chez Bignan.
Il termine enfin par un dernier alinéa (p. 162) que nous retrouvons dans Litt. et Philos. mélées à la fin de la p. 132 : « la simplicité d'Homère, etc...». Il a fait, en 1834, une addition : après Lamotte- Houdard en sécheresse nous trouvons Bitaubé, en fadaise (les œuvres de Bitaubé : traductions d'Homère, etc... publiées à Berlin, 1760 et 1786, n'ont été publiées en France qu’en 1824). Cette addition nous prouve que si, en 1820, V. Hugo ignorait Bitaubé, il a su se tenir au courant même des traductions d'Homère.
N.-B. — V. Hugo, dans cet article, parle, nous l'avons vu, de tous les littérateurs qui ont d’épais volumes en portefeuille et de grosses réputations en espérances. Ils devraient bien faire paraître un extrait de leurs œuvres inédites. Il ajoute: « Les fils des dents du dragon n'avaient pas besoin d’être entièrement « sortis de la terre pour qu'on reconnût en eux des guerriers. » (Conserv. Litt., & mars 1820, p. 256, Zaitt. et Philos. mêlées, p. 130). Il est permis de mettre en parallèle une phrase du Journal des Débats (3 janvier 1820, Variétés. Congrès de Carlsbad). Nous avons vu à propos de la première représentation des Comédiens de Cas. Delavigne (Conserv. Litt., 29 janvier 4820), que V. Hugo lisait attentivement ce journal.
Se) Rs
Mars
Compte-rendu dans la Quotidienne de la tragédie de Brifaut, Charles de Navarre, qui a dû inspirer V. Hugo pour son article du
N.-B. — Trois chants de l'Iliade, par À. Bignan, in-18, imprimerie Egron, Paris; Paris, Hubert. B. F., 11 décembre 1819, no 4292 (chants 1, 1x, xix,
Conserv. Litt.,t. 1, livrais. var, pp. 307-341 MECS MSC ENUNE SE Si
25 mars.
ABEL Huco, L'Orléanide, poème national en vingt-huit chants, par M. Lebrun des Charmettes : Conserv. Litt., t. 1, livrais. vir, pp. 247-255, 1er article (A.). Le % article est à la livrais. x, pp. 365-374, 15 Avril 1820.
N.-B. — Abel Hugo profite de cet article pour faire l'éloge de Soumet qui « semble s'être refugié <« dans le temple de la fondatrice des arts. » C'est la première mention de Soumet dans le Conserv. Litt., et elle est faite par Abel!
ABec Huco. Le cimetière de V..., nouvelle :
Conserv. Litt., t. 1, livrais. vu. pp. 270-274, (J.), 4 mars 1820. Cette nouvelle est probablement d’Abel Hugo. La suite se trouve à la livrais. x, pp. 386-393, 15 Avril 1820. LUS
Revue Littéraire. Charles de France, duc de Berri ou Sa Vie et sa mort par M..., ancien officier d'artillerie, avec celte épigraphe :
Les pleurs sur son cercueil tombent comme la pluie La douleur les répand ; mais l'espoir les essuie. (Segrais) (1).
Conserv. Lüitt. t. 1, livrais. vu, pp. 274-277, signé V.; cf. Lit. et Philos. mélées, pp. 81-84.
N.-B. — Charles de France, etc... par M...
In-8, imprimerie de Vigor-Renaudière, Paris; B. K., no 687, 26 février 1820.
Oraison funèbre de S. À. R. Myr le duc de Berri, fils de France, assassiné le 13 fé-
« Que de publicistes, disent les Débats, que de législateurs, que de tacticiens, que de financiers pul- « lulent sur cette terre labourée par le soc de la révolution. Les dents du dragon Thébain, semées par « Cadmus, n’ont pas produit plus de soldats. » Nous trouvons sinon les mêmes expressions du moins les mêmes idées. Le rapprochement est peut-être fortuit, mais il est piquant quand on se rappelle les reproches adressés par V. Hugo à Bignan pour les vers qu’il a empruntés à Lamotte et à Aignan, pour ces plagiate « dont la moindre conséquence est le ridicule. »
(1) En comparant le début de l’article dans le Conserv. Litt. (p. 274) et dans ZLitt. et Philos. mêlées (p. 81), on voit que malgré la note mise au bas de la p. 81 de Litt. et Philos. mélées, V. Hugo a modifié sensiblement son article. Les quatre premières lignes de Litt. et Philos. mélées sont ajoutées : c'était nécessaire, car Le lecteur, n'ayant plus sous les yeux le titre de l'ouvrage que V. Hugo avail critiqué, avait besoin d’être éclairé par une courte introduction. Mais pour le reste on comprend moins les transformations ; c’est à peine si dans la p. 81 de Litt. et Philos. mélées, on retrouve une phrase complète et quelques mots épars du Conserv. Litt.
Voici le début du Conserv. Litt. : nous soulignons les mots que l’on retrouve dans Lift. et Philos. mélées.
« Cet exposé, fronqué, inexact et mal écrit de la vie et des derniers moments du prince magna- « nime que nous pleurons, n’a d'autre titre à l’indulgence des lecteurs que la précipitation avec laquelle «il a dû être rédigé. 1 y avait dans les temples de l'antiquité, certains vases sacrés qui ne pou- « vaient être portés par des mains profanes ; il est, parmi les grandes scènes de l’histoire, tels tableaux « qui ne doivent être touchés par des pinceaux vulgaires. »
« Et en effet, où nos plumes les plus éioquentes iraient-elles chercher un sujet plus vaste et plus « fécond que cette vie pieuse et guerrière ec. »
Le reste de l’article a été reproduit on peut dire textuellement. Nous ne relevons que cinq variantes, ‘dont trois seulement méritent l’attention : Lift. et Philos. mélees, p. 83, ligne 20e, nos forces remplacent Les bornes et le genre de ce recueil. La correction était nécessaire. Page 84, ligne 7e, M. le due de Berry remplace #gr le duc de Berry; ligne 13e, royal remplace auguste.
ho.
Mars
vrier 1820, dédiée à MM. les dépulés des départements, par un jeune Séminariste avec cette épigraphe :
Madame se meurt! Madame est morte ! (1)
Conserv. Lite, t.1, livrais. vu, pp. 277-278, 4 mars 1820. Signé M.
N.-B. — Oraison funèbre, etc. In-8, imprimerie Renaudière, Paris, Plancher ; B. F.. n°0 745, 4 mars 1820. Le volume du jeune séminariste était nécessairement paru depuis quelques jours, sans quoi V. Hugo n'aurait pu en rendre compte. Note des Rédacteurs du Conservateur Littéraire (2) : Conserv. Litt.,t.1, livrais. VW, p. 280.
Conférence de Frayssinous à St-Sulpice : La religion, base nécessaire de toute morale et de tout gouvernement : cf. l’Ami de la Religion, 11 mars, n° 583, pp. 132-134.
Attaques contre Zord Ruthiwen ou les Vampires de Nodier : cf. Journal de Paris.
6 mars 1820.
Première représentation de Marie Stuart, de Lebrun.
Attaques contre Marie Stuart et la dépra- Lettre de V. Hugo à Adèle Foucher: cf. vation audacieuse des idées chez ceux qui Lettres à la fiancée, pp. 18-19. fréquentent le théâtre, c’est-à-dire contre le tre don MD Et le Roucherc a) Romantisme : cf. Drapeau blanc, T mars. # CSSS ne A D CE NREl
eltres à la fiancée, p. 19.
Lettre de Richelieu au comte Pradel, à propos de l'Ode de V. Hugo sur /a mort du duc de Berry: cf. Nouvelle Revue, article de Gabriel Vauthier, 15 mars 1909, p. 268.
Lettre de Neufchâteau à V. Hugo, accompagnée d’une lettre du duc de Richelieu annonçant gratification de 500 francs pour l'Ode sur la mort du duc de Berry: cf. G.
SIMON, L’Enfance de V. Hugo, pp. 220-221.
(1) Cet article de V. Hugo n'a pas été reproduit dans ses œuvres. Il commençait par citer quelques lignes de la brochure pour en critiquer les fautes contre la grammaire. Il parlait ensuite des fautes contre le bon sens et la bonne foi. Pour le jeune séminariste,
Louis XVI est un roi philosophe, le crime du 13 février, un crime isolé, commis par un fanatique de
vices. L'auteur insistait sur les motifs personnels qu'avait Louvel de tuer le duc de Berry, et V. Hugo alors de s'écrier : « Jusques à quand continuera-t-on d’insulter à la désolation publique ? » Le jeune séminariste, suivant V. Hugo, témoignait extérieurement son afliction par un luxe typographique de points de toute espèce, et le critique terminait ainsi : « Nous ne serons étonnés que d’une seule chose, « c’est qu'il ait dédié sa prétendue oraison funèbre à MM. les Députés des départements, et non aux « citoyens représentants du peuple. »
(2) V. Hugo a dû travailler à cette note dont il est peut être l’unique auteur. Les Rédacteurs tiennent à garder l’anonymat, pour rester rigoureusement impartiaux, pour éviter non les menaces mais les politesses des auteurs. « De cette manière, sans abjurer leurs opinions politiques et person- « nelles, ils espèrent se dégager plus aisément, dans l’appréciation des ouvrages... de toute influence « de parti et de toute opinion de coterie. » Ils n’ont pas voulu dans leur Prospectus faire leur éloge. « Is aiment à croire que d’autres écrivains l’auraient pu faire sans danger, mais pour eux, ils auraient « trop craint d’être démentis par le public. » Ils se déclarent d'ailleurs tous responsables des articles insérés dans le Conserv. Litt. Voués à la défense de Ja littérature, ils seront heureux de réussir et non moins heureux de voir leur tâche mieux remplie par d’autres.
Cette note est curieuse quand on considère que Victor et Abel composaient à eux d’eux toute la rédaction et que Victor assumait à lui seul la plus grosse part du travail.
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Mars
Article de Genoude dans le Conservateur sur les Méditations de Lamartine. Il en profite pour dire un mot de l’Ode de V. Hugo sur la mort du duc de Berry: cf. Conserv., t. vi, livrais. LxxvI, p. 513, 9 mars 1820.
Première édition des Méditations de Lamartine.
Entrefilet très aimable sur les Héditations de Lamartine dans le Journal de Paris.
Lettre d’'Adolphe Trébuchet aux frères Hugo. Gette lettre n’existe plus: elle marque le commencement des relations entre Adolphe Trébuchet et ses cousins. Son existence est révélée par la lettre de V. Hugo à Adolphe du 20 avril 4820 : cf. Figaro, 12 mai 1886.
Les Lettres Champenoïses (L. 1, livrais. 1v), pp. 449-150, ont un article de Mely-Janin sur les Classiques et les Romantiques. Il se tient dans un juste milieu.
Ode sur la mort du duc de Berry. In-8, Paris, Boucher, par V.-M. Hugo : cf. 4 mars.
Lettre de Richelieu au comte Pradel avec réponse du comte Pradel. Elle répète la demande faite au commencement de Mars :
cf. Vouvelle Revue, article de Gabriel Vauthier, 45 mars 1909, p. 269.
Article des Zettres Champenoises sur l’Ode de V. Hugo, la mort du duc de Berry: cf. Lettres Champenoiïses, t.x1, n° 5, p. 192.
Articles de Marie-Joseph Trébuchet sur La Annales du Musée et de l'Ecole moderne Tour d’'Oudon: cf. Journal de Nantes et de des Beaux-Arts; Salon de 1819, par C. P. la Loire-Inférieure, 22 mars et 9 avril. Landon, peintre de S. A. R. Mgr le duc de
Berri, membre de la Légion d'honneur, etc.
4 vol. composé des six premières livraisons (4) : Conserv. Litt., t. 1, livrais. vin, pp. 290- 293, signé M.
N.-B. — La vie livrais. des Annales du Musée est annoncée dans la vre livrais. du Conserv. Litt. Elle parut le 19 février 1820. B. F., n° 576.
(1) Cet article n’a pas été reproduit. Il commence par des attaques contre les doctrinaires et les libéraux. V. Hugo, nous dit-il lui-même, est distrait, quand il visite le salon, par les évènements qui se passent autour et auprès de lui. Aussi dans la visite qu'il fit au salon de 1819, il n’a vu que sept ou huit morceaux supérieurs, il a oublié le reste. Cette manière d'observer, dit-il, est vicieuse, mais elle est celle du peuple.
Il parle ensuite de quelques auteurs qui ont écrit sur le salon : Lettres à David, par Kératry au Courier : il se moque de Kératry parce qu'il est libéral et doctrinaire. I] en arrive à Landon, il le félicite de n'être pas amateur des sujets appelés nationaux par les indépendants. Landon censure peu, il aime à louer et à encourager. Il n’a pas traité assez rigoureusement l’auteur du Martyre d'Eudore et deux autres peintres qui ont puisé d'admirables scènes dans les Martyrs, mais les ont si mal rendues.
V. Hugo montre l'utilité de l'ouvrage de M. Landon. Les hommes du monde ÿ trouveront des jugements tout faits, ce qui est toujours agréable ; les gens de lettres, des aperçus fins, des rapprochements ingénieux et parfois même de bons avis. Landon se moque en effet de certaines pièces de vers modernes, dont le style plus niais que neiïf, annonce la prétention d’imiter le tour et l'expression de nos vieux poètes. Les poètes marotiques et les romanciers gaulois feront bien d'écouter M. Landon.
V. Hugo termine, comme il a commencé, par une note politique. M. Landon était le peintre du prince, qu’une épouvantable catastrophe vient d'enlever aux espérances de la nation, de cet illustre duc de Berri qui aimait les arts comme François [er, et les eût encouragés comme Louis XIV.
Avant le 25 Mars
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Mars
Lettre du comte Pradel à Richelieu. Il a donné des ordres pour qu’on remette 500 francs à V. Hugo: cf. Nouvelle Revue, article de Gabriel Vauthier, 15 mars 1909, p- 269.
Neufchâteau envoie à V. Hugo l’annonce de la gratification de 500 francs par une pièce de vers datée du 25 mars 1820: cf. Conserv.
Lite, t.x, Jivrais. x, pp. 363-364, 15 avril 1820 et E. Biré, V. Hugo avant 1830, pp. 173-174.
Les derniers Bardes : Conserv. Litt., t. 1, L'Ecole du Cavalier, poème didactique et livrais. vus, pp. 281-289, Voir au 5 juin 4819. ilitaire en trois chants, par le chef d’escadron Millet, chevalier de St-Louis, officier de la Légion d'honneur ; 2° édition, revue et corrigée. L'Art du Tour, poème en quatre chants, orné de gravures, par Charles Libois, avocat, (1): Conserv. Litt., t. x, livrais. vx, pp. 298- 307, signé V.
N.-B. — L'Ecole du Cavalier. In-18, imprimerie Rougeron, Paris; Paris, Dalibon. B. F., 411 mars 1820, n° 803.
La 1re édition, in-18, imprimerie d'Hautel ; Paris, Laurent Beaupré. B. F., 3 septembre 1813, n° 2440.
L'Art du Tour... In-8, imprimerie Didot,.
Paris; Paris, Didot, Delaunay et Hamelin quincaillier, rue de la Barillerie. B. F., 30 octobre 1819, n° 3793.
ABer Huco. La Massiliade ou la Gaule poétique, poème épique en douze chants, avec des notes, dédié au Roi, par Scipion Marin :
Conserv. Litt., t. x, livrais. vi, pp. 294- 298 (A.).
(1) V. Hugo a voulu rendre compte de ces deux ouvrages sans valeur pour mettre un peu de gaieté juvénile dans le Conserv. Litt. qui devait paraître bien sérieux aux jeunes auteurs qui le composaient et à ceux des lecteurs qui avaient pu percer leur incognito.
Cet article, mi-sérieux, mi-plaisant, est une œuvre de fine satire, de raillerie malicieuse. V. Hugo commence par un long début où il a mis beaucoup d'esprit avec beaucoup d'’érudition.
Après nous avoir dit qu’ « il y a deux manières d’exciter le rire : à force d’esprit ou à force de bêtises », car Molière par ses farces, Pixérécourt par ses mélodrames, Swift par ses bons mots, Poinsinet par ses niaiseries ont réussi à nous faire rire, il parle des différentes sortes de poèmes didactiques. Les uns, ceux de Pope et de Virgile, sont intéressants et beaux, parce que leurs auteurs avaient du génie, d’autres, ceux de Bernard et de Delille sont élégants et ennuyeux, leurs auteurs n’avaient qu'une espèce de talent, tous les autres enfin font rire, soit de pitié, soit de plaisir. L'Art Politique, la Gastronomie, l'Art de diner en ville et peut-être l'Ecole du Cavalier font rire de plaisir. La Géométrie mise en rimes, la Géographie mise en vers, trésor de niaiseries et de platitudes, font rire de pitié. Mais dans cette collection des produits de l’ineptie humaine, le premier rang appartient à l'Art du Tour, si celle palme glorieuse ne Jui est pas enlevée par l'Art du Relieur. V. Hugo préfère la gaieté qui naît du ridicule à celle qui naît de la plaisanterie.
V. Hugo relève dans l'Ecole du Cavalier de nombreuses négligences en fait de rime et de grammaire. L'auteur s’est laissé épouvanter par le vieux Vaugelas et le gothique Richelet : savant écuyer il n’est pas dispensé de connaître Lhomond et Restaut. Mais il le féhicite de quelques peintures vraies, originales, où 1l y a de l’élégance et de la précision : il en donne des preuves par de longues citations. M. Millet doit être plus ou moins libéral, car V. Hugo parle de la naïveté de certaines opinions. N'’a-t-il pas osé appeler Napoléon un héros, écrire une invocation à l’aigle impérial. V. Hugo lui rappelle que Napoléon est l'assassin du duc d'Enghien, et lui Millet, un soldat de la France.
Il écrase ensuite sous le ridicule M. Libois, l’auteur de l'Art du Tour, qui, nous dit-il, n’a pas voulu écrire un poème burlesque. V. Hugo, grâce à des citations habilement faites, nous montre, par une fine et mordante raillerie, tout le ridicule de cet ouvrage écrit « avec bonhomie et simplicité. »
V. Hugo termine en encourageant l’auteur à continuer. « La succession des productions littéraires « de M. Libois, pourra rappeler ces concours, qui, suivant Addisson, s’ouvrirent jadis dans les petites « villes d'Écosse, et où de bons villageois venaient tour à tour s’essayer sur les tréteaux à qui ferait la « plus laide grimace. »
Lu nos
Mars
Spectacles. Second théâtre français.
Charles de Navarre, tragédie en cinq actes, par Me Brifaut, (Are Consero. Lilt., 6 + Hivrais. var, pp. 307-311, signé H.
L'article est suivi d’une petite note sur Marie Stuart de Lebrun qui vient d'obtenir un grand succès. Au 2€ théâtre, échec de la Bourgeoise ambitieuse et des Fausses Apparences. Cette note est sûrement de V. Hugo.
N.-B. — Charles de Navarre, tragédie en cinq actes par M. Brifaut, représentée par les comédiens du Roi sur le 2e théâtre français, le mercredi 4er mars 1820. In-8, imprimerie Fain, Paris ; Paris, Ponthieu et Barba. B. F., 18 mars 1820, no 980 ; 2e édit. B. K., 3 juin 1820, no 2039.
(1) V. Hugo débute par un long préambule sur la nécessité de la présence d’une femme pour assurer le succès des tragédies du jour. Mais dans deux tragédies récentes les rôles des femmes n'ont apporté que des scènes parasites, des causeries insignifiantes, des longueurs et des ennuis. L’épouse de Clisson chez M Brifaut est tout aussi inutile.
Des considérations Heure contraignent les auteurs à céder à la vanité, à la coquetterie des artistes du beau sexe. Il serait temps de cesser de pareilles complaisances qui ont pour but de satisfaire une amoureuse ou une jeune-première. Que les auteurs lèvent l’étendard de la révolte : l'insurrection est un devoir.
V. Hugo, après ce début, résume rapidement le sujet de Ja pièce et passe ensuite à la critique : « Le style de M. Brifaut, bien quil manque parfois de propriété, de précision et de goût n’est dénué ni « d'élégance, ni d'harmonie, ni même d'une certaine énergie. » Il cite cinq ou six vers qui, dit-il, seraient applaudis en tous temps quoiqu'ils doivent surtout aux circonstances les bravos que leur prodigue le public.
NAT Vous avez tout détruit: mais qu'avez-vous fondé ?
Sauvons la liberté : mais gardons-nous du crime ! Laissons là les partis, ne voyons que la France. Deux vers expriment avec beaucoup de pompe et d'éclat une vérité trop méconnue, ajoute-t-il.
Lorsqu'un trône a tremblé dans sa base profonde, Il ébranle en tombant tous les trônes du monde.
Certainement ces citations sont choisies par V. Hugo et mettent bien en évidence ses préférences politiques comme certains reproches qu'il fait à M. Brifaut de répéter un peu trop souvent ces mots magiques : France, honneur, patrie, gloire. Si l'on ne savait que Bonapartistes et libéraux employaient ces mots magiques comme des cris de ralliement, on se demanderait pourquoi V. Hugo met tant d'ardeur à les proscrire.
Clisson, aux yeux de V. Hugo, est un froid et emphatique déclamateur rappelant sans cesse « sa « foi, son honneur, ses services. La vertu qui se vante n’est déjà plus la vertu, et le caractère d'un « homme perd en noblesse tout ce qu’il montre en orgueil. » Il félicite M. Brifaut d'avoir choisi un sujet national, mais il l’engage à le mieux choisir une autre fois et à le mieux traiter. « Dans Ja tragédie, « où iln’y a pas de caractères prononcés, il n'y a pas apparence de danger, parce que sur la scène les « évènements naissent des caractères. Où il n’y a pas de danger, il n’y a pas d'intérêt, Æinc subitae « mortes. Nous n’ajouterons pas avec le satirique: inc intestata senectus, parce que nous espérons « que le talent jeune encore de M. Brifaut, lèguera à la postérité des ouvrages meilleurs que Charles «de Navarre. »
N.-B. — On ne peut pas ne pas rapprocher de l'article de V. Hugo un article sans signature paru dans la Quotidienne du 4 mars 1820. L'auteur de cet article et V. Hugo parlent à peu près dans les mêmes termes de l'épouse de Clisson, dont le rôle est inutile, ils citent les mêmes vers, font les mêmes allusions aux libéraux du xixe siècle qui, se voyant mis à découvert par l’auteur, ont été mécontents et ont fait preuve d'hostilité contre lui. Il est aussi question, dans la Quotidienne, des mots Æonneur et Patrie gravés sur le poignard donné par Teligny à Clisson, et que V. Hugo appelle « mots magiques ». La Quotidienne porte un jugement semblable à celui de V. Hugo sur le style: « Le style de l’auteur n'est pas toujours irréprochable, mais il a de « la force et de l'élévation : on a remarqué beaucoup de vers qui ont cette tournure vive et énergique qui les
« grave dans la mémoire. » Au V. Hugo avait-il lu l’article de la Quotidienne ? C'est assez probable, mais tout en y puisant certaines idées, il a su rester original et leur donner un tour personnel.
1820 Mars
Dithyrambe sur l'assassinat de S. A. A. 25 Mgr le duc de Berri; par M. Tézénas de Montbrison, des Académies de Lyon, Marseille, etc.
Ode ou Chant funèbre sur la mort de S. A. R. Mgr le duc de Berri, par Lebrun des Charmettes.
La France royaliste aux manes de Mgr le duc de Berri, par A. J. C. St-Prosper, auteur de l’Observateur au xrxe siècle (1): Conserv. Lite. t. 1, livrais. vi, 25 mars 1820, pp. 317- 319. Signé U.
0 N.-B. — Dithyrambe, par M. Tézénas de Montbrison.… In-8, Imprimerie de Lanoé, Paris. Paris, Delaunay, Ponthieu, Beaucé, Audin : B. F., 11 mars 1820, n° 825.
Ode, par Lebrun. Rien à B. F.
La France Royaliste, par St-Prosper, in-8, imprimerie Le Normant. B. F., 18 mars, n° 963; de édit., le même jour, Paris, Pichard et Le Normant.
Lettre de V. Hugo à Adèle Foucher: cf. 28 Lettres à la Fiancée, pp. 20-21.
Avril Premiers Lettre d’Adèle Foucher à V. Hugo: cf. An- Lettre de Victor Hugo à Adèle Foucher : Premiers jours nales politiques et littéraires, 4février 4912, cf. Lettres à la Fiancée, p. 22. jours
pp. 109 et 110.
(4) V. Hugo n'a consacré que quelques lignes à ces trois ouvrages. La pièce de Tézénas, « inspirée « par une douleur sentie et une trop clairvoyante indignation, renferme des passages écrits avec feu «et verve.» L'énergie de Tézénas est parfois incorrecte, il réussit mieux dans les morceaux qui demandent grâce et douceur.
Lebrun des Charmettes doit se contenter de deux lignes qui ne nous disent point ce que V. Hugo pense de lui. « On retrouve dans cet ouvrage les qualités particulières du style de M. Lebrun des « Charmettes. » Est-ce un éloge, est-ce une critique ?
Saint-Prosper est mieux partagé. « Son opuscule, écrit avec une rapidité pleine d'énergie et d’ori- « ginalité, porte l'empreinte d’une douleur profonde et la fait passer dans l’âme du lecteur... Cette « nouvelle production de M. Saint-Prosper fait le plus grand honneur à ses sentiments comme roya- « liste et à son talent comme écrivain. »
V. Hugo, pour permettre à son lecteur d'apprécier les trois ouvrages, cite quelques vers de Tézénas et de Lebrun des Charmettes et une page de la prose de Saint-Prosper.
N.-B. — Cet article est suivi de trois petites notes qui sont probablement de V. Hugo: en tous cas, il a sûrement collaboré à leur rédaction.
La première parle de l'invitation faite à Chateaubriand « le noble vicomte » d'écrire la vie du duc de Berri.
La seconde parle de l’apparition prochaine de Zvan-Hoë de W. Scott.
La troisième est une réponse à l’article d’Agier, dans le Conservateur (15e Livraison). Les rédacteurs du Conserv. Litt. le remercient publiquement de ses éloges et de ses honorables encouragements. MM. Hugo, c'est-à-dire l’aîné et le plus jeune, ne sont pas les seuls rédacteurs du Conserv. Litt. : « IIS comptent plusieurs « collaborateurs dont les articles ne sont soumis, comme les leurs, qu'à la censure du conseil de rédaction « composé de la réunion de tous les rédacteurs. »
Avril
Eucèxe Huco. La mort du duc d'Enghien, Ode, couronnée en 1818 par l’Académie des Jeux-floraux, par M. Eugène Hugo: Conserv.
Litt.,t.1,livrais. 1x, pp. 321-327, 4er avril
Les Philippiques françaises, poème par M. Ed. Corbière : Conserv. Litt., t. 1, livrais. ix, pp. 337-341 (S.). Même observation qu’à la livrais. vi du 5 février pour la signature (S.).
L'Antre des Cyclopes (Extrait d’une traduction inédite de l’Enéïde).
Insula Sicanium juxta latus Aeoliamque
Erigitur Liparen, fumantibus ardua saxis, etc. (Lib. var).
Conserv. Litt., t.1,livrais. 1x, pp. 327-398, 4er Avril 1820. Signé V. d’Auverney ; cf. Lycée Armoricain, t.u, livrais. x, Décembre 18923.
(B. F., 27 décembre, n° 5889), pp. 429-430.
Signé V. Hugo; cf. V. Æugo raconté, t. x, pp. 232-234 ; cf. Odes et Ballades, édition de l’Imprimerie Nationale, pp. 394-395, avec cette date [Janvier] 1817.
N.-B. — Dans le Conserv. Litt., V. Hugo, aux vers quatorze, quinze et seize, avait personnifié l'Eclair, le Courroux, la Grêle, la Flamme, le Bruit, la Peur. Dans V. Hugo raconté, on a mis de petites initiales. C’est la seule différence entre les deux textes.
Vie privée de Voltaire et Mme du Chatelet, pendant un séjour de six mois à Cirey ; par l’auteur des Lettres péruviennes, suivie de cinquante épltres inédiles en vers et en prose de Voltaire (1). Conserv. Lite., t. x,
(4) V. Hugo n’a reproduit dans Zitf. et Philos. mélées, qu'une partie de l’article du Conserv. Litt. puisque sur neuf pages, cinq pages ont été négligées.
Avant d'étudier l'ouvrage lui-même, V. Hugo avait, dans un long préambule de quatre pages, étudié Voltaire et fait son éloge : ceci a été laissé de côté. Ce préambule est pourtant intéressant car il nous fait connaitre quelles idées V. Hugo avait de Voltaire au commencement de 1820.
« Nous allons, disait V. Hugo, entreprendre une tâche délicate et difficile. Nous oserons parler sans passion d’un homme qui a tantôt été décrié avec aveuglement, tantôt exalté avec mauvaise foi ; nous allons rendre justice à Voltaire, c’est-à-dire, lui payer notre tribut d’admiration ; et certes, il faut, comme nous, s'être résigné à dire la vérité tout entière, il nous faut avoir le courage de l'équité pour prendre aujourd'hui place parmi les partisans de cet illustre génie. Les rangs de ses apologistes ont été souillés par tant d'hommes, chargés de crimes et d’ignominie, la voix de ses défenseurs a été si souvent consacrée en même temps à défendre les atrocités et les infamies d’une foule de monstres, tout fiers de supposer Voltaire leur complice, que l’on ne doit pas s'étonner de nous voir hésiter au moment de témoigner en sa faveur; car il s’agit de faire chorus avec la révolution tout entière. A cette idée révoltante, et qui suffirait seule pour nous faire reculer, se joint encore le regret de nous séparer un moment de cette classe d'hommes honorables, qui ne se sont faits les antagonistes de Voltaire que par de respectables motifs. Certes, après tant de forfaits, d’anarchie et de longues calamités, il doit être permis d'être accusateur lorsqu'on a été victime : l’amertume est excusable dans l'infortune, la colère est un des droits du malheur et il y aurait mauvaise grâce à condamner en ceux qui voient dans Voltaire l'unique auteur de notre abominable révolution, quelque emportement dans leurs reproches et même quelque erreur dans leurs récriminations. Aujourd'hui, que nous avons par devers nous de si terribles expériences, Voltaire est Jugé bien sévèrement : il ne fut que léger, et il semble pervers ; il ne fut qu'imprudent, et il parait coupable. Ce fut un grand malheur pour cet homme, du reste si noble et si généreux, de naître dans un temps corrompu: les objets les plus sacrés et les plus augustes, les souverainetés politique et religieuse, les cultes et les trônes étaient journellement attaqués dans les causeries des gens du monde et les écrits des hommes de lettres. On voulait à toute force s'amuser, l’on s’amusait de tout; dans les salons de Ja bonne compagnie, on se moqua d’abord des nobles et des prêtres, et bientôt des rois et de Dieu. Pour comble de malheur, de grands scandales, d’étonnantes incrédulités semblaient justifier ces fatales railleries ; la noblesse avait ses philosophes, et le clergé ses esprits-forts. Au milieu de cette confusion générale, Voltaire ne sentit pas assez le respect qu'il se devait à lui-même et l'importance de sa propre opinion ; il crut pouvoir faire comme les autres; au torrent qui l’entrainait se joignirent encore des impulsions particulières ; ses sarcasmes furent dictés plutôt par un esprit de vengeance que par un esprit de révolte ou d'irréligion. Toutefois le chantre de Henri qui, dans tous ses ouvrages sérieux, respecta la vérité, ne se permit de mentir qu'en plaisantant ; il sembla adopter pour devise : ridendo dicere falsum, croyant peut-être qu’un paradoxe, soutenu en badinant, perdait tout son danger, et se fiant sans
sn
Avril
livrais. 1x, pp. 328-337, (V.), 4er Avril 4820; cf. Litt. et Philos. mélées, pp. 85-89.
Réflexions morales et politiques sur les
e avantages de la monarchie par Mme C. de AM... (deuxième article) (1): Conserv. Litt.,
« doute au vieux syllogisme ; fu ris, donc tu mens. Les évènements ont prouvé qu'il se trompait. « C’est ainsi qu’il a sa part dans les causes de nos désastres; il contribua, en riant, à la démoralisation « de son siècle ; et si sa gloire, ses immortels ouvrages, son prodigieux génie et surtout ses belles « actions ne rachetaient les erreurs de sa vie, il aurait à répondre, devant la postérité, de ses plaisan- « teries téméraires, et même des catastrophes qui, par une déplorable fatalité, en ont été jusqu'à un « certain point les épouvantables conséquences. »
Après ce jugement très curieux sur Voltaire, V. Hugo se lançait dans des questions moins élevées et à ses yeux plus pratiques. Il trouvait moyen de faire de la politique. Les libéraux, cette collection de niais, d'ignorants, de demi-savants, ont tort de le prendre pour un des leurs: Voltaire était royaliste. La démocratie, pour lui, c’est le gouvernement de la canaille, il a vanté l'aristocratie anglaise, il détestait le régicide, il ne serait pas partisan du crème isolé de Louvel, il n'aurait pas approuvé la loi athée le poète qui méritait le nom de cagot que lui donnait Diderot. Si Voltaire vivait de nos jours, dit V. Hugo, il exécrerait les hommes et les doctrines de la révolution. Il était essentiellement monarchique. Tous les philosophes, qui ont vu les saturnales républicaines, les ont condamnées après en avoir souffert : Rulhières, André de Chénier, Roucher et tant d’autres immolés sur l’échafaud, Raynal, Marmontel, Laharpe, Malesherbes.
V. Hugo résume enfin en quelques lignes son opinion sur Voltaire. « Nous conservons une haute « admiration pour sa grande âme, pour son vaste génie, et nous accordons un pardon facile à ses « fautes que nous sommes loin de rendre solidaires des attentats de nos sophistes et des forfaits de «nos démagogues. »
Nous retrouvons la suite de l’article dans Lit. et Philos. mélées (pp. 85-89), avec quelques petits changements.
Les deux premières lignes (p. 85) ont été ajoutées pour faire liaison. Au bas de la page 86 une dizaine de lignes ont été supprimées et remplacées par des elec... ete... Les voici: « On trouve dans l’apparte- «ment de Voltaire une foule de choses chères et recherchées, d’une propreté à baïser le par- « quet ; etc. etc. Nous le répétons, ces lettres n'avaient pas été écrites pour voir le jour. Que l’on « Joigne à cela les déclamations tranchantes et les divagations libérales dont l'éditeur s’est cru obligé « d'enrichir le texte dans ses notes presque toujours inutiles, on n’éprouvera certainement pas une « grande tentation d'ouvrir le livre. »
Dans la page 87, il y a quelques changements de style sans grande importance, mais il y a une addition intéressante à noter. A la 43e ligne, après à devotissimo Voltaire, V. Hugo, en 1834, a fait une traduction qu'il n’avait pas osée en 1820. En effet, on cherche en vain, dans le Conserv. Litt., la phrase : « Cela veut dire Le érès dévot ou le très dévoué, peut-être l’un et l’autre et à coup sûr ni l’un «nil'autre. »
A la page 88, au commencement du {er alinéa, au lieu de ces mots : « Le vieux suisse libre est bon « courtisan comme on voit, » on lisait plus simplement : « Cette lettre est digne du vieux suisse « libre. » Enfin, à la page 89, signalons encore une transformation. Après la citation, V. Hugo disait dans le Conserv. Litt. (p. 336) : « Il est probable que le malin Geoffroy n'aurait pas été si chaud « partisan de Mlle Rancourt, s'il avait connu cette pièce. » V. Hugo se met en scène dans Lift. et Philos. mélées : « De jolis vers sans doute. J'avoue pourtant que j'ai peu de sympathie pour cette « espèce de poésie. J'aime mieux Homère. » On ne sait ce que vient faire Homère en cette affaire.
La fin de l’article du Conserv. Litt. n’a pas été reproduite (Conserv. Litt. pp. 336-337). V. Hugo termine en souhaitant une 2e édition où l'éditeur supprimera des notes, grossira la collection des pièces inédites. Il y a partout des fragments et ouvrages inédits de Voltaire : le gouvernement devrait acquérir certains manuscrits. € Il se trouverait certainement dans cette multitude d’ouvragss des pro- « ductions qui ne pourraient que faire un grand mal dans ce temps d’impiété et de corruption : mais « on se garderait des éditions compactes et l’on se contenterait de publier ceux des écrits inédits du « PADEORRE de Ferney qui pourraient servir les intérêts de la littérature sans blesser ceux dela « morale. »
(1) L'article du Conserv. Litt. a été presque entièrement reproduit. Voici les quelques changements ou suppressions qu'on peut noter.
Litt. et Philos. mêlées, p. T0, ligne 18 : « Mme de M** se contente d’en chercher le principe... » V. Hugo avait écrit : « Mme de M** se contente, &@ l'exemple des philosophes anglais, d’en chercher « le principe... »
Page 72, lignes 20-23, on lit une phrase sur la théorie du climat de Montesquieu, espèce de fausse clef qui lui sert à crocheter les serrures de tous les problèmes de l’histoire. En 1820, V. Hugo devait
Avril
t. 1, livrais. 1x. pp. 341-350 (signé B.), 4 avril 4820; cf. ZLilt. et Philos. mélées, : pp. 70-80.
N.-B. — Le 4er article était paru dans le Conserv. Litt., le 29 janvier 1820, t. 1, livrais. 1v, pp. 145- Spectacles. Théâtre français. Marie Stuart, tragédie, par M. Lebrun (1). Conserv. Lité.,t.
ignorer cette théorie ear il avait mis simplement : « Peut-être aussi cela provient-il de ce que « dans le Nord, les hommes sont moins disposés à se Jaisser conduire. » (Conserv. Litt., p. 343).
Page T4, au commencement de la page, tout un paragraphe, plein d’éloges pour Mme de M*#*, a été supprimé. Le voici: « Au reste, tout ce chapitre de Mme de M** se fait lire avec beaucoup « d'intérêt, parce qu'il est nourri de faits, et c’est là la meilleure manière de raisonner: définir une « chose, c'est la montrer, dit une vieille chronique allemande ; d’ailleurs il est écrit avec une impar- « tialité qui charme et une modération bien exemplaire dans un sujet si fertile en allusions ; on y « reconnait déjà les qualités du style de Mme de M**, de la clarté, de Ja raison et souvent de l’esprit, « surtout de cet esprit qui n'appartient qu'aux femmes, et qui consiste à mettre de la grâce et de la « finesse jusque dans les détaiïis les plus usés. » (Conserv. Litt. p. 344). É
Page 77, au commencement du $ IV, on a supprimé une liaison sans importance.
Page 78, au commencement du $ V, on lit ces deux lignes : « Historiens ! historiens ! faiseurs « d’emphase ! Mes amis, n’y croyez pas. » Elles ne sont point dans le Conserv. Litt.; à leur place on lit: « Je trouve encore un passage où Mme de M** cite avec admiration cette conduite si souvent « citée du Sénat romain après la bataille de Cannes. Il n'y a pas de philosophe qui ne se soit extasié « sur cette conduite magnanime ; il n'y a pas un fils de bonne famille qui, dans son jeune temps, ne « lui ait consacré quelques phrases d'amplification ; moi-même, je l'admirerais peut-être encore, si les « évènements qui se sont passés sous nos yeux depuis vingt ans, ne m’avaient un peu dégoûté de cette « grandeur de Bulletin. » (Conserv, Litt., p. 348).
Page 70, les dernières lignes de l’article ont été supprimées. Le Conserv. Litt. (p. 350) terminait ainsi : « Jusqu'ici nous ne nous sommes occupés que des prolégomènes de l'ouvrage de Mme de M” ; « nous examinerons les opinions de cette dame sur la monarchie, dans un article suivant qui ne se « fera pas attendre si dame Arthritis nous le permet. »
Tous les critiques ont fait remarquer que parfois pour dérouter son lecteur V. Hugo se vieillissait à plaisir. Il faut croire que dame Arthritis ne lui a pas permis d’écrire un article à propos des opinions de Mme de M*** sur la monarchie: en tous cas on Je cherchera inutilement dans le Conserv. Lite.
(4) 10 Quelques lignes de Sainte-Beuve dans la Æevue des Deux-Mondes (Rev. des 2 Mond., t. 1, livrais. 11, pp. 250-251, 4831) soulèvent à propos de cet article une question intéressante. Sainte-Beuve prétend qu'Eugène Hugo écrivit dans le Conserv. Litt. de nombreux articles de critique, dans lesquels il juge les ouvrages et les drames nouveaux, articles qui, au jugement de Sainte-Beuve, respirentune conscience profonde et accusent un retour pénétrant sur lui-même, un souci comme effaré de l'avenir. I] lui attribue précisément la critique présente sur la Marie Stuart de Lebrun, et il cite tout au long les dernières lignes du Conserv. Litt., celles que nous trouvons au bas de la page 102 de Zitt. et Philos. mélées : « En général une chose nous a frappés, etc... »
Sainte-Beuve, en écrivant, avait sous les yeux le Conserv. Lit. Il y a trouvé sous la signature d'Eugène Hugo quelques poésies, ou pour mieux dire deux : Stances à Thaliarque (t. 1, livrais. mn, p. 84) et l'Ode sur la Mort du duc d’Enghien, couronnée en 1818 aux Jeux floraux ft. 1, livrais. 1x, pp. 321-326). Il avait pu lire récemment dans les Annales romantiques de 1831. [In-18, Paris, Imprim. Didot. Paris, L. Janet, B. F. 29 janvier 1831, n0 388 (pp. 50-54) avec cette note : « C'était un frère de M. V. Hugo qui devait nous donner un poète de plus »}, sous la signature de M. Eugène Hugo un morceau de prose, le Duel du Précipice, que le Conserv. Lité. avait jadis donné sous la signature E. (t. 1, livrais. v, pp. 165-168). Il a dû croire que tous les articles signés de cette initiale appartenaient à Eugène. Le Conserv. Litt. contient cinq autres articles signés de la même manière : quatre dans Île %e volume, sur André Chénier (t. 1, livrais. 1, pp. 15-23), sur l'Histoire de France de Vély (t.1, livrais. v, pp. 174-181), sur Clovis de Lemercier (t. 1, livrais. vi, pp. 217-228), sur Marie Stuart de Lebrun (t.1, livrais. 1x, pp. 350-362) ; un cinquième se trouve dans le 3e volume sur Jean de Bourgogne (L. 11, livrais. xxvir, pp. 274-279, 6 janv. 4821), mais ces cinq articles ne sont pas l'œuvre d'Éugène Hugo. Celui-ci ne fut qu'un collaborateur accidentel du Conserv. Litt.
La 8e livrais. p. 320, l’affirme : « Deux des MM. Hugo seulement, l'aîné et le plus jeune, « comptent parmi les rédacteurs. » V. Hugo a-t-il protesté dans l’intimité contre l'affirmation de Sainte- Beuve qui lui ravissait la paternité des articles que nous signalons, nous n’en savons rien. Avait-il lu, avant l'impression, l’article de Sainte-Beuve, ce n’est guère probable, car autrement, il aurait corrigé
Le mou =
Avrul
1, livrais. 1x, pp. 350-360, (signé E.), 197 Avril 1890 ; cf. Litt. et Philos. mélées, t. 1, pp. 95. 96, 97 (en partie seulement), 99, 100, 102 (la fin), et 103 ; cf. V. Hugo raconté, L. 1, pp. 447- 458, avec la date 1819.
N.-B. — Marie Stuart, par M. Lebrun, tragédie en cinq actes, représentée par les comédiens ordinaires du roi sur le Aer théâtre français le lundi 6 mars 1820. In-8, Imprimerie Didot, Paris. Paris, Ladvocat et Barba. B. F., 1er avril 1820, no 1096.
Frayssinous reprend ses conférences à St-Sulpice. Ce jour-là il parle sur la mort: cf. Drapeau blanc, 11 avril 14820.
Lettre de M. Pinaud à V. Hugo: cf. Odes et Ballades, édition de l’Imprimerie Nationale, pp: 40-541 et 545.
l'erreur de son ami. Quoiqu'il en soit, il a protesté à sa manière, il a inséré dans ZLift. et Philos. mélées des lambeaux des articles que Sainte-Beuve attribuait à son frère Eugène. Cette insertion tranche-t-elle définitivement la question et ces articles sont-ils bien de Victor ? Je le crois, car d’une part nous avons Ja note du Conserv. Litt. dont nous venons de parler et qui est catégorique, d’autre part Victor n'aurait pas osé ravir à son frère l'honneur d’avoir composé quelques articles enfouis dans une revue assez oubliée à l’époque. Il a toujours montré, dans sa correspondance, une affection sincère pour Eugène, il a même écrit ou fait écrire sur lui un article très élogieux dont nous parlerons lus loin.
Ë 20 Dans Litt. et Philos. mélées, V. Hugo n'a imprimé que quelques morceaux de son article du Conserv. Litt., c'est-à-dire toutes les idées générales, les théories qu’il avait émises à propos de Marie Stuart, mais il a négligé tout ce qui a un rapport direct avec la pièce. Puisque par ailleurs on a imprimé l'article entier dans V. Hugo raconté, nous n'indiquerons ici que les additions faites, dans Litt. et Philos. mélées, au texte primitif.
Le SI de ZLitt. et Philos. mélées (pp. 95-96) se trouve dans le Conserv. Litt. p. 350, mais la dernière ligne à propos de l'Allemagne «pays de penseurs profonds, attentifs, fixes » est de 1834. V. Hugo n avait pas osé, en 1820, faire un tel éloge des Allemands.
Le SII (p. 96) est dans le Conserv. Litt. (p. 351), sans changement, mais V. Hugo a intercalé, on ne sait trop pourquoi, après le SI, un $ IT qui n’est point de l’article sur Marie Stuart, mais appartient au t. 11, livrais. x1r, mai 1820, p. 78).
Le $K IV (p. 97) se retrouve dans le Conserv. Litt. (p. 352). I n’est d’ailleurs que le développement d’une idée déjà émise par V. Hugo à la 2e livrais. du Conserv. Litt. (p. 67), « l'amour au théâtre, « comme ailleurs, veut toujours la première place ». Il faut signaler ici encore comme intercalé le $ V que nous avons déjà vu (Conserv. Lité., t. 1. livrais. vi, février 1820, pp. 227-228).
Les $ VI et VII (pp. 99-100) se retrouvent dans le Conserv. Litt. (p. 356). A la page 100, il y a une petite suppression : «Il n'y avait que trois scènes à conserver de Marie Stuart, il fallait refaire le « reste et nous ne pensons pas que M. Lebrun en eùt été incapable. » Ce passage fut supprimé évidemment, parce que personnel, mais peut-être aussi, parce que contenant une critique un peu dure, que V. Hugo en 1834 n'aurait pas voulu formuler de cette manière.
Le SIX enfin (pp. 102-103) reproduit les dernières lignes de l'article du Conserv. Litt. (p. 362), mais que penser de la date qu'on y trouve : 27 avril 14819 ? Dans V. Hugo raconté on à voulu mettre aussi une date, et à la fin de l’article (p. 458) nous trouvons 1819.
Cette date dernière ne peut s'expliquer. Marie Stuart fut jouée le 6 mars 1820, elle fut imprimée fin mars, l’article de V. Hugo pris en son entier ne peut être que de mars 1820, puisque la livraison 9% du Conserv. Litt. parut en librairie le 4er avril. A la rigueur au contraire il est possible d’expliquer la date qu'on trouve dans Litt. et Philos. mélées. Le morceau qu'elle précède est un passepartout que l'on joint à tel article ou à tel autre, c'est une impression suggérée à V. Hugo par Marie Stuart, où par n'importe quelle pièce qu'il a vu jouer. Peut-être a-t-il écrit cette note le 27 avril 1819, et l'a-t-il ajoutée à son article de mars 1820. On me dira que c’est chercher à innocenter V. Hugo qui, on le sait assez, antidate ses écrits ; c’est vrai, mais quand une explication est plausible, pourquoi ne pas la donner; s’il est possible de le décharger un peu, pourquoi ne pas le faire !
30 Dans F. Hugo raconté, on s’attendrait à trouver en son entier et sans changement l’article sur Marie Stuart, il n’en est rien. Peu nombreuses sont, il est vrai, les suppressions ou les transformations, mais nous n’en voyons pas la nécessité.
Les pages 447-448 sont une reproduction exacte. À la page 449, à la 10e ligne, on à ajouté ces
ES e—
Avril
Deuxième édition des Méditations de Lamartine ; cf. Drapeau blanc, 12 avril.
Entrefilet des Lettres Normandes sur le Conserv. Litt.: « Le Mémoire de l'Académie « des ignorans continue de poursuivre, sans « abonnés, et sous l'égide du chevalier de « Fonvielle, son ignorant secrétaire, sa « course ignorante el ignorée. Le Mercure « Royal suit le même exemple. Le Conserv.
« Litt. ne le suit pas. »: cf. Lettres Normandes, t.x, lettre vrr, p. 272, 14 avril 4820.
Vers adressés le 25 mars 1820, à M. Victor- César passe le Rubicon.
Marie Hugo, par M le comte François de Neufchâteau de’ l'Académie française, ete. Jam gelidas cursu Cæsar superaverat Alpes, etc.
Conserv. Lite. t. 1, livrais. x, pp. 361-362. Dr AE A
mots : c'est la comédie peut-être ; à la 26e ligne, on a remplacé le mot grandeur par intérêt. Aux pages 450, 451, 452, aucun changement notable.
A la page 453, la fin du premier paragraphe a été transformée : on oublie le personnage pour ne plus s'occuper que de l'acteur remplace une expression plus réaliste et plus énergique : on oublie le personnage pour ne plus S'occuper que de la capacité de ses poumons. On a supprimé ensuite presque une page du Conserv. Litt., la page 355. Cette page est pourtant une appréciation très curieuse du genre classique et du genre romantique, des tragédies anglaises et allemandes.
« On disait autour de nous au théâtre que cette tragédie n’était pas du genre classique, mais du « genre romantique ; nous n'avons jamais compris cette distinction. Les pièces de Shakespeare et de « Schiller ne diffèrent des pièces de Corneille et de Racine qu'en ce qu'elles sont plus défectueuses. « C’est pour cela qu'on est obligé d'y employer plus de pompe scénique. La tragédie française méprise « ces accessoires parce qu'elle marche droit au cœur, et que le cœur haït les distractions ; la tragédie « allemande les recherche, parce qu’elle s'adresse souvent à l'esprit et plus souvent encore à tous les « sens. L'une présente un spectacle attachant, l’autre un tableau singulier. Dans l’une, tout concourt « au même but; dans l’autre, il n’y a point d'ensemble. Les Français veulent que l'intérêt se con- « centre sur quelques personnages ; les Anglais regardent la variété comme une qualité tragique. « Chez nous l'intérêt va toujours croissant; chez eux chaque scène en est réduite à son propre « intérêt ; et veut-on voir quelle différence il en résulte dans les effets ? Prenez le cinquième acte « d'une de nos tragédies et lisez-le séparément; souvent vous le trouverez faible et languissant; « lisez-le en le faisant précéder de tous les autres, vous n’aurez rien remarqué, seulement vous aurez « fondu en larmes.
« Mais les Allemands se contentent de leurs tragédies... cela prouve que les Allemands ont moins « de goût que nous, c’est-à-dire qu'ils raisonnent moins leurs sensations. Il suffit de la simple narration « des faits les plus bizarres et les plus invraisemblables pour émouvoir les enfants, parce que les « enfants n’ont pas la force de comparer leurs idées ; jai vu desenfants pleurer en lisant la Pucelle. »
La dernière phrase évidemment rappelle un souvenir vécu, souvenir personnel très probablement. Le paragraphe supprimé prouve qu’en 1820 V. Hugo n’aimait guère la tragédie allemande, et ne se génait pas pour le dire. Il a été moins audacieux plus tard, car la plupart des suppressions portent justement sur ce point. En voici une nouvelle preuve : à la page 454, ligne 142, on a corrigé une erreur d'impression en supprimant la phrase, mais cela supprime en même temps une critique des auteurs allemands. V. Hugo avait écrit dans le Conserv. Litt. : « lorsqu'ils ne pouvaient parler au cœur, ils « parlèrent aux yeux heureux : s'ils avaient su se renfermer dans de justes bornes. » Au lieu de faire disparaître les mots que nous venons de mettre en italique, il fallait changer simplement la ponctuation et écrire « … ils parlèrent aux yeux : heureux s'ils avaient su se renfermer dans de justes « bornes. » A la ligne suivante on lit : /a plupart des pièces allemandes. V. Hugo avait ajouté dans le Conserv. Litt., ou anglaises. e |
Enfin dans les pages 455, 456, 457, 458, on a fait des corrections de style qui ne changent en rien la physionomie de l'article, mais dont l'utilité ne nous paraît pas évidente.
(4) Dans V. Hugo raconté, nous ne trouvons que quelques petits changements sans importance.
Page 239, au vers 1%, au lieu de ces mots: Plus un pas, citoyens. on lisait dans le Conserv. Litt.: Jusqu'ici, citoyens. “: |
Page 240, au vers 12%, au lieu de : C'est un ennemi seul... on lisait: C’est ton ennemi seul. Au vers 266, au lieu de Coule en de beaux vallons..., il y avait dans le Conserv. Litt. Roule en de.
Page 241, vers 6e, au lieu de Suit au sein.., il y avait Guide au sein. Enfin au dernier vers, au lieu de Riminium, il y avait Riminum. ne
Mais l’épigraphe ou plutôt le 1er vers du morceau de la Pharsale, traduit par V. Hugo, a été mal
Avrul +
J.-J. Ann, Elégie, par M. J.-J. Reda :
Conserv. Litl.,t.1,livrais. x, p. 364.
Agez Huco. L’Orléanide, poème national en vingt-huit chants, par M. Lebrun des Charmettes: Conserv. Litl.,t. 1, livrais. x, pp. 365-374 (A.), 2e article. Le 1er article est
- du 4 mars 1820, livrais. var, pp. 247-255.
AgeL Huco. Le Cimetière de V.... nouvelle (suite et fin): Conserv. Lilt., t. 1, livrais. x, pp. 386-393 (J). Le commencement de cette nouvelle est du 4 mars, livrais. vu, pp. 270-
Berryana, par Saint-Prosper contient l’Ode
Conserv. Lite, t. 1, livrais. x, pp. 362-363, (V. d’Auverney), 15 avril 1820 : cf. V. Æugo raconte, t.1, pp. 239-241; cf. Odes el Ballades, édition de l'Imprimerie Nationale, pp. 408-409, avec cette date [Avril] 1817 et quelques notes et variantes tirées du manuscrit.
Imitation d'Owen (1): Conserv. Litt.,t, 1, livrais. x, p. 364, J. Sainte-Marie. Quatre vers :
Vous vous aimez avant tous,
Paul, vous n’aimez que vous-même ; Mais si vous n’aimez que vous,
Il n’est que vous qui vous aime.
de V. Hugo sur la mort du duc de Berry:
Voir au 4 mars.
Méditations poétiques, avec cette épigraphe : Ab Jove principium (Virg.), (2).
reproduit dans le Conserv. Litt. et encore plus mal dans V. Hugo raconté. C'est le vers 183e du chant 4er de la Pharsale: «Jam gelidas Cæsar cursu superaverat Alpes. » Or le Conserv. Litt. avait écrit : « Jam gelidas cursu Cæsar superaverat Alpes » et V. Hugo raconté a fait un gros contresens : « Jam gelidas cursu Cæsar imperaverat Alpes. »
(1) La signature J. Samre-Marie appartient évidemment à V. Hugo. Elle n’accompagne que deux morceaux de poésie, les quatre vers que nous venons de citer et une traduction d'Horace (Conser®. Litt. t. u, livrais. x, p. 43, 20 mai 1820) À Zydie. Or ces vers ont été reproduits dans V. Æugo raconté (t. 1, pp. 243-244) comme appartenant à V. Hugo. L'Imitation d'Owen est donc elle aussi l’œuvre de V. Hugo.
(2) V. Hugo a fait subir de notables changements à son article du Conserv. Litt.
Litt. et Philos. mêlées, p. 90, on a supprimé une note à la 2e ligne. Après le mot « hommes de lettres », V. Hugo avait expliqué son idée : « On n’a évidemment voulu désigner par cette expression, « que les prétendus hommes de lettres du jour. Le lecteur fera aisément les exceptions que la justice « demande, et qu'il est inutile d'indiquer. » — A la dernière ligne « les fureurs d’une faction » remplacent « les fureurs d’un factieux ».
Page 91, à la fin du premier paragraphe, V. Hugo a supprimé une attaque contre les poètes en vogue, c'est-à-dire contre les libéraux « semblables aux cordes de la lyre, dont le son varie quand le « temps change ». Il leur disait : « Que nous font vos vers, vos chants, vos hymnes ? Sont-ce là des « titres ? N’osez-vous pas renié le Dieu et brülé aux pieds de l’idole un encens impur comme elle ?... « Je ne suis pas clair, je le sais : mais vous devez m'en remercier, car vous devez m'entendre ; le sens « de mes paroles n'est pas obscur pour vous. Balthazar n’avait pas besoin que Daniel lui expliquât les « mots réprobateurs tracés par la main mystérieuse sur la muraille de son palais de Babyione. »
Au bas de la page 91. V. Hugo disait : « J’ouvris dernièrement un livre etj’y lus les vers suivants... » et il citait la Semaine Sainte en négligeant les strophes 4, 5, 6, 7, 8, c'est-à-dire les plus religieuses, disons le mot, les seules vraiment catholiques. Il ajoutait : « Ces vers m'étonnèrent d'abord, «ils me charmèrent ensuite. Ils sont dépouillés, à la vérité, de notre élégance mondaïne et de notre « grâce étudiée ; mais ils respirent une harmonie douce et grave; ils sont riches d'idées; et cette « richesse-là n’est pas d'emprunt. Plus loin je vis, sous le titre d’Invocation, les stances qui suivent... » et V. Hugo citait toute la pièce puis continuait ses éloges : « Il est difficile de rien voir de supérieur à « cette jolie pièce pour le charme de la pensée. Le véritable amour, l’amour triste et sérieux y est « exprimé avec une mollesse vague et expressive dont la suivante offre encore un modèle... » V. Hugo faisait alors une longue citation de la pièce Souvenir (9 strophes sur 18).
Nous ne trouvons donc point les trois premières lignes du $ III, p. 92 (Zitf. et Philos. mélées). Une partie de l'idée se retrouve dans ce que nous venons de donner, mais une partie seulement. À la 4e ligne, V. Hugo a simplifié ses éloges. « Je trouvai dans ces vers quelque chose d'André de Chénier », ne vaut pas évidemment l'expression du Conserv. Litt.: « Je trouvai dans ces vers si mélodieux et si « touchants, quelque chose d'André de Chénier. » A la 8e ligne, le mot fraîcheur remplace le mot variété.
Page 93, les deux premières lignes n’ont jamais appartenu à l’article du Conserv. Litt. Elles sont le commencement d'un article de V. Hugo sur A. de Vigny (Poèmes, Héléna, le Somnambule, la fille de Jephté, etc...) qui parut dans l’£foile du 24 mars 1829, et dont la fin se trouve dans Lift. et Philos. mélées, au bas de la page 159.
Au lieu de ces deux lignes, V. Hugo disait : « Dans un autre endroit du livre, je lus un dithyrambe « sur la Poésie sacrée, où le tableau de tout ce que renferme la Bible était terminé par cette strophe