V. Hugo raconte
Au nom des Dieux dont tu te ris Lydie, en ta folle tendresse, Veux-tu donc perdre Sybaris ?
Dans les liens où tu l’as pris Va-t-il consumer sa jeunesse ?
D'où vient que prenant en mépris Le champ de Mars et sa poussière, Il ne vient plus dans la carrière Guider ses coursiers aguerris ?
Sur son corps, jadis souple et libre, Pourquoi craint-il l'onde du Tibre,
Et d'oindre ses membres flétris
Du suc généreux de l’olive ;
Et dans sa noncholance oisive,
De fatiguer ses bras meurtris
Au poids de l’armure falisque ?
Pourquoi de la ffèche et du disque Laisse-t-il à d’autres le prix ?
Telle, à l'inquiétude en proie, Thétis, autrefois, à Scyros,
oi
Mai sières. (Signé S.). Conserv. Lite. &. 11, livrais. Conserv. Litt.t.u, livrais, x, p. 43 ; 29 XII, pp. 59-60. vers. Signé J. Sainte-Marie ; cf. V. Augo ra-
conté, t. 1, pp. 243-244 ; 26 vers, À Lydie. — Lydia, dic per omnes, Horace, livrais. 1, Ode vu ; Cf. les Odes et Ballades, édition de l’Imprimerie Nationale, p. 410. On y trouvera le texte du Conserv. Lite.
Liltéralure anglaise. Ivanhoë,ou le Retour du Croisé ; par Walter Scott (1): Conserv.
Loin des fatales tours de Troie Loin des funestes tours de Troie, Elevait un naissant héros, Dérobait le naissant héros
Qui jusqu’au pied de leurs murailles, Qui, jusqu’au pied de leurs murailles, Sur les Troyens anéantis, Sur les Troyens anéantis
Devait semer les funérailles : Devait semer les funérailles :
Es-tu donc une autre Thétis ? Es-tu donc une autre Thétis ?
(4) V. Hugo a reproduit à peine deux pages de son long article. En voici le résumé. W. Scott n'écrit plus sur des sujets et des souvenirs nationaux (Conserv. Litt., p. 45) mais son nouveau roman, Ivanhoë, a cependant du mérite et du succès. « Le talent est de tous les lieux comme de tous les «temps... le génie ne perd pas ses forces. comme Antée, en quittant la terre maternelle. »
La traduction que l’on vient de publier est négligée mais c’est un témoignage éclatant en faveur de W. Scott. « Si un ouvrage doit être regardé comme bon. c’est quand un mauvais traducteur n’a « point réussi à le rendre ennuyeux. » (Conserv. Litt., p. 46.)
V. Hugo parle ensuite des luttes nécessaires entre deux peuples habitant la même terre, dont l'un est vainqueur et l'autre vaincu, alors surtout qu'il y a inégalité de civilisation entre les deux nations ; dans le cas présent il s’agit des luttes entre les Saxons vaincus et les Normands vainqueurs. W. Scott a trouvé dans ces guerres une matière féconde: son nouveau roman est riche d’observations morales, il ne manque pas non plus de vérité dans les peintures locales et les détails historiques. (Conserv. Litt., pp. 46-47.)
Pour accroître encore l'originalité de la composition, une troisième race se présente naturellement au milieu des deux peuples : la race juive. « W. Scott a su tirer de l’aversion générale qu'elle inspi- « rait, une foule de scènes neuves qui tantôt amusent et tantôt intéressent. » (Conserv. Litt., p. 47.)
V. Hugo cite alors une page de W. Scott « tableau fidèle de la sorte d'hospitalité que l’on exer- « çait alors envers les Juifs. » (Conserv. Litt. p. 48).
Il a reproduit la page 49 dans Litt. et philos. mélées (pp. 50-51), mais il n’a pas manqué d'y faire quelques changements, suivant son habitude. Les cinq premières lignes de la page 50 (Litt. et Philos.mélées) reproduisent l’idée mais non l'expression du Conserv. Litt. (cf. les trois dernières lignes de la page 48). La note au bas de la page 30 (Litt. et Philos. mélées) a subi dans ses deux dernières lignes une transformation qui donne plus de vigueur à la phrase. Au lieu de ces mots : Juif complet. qui met l'expérience de l'usurier au service de la doctrine du rabbin, 1 y avait : le bon rabbin le savait peut-être par expérience. (Conserv. Litt., p. 50.)
Les deux premières lignes de la page 51 (Litt. et Philos. mélées) ont conservé l’idée mais non pas l'expression du Conserv. Lité. Celui-ci disait : « À l’exécration, dont les Israélites étaient l’objet, «se joignait encore dans toute la chrétienté le plus profond mépris. » I y a évidemment plus d'énergie dans Zitt. et Philos. môlées : « Voilà un échantillon de haine ; voici un échantillon de mépris. » Un peu plus loin, dans la même page, on a fait une suppression qui a son importance. Parlant de la conversion au judaïsme du professeur Rittangel de Kænigsberg et de Antoine. ministre chrétien à Genève, il écrivait qu'ils avaient enibrassé la loi mosaïque « par un inconcevable aveuglement » Ce jugement trop chrétien a disparu dans Lift. et Philos. mélées.
Enfin il a ajouté un paragraphe dont nous ne voyons point l’équivalent dans le Conserv. Litt. : « Aujourd’hui, il y a fort peu de juifs qui soient juifs, fort peu de chrétiens qui soient chrétiens. On «ne méprise plus, on ne haït plus. parce qu'on ne croit plus. Immense malheur ! Jérusalem et Salo- « mon, choses mortes ; Rome et Grégoire VII, choses mortes. Il y a Paris et Voltaire. » Tout ceci est certainement de 1834.
Dans le Conserv. Litt., V. Hugo continue en citant de longs fragments de W. Scott (cf. pp. 50 à 53). Pour terminer (cf. pp. 53-54) il parle de quelques critiques faites au roman. Malgré ce qu’on a pu dire, il aime le bouffon Wamba et ses plaisanteries parfois un peu bizarres ; il aime les tournois, les châteaux, les souterrains. les voleurs, ete. I] a trouvé un défaut plus grave: l'unité d'intérêt ne lui parait pas sauvegardé. L'attention se divise entre lady Rowena et la juive Rebecca, qui à certains moments parait être le personnage principal.
Enfin le dernier paragraphe du Conserv. Litt. se retrouve dans les quatre dernières lignes de la page 111 et les trois premières de Ja page 412 (Litt. et Philos. mélées). la citation commence par ces
Mai
Litt.t.u, livrais. xt, pp. 45-54. Signé V.;-
Litl. et Philos. mélées,t. 1, pp. 50-51, 111- 412;
N.-B. — lvanhoë ou le Retour du Croisé, par Walter Scott, roman traduit de l'anglais, par le traducteur des Contes de mon hôte, 4 vol. in-12. Imp. Cosson, Paris; Paris, H. Nicolle. B. F.: 8 avril 14820, n° 1250.
Bug-Jargal (Extrait d’un ouvrage inédit intitulé : Les Contes sous la tente) : Conserv. Late. t. 1, livrais. x1t, pp. 63-72, sans signature ; cf. V. Hugo raconté, t. 1, pp. 377-388. Il y a six ou sept corrections ou omissions de phrase sans importance.
Institut Royal de France. Séance publique annuelle des quatre Académies (24 Avril 1820) (1). Conserv. Lite. t. 1, livrais. x, pp. 72-74. (Signé M.).
Spectacles. Second théâtre français. Conradin et Frédéric, tragédie en cinq actes, par M. Liadières (14) : Conserv. Litt. t. xx, li-
mots : « On nous promet le Monastère.» Le mot faiseurs remplace écrivassiers ; j'en ai là une pile, remplace nous en avons sur notre bureau une pile...
V. Hugo a glissé sept ou huit lignes écrites en mai 1820, dans un article qui ne peut être que postérieur, et aux pages qu'il a ainsi arrangées, il a donné pour date : Avril 1820 !
(1) V. Hugo n’a reproduit nulle part ce compte-rendu académique. Il y a en effet peu de choses intéressantes à en citer. Il y a, au commencement, une longue page sur le dégoût qu'éprouvent pour les lettres les hommes de 1820. On aime mieux lire le bulletin des pairs ou l’ordre du jour des députés. V. Hugo, en passant, tient à montrer sa science de la littérature et à se moquer de M. Carrion de Nisas, le dithyrambique.
Il parle ensuite des discours, des lectures faites à l’Académie. La voix de l’un des orateurs était peu élevée, un autre a lu une dissertation un peu trop longue. Tout ce compte-rendu a été fait, je crois bien, en vue de la dernière lecture faite à l’Académie. M. Picard a lu, en effet, pour M. le Comte François de Neufchâteau, dont la santé ne lui permettait pas d'assister à la séance, une traduction, en vers, de divers fragments des poètes comiques grecs, qui fait partie de la Philosophie des Poètes, ouvrage auquel travaille M. de Neufchâteau. V. Hugo ne manque pas de signaler les savantes remarques qui accompagnent la traduction, et enfin la grâce et la facilité de celle-ci.
(1) De ce long article, V. Hugo a extrait quelques phrases qu'il a introduites avec des changements dans Litt. et Philos. mélées. Pour ne pas y revenir, citons immédiatement la première. Texte, du Conserv. Litt. (p: 78) : En un mot il (M. Liadières) invente des ressorts dramatiques et semble manquer de vigueur pour les faire jouer, semblable à cet artisan grec qui n'eut pas la force de tendre l'arc qu'il avait forgé. Voici maintenant le texte de Litt. et Philos. mélées (p. 97) : I y a des poètes qui inventent des ressorts dramatiques, et ne savent pas ou ne peuvent pas les faire jouer, semblables à cet artisan grec qui n'eut pas la force de tendre l'arc qu'il avait forgé.
Le reste de l’article, sauf une douzaine de lignes, n’a pas été reproduit : il renferme pourtant quelques idées ou théories intéressantes. Il débute par un long exposé de la pièce, exposé un peu aride qu'égaient çà et là des appréciations, des jugements, des critiques fines et mordantes (Conserv. Litt., pp. 74, 75, 16.) D CAT
V. Hugo a écrit ensuite un long paragraphe sur le plan de cette tragédie, sur la vérité historique et sur les règles. On en retrouve une partie dans Zitt. et Philos. mélées, p. 287, $ VI.
« Le plan... blesse souvent l'histoire et non moins souvent la vraisemblance; mais comme cette « invraisemblance n'existe que dans la nature même des concessions que l’auteur s’est faites, et non « dans la marche de l’action ou l’enchaînement des scènes, l'intérêt n’en est pas détruit. Les défauts « de cette tragédie ont cela d’ingénieux, qu'il faut pour en être choqué avoir lu l'histoire et connaitre « les règles ; le grand nombre des spectateurs s’en aperçoit peu, parce qu'il ne sait que sentir ; aussi « le grand nombre juge-t-il toujours bien. Et en effet, pourquoi trouver si mauvais qu'un auteur tra- « gique viole quelquefois l’histoire ? Si la licence n'est pas poussée trop loin, que m'importe la vérité « historique, pourvu que la vérité morale soit observée. Voulez-vous donc que l'on dise de l’histoire « ce qu'on a dit de la poétique d’Aristote: Æ£lle fait faire de bien mauvaises tragédies ? Soyez
Mai
Lettre d’Abel Hugo à Adolphe Trébuchet (inédite); cf. Appendice.
Abel parle d’un voyage qu'il projette en Vendée, et d’un voyage de sa mère et de ses frères à Nantes. Il se moque un peu de son frère Monsieur Eugène.
Lettre d’Abel Hugo à son oncle Trébuchet :
cf. Revue des aulographes, n° 153, mars 1893. Le sujet traité semble le même que dans la lettre du même jour à Adolphe Trébuchet ; cf. Catalogues Charavay. n° 228, on y signale la même lettre.
Le duc de Rohan reçoit les ordres mineurs à Saint-Sulpice ; cf. Journal de Paris, 28 mai, Quotidienne et Drapeau blanc, 29 maï.
Lettre d’Abel Hugo à Adolphe Trébuchet (inédite) : cf. Appendice. C’est une lettre de
condoléance à propos de la mort de la mère d’Adolphe.
vrais. xn, pp. 74-80 (Signé H.); cf. Litt. et Philos. mélées, p. 97, $ nr, et p. 287, $ vr.
N.-B. — Conradin et Frédéric, tragédie en 5 actes, par M. P. Ch. Liadières, capitaine au corps royal du génie, etc... représentée pour la première fois par les comédiens ordinaires du Roi, sur le 2e théâtre français, le samedi, 22 avril 1820. In-8. Imp. Didot, Paris. Paris, Barba. B. F., 27 mai 1820, n° 1884.
Lettre de V. Hugo à M. Pinaud : Correspondance 1815-1835, pp. 361-363.
Lettre de V. Hugo à Adolphe Trébuchet ; cf. Figaro, 12 mai 1886. -
Il n'y a qu'une mauvaise lecture sans impor-
. tance : partager le don avec vous, dit le Figaro ;
partager le don avec les donateurs, a écrit V. Hugo.
Lettre de V. Hugo à Adolphe Trébuchet ; cf. Figaro, 12 mai 1886 et Correspondance 1815-1835, pp. 1-8.
N.-B. — Dans la Correspondance 11 y a huit suppressions qui font disparaître au moins la moitié de la lettre. Dans le Figaro il y a trois erreurs de lecture : écrivais pour écrivis, le vide pour ce vide, reverrez pour verres.
Juin
Lettre de Marie-Joseph Trébuchet aux frères Hugo : L'existence de cette lettre est affirmée par une lettre de V. Hugo à Adolphe Trébuchet, 10 juillet 1820. (Voir à cette date).
Le Journal de Nantes et de la Loire- Inférieure contient un long extrait du Conserv. Litt. sur les Jeux floraux, puis une dizaine de lignes sur V. Hugo qui a eu précédemment plusieurs odes couronnées, qui à
Mélanges. Bug-Jargal (extrait d'un ouvrage inédit intitulé : les Contes sous la tente) Suite : Conserv. Litt. t.w, livrais. xni, pp. 99-107 ; cf. V. Hugo raconté, t. 1, pp. 388- 397. A la page 392, après le premier alinéa on a oublié une ligne : Un regret s'éleva en moi ; car je crus qu'il ne mourrait plus de ma main.
N.-B.— Nous donnons, tant pour cette livraison
« peintre fidèle de la nature et des caractères et non copiste servile de l’histoire. » (Conserv. Litt. p.71). Dans Litt. et Philos. mélées, on a ajouté (p. 287) à ce paragraphe une phrase, la dernière,
qui n'appartient point au Conserv. Litt.
. V. Hago conlinue en faisant remarquer que M. Liadières a su imaginer des situations théâtrales qu'il parait n'avoir pu développer. Il trouve aussi qu'à part deux caractères biens conçus et habilement
tracés, les autres sont ternes et pâles.
Le style offre peu de remarques à faire : la versification « a bien à peu près tout ce qui s’acquiert, « savoir : la correction et la clarté ; mais elle a bien peu de ces qualités qui ne s’acquièrent pas et « quil serait dur de désigner ici ». (Conserv. Litt. p. 79.)