V. Hugo raconté
Page 267. Vers 8 et 9 :
Pour moi, j'ignorais tout; moë, je l’'aimais sans crainte ; Et le sort vient d'apprendre à ce tyran jaloux . Conserv. Litt.
Pour moi, j'ignorais tout ef je l’aimais sans crainte ; Maïs le sort vient d'apprendre à ce tyran jaloux V. Hugo raconté.
Vers 17 :
Ces vers, pour qui ton {endre amour CGonserv. Lit.
Après le 49e vers, dix-neuf vers ont été supprimés par V. Hugo raconté : Non, mais depuis longtemps, distrait et taciturne, Mon trouble se lisait dans mes yeux indécis ; Je m'échappais dès l'aube, ou, promeneur nocturne, J'épouvantais ma mère en bravant ses récits, [Tantôt gai, fier, heureux, si j'avais par mon zèle Mérité ses simples faveurs ; Tantôt, sur un regard te croyant infidelle, Sombre, sous les arceaux de l’antique chapelle Je promenais mes pas rêveurs.] Mon père en souriait: « C’est son Dieu qui l'inspire ; « Son maître est, comme lui, sombre et gai tour à tour... » Hélas ! il oubliait qu'aussi, dans son délire, Si Pétrarque est roi de la lyre, Il est esclave de l'amour.
Ma mère, à son époux jetant un œil d'envie, Bénissait ce calme trompeur ; Muette, elle savait, dans sa tendre douleur, L'affreux mystère de ma vie Et le doux secret de mon cœur.
Page 268. Vers 2 et 3 :
Ces vers pour qui ton jeune amour V. Hugo raconté.
Ce qui fait les ennuis, où mon âme est en proie ; Ce qui cause le deuil dont mon âme est la proie ; Mon réveil fut suivi du pâle désespoir, Mon réveil fut celui du pâle désespoir, Conserv. Litt. V. Hugo raconté.
Vers 15 :
En quels lieux puis-je aller courir ? Sous quels cieux puis-je aller souffrir ?
Conserv. Lilt. V. Hugo raconté.
tes
Juin
Vers le 5 probablement. — Les Deux Ages. Premiers Idylle qui a concouru pour le prit ; par jours
M. V.-M. Hugo, de Besançon (1).
Aetatis cujusque notandi sunt tibi mores.
Hor. (Ars poetica, 156).
Mariage de Lamartine. liecueil des Jeux floraux, 1820, pp. XXXIVns On ne trouve pas à B. F. l'indication de apparition du Recueil en 1820, mais il a dû paraître à son ordinaire, c’est-à-dire vers le 5 juin ; cf. Conserv. Lil. 1, livrais. XX, 2 septembre 1820, pp. 369-371. V.-M. Hugo ; Odes et Poésies diverses par V.-M. Hugo. In- 48, Imp. Guiraudet; Paris, Pélicier. Tdylle, pp. 211-217 ; Annales romantiques, 1825. In- 48, Paris, Canel, pp. 264-266. Pas d’épigraphe. Signé: Victor-Hugo., B. K., 4er janvier 4825, n° 116. VF. Hugo raconté, t. 1, pp. 247-
Page 269. Vers 1 et 2 :
Emma, la mort est moins amère La mort, à mon Emma, m'eüt été moins amère Quand on meurt presque dans tes bras. De mourir presque dans tes bras. Conserv. Litt. V. Hugo raconté.
Vers 21 :
Fuyant Emma, redoutant de la suivre, Fuyant Emma, dont l'aspect seul m'enivre, Conserv. Litt. V. Hugo raconté.
Vers 24 :
Dans ce vain corps resterait pour souffrir. Dans sa prison resterait pour souffrir. Conserv. Litt. V. Hugo raconté.
Les six derniers vers de la page 269 (V. Hugo raconté) et les deux premiers de la p. 270 ont été laissés de côté par le Recueil des Jeux floraux.
Les cinq vers que nous avons mis entre crochets ne se trouvent pas dans le Aecueil des Jeux floraux, mais alors que les autres vers supprimés ont été remplacés par des points, ici nous ne trouvons aucune indication : on peut donc se demander s'ils n’ont pas été DONNE après coup au texte envoyé aux Jeux floraux.
Le texte de V. Hugo raconté est presque identique à celui des Odes et Poésies diverses de 1822. On a ajouté (pp. 264-265) vingt-six vers déjà supprimés par les Jeux floraux. Voici le premier et le dernier :
Les beaux jeu ils ont fui. Sais-tu ce ai il me reste ?
Demain aura tout oublié.
Toutes les corrections que nous avons indiquées avaient été failes dès 1822, sauf les vers 8 et 9 de la p. 267, les vers 2 et 3 de la p. 268. Pour ces quatre vers, le lexte du Conservateur Littéraire est identique à celui des Odes et Poésies diverses.
(1) Le texte des Annales romantiques et celui du Conserv. Litt. sont identiques. Le texte du Conserv. Litt. et celui du Recueil des Jeux ose ne différent que par un mot. Prenons le texte de V. Æugo raconté pour voir cette différence, p. 248, vers 21. Dans le Recueil des Jeux floraux on lisait: la sagesse eniee nes discours. Dans le Conserv. Litt. on lit déjà : la raison inspire mes discours. . Dans V. Jugo raconté on a supprimé cinq vers qui trouvent leur place au bas de la p. 247. Les voici :
Le vieillard : Redoute un sexe ingrat : mon fils, tu dois m'en croire. Vole plutôt au Pinde, illustrer ta mémoire.
Le jeune homme : Le Pinde et ses sentiers déjà me sont connus. Le vieillard : Apollon n'aime que la gloire.
Le jeune homme : Apollon ne haït pas Vénus.
On à fait de plus deux corrections : Dans V. Hugo raconté, p.248, vers 4er, on lil: Viens br iquer ; on lisait: Brique donc; au dernier vers de la même page : une vierge si belle remplace une vierge aussi belle.
Le texte du Conservateur Littéraire et celui des Odes et Poésies diverses sont identiques.
par l'Académie des Jeux floraux.
Juin
Moyse sur le Nil, ode, couronnée en 1820 249 ; Odes et Ballades, édition de l’Imprimerie Nationale, pp. 492-494.
En ce temps, la fille de Pharaon vint au Littérature française. Mémoires, Lettres et
fleuve pour se baigner, accompagnée de ses filles, Pièces authentiques touchant la Vie et la qui marchaient le long du bord de l’eau. Ex. Mort de S. A. . Mgr Charles-Ferdinand
Chan;
d'Artois, fils de France, duc de Berri; par Conserv. TRES (bas IT, livrais. XIV, PP- 191- M. le Vicomte de Chateaubriand (4) : Conserv.
124, V -M. Hugo. Litt.,t.n, livrais. x1v ; pp. 125-145, signé V.
(4) V. Hugo n’a jamais reproduit ce long article qui renferme d’abondantes citations, mais aussi,
au commencement, deux ou trois pages très intéressantes sur Chateaubriand, sur la légitimité, et la faction régicide. Nous les transcrivons simplement afin de ne pas déflorer les idées de V. Hugo.
« I esten Afrique une hydre (le Tenné) qui s'endort après avoir dévoré sa proie : on lui abandonne une viclime, et l'on profite de son engourdissement pour la tuer. Nous avons acheté bien cher le droit d'écraser l'hydre révolutionnaire (Conserv. Litt., p. 125), mais celle-la ne s'endort pas. Le treize février nous l’a prouvé.
« Il faut donc l’attaquer à force ouverte. Il faut anéantir la faction régicide. Sans doute’ le gouvernement remplira dignement la noble tâche qui lui est aujourd’hui confiée; mais c’est aux royalistes, c'est surtout aux écrivains monarchiques à le seconder. Jeunes ou vieux, obscurs ou
célèbres, qu'ils accourent ; on en est aux assassinats, le péril presse; qu'ils se rangent, qu'ils se:
serrent autour de ce trône que la Révolution s’attend tous les jours à voir crouler, parce qu'elle vient de lui donner pour base un tombeau.
« Elle a été longtemps à méditer ce crime : le dogme sacré de la légitimité l'embarrassait; la protection céleste, si évidemment étendue sur la maison royale de France, lui semblait inexplicable. Qu'a-t-elle fait ? elle a tranché ce nouveau nœud gordien d'un coup de poignard. La violence et la trahison, voilà tout le secret des succès révolutionnaires.
« La France s’est un moment crue perdue. Cependant tout espoir de perpétuité dans la race royale ne lui a pas été enlevé, et elle se rassure chaque jour davantage ; car il reste encore dans son sein de ces hommes qui sont des puissances contre les révolutions, et dont le génie peut suffire quelquefois pour arrêter la décomposition des empires. A la tête de ces Français privilégiés, nous aimons à placer M. le Vicomte de Chateaubriand. Dans cette époque de stérilité liltéraire et de monstruosités politiques, chaque ouvrage du noble pair est un bienfail pour les lettres, et, ce qui est bien plus encore, un service pour ia monarchie. On peut lui appliquer ce que Virgile a dit du sage jeté au milieu des agilations populaires :
1ste regit dictis animos et pectora mulcet.
« Ce magnifique triomphe est surtout réservé à l’admirable ouvrage qu'il vient de publier sur la vie et la mort de Mgr le duc de Berri. Ge livre a été une consolation publique : la France entière l’a lu et s’est sentie soulagée, quoiqu'il fût peut-être de nature à rendre sa perte plus amère en lui en faisant mieux connaître toute l'étendue. Cependant on éprouve tant de plaisir à voir un si beau monument élevé à la royale victime, que l'admiration, inspirée à la fois par le héros et par l'historien, efface presque tout sentiment pénible. M. de Chateaubriand réveille à la vérité un bien cruel souvenir ; mais ce‘souvenir a-t-il besoin d'être réveillé ? et doit-on se plaindre d’une main qui ne rouvre la blessure que pour verser du baume sur la plaie ?
« Tel est le pouvoir du génie : l'apparition de ces Mémoires a élé un évènement entre tous les évènements qui nous agitent. Depuis longtemps attendus, ils ont été en un moment enlevés et répandus par toute la France. A la gloire de l'auteur, l'enthousiasme, après les avoir lus, n’a pas été moins grand que l’impatience avant de les lire : l'ouvrage du plus illustre de nos écrivains s’est trouvé encore au-dessus de l’idée qu’on s’en était formée.
« Nous voudrions pouvoir louer dignement celui qui a si dignement loué notre infortuné duc de Berri : nous ferions ressortir cette richesse d'imagination, cette profondeur de sentiment, cette variété de style, cette prodigieuse propriété d'expressions, cette facilité, cette harmonie, cette négligence si gracieuse, cette naïveté de génie (si l’on peut s'exprimer ainsi) dans les particularités sur l'enfance et la vie privée du Prince, et cette énergie d’une âme fortement indignée dans les détails sur son exil et sur sa mort. Nous nous plairions, aujourd'hui que M. de Chateaubriand s’est placé si haut dans la sphère littéraire et politique, aujourd’hui que la calomnie même et l'esprit de parti se taisent devant sa gloire sous peine de ridicule, à revenir sur les obstacles que ce grand écrivain a rencontrés en entrant dans la carrière ; nous aimerions à triompher pour lui des outrages qu'il a dûs à la beauté de son génie et des persécutions que lui a suscitées la noblesse de son caractère : mais l’auteur des Martyrs n'a pas besoin de nos éloges ; et si d’ineptes critiques l'ont abreuvé de dégoûts dans ses premiers efforts, il a reçu pour dédommagement l'admiration contemporaine, qui lui répond de celle de la postérité. Nous remplirons donc ces feuillets par de nombreux passages de la production extraordinaire que nous avons sous les yeux : elle a été lue de tout le monde; n'im-
Juin
Mélanges. Bug-Jargal (extrait d’un ouvrage inédit intitulé: Les Contes sous la tente), Suite: Conserv. Litt., t. 11, livrais. x1V, pp. 150-159; V. Hugo raconté, t. 1, pp. 397-409.
Nota. — Trois ou quatre changements sans importance et une suppression, p. 400, après le 2e alinéa : Henri sourit, mais n'osa interrompre Delmar par son épiphonème ordinaire.
Prose. La mort du Vendéen par L. Th. P.
(Li. Th. Pélicier) 2 Conserp, “Lit. te nr, livrais. x1v, pp. 124-125.
Spectacles. Théâtre français. Démétrius, tragédie en cinq actes, par M. Delrieu (1) :
Conserv. Litt., t. u, livrais. xiv, pp. 160- 165 (H.).
« porte ! ce sera une occasion de la relire : et qui s'en plaindra ? Nous serons forcés de mêler de «temps en temps notre prose à ces citations; mais elle servira seulement à joindre les diverses « parties de notre extrait, comme l’alliage dans l'or. » (Conserv. Litt., pp. 126-128.)
Après cette longue citation nous ne ferons qu'une réflexion. V. Hugo dit qu'il est à une époque de stérilité littéraire et de monstruosités politiques. Cette pensée, il l'a développée plus tard, transformée, arrangée et il l’a mise dans Lift. et Philos. mélées, p. 111, sous la date d’avril 1820. Cette page est certaiuement postérieure à l’article qui nous occupe.
Nous ne donnerons pas le resté de l’article, ni les citations faites par V. Hugo qui avec beaucoup d’art y mêle sa prose, tantôt pour dire que « le début de la première partie (de l'ouvrage) est majes- « tueux et rapide » (Conserv. Litt. p. 198), tantôt pour rappeler le passage de la Loire dans la célèbre notice de Chateaubriand sur la Vendée. Le tableau du licenciement de l’armée de Condé « arrache les « larmes : c’est le propre des hommes fortement émus d’émouvoir fortement les autres. Au reste il « n’est pas une page dans cet écrit qui ne décèle dans son auteur l’âme la plus noble et la plus élevée, « cette Âme passionnée pour tous les genres de gloire qui s’est peinte en ce seul mot : J'aurais voulu « vivre avec Périclès et mourir avec Léonidas (Itinéraire de Paris à Jérusalem). Cf. Conserv. Lilt., « pp. 132-133.
Citons encore quelques réflexions de V. Hugo sur la correspondance du duc de Berri avec la petite-fille du roi des Deux-Siciles avant leur mariage, correspondance « où se peignent dans toute « leur pureté ces deux belles âmes, ces deux nobles cœurs, si tôt et si cruellement séparés. On lit ces « lettres charmantes avec une sorte de plaisir religieux, et ce n’est pas sans une certaine crainte res- « pectueuse que l'on viole, pour ainsi dire, le secret de tant de vertus. Cette publication est un vrai « service rendu à la cause royale. Aux siècles antiques. dans les temps de calamités publiques, on « déchirait dans les temples le voile qui cachait le sanctuaire, afin que le peuple pût voir de plus près « ses dieux. » (Conserv. Litt., p. 137.)
Voici la conclusion de l’article de V. Hugo : « Dans cet écrit, l'homme d'état et l'écrivain « brillent avec une égale supériorité, et c’est une chose consolante, dans ce temps de sophismes, que la politique de M. de Chateaubriand, toute généreuse, soit en même temps si juste et si forte de « raison. M. de Chateaubriand parle, pense, et écrit avec son âme : voilà pourquoi il n’y a pas dans « ses Mémoires une seule ligne qu’un lecteur français voulüt retrancher. Pour nous, nous avouerons « naïvement qu après la première émotion causée par cette lecture, nous avons cherché si l'ouvrage «ne pourrait pas donner malière à quelques criliques, espérant par là donner même plus de poids à « nos éloges. La critique est aisée et l’art est difficile, a-t-on dit: nous avons reconnu que cette « maxime tant de fois citée était ici en défaut ; car si l’art qui a dicté ces Mémoires, est certes diffi- « cile, il nous est démontré qu'une critique fondée de ce bel ouvrage ne le serait pas moins. » (Conserv. Litt., pp. 144-145.)
(1) Gette critique théâtrale n’a été reproduite nulle part dans les œuvres de V. Hugo. On le comprend facilement. À part quelques appréciations, l’article est un long résumé de la pièce.
Notons ce jugement : « Peu d'ouvrages renferment autant de reconnaissances que la tragédie « nouvelle ; ce moyen. vraiment épique, quand il est habilement employé, y devient presque ridicule « par l’abus qui en a été fait. » (Conserv. Litt., pp. 160-1614.)
Citons encore la conclusion : « Quelques situations tragiques et plusieurs vers, dignes d’un meilleur « ouvrage, ne peuvent racheler les défauts d’un pareil plan. Les caractères, plutôt esquissés que peints, «sont de pâles copies d'originaux fameux. Laodice rappelle Cléopâtre, dans Rodogune ; Slratonice « ressemble à Zénobie; Antiochus, au frère de Nicomède ; Héliodore, à Egisthe dans Oreste. Le seul « caractère de Nicanor, dont la conception appartient à M. Delrieu, est bien tracé et bien soutenu.
« Le style de Démétrius a de la noblesse et de la correction, il est quelquefois tragique ; mais il « manque gén(ralement de poésie. Si M. Delrien n'avait fait représenter cet ouvrage il y a longtemps