‹ Bio-bibliographie de Victor Hugo: de 1802 à 1825Chapitre 29 sur 106 · S 9 RO RO RO · texte numérisé non relu

S 9 RO RO RO

Le camp voyageur du Numide T'accueillit errant sur ce bord Qu'ombrage au loin la Pyramide Tente immobile de la mort.

Variante de M. Barthou.

4 Accueillit tes pas voyageurs ;

5 Tu vis encor ces lieux augustes 6 Où mourut le premier des Justes, 7 Sauveur des profanes huinains,

Variante de l'édition de l’'Imprimerie Nationale. Pour les trois derniers vers du texte du Conserv. Litt., nous possédons, grâce à M. Barthou, au

moins six variantes :

Et là des larmes arrosée La muse de Job et d'Osée T'enseigna ses secrets divins.

Et près de sa tombe muette La sainte muse du prophète T'enseigna. MERE

Et près de sa tombe éternelle La muse sainte et solennelle T'enseigna. M dc

Et sur sa tombe délaissée d’Amos et d'Osée

La muse Elie et d'Osée

T'enseigna ses secrets divins.

Et dans ces paisibles retraites La sainte muse du prophète T'enseigna. RAT en ASE

Et près de sa tombe adorée

La muse, éternelle et sacrée T'enseigna.

Août

Correspondance. À MM. les Rédacteurs Beaux-Arts. Exposition des morceaux de du Conservateur Littéraire : Conserv. Litt., concours pour le grand prix de peinture. t. m1, livrais. xvin, pp. 325-356. (P.-S.-F. Portrait de Mgr le duc de Berri ; par M. Géd’Arboy). : rard (1).

Conserv. Litt.,t. x, livrais. xvixr, pp. 296- 299 (M).

Pour la 116 strophe, MM. Barthou et G. Simon ont donné de nombreuses variantes. Nous allons transcrire d’abord le texte de l'édition ne varietur avec en regard une de ces variantes.

1 Enfin, au foyer de tes pères, À Enfin, au foyer de tes pères, 2 Tu vins, rapportant pour trésor 2 Tu revins, fatigué du sort; 3 Tes maux aux rives étrangères 3 L'absence, aux rives étrangères, 4 Et les hautes leçons du sort. 4 T'avait rendu plus grand encor. 3 Ton grand cœur, tes nobles misères 4 Te restaient pour dernier trésor.

5 Tu déposas ta douce lyre. 5 Dès lors, laissant ta douce lyre, 6 Dès lors, la raison qui l'inspire 6 De la sagesse qui t’inspire 7 Au Sénat parla par ta voix ; 7 Le Sénat entendit la voix ; 8 Et la liberté rassurée 8 Et la liberté, sage et fière, 9 Confia sa cause sacrée 9 Confia sa chaste bannière 10 A ton bras, défenseur des rois. 10 A ton bras, défenseur des rois. Les trois derniers vers de la strophe présentent trois autres variantes : 8 Et la liberté, chaste et sage, 8 Et Ja liberté profanée 9 Vint fuir un culte qui l’outrage 9 S’enfuit, longtemps abandonnée, 10 Dans tes bras, défenseurs des rois. 9 S’enfuit, tremblante et consternée,

10 Dans tes bras, défenseurs des rois.

8 Et la liberté rassurée

9 Commit sa cause vénérée 10 À ton bras, défenseur des rois.

Il faut enfin signaler une dernière variante des six derniers vers, variante toute différente de celles que nous venons d'indiquer :

5 Le Rhône, au jour cachant son onde, 6 Au sein de la terre profonde 7 Plonge ses flots tumultueux ; 8 Puis, échappé des sombres plages, 9 11 reparaît sur nos rivages, 10 Plus vaste et plus majestueux.

À la 12e strophe, trois vers seulement ont une variante.

6 Sers ton prince, éclaire la France, Sers ton prince, défends la France,

8 L’Anarchie, altière et servile, L’Anarchie, affreuse chimère,

9 Pâlit devant ton front tranquille Pâlit devant ton front sévère,

7 7" ‘Edition NE vaerur © | Edition de l'Imprim, Nationale.

Dans la 43e et dernière strophe, les cinq derniers vers ont subi quelques changements :

Tel l'oiseau du Cap des Tempèêtes Tel l'oiseau du cap des tempêtes

Voit des nuages sur nos têtes Voit les nuages sur nos têtes

Rouler l’amas séditieux ; Rouler leurs flots séditieux ;

Pour lui, loin du bruit de la terre, Pour lui, loin des bruits de la terre,

Bercé sur son aile légère, Bercé par son vol solitaire,

Il plane et s'endort dans les cieux (”). Il va s'endormir dans les cieux !

Conserv. Litt. Odes et Ballades.

L'édition de l'Imprimerie Nationale signale deux variantes pour les vers 6 et 7 :

Voit d’en haut, planant sur nos têtes, Nos soins, nos débats furieux ;

(4) V. Hugo n’a pas reproduit cet article. Il profite du sujet donné au concours (Achille, aux jeux funèbres célébrés en l'honneur de Patrocle, donnant à Nestor le prix de la sagesse) pour parler littérature. Il prétend que le sujet est plutôt dans Mme Dacier que dans Homère; il critique avec une grande finesse de doigté Mme Dacier. Il passe ensuite en revue les tableaux qui ont obtenu des récompenses, mais il a surtout remarqué un tableau que les juges n’ont point couronné. C’est « une « composition bizarre, sans grâce, sans noblesse, sans goùt, sans harmonie, sans élégance et où « brillait toutefois un beau talent. Nestor ressemblait... à un vieux berger, sorcier de village... Achille « rappelait... un campagnard querelleur... Ulysse avait l’air d’un chef de voleurs... ajoutez à cela la

() L’Albatros dort en volant.

Ce

Août

Cette lettre parle de l’élégie, Un banni, élégie un peu longue « de notre jeune et brillant collalaborateur, M. V.-M. Hugo ». L'auteur indique une élégie allemande ayant beaucoup de ressemblance avec Raymond d’Ascoli.

Variétés. Nouvelles littéraires,etc...: Conserv. Litt.,t.ur, livrais. xvnr, pp. 327-328.

V. Hugo a dû y collaborer, car ces variétés renferment une longue note sur Gil-Blas, Llorente, Neufchâteau, une autre note sur les Lettres Champenoises et Lamartine dont la mort a été heureusement démentie.

Eloge de l’ode de V. Hugo sur le Génie, par Trébuchet. Il en donne des extraits (cinquante vers), il recommande le Conservateur Littéraire; cf. Journal de Nantes et de la Loire- Inférieure, 9 août 1820.

Spectacles. Académie royale de Musique.

Aspasie et Périclès, opéra en un acte; paroles de M. Viennet, musique de M. Daussaigne, ballets de M. Gardel.

Second théâtre français. Une promenade dans Paris, ou de Près et de Loin, comédie en cinq actes et en prose (1).

Conserv. Litt., t.n, livrais. xvin, pp. 310- 314 (H).

N.-B. — Aspasie et Périclès, représentée. le 47 juillet 1820. In-8, imp. Vve Porthmann, Paris. Paris chez Vente. B. F., 29 juillet 4820, n° 2757. . Une promenade dans Paris n’a pas dû être imprimée.

Collège Royal de France. Clôture du cours de poésie latine, par M. Tissot (2).

Poësie. À M. A.-J. Carbonel, élégie : Conserv. Lilt., t. 11, livrais. x1Ix, pp. 330-331. Signé : De Labouïsse.

Conserv. Litl., t. u, livrais. xvin, pp. 321- 325 (V).

« foule des Grecs, dont les physionomies prodigieusement variées, paraissaient des copies adoucies « des têtes des démons dans la tentation de saint Antoine... cependant à ces défauts se mélaient des « beautés réelles. Les formes étaient âpres, mais bien étudiées; les têtes ignobles, mais fortement « caractérisées ; l'ensemble offrait quelque chose de sauvage et de nouveau. Placez la scène non chez « les Grecs, mais chez les Sarmates ou les Wisigoths, le tableau était frappant de vérité. » V. Hugo, en écrivant cette page, pensait-il à Han d'Islande ? On le dirait en vérité.

Le portrait du duc de Berri par Gérard lui permet de parler de «la peinture vivante qu'a tracée « du prince que nous pleurons le premier de nos écrivains... Nous ne nous étendrons pas beaucoup «sur cet ouvrage dont la vue nous a vivement émus; nous pourrions déraisonner comme bien d’autres « sur ses défauts et ses beautés ; mais nous ne nous en sentons pas le courage. Nous l’admirons à « tort et à travers, comme Henri IV aimait Crillon. »

(1) V. Hugo résume le sujet d’Aspasie et de Périclès. Il ajoute : « le spectacle a de l'éclat; les scènes « sont liées avec assez d'art et le style ne manque pas d'élégance ». Il cite un long fragment sur lequel il porte ce jugement : « Il y a du naturel et de la grâce dans ces vers, où l’on voudrait toutefois « effacer quelques expressions impropres. »

Une promenade dans Paris a subi une chute complète. Le public n’a voulu entendre que les deux premiers actes, ce fait dispense V. Hugo de faire l'analyse de la pièce. Il en porte le jugement suivant : « trivialité et incorrection du style, défaut absolu de naturel dans les caractères et les per- « sonnages, incohérence des scènes, mauvais goût du dialogue, invraisemblance et faiblesse de l’action, « absence de comique... »

V. Hugo, un peu contre son habitude, adresse ensuite des éloges aux acteurs : Samson, Lafargue, Mile Claire, Duparai.

L'auteur d'Une promenade dans Paris est incertain. Le Conserv. Litt., avait nommé M. Malmontey : les journaux l’ont répété après lui avec force jeux de mots et calembourgs.

V. Hugo termine par une observation sur la salle même de l’Odéon. Sur la balustrade du balcon, Crébillon est placé avant Voltaire. « Ce contre-sens absurde doit-il être imputé à la chronologie ou au « goût exquis des décorateurs ? Voltaire aurait-il encore droit de dire de nos jours :

On m'ose préférer Crébillon le barbare !

« Hélas ! on fait plus : on lui préfère Campistron : n'est-il pas vrai, M. Lepan, qu'il n’y a rien au « dessus de Campistron ?... si ce n’est peut-être M. Lepan. »

(2) V. Hugo, dans cet article, ne ménage pas M. Tissot, non pas seulement parce qu'il est mauvais professeur mais aussi et peut-être surtout parce qu'il est libéral et philosophe. M. Tissot, ne l’oublions pas, était, à cette époque, la tête de ture de tous les journaux royalistes. Il devait parler souvent de sn Suprême puisque V. Hugo dit qu'il a reçu de l’£tre Suprême un talent tout particulier pour les (6 ures.

.. V. Hugo le compare aux grands orateurs radicaux d'Angleterre, puis il fait son portrait (il le connaissait bien puisqu'il avait été son élève, affirma plus tard M. Tissot lui-même).

Citons quelques lignes : « L'’éloquence de M. Tissot, comme celle de tous les grands orateurs, «est encore plus dans l’action et dans le geste que dans les paroles ; elle est dans ce charmant embar-

Page 1