PRE N AL
Août
Littérature Anglaise. Harold l’intrépide, poème en six chants, par Sir Walter Scott :
Conserv. Lilt., t. 11, livrais. xx, pp. 332-340. Signé J. (cet article est d'Abel Hugo).
Essai sur l'Indifférence en matière de religion, par M. l'abbé F. de la Mennais (tome 1) : Conserv. Litt.,t. un, livrais. x1x, pp. 348-351. Signé A. (cet article est d’Abel Hugo).
N.-B. — Essai sur l'indifférence. In-8, imp.
Cellot. Paris, Tournachon-Molin et Seguin. B. F., 8 juillet 4820, no 2511.
Poësie. Le vieillard du Galèse (1).
Conserv. Litt., t. 11, livrais, xix, pp. 329- 330. Signé V. d’Auverney.
Cf. France litiéraire, t. m1, livrais. 1, pp. 182-183, juillet 1832; cf. V. Æugo raconté, t. 1, pp. 229-931 ; cf. les Odes et Ballades, édition de l’Imprimerie Nationale, pp. 411-
N.-B. — La livrais. xx du Conserv. Litt., est antérieure de plusieurs jours au 19 août, puisque
le Journal de Nantes et de la Loire-[nférieure Variétés. Nouvelles Littéraires, etc. : en parle à la date du 20 août.
Conservo. Litt., t. 1, livrais. x1x, pp. 364-368.
V. Hugo a dû collaborer à la rédaction de cet article s'il ne l’a pas composé en entier.
I est question de la séance annuelle de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres. On annonce l’arrivée à Paris d'Alexandre Soumet « cet « enfant d’Isaure qui occupe un rang si distingué « parmi nos jeunes poètes. »
La 3e note est sur un autre ami de V. Hugo,
Les Psaumes traduits en vers français, par M. de Sapinaud de Boishuguet, chevalier de St-Louis; seconde édition revue et augmentée.
Elégies Vendéennes, dédiées à Mme la marquise de la Rochejaquelein ; par le même (1).
Conserv. Litt., t. 11, livrais. xx, pp. 351- 358 (V).
« ras qui annonce que Monsieur le professeur ne sait pas trop ce qu'il va dire, lequel embarras se « termine d'ordinaire par un bredouillement plein de grâce et un ingénieux non-sens ; elle est dans « ces grands yeux, dans ces longs bras étendus, dans ce coup de poing donné si à propos sur la chaire «au moment où il faut que l’auditoire applaudisse, dans ce verre d’eau que l’on boit pendant l’inter- « ruption lorsqu'il faut que les applaudissements se prolongent, et dans cette confusion pudibonde qui « colore le visage de l'orateur enivré de ces témoignages de l'estime publique. »
V. Hugo rend compte ensuite de la leçon elle-même, des comparaisons faites par le professeur entre Horace et Montesquieu, des explications données sur Lucain, des contre-sens faits par M. Tissot, de ses digressions sur Marius, ce grand homme qui a renversé l’aristocratie de la noblesse, sur les orateurs sacrés qui avaient derrière eux « toute une école antique où ils ont été abreuver leur génie. »
V. Hugo reconnaît que l'auditoire applaudissait frénétiquement et qu'il était le seul qui osât rire de l’auditoire et du professeur. Il termine en décochant un dernier trait. « Dans certains moments je « me suis cru transporté dans le bon temps, écoutant les discours du citoyen Tissot aux clubs des « cordeliers ou des jacobins... »
(4) Nous avons trouvé entre le Conserv. Litt., et V. Hugo raconté, deux différences plutôt amusantes. Sont-ce des coquilles ou des corrections. Nous reproduisons les quatre vers où elles se trouvent : le lecteur pourra juger.
Il plantait le tilleul près du pin résineux,
Et greffait le prunier sur l’arbuste épineux ;
Chez lui, se soumettant au cordeau qui l’aligne,
Le platane ombrageait les amants de la vigne;
Il plantait le tilleul près du pin résineux,
Et greffait le premier sur l’arbuste épineux ;
Chez lui, se soumettant au cordeau qui l’aligne ;
Le platane ombrageait les sarmants de la vigne; V. Hugo raconté, p. 231.
Le texte de la France littéraire est le même ici que celui du Conservateur Littéraire.
(2) V. Hugo ne veut pas dire comme les journaux que la traduction de M. Sapinaud est excellente, elle n’est pas bonne encore, mais elle deviendra excellente si l’auteur l’améliore d'édition en édition.
Rien n’est difficile comme une traduction des Psaumes. Rousseau qui en a traduit plusieurs n’a pas toujours réussi, donc il n’est pas honteux pour M. Sapinaud d’avoir échoué quelquefois dans une traduction complète des saints cantiques. « D'ailleurs la poésie hébraïque, si continuellement sublime, « mais toujours grave, simple, nue en quelque sorte, trouve mal aisément une interprète fidèle dans « la muse française, qui sacrifie à l'élégance et à l'harmonie, la propriété de l'expression et la vérité « des images. Il est même, à notre avis, dans les livres sacrés, une foule de passages qui ne pourront « jamais être transportés dans notre littérature, et déconcerteront tous les traducteurs ». On pourrait se demander si V. Hugo n’a pas emprunté sur ce dernier point des idées et même des tournures à un article de Lestrade sur le même sujet dans le Drapeau blanc du {er juillet 4820.
V. Hugo cite ensuite quelques exemples de la traduction de Sapinaud de Boishuguet. Il prétend qu’elle est exacte et textuelle ; nous ne partageons pas son avis, du moins pour les psaumes cités : Sapinaud de Boishuguet ajoute, retranche, transpose avec une étonnante facilité. $ |
V. Hugo termine ainsi son jugement : « Le style de M. Sapinaud n’est dépourvu ni de force, ni
ous
Août
Pichat, dont la tragédie de Turnus est annoncée N.-B. — Les Psaumes, 2e édit., 2 vol. in-48,
pour le 45 janvier 4821. L'auteur fait un grand Paris, imp.-libr. Leclerc. B. F., 24 juin 1820, no
éloge de Pichat. 2335. ; : .
Enfin deux pages sont consacrées aux Lettres Elégies Vendéennes. In-8, imp. Didot, Paris,
Normandes qui ont prétendu que Chateaubriand Leclerc. B. F., 40 juin 1820, n° 2120.
s'élait fait monarchique et religieux par intérêt Lettre de V. Hugo à A. Trébuchet : Figaro,
personnel. L'auteur déclare en passant que le Re
fer volume du Génie du Christianisme a été im- 22 août 1888. primé à Londres avant le retour de Chateaubriand
en France.
Le Journal de Nantes el de la Loire-Inféerieure contient un long extrait du Conservateur Littéraire, x1IX£ livrais. sur le Voyage de Richer ; l’article signé J. doit être d’Abel Hugo : cf. Journal de Nantes et de la Loire- Inférieure, 20 août 1820.
Chateaubriand est de retour à Paris: cf.
La Quotidienne, 30 août 1820.
Septembre Poësie. Les deux Ages : Conserv. Litt., Littérature française. Examen critique t. 11, livrais. xx, pp. 369-371. Signé V.-M. ef complément des Dictionnaires historiques Hugo. les plus répandus, depuis le dictionnaire de Voir le 5 juin: Les deux Ages ont été im- Moréri jusqu’à la Biographie Universelle primés dans le Æecueil des Jeux floraux. inclusivement. Tome 1 (A.-J), contenant envi-
ron 240 articles nouveaux, 50 refaits et 560 corrigés ou augmentés ; par l’auteur du Diclionnaire des ouvrages anonymes el pseudonymes(1).
La mort du duc d'Enghien, poème, suivi d’une ode intitulée le (ri des Royalistes, par M. Michelet, officier dans la garde royale ; Conserv. Litt., t. 11, livrais. xx, pp. 382-385.
« d’onction, ni de vivacité; mais il manque trop généralement de grâce, d'élégance, en un mot de « poésie. Les figures y sont souvent tronquées ou incohérentes, et le goût n’a pas toujours présidé au « choix des expressions, à l'harmonie des images, et même à la composition des rythmes. »
V. Hugo parle ensuite des £lgies Vendéennes. « Il était digne d'un chevalier français, porteur & d’un nom devenu historique durant ces nobles guerres, de leur consacrer une lyre déjà accoutumée « à répéter les tons graves de la harpe du psalmiste... Les infortunes de l’armée royale ont quelque « chose de sacré qui donne à ces élégies un air de continuation des saints cantiques. »
(1) Lité. et Philos. mélées reproduisent (p. 113-114) le commencement de l’article (Conserv. Litt., pp. 371 et 372). Une pelite correction de style a été faite : qualification remplace dénomination.
Ce qui suit dans l’article du Conserv. Litt., offre peu d'importance et nous arrivons à cet autre morceau sur Jean Alary que V. Hugo a mis dans Zitt. et Philos. mélées (pp. 114-115). Mais à la page 115, la réflexion qui suit la citation a été complètement transformée et augmentée. Au lieu des six lignes de Litt. et Philos. mêlées, V Hugo avait ditsimplement : « Sous Louis XIV, cette dénomi- <nalion de crottés passa des philosophes aux poètes, en 93, elle revint des poètes aux philosophes ». En 1834, il n'attaque plus les philosophes et les révolutionnaires, il donne à son idée une forme plus vague et plus générale.
V. Hugo, pour mettre de la variété dans son article et intéresser son lecteur, cite des traits de noblesse ou de fidélité, des observations plaisantes ou des détails piquants : un pasteur protestant, Claude Brousson, un paysan Vendéen, un révolutionnaire, Camille Desmoulins, un philosophe, J.-J. Rousseau, lui en fournissent la matière. Mais il n'oublie pas ses amis et ses protecteurs. Il parle des notes dont le Comte François de Neu’château a enrichi le Gil Blas de Crapelet, critique Barbier d'avoir attaqué «les innombrables admirateurs de l’illustre vicomte de Chateaubriand ». Notons en passant, une critique plus importante peut-être : « Je bläâmerai... M. Barbier d’avoir apporté un esprit «de philosophisme et presque de libéralisme dans un ouvrage où l’impartialité semblait indispensable. »
Il fait ensuite quelques critiques de style, rectifie des vers cités d’une manière incorrecte. Il reproche à Barbier d'avoir relaté un fait peu honorable pour Volney qu'il raconterait si Volney n’était pas mort.
Il s'amuse en terminant à parler de sa propre biographie dont il laissera les matériaux aux bureaux du Conserv. Litt.
CE fn 2
S'eptembre
L'article, dans le corps de la revue, n’est Gonserv LilleNt x livrais xx, pp.1971pas signé, mais à la table on trouve A.-B. ou 378 (V); cf. Litt. et Philos. mélées, pp. 113, AB. Est-il d’Abel Hugo? Peut-être. Mais le 114, 115.
style ressemble bien à celui de Victor. N.-B. — £xamen critique etc. In-8, imp
Mélanges. Visite à la Trappe : Conserv. Baudoin ; Paris, chez Rey, Gravier et Baudoin. Lite. t. un, livrais. xx, pp. 385-389. Signé A. B.F.. 8 juin 1820, no 1952.
T.-r. Cette lettre est d’Adolphe Trébuchet. Manuel de recrutement, ou Recueil des Entrefilet sur l’ode /e Génie, dédiée à M.de Ordonnances approuvées par le Roë, circu- Chateaubriand, par Victor-Marie Hugo. laires et décisions ministérielles, auxquelles
l'exécution de la loi du 10 mars 1818 à donné lieu, publié par ordre du ministre de la guerre (1).
« Autrefois l'apparition d’un poème, d’une « ode, soulevait la foule, aujourd’hui. les « poètes n’ont plus d’autres lecteurs qu’eux-
« mêmes et leurs amis. Quelques-uns ont , Gonser®. Lüilt., t. n, livrais. xx, pp. 394- «triomphé de l'indifférence du publie, et 395 (M). « parmi ces élus on doit compter M. Victor N.-B. — Nous n'avons pu trouver cet ouvrage
« Hugo, déjà célèbre par de nombreux triom- à la Bibliographie de la France où il n’a pas été « phes académiques. Il vient de publier une annoncé. Nous ne savons à quelle époque il a été « ode sur le Génie, dédiée à M. le vicomte de imprimé, ni où il l’a été. En 1819 parut à Melun
: ns chez Michelin), avec l’autorisation du pré « Chateaubriand. On ne pouvait mieux l’adres- (eRs PRE ce PA LE
TL < ne et RO à Manuel de recrutement dont le titre est un peu : Set A poëte nest pas resté au dessous du Gifférent de l'ouvrage de M. Foucher.
Variétés, nouvelles littéraires, etc. (2) Conserv. Lill.. t.n, livrais. xx. pp. 396- 400 ; cf. Lit. et Philos. mélées, t. 1, p. 60. :
Ici quarante vers sont cités.
(1) V. Hugo ne pouvait manquer d'adresser des éloges à l’auteur de ce Manuel puisqu'il n'était autre que M. Foucher, le père d’Adèle. Aussi parle-t-il « de l’homme utile et laborieux qui a rassemblé « les matériaux de ce recueil, sans même avoir la consolation de voir son nom sur la couverture. « Beaucoup d'ordre, d’exactitude et de méthode dans le classement des matières, donnent un grand « prix au Manuel du Recrutement. L'auteur de cet excellent recueil a réussi à mettre de la clarté « dans une partie bien embrouillée de notre législation. »
Il se moque un peu de la toise du recruteur suspendue sur toutes les têtes, de la loi du 10 mars « si chère aux partisans de cette absurde égalité qui ravale tout le monde et n’élève personne... « Remarquons seulement en passant que les appels forcés n’ont jamais réussi dans l'héroïque Vendée, « où chaque homme est un soldat volontaire, au premier appel du devoir. » Il ne faut pas oublier que la toise du recruteur était suspendue sur la tête de V. Hugo et qu'il l’éviterait par ses pressantes démarches auprès du secrétaire des Jeux floraux, le bon M. Pinaud.
ll critique en terminant le nombre immense des fonctionnaires. « Beaucoup de ces Messieurs. « sont à peu près aussi utiles à l'Etat que l’Arlequin de Regnard qui recevait une pension de la ville, « pour faire tous les quinze jours le crin au cheval de bronze. »
(2) L'article, Variétés, Nouvelles Littéraires. n’est peut-être pas tout entier de la main de V. Hugo, mais il a dû y travailler puisqu'il en a reproduit un passage dans Zitt. et Philos. mélées. D'autre part certaines nouvelles qu'il renferme devaient l’intéresser tout particulièrement.
L'article commence par un reproche fait au Télégraphe de la littérature. imprimé à Toulouse. Il a reproduit des articles du Conserv. Litt., sans indiquer la source. Ce sont des articles de spectacles de V. Hugo. Mais le Conserv. Litt., n’est pas très fâché puisqu'il annonce aimablement le Télégraphe de la lütérature qu'il trouve cependant libéral. « De tous les journaux littéraires qui s'impriment « dans la capitale, aucun n’est libéral : c’est qu’en effet l'amour des lettres se concilie difficilement « avec la soif des révolutions. »
Parmi les Nouvelles littéraires, citons une note sur le Conservateur de Chateaubriand « ouvrage célèbre », sur le Conservateur de Neufchâteau, « excellent choix de morceaux inédits » (or ce recueil n’est point certes à mettre entre toutes les mains), sur le Conservateur de M. Delandine. Le Conserv. Litt. cite une demie page de ce recueil. à propos du nombre huit, dans la vie du calife Motassem. Cette petite histoire arabe doit être de V. Hugo, qui à cette époque aimait et étudiait la littérature arabe.
A la suite se trouve l'extrait du Courrier français reproduit par Litt. et Philos. mélées. En reproduisant on a changé la date et mis 14 septembre au lieu de 18 septembre.
Enfin on lit l'annonce de différents poèmes épiques, entre autres la Jeanne d'Arc de Soumet, la découverte de divers manuscrits faite en Irlande. « L'examen de ces papiers y a fait reconnaître une « vieille traduelion des poésies originales d’Ossian, fort antérieure à l’imitation de Macpherson. » Tout ceci pourrait bien encore appartenir à V. Hugo.