‹ Bio-bibliographie de Victor Hugo: de 1802 à 1825Chapitre 4 sur 106 · IX · texte numérisé non relu

IX

PRÉFACE

contraire les louanges continuent dans la Foudre (30 juillet), le Réveil (22 août) le Journal de Paris (27 août) l'Etoile (1% septembre) les Lettres champenoises et l’A pollon (septembre). Victor Hugo à dù lire avec plaisir l’article de Mélÿy-sanin dans la Quotidienne (29 septembre) qui, après quelques critiques sur la nouvelle école, rend justice à l’auteur appelé à de hautes destinées. O’Mahony dans la Foudre du même jour prophétise lui aussi la gloire future du poète. Si Victor Hugo a attendu quelque Lemps les longs articles, illes voit se multiplier : X., dans le Moniteur (29 octobre), et Hoffman. dans les Débats ({T novembre), ne lui ménagent pas leurs éloges avec des réserves justifiées (1).

La 2° édition des Odes reçoit le même accueil : Le Journal des Débats (21 novembre) la Quotidienne (14 décembre), le Réveil (31 décembre), l’£toële(30 décembre), la Quotidienne (1% janvier 1823), préviennent leurs lecteurs que la première édition est épuisée, qu'une seconde se prépare ou bien déjà est en vente.

Mais, dira-t-on, Han d'Islande à pourtant subi de violentes attaques. Il est vrai : quelques journaux, sans valeur littéraire, comme la Pandore (31 juillet 1823 et Al mars 1824), le Corsarre (14 août 1823, 22 mars et 30 avril 1824) hasardent des plaisanteries plus ou moins spirituelles à côté de fines moqueries. Victor Hugo les a-t-il connues, ce n’est pas très certain. Mais on ne peut guère citer que trois ou

uatre articles de journaux sérieux où le blâme se mêle à l'éloge jusqu'à le dominer. Citons le Journal de Paris (1 mars 1823), le Mercure du XLX® siècle (21 juin 1823) où Thiessé porte un jugement que l'avenir a ratifié.

Mais si l’on met en regara de ces critiques, toutes les annonces, tous les enirefilets élogieux, on est étonné de voir avec quel zèle Victor Hugo et ses amis s’employèrent en faveur du roman nouveau. Le 4 février, le Réveil et le Miroir, le 12 février, le Journal des Débuts, l Etoile, le Constitutionnel l'annoncèrent ; le Réveël (48 février, 25 février, 22 mars), la Quotidienne (24 février et 12 mars), le Journal de Paris (3 et 7 mars), l'£clair (19 avril), la Foudre (20 octobre) en proclament le succès et la valeur. Au total neuf journaux de toutes nuances, de tous partis, à plusieurs reprises, par politesse, par amitié ou par conviction impriment des louanges à l’adresse de Victor Hugo et de Jan d'Islande.

Les Vouvelles Odes et leur Préface ont été elles aussi attaquées par la Pandore (2 juillet, 14 août, 10 décembre 1824) et même par l'Oriflamme (21 août) dont Victor Hugo ne devait pas s'attendre à subir les coups. Hoffman, à deux reprises, dans le Journal des Débats (44 juin et 31 juillet) s’est permis de dire à l’auteur ce qu'il croyait être la vérité. ;

On peut expliquer touies ces critiques : elles allaient évidemment aux ouvrages dont elles notaient les défauts, aux opinions dont elles marquaient la nouveauté. Leur dureté avait une excuse dans l'admiration outrée que professaient les amis de Victor Hugo pour celui qui, en 1824, se montrait déjà leur chef. Ch. Nodier dans la Quotienne (12 mars 1823) n’avail-il pas osé affirmer que an d'Islande avait eu «un « débit authentique et légitime de 12.000 exemplaires. » La vérité était tout autre, Ch. Nodier le savait lui-même, mais l’ami intime de Victor Hugo et l’un des créateurs du romantisme frénétique tenait évidemment à grossir outre mesure le succès d’un livre où il pouvait reconnaître mises en pratique ses théories les plus chères. Deux journaux, le Réverl (22 mars) et l'Eclaër (19 avril), avaient à son exemple inventé de Joyeuses fantaisies. D’après le premier, Jan d'Islande traduit à Londres, à Vienne, à Berlin, avait servi à créer trois mélodrames pour la Porte Saint-Martin, lAmbigu, la

(1) I fout signaler cependant un article assez dur de E. Héreau dans la Æevue Encyclopédique (juillet 1822, €. xv, pp. 169-171). Victor Hugo, très mécontent de cet article, écrivit, le 16 août 1822, au Directeur de la revue qui refusa d'insérer sa réponse. Il ne semble pas que dans cette occasion le beau rôle fut du côté de Victor Hugo. La lettre de Victor Hugo et la réponse de Héreau sont inédites. Nous remercions M. Charavay qui nous à permis d'en prendre connaissance. :

Tr io

Page 1