VICTOR
11 décembre 1822
Paris
Monsieur Monsieur Trébuchet, Chef du Bureau
noue
APPENDICE
des Archives et du Secrétariat de la Préfecture: Place Delorme Nov1:"Nantes —
Lettre de Monsieur Trébuchet à son fils Adolphe rue du Dragon n°0 45 faubourg St-Germain à Paris. Inédite.
Nantes, le 3 janvier 1823.
Ta dernière lettre, mon cher Adolphe, m'a vivement affligé.
Depuis longtems je craignais le nouveau malheur dont tu m'entretiens, et dans ma précédente lettre, tu as dû voir quels étaient mes appréhensions relativement à l'état de mon pauvre neveu. Je voudrais être à Paris pour partager avec IDD Ie miréres les «Soins nquexXIgéLsa triste situation. Surtout, faites en sorte qu'il ne manque de rien. Je me trouve fort gêné en ce moment ; néanmoins si ses frères ne pouvaient subvenir à ses dépenses, écris le moi, et je vendrai une portion de ma rente sur l’état. Témojigne à mes neveux toute la part que je prends à ce cruel événement qui me rappelle trop vivement les malheurs qui nous ont frappés récemment. Donne-moi des nouvelles d'Eugène le plus tôt qu'il te sera possible. Dieu veuille que ces nouvelles soient meilleures que les dernières!
J'ai reçu par les occasions de Brian (?) et d’Allory, tout ce que tu nous a envoyé.
Jo Res trientes Lontrétéd'on ne ‘peut plus sensibles à tout ce que tu leur dis d’affectueux dans ta lettre, et elles m'ont bien recommandé de t'assurer de leur attachement ; elles te prient de m'envoyer le plus tôt possible les ordo qu'elles t'ont demandés. Delair a également été enchanté de ta jolie lettre, 1l se propose de te répondre. Nous avons déjeûüné ensemble chez lui et”"Du avec du bon vtvin aNta santé. Îl a encore eu la bonté de me donner 24 francs pour tes bonnes étrennes. Ne manque pas de lui en témoigner ta reconnaissance. Van Iseghem, Lavigne et Esmein, ont été aussi très contents de recevoir une lettre de toi. En attendant
qu'ils puissent t’écrire ils te font mille amitiés. Dupré est à Rennes depuis quinze jours pour y faire son droit ; il s’est enfin décidé à prendre ce parti.
J'ai fait remettre ta lettre à sa mère.
Les détails que tu me donnes‘ sur Île beau dîner de Mme Dumesnil m'ont beaucoup intéressé. Je me serais trouvé heureux d'être du nombre des convives, de me trouver avec vous tous chez cette excellente dame. J'aurais été bien joyeux aussi d'assister à la séance de la Société des Bonnes Lettres, où Victor a obtenu un si beau triomphe ; son Ode est admirable ; il est impossible de la lire sans être profondément ému. Dis lui, ainsi qu'à sa charmante femme, ainsi qu’à la famille Foucher, tout ce que je voudrais leur dire moi-même. Dis à Victor que le bonheur dont il jouit, était l'objet de mes vœux, que tous mes désirs seront accomplis lorsque je verrai ses frères et toi, jouir également d'un bonheur assuré.
Présente aussi mes vœux de bonne année à la famille Foucher et à Mme Dumesnil, dis-leur qu'un de ces vœux serait de pouvoir les leur exprimer de vive voix. J'ai envoyé, il y a huit jours à Madame Dumesnil, pour six francs de gibier. Louise qui fut porter le panier à la poste, oublia d'en affranchir le port.
J'ai préféré le gibier aux macarons de Châteaubriant ; j'ai sçu que ces macarons n'étaient bons que dans la première huitaine, qu'ils s’amolissaient ensuite.
C'est à tort qu'on a indiqué le prix sur Île pot de beurre que tu trouveras dans ton paquet. Ce beurre est destiné à Mme la baronne de Corbron. En le lui offrant, prie cette dame d’agréer mes respects et ma reconnaissance de ses bontés pour toi. Le café coûte ici 40 à 42 sols la livre ; 1l ne paie point de droit poursentre alors eOnecroit: rqu'iléest à meilleur marché dans la capitale.
J'ai pensé qu’un envoi de châtaignes ferait plaisir à mes neveux. Je t’adresserai donc, samedi prochain, par le roulage accéléré trois boisseaux de belles châtaignes, deux seront pour Victor et sa femme, et le troisième pour Abel. Tu en paieras le port, dont tu porteras le prix sur ta première note.