‹ Bio-bibliographie de Victor Hugo: de 1802 à 1825Chapitre 98 sur 106 · UNS · texte numérisé non relu

UNS

APPENDICE

Mellinet m'a chargé de t’envoyer pour toi et tes cousins deux exemplaires de la première livraison du Lycée armoricain.

Je te les ferai parvenir par le Commissionnaire de Brian. Mellinet vous prie toujours instamment de lui envoyer quelque chose pour être inséré dans ce journal. J’ai pensé que nous pourrions y faire mettre les pièces de vers, inconnues à Nantes, qui sont signées Victor d’Auverney et qui se trouvent dans le Conservateur littéraire. Demande à Victor s’il y consent et réponds-moi à ce sujet le plus tôt possible. Ces articles seraient imprimés sous son nom, Vic{or Hugo.

Je te ferai observer, au surplus, que Mellinet ne doit publier que des articles inédits. Ainsi les odes de Victor qui ont déjà été publiées, et qui sont très connues ici, ne peuvent être insérées dans le Lycée armoricain. Je n'ai pu encore obtenir son compte de chez Meliimet. Devra-t-1l compter les 2 douzaines d’'exemplaires des poésies de Victor, à Pélicier qui les lui a envoyées ?

Je compte, au surplus, écrire à Victor par la première occasion de Billard et je lui expliquerai tout cela.

Tâche donc de faire annoncer Anne de Bretagne dans la Quotidienne ou dans un autre journal répandu. Ne serait-ce qu'une annonce pure et simple de 3 ou 4 lignes. Mellinet n’a point encore imprimé la 3me édition de Clisson, et par conséquent ma notice sur les sites de la Sèvre et de la Maine. Je compte lui en demander plusieurs exemplaires ; je vous en enverral.

Toutes nos connaissances, tous nos amis, que nous avons vus à l’occasion de la nouvelle année, m'ont parlé de toi avec le plus vif intérêt. Je ne te nomme personne, car il me faudrait nommer tout le monde.

Le préfet a donné un très beau bal auquel il m'avait invité: J'y suis allé; al était nombreux et extrêmement brillant.

Les femmes étaient charmantes et richement parées. Les meilleures choses étaient servies avec profusion, les glaces, le punch, les sirops, etc. les dragées, les pâtisseries de toute espèce. J’y ai vu beaucoup de personnes de ma connaissance,

entre autres les familles Rossel, Bonamy, Mercier, Doucet et sa femme, etc.

ils m'ont tous beaucoup parlé de toi. Mr.

Rossel te prie toujours de voir souvent son fils et de stimuler un peu son apa-

thie. Je suis allé aussi à un bal donné par Mr. St-Quentin beau-père d’Ando- YOU) SI TU AVAIS ÉtÉMICIN Ur ARTAIS

été invité ; ce sont des gens charmants.

Scheult qui n'est de retour de la campagne que depuis quinze jours s’informe toujours de toi. Je dîne chez lui le jour des Rois avec ta sœur. Nous allons aussi quelquefois passer la soirée chez les familles Cosson où on s’entretient également de toi, en regrettant de ne pas t'avoir avec nous.

La nomination de Mr. de Chateaubriand au ministère a fait ici le plus grand plaisinramtous les royalistes personneune s'en réjouit plus que moi. J'ai l’espérancenquulmpourratétmenunleMmestne.

veux, et peut-être procurer une place à Abel ; j'en apprendrais la nouvelle avec bien de la joie. Dis-moi ce que tu en penses.

J'ai été bien content aussi que le Roi ait fait prendre 25 exemplaires des poésies de Victor ; cela prouve que le gouvernement s'occupe enfin un peu de lui.

Continue toujours à me donner sur eux tous les détails possibles ainsi que sur tout ce qui te concerne ; ils auront pour moi le plus grand intérêt.

Je t'envoie pour ta nourriture

deMjanviemermtévricn ru 72,00 Portière de 9bre et Xbre. 10,00 Ton inscription de Janvier, fé-

vrier et mars 1 PURES 15,00 Loyer du trimestre d'octobre. 13,00 Remboursement de la réparation

de la montre de M. Bosnier. 8,00 J'ajoute les 24 fcs d'étrennes

donnés par Mr. Delair. 24,00

Jotails x 142,00

60 c. pour le port de cette lettre que Je te remets ci-joint en deux mandats sur Paris, payable à vue.

Mr. et Mme Bosnier ont été très reconnaissants de tes démarches ; la montre est bien raccommodée. Ils m'ont chargé de te dire mille choses de leur part.

APPENDICE

Madame Lajarriette qui s'intéresse beaucoup à toi, te prie de lui acheter deux douzaines de crayons Conté, en bois, mine de plomb No 1, chez Alphonse Giroux, au même endroit où tu as acheté les deux cahiers de papier croquis. Envoie ces crayons par la plus prochaine occasion.

Lâvéant et sa femme que j'ai vu, me parlent toujours de toi avec intérêt.

Nos petits enfants te font mille caresses. Prosper annonce d’heureuses dispositions ; il a été plusieurs fois le premier à son école et a obtenu la croix ; ce qui était un grand honneur pour lui.

Joséphine qui t'embrasse se joint à moi pour te prier de présenter à l’occasion de la nouvelle année, nos vœux et nos sentiments à Madame Lemaître, à la famille Foucher, à ma nièce et à mes neveux. Ne nous oublie pas non plus auprès des autres personnes qui nous sont attachées. Mes amitiés à Allory, Brian.

Depuis trois courriers je ne reçois plus le Réveil. Tu as bien fait de ne pas envoyer d'étrennes, les petits enfans en ont reçu beaucoup et ta sœur a reçu d’Allory une robe de mérinos et une pèlerine.

Nous ‘sortons toujours fort tard, le soir, de la préfecture, ce qui me gêne extrémement pour mes autres occupations.

Nous avons bien pris part à la cruelle perte qu'a faite Brian. Tous tes amis et la préfecture te font mille et mille amitiés. La famille Lavigne est bien reconnaissante de l'envoi de Mme Collin.

Adieu, mon cher Adolphe, accablé de travail, je ne sais comment j'ai pu t'écrire une aussi longue lettre. J'ai tant de plaisir à causer avec toi. Compte toujours sur la tendresse de ton père. Louise t'embrasse. TRÉBUCHET.

Lettre Victor Hugo à son oncle Trébuchet (1). Paris, 8 janvier 1823.

MON CHER ONCLE

[Si l’affreuse catastrophe qui vient de nous frapper dans notre frère chéri ne

(1) Le Figaro, 22 aoùt 1888, a publié les parties que nous mettons entre crochets.

m'avait pas déjà excusé d'avance trop cruellement dans votre cœur, je vous demanderais pardon d’avoir tant tardé à vous exprimer tout ce que je sens, tout ce que je désire d’heureux pour vous et pour les vôtres. Maintenant que nous sommes deux cœurs à vous aimer, il me semble que je vous aime deux fois plus, ce qui est pourtant bien difficile. Votre et notre Adolphe vient de nous lire la bonne lettre où vous lui parlez tant de nous. Mon Adèle en a été touchée autant que moi: car,elle est pénétrée des mêmes sentiments que moi pour le digne frère de notre admirable mère.

Notre pauvre frère Eugène est toujours dans un état bien alarmant, sinon pour sa santé, du moins pour sa raison.

La guérison sera extrêmement longue. Je ne puis songer à ce déplorable malheur Sans rendre -gricesau Ciel de cenque; puisqu'il nous était réservé, il n'est point arrivé du vivant de ma mère. Du moins cette inconsolable affliction lui a été réservée (faute évidente pour épargnée que met le Figaro), et elle m'a été donnée, à moi, dans un moment où jl fallait que quelque grande catastrophe vint servir de contre-poids à mon bonheur : car autrement j'aurais été plus heureux qu'il n’appartient à l’homme.

J'ai vu avec un attendrissement profond les offres de service que vous voulez bien nous faire en cette triste conjoncture. Croyez à notre bien sincère reconnaïssance. Les frais de cette maladie sont énormes à la vérité ; mais mon père s’en charge, et ce que nous aurons à faire pour notre frère n'est plus au dessus de nos faibles moyens.|]

Faites des mauvais vers de Mr. d’Auverney tout ce que vous voudrez, mon excellent oncle, rendez à Mr. Victor Hugo tous les petits péché de ce Mr. d’Auverney : tout ce que vous ferez sera bien fait. Je lirai votre Lycée avec autant de plaisir que de curiosité, car je suis bien sûr qu'il vaudra mieux que tous nos recueils littéraires de Paris.

[Je viens de publier ma deuxième édition, mon libraire s’est chargé de vous la faire parvenir.] Serez vous assez bon pour m'informer de son exactitude ? Adolphe

RDS DE

APPENDICÉ

me dit que vous êtes embarrassé de régler avec Pélicier ou avec (ex brisant le cachet on a enlevé le nom) pour le petit compte de Mr. Mellinet. Comme j'ai arrêté mon règlement avec Pélicier, je prie Mr. Mellinet de vouloir bien compter avec moi. Ma décharge lui suffira.

Mille pardons, mon Cher Oncle, de tous ces détails fastidieux. [Je vous enverrai bientôt quatre volumes de prose. En attendant, recevez ainsi que votre aimable famille, tous les souhaits bien ardents que fait pour votre bonheur éternel votre neveu dévoué et respectueux.

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