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I. — HISTORIQUE

Dès 1936, Euder et Reigh, notent des différences importantes entre la Vitamine D, obtenue par irradiation de l’ergostérol et la Vitamine D naturelle, extraite de l’huile de foie de morue. En outre la Vitamine D du foie est estérifiée par l’anhydride phtalique. La Vitamine D, ne l’est pas.

Il, — PROPRIETES

En 1938, Brockmann et Busse montrent qu’il y a identité entre la Vitamine D, et la Vitamine D extraite du foie de thon. Cette opinion repose sur les argu-

ments suivants :

Pate

— Comme la Vitamine D,, Ja Vitamine de thon cristallise en aiguilles incolores dont le point de fusion est de 82-84°.

— La Vitamine D, mélangée à la Vitamine de thon ne change pas de point de fusion.

— De même que la Vitamine D,, la formule brute de la Vi-

tamine est C27H#0.

— Le pouvoir rotatoire de la Vitamine du thon est le même

que celui de la Vitamine D,

— L'efficacité de la Vitamine D naturelle sur le rachitisme du rat est de 40.000 unités internationales au Mgr. de même que celle de la Vitamine D..

— La Vitamine D, donne avec le produit d'irradiation de l’isodéhydro-cholestérine (correspondant à la Vitamine D,) un produit d’addition cristallisé de point de fusion de 121°. De même la Vitamine de thon donne avec ce corps un même composé d’addition de même point de fusion.

— La courbe d’extinction de la Vitamine cristallisée du thon se superpose entièrement à celle de la Vitamine D..

Les coefficients d’extinction moléculaire dans l’hexane et l’éther pour les différentes Vitamines D sont les suivants :

Vitamine D 62 102 aVitaminenD UE "RS 710 Vitamine D, .... 1,92X10* Vitamine du thon. 1,93 x 10*

On voit que les coefficients d’extinction moléculaire de la Vitamine du thon et de la Vitamine D, sont très rapprochés.

Ces diverses propriétés prouvent l’identité de la Vitamine D, et de la Vitamine de thon. Elles ne permettent pas, cependant, d’affirmer que leurs chaînes latérales ont une même structure. Pour démontrer ce fait, les auteurs ont procédé à la transformation de la Vitamine de thon en cétone. Ils ont obtenu la méme cétone qu'avec la Vitamine D, et dans les mêmes proportions.

Reigh, dès 1935, affirmait l’identité des différentes Vitamines D provenant de la morue, du gade, du chien de mer, du brosme, du requin, du flétan, du maquereau, de l’éperlan et du thon, en se basant sur l'identité d’activité antirachitique, sur la similitude des maximum d’absorption dans l’ultra-violet, sur le fait que leur degré d’estérification, dans la pyridine,

SRE TES

est de 100 %, et, enfin, sur l’observation que l’anhydride maléique est sans effet sur ces préparations de vitamines. Dès lors, on peut penser que toutes ces Vitamines naturelles sont identiques à la Vitamine D, et que la Vitamine du foie de poisson est le même produit que celui que l’on obtient en irradiant, non l’ergostérol, mais, la 7 déhydrocholestérine.

Cependant Brockmann admet qu'il existe aussi des Vitamines D, à côté de la Vitamine D,.. Il en donne la raison suivante :

En comparant les points de fusion des Vitamines libres et des esters de la Vitamine de l'huile de foie de thon avec les points de fusion de la Vitamine D, libre et des esters correspondants, il constate que l’huïle de foie de thon contient un produit vitaminé secondaire, abaïissant le point de fusion des esters, mais augmentant celui des Vitamines libres et que ce produit peut être éliminé par cristallisation fractionnée. Il pense que ce produit n’est autre que la Vitamine D,.

Pour s’en assurer, il fait des mélanges de Vitamine D, et de Vitamine D, dans la proportion de 10 % de Vitamine D,, puis des mélanges d’esters de Vitamines D, et des esters correspondants de Vitamine D, dans ia même proportion. II constate alors que les points de fusion de ces mélanges sont sensiblement les mêmes que ceux de l’huile de foie de thon.

La destruction ozonique de la molécule de la Vitamine de l’huile de foie de thon le confirme dans cette opinion. Par ozonisation, la chaîne latérale de la Vitamine D, donne une méthylisopropylacétaldéhyde reconnaissable à son odeur. I1 traite la Vitamine d’huile de foie de thon par l’ozone et il obtient de la méthylisopropylacétaldéhyde qui ne peut provenir que de la chaîne latérale de la Vitamine, car il ne peut y avoir d’ergostérol du fait du traitement à la digitonine en cours d’expérience.

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