C. — CATABOLISME AU NIVEAU DU MUSCLE
Divers points sont étudiés.
a) Si l’on prend des précautions convenables pendant qu’on enlève les muscles de Gadus aeglefinus, ces derniers contiennent immédiafement après leur extraction de 0,4 % à 0,6 % de glycogène et 0,08 % d’acide lactique.
Si l’on met le muscle dans la glace, le glycogène disparaît très vite, pendant les trois premières heures, puis plus lentemenf, atteignant une valeur de 1/10° de la quantité initiale en 24 heures.
L’acide lactique atteint un maximum entre 36 et 40 heures. On a alors une dose de 0,16 à 0,17 % d’acide lactique.
On voit que le glycogène disparaît plus vite que l'acide lactique n’apparaît. Par ailleurs on ne retrouve sous forme d’acide lactique que les deux tiers du glycogène disparu. Il y a donc un corps intermédiaire. (Ce corps n’est pas de la dextrine, car il n’y a pas de variation dans les sucres extraits par l’alcool).
En outre, Sharp montre que dans le muscle de poisson, le taux de la disparition du glycogène et le taux d’accumulation de acide lactique décroissent avec la température de AHSA
2° Un certain nombre d'auteurs s’efforcent de retrouver et de doser les corps réalisant la phosphorylation : Phosphagène, acide adénosine-triphosphorique ou acide adénylique.
— Hunter trouve dans le muscle de fortes doses de phosphagène.
— Irving et Wells étudient cinq espèces de poissons d’eau douce et deux espèces de poissons d’eau
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salée. Ils concluent qu’on ne constate pas de phosphagène dans le muscle de poisson.
— Eggleton trouve des quantités relativement faibles de phosphagène dans deux poissons sur cinq étudiés.
— White trouve, de son côté, du phosphagène dans deux espèces de Morue. De même, il en trouve dans le muscle caudal du Requin.
Les conclusions si différentes de ces chimistes s’expliquent en partie par les méthodes employées et en partie par les conditions auxquelles sont soumis les poissons en cours des expériences.
Ainsi, chez les poissons péchés à la ligne, la rigidité cadavérique se produit très lentement, tandis que ces mêmes poissons pris à la traîne ont vite atteint le maximum de rigidité comme en font foi les travaux de Loehm, Mac Léod et Simpson.
D'autre part, les poissons peuvent être gardés vivants quelques heures ou dépecés de suite. Dans le premier cas, le poisson reste à jeun plus ou moins longtemps et peut subir des transformations. Dans le second cas, on conserve les muscles dans la glace, ce qui provoque la dégradation du phosphagène.
Tenant compte de ces observations, Kernot a entrepris de doser le phosphore-labile ou phosphore du phosphagène dans le muscle du poisson.
Il opère sur des poissons d’eau douce qu’il a plus facilement sous la main et qu’il est plus aisé de conserver vivants. Il prend six espèces différentes quant à leur structure et leurs mœurs. Il retire les poissons d’un vivier avec un petit filet. II les transporte dans un vase, jusqu’au lieu de l'expérience. T° les garde vingt-quatre heures vivants, puis il les assomme ef les découpe aussitôt. De la chair, il fait deux parts :
l’une contenant les muscles depuis l’opercule à l’anus ;
l’autre, les muscles en arrière de l’anus.
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Dans un premier essai, Kernot opère en présence d’acide trichloracétique. Les chiffres, en mgr. de phosphore-labile, pour 100 gr. de musculature, sont donnés dans le tableau suivant, pour quatre espèces de poissons :
muscle de téte Muscle caudal SAIMO ATOME ET Ce rr Ce ne A5ÿ GE ln sé 57 LeUCISCUSIOTICRECE EEE Te S LS 17 11 18 19 Perca AuviAatiiIS Eee ree O4 DE LMI MINCANUITARISEE PEER EE EEE 1350177 Din 2 KI
Ces chiffres ne diffèrent pas sensiblement de ceux de White qui trouva dans le muscle caudal du requin de 6 à 37 mgr. de phosphore-labile pour 100 gr. de muscle.
Si toutefois ces chiffres sont un peu différents, la cause en est dans la destruction du phosphore créatinique, soit par la glace, soit par ia trituration du tissu. Telle est, du moins, l’avis de Ferdmann, qui pense que l’on peut éviter la destruction du phosphagène en triturant le tissu en milieu alcalin.
Kernot a employé, à son tour, cette méthode.
Il a obtenu en mgr. pour cent grs de muscle :
muscle de tête Muscle caudal SAIMOMIATION ER EEE EEE NET 70 70 68 10 13 9 LeUCISCUS TORRES 77710812 AN 5 2 Perca fluviatilis .......... 1 Te) GS 15 18017 MincAvulsariS CPE TEE. 65 71 69 26 20 20,4 CAETOQUS ER ee 77 78 79 10 — 6 CENTS ES 8 sodsmonanocede 7 — 16 1 =
En 1929, Zagami a mesuré le phosphagène dans le muscle de poisson. Ce corps est isolé par la méthode d’Eggleton, et son phosphore dosé par la méthode de Briggs. Les résultats obtenus par l’auteur sont les suivants :
a) Les poissons qui se livrent à des migrations ont plus de phosphagène dans leurs muscles que ceux qui sont sédentaires et, par conséquent, utilisent moins. leur musculature.
b) Il y a plus de phosphagène dans le muscle de la partie caudale que dans les muscles de la portion craniale. Or, on sait que la locomotion chez le poisson se fait avec la queue. Leurs muscles de la portion caudale sont donc plus développés.
c) Les muscles rouges ont moins de phosphagène que les muscles blancs. Or, on sait que les muscles blancs donnent des contractions plus rapides que les muscles rouges.
Par exemple, Clupea pilchardus a dans le muscle de la portion candale 0,057 de phosphagène pour 100 de muscle blanc et 0,008 de phosphagène pour 100 de muscle rouge.
d) Un Sélacien, Scyllium canicula, étudié par les auteurs, n'avait que 0,008 de phosphagène pour 100 gr. de muscle dans sa portion caudale et 0,004 pour 100 dans sa portion craniale.
Ces chiffres sont sensiblement plus bas que ceux trouvés chez les Téléostéens.
En conclusion, le muscle du poisson possède d’autant plus de phosphagène qu’il est plus actif.
A cette étude, nous joindrons celle de la créatine du muscle du poisson.
Hunter a analysé 15 espèces de poissons. Il a observé de grosses variations individuelles qui permettent néanmoins de distinguer les caractères des espèces, mais on ne peut passer à une classification des ordres. Il n’y a pas de distinction possible entre les Téléostéens et les Elasmobranches, si ce n’est que les Elasmobranches ont une concentration plus basse en créatine dans le cœur que les Téléostéens.
En général, les muscles du squeiette des poissons