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D. — LE SUCRE DU SANG

Le taux du sucre dans le sang des poissons paraît être sous la dépendance de l’activité de ces vertébrés. Telle est, du moins, l’opinion qui semble ressortir des travaux de Mac Léod en 1926, de Gray en 1929, enfin de Gray et de Hall en 1930. Les poissons qui montrent la plus grande activité, ceux qui cherchent leur nourriture en surface ou qui l’acquièrent par des agressions brutales sont aussi les poissons qui ont la plus

haute teneur en sucre.

Parmi les poissons actifs, citons, dans la famille des Scombridés, de Pneumotophorus Colias qui a une glycémie de 0,9 %0; le Scomber scombrus a 0,64 049, le Sarda à. 0,55 %0o; dans la famille des Cupéidés, le Brevoortia tyrannus a 0,75 040 ; dans la famille des Stromatéidés, le Poronotus triacantus a 0,79 046 ; dans la famille des centrolophidés, le Palinuricthys perciformis a 0,67 90 ; parmi les anguillidés, Anguilla rostrata à 0,59 949; dans la famille des Sparidés, Stenotonus chrysops a 0,53 9 ; enfin dans la famille des Merlucidés, Merluccius bilinearis a

as

‘0,48 040. Par contre, les poissons paresseux qui vont au fond de la mer ont peu de sucre dans leur sang. C’est ainsi que dans la famille des Triglidés, Prionotus carolinus à 0,37 60; dans la famille des Pleuronectidés, Iophopsetta maculata à 0.31 049 ; dans la famille des Labridés, Tautogolabrus adopersus à 0.25 %%0; chez les Tetraodontidés, Sphéroïdes maculatus a 0,23 040; chez les Batrachoïdidés, Opsanus tau à 0,15 049; enfin chez les Lophiidés, Lophius piscatorius n’a que 0,5 9%0.

Le choc à l'insuline peut cependant être facilement réalisé chez ies poissons actifs alors qu’il n’est pas obtenu chez les poissons paresseux. La chute de la glycémie est d’ailleurs beaucoup plus rapide chez les premiers que chez les seconds. C’est ainsi que Scomber scombrus, le maquereau commun, les symptômes de choc apparaissent entre 1 et 4 heures après l’injection. Ces symptômes sont marqués par des convulsions. La glycémie qui était à 0,63 %0o tombe alors à 0,09 %0. Au contraire, chez Opsanus tau on n’observe aucun choc et cependant la glycémie qui est de 0,15 tombe à 0,015. L’abaissement est donc sensiblement le même, mais dans un cas, le métabolisme plus grand

du poisson déclenche des accidents de choc.

E. — LES REGULATEURS DU CYCLE DES GLUCIDES

Plusieurs points de vue sont à envisager :

1° Au point de vue anatomique : Pique, étudiant en 1913 la constitution histologique du pancréas d’un cyclostome, la lamproie, montre qu'il se compose de deux portions. L’une antérieure ou craniale, conglomérée légèrement dans une échancrure du foie, c’est le pancréas intrahépatique, l’autre postérieure ou

caudale est dissociée en lobules épars dans les plis de la muqueuse intestinale, c’est le pancréas disséminé. Rien ne rappelle histologiquement les îlots de langerhans mais, cependant, ces groupes cellulaires n’ont pas de canaux excréteurs et déversent leurs produits dans le sang.

Le pancréas des Sélaciens a une conformation voisine de celui des Mammifères. C’est une glande mixte fournissant à la fois une sécrétion interne et une sécrétion externe. Le pancréas des Téléostéens est étudié dès 1873 par Legouis. Il montre qu’il s’agit d’une nappe glandulaire étalée dans le mésentère, c’est un pancréas diffus déversant ses produits dans l'intestin par de fins canaux, les canaux de Weber. Exceptionnellement, la glande est massive chez le congre ou ‘anguille, par exemple.

2° Diamare et Kubliako étudient les enzymes des îlots et celles du pancréas des poissons.

Ils montrent que l’on trouve du ferment amylolytique dans les cellules du pancréas des poissons tandis que ce même ferment fait complètement défaut dans les îlots des poissons.

Quant au saccharose, il n’est interverti par aucun des deux extraits d’ilot isolé ou de pancréas.

3° Jorpes montre que la constitution chimique des îlots est différente de celle des acinis. Cet auteur montre que :

a) Les îlots le langerhans isolés d'un pancréas de Lophius piscatorius ne contenant pas d’acini de la sécrétion externe donnent une dose de phosphore nucléinique de 1,03 % de la substance sèche (mesuré par

la méthode de Pregl-Lieb).

b) Chez les Sélaciens (Squalus acanthias, Raia erinacea, raia diaphanea, requin), ie pancréas mixte comme chez les Mammifères donne une dose de phosphore nucléinique de 1,54 % de la substance sèche.

c) Chez les Lophius, le tissu périglandulaire uniquement acineux est réservé à la sécrétion externe, le phosphore nucléinique est de 1,01 % de la substance sèche.

Il semble donc que le phosphore nucléique des îlots soit moins élevé que celui des glandes mixtes des Sélaciens. En outre, les doses de pentoses sont plus élevées dans les acini que dans les îlots.

a) chez les Sélaciens (mixte) ..,,%......,.. CERN OUR MP b) dans la capsule acineuse du Lophius (rares acinis).. 1.30 c) dans les îlots de Lophius........................ 0.87

Donc, les nucléoprotéides sont surtout liés à la sécrétion externe. L’auteur pense qu’ils jouent le rôle de tampon, car cette sécrétion est, on le sait, très basique.

On doit rapprocher ce fait de l'observation que, chez le chien, la ligature du Wirsung qui arrête la sécrétion externe diminue considérablement aussi la teneur en nucléoprotéides.

4° L’ablation du pancréas chez le poisson produit des troubles du type diabétique.

a) Capparelli a dépancréaté des anguilles, pendant leur survie qui fut de 7 à 12 jours, queiques-unes ont présenté de la glycosurie.

b) Hedon a noté un résultat analogue.

5° L'action des extraits de pancréas de poissons semble être la suivante :

Les réponses intéressent surtout le pancréas de Téieosteens. Chez ces poissons, on sait que le tissu insulaire est plus spécialement individualisé. Les expériences réalisées sont les suivantes :

a) Rennie et Fraser font ingérer à des diabétiques ef même leur injectent des extraits crus ou bouillis de tissu insulaire pur. Les résultats sont médiocres.

b) Mac Leod fait un extrait alcoolique de pancréas de poissons. Il filtre l’alcool, l’évapore ensuite, dégraisse le résidu par l’éther et reprend par l’eau physiologique. Il obtient une activite variable d’ailleurs sur la glycémie des Japins selon les poissons utilisés. Travaillant sur des pancréas d’Elasmobranches (Squalus acanthias) avec les méthodes mises au point pour l'extraction de l'insuline, il obtient un produit ayant une activité d’une unité lapin pour 4 grammes de pancréas. Travaillant au contraire sur des îlots principaux de Téléostéens, il obtint des produits beaucoup plus actifs : 10 unités lapin par gramme de tissu frais. Ces expériences utilisent les pancréas de Myonocephalus scorpus, Lophius piscatorius.

c) Mac Cormic et Noble extraient l'insuline de certains Téléostéens : Gaddus callarius, Hyppoglossus hypoglossus, Ils pratiquent une extraction par l'alcool acide, puis ils purifient par la méthode de Dudley. Ils ont ainsi des rendements oscillant entre 11 et 22 unités lapin par gramme de pancréas. Le haddock donne 28 unités, le merlan 35 unités.

d) Dudley traite les îlots principaux de Gaddus Morrhua. I1 obtient des rendements de 10 à 12 unités lapin par gramme de tissu.

e) Vincent Dodds et Dicken obtiennent avec Lophius piscatorius et Myocephalus bulbalis des résultats semblables à ceux de Mac Léod.

6° L’action de l'insuline sur les poissons parait

être la suivante :

a) Houssay et Rietti n’obfiennent que des résultats inconstants.

b) Mann, Bollmann et Magath expérimentant sur Lipososteus plastovomus, observent de l’hypoglycémie, des signes d’excitations et des troubles de l'équilibre. |

c) Olmterl a étudié l’action de l'insuline sur Ameiurus nebulosus. Pour 4 unités cliniques, l’animal s’agite, pré-

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