ES NE
3° La variation des protéines du sérum des poissons
au cours des changements de salinité a été étudiée par Boucher-Firly.
L'auteur a montré que les anguilles transportées de l’eau douce dans l’eau de mer présentaient une diminution importante de la teneur en protéines du sérum. Chez les grosses anguilles argentées, par exemple, cette teneur qui est, en moyenne, de 65.580 gr. par litre d’eau douce, tombe à 40 gr. dans l’eau de mer. Cette diminution est progressive et demande plusieurs jours pour atteindre sa valeur maxima (de 8 à 10 jours). Inversement, une anguille conservée un mois dans l’eau de mer, puis remise dans l’eau douce et saignée au bout d’un mois, présente une teneur en protéines de 65 gr. au litre (teneur normale en eau douce).
L'auteur a cherché si cette relation entre la teneur en protéines du sérum et le degré de salinité du milieu extérieur se retrouvait chez le congre, téléostéen apode très voisin de l’anguille mais non adapté aux changements de salinité.
La diminution de la salinité qu’elle soit progressive ou brusque n’entraîne aucune variation de la teneur en protéines du sérum de congre. Pour se placer dans des conditions comparables, l’auteur a mis une anguille dans un mélange eau de mer-eau douce contenant 17 gr. de CI Na par litre. Au bout de 8 jours, la teneur en protéines était de 45 gr., donc très nettement abaissée.
On constate donc que chez l’anguille, poisson euryhalin, une augmentation de la salinité du milieu extérieur entraîne une importante diminution de la teneur en protéines du sérum et inversement une diminution de la salinité entraîne une augmentation de la teneur en protéines qui revient à son taux normal en eau douce.
ti
Il n’en est pas de même chez le congre poisson sténohalin. Une diminution de la salinité n’entraîne aucune variation de la teneur en protéines du sérum. Ces phénomènes amènent l’auteur à penser que les protéines doivent jouer un grand rôle dans les phénomènes d'adaptation aux changements de salinité.
De plus, Firly et Fontaine remarquent que les variations du rapport de la pression osmotique due au chlorure de sodium, à la pression osmotique totale, sont toujours en sens inverse des variations de la teneur en protéines.
4° Poids moléculaire.
Jean Roche, Yves Derrien et Maurice Fontaine ont étudié le poids moléculaire des albumines et des globulines sériques chez les sélaciens et les cyclostomes.
Leurs résultats sont résumés dans le tableau sui-
vant :
Sérum albumine Poids moléculaire CR Ge (QÉOiBNMuoscoodaesvonounesooge 70.400 Scylliorhinus stellaris (selacien) ............ 65.500 Petromyzon marinus (cyclostone)........,.,.. 56.800 Equüs cabalius 2e en ee 68.900
Serumglobuline Galeus Can is SM RER RE 145.800 Scylliorhinus stellaris 27:24... RE 213.000 SON ANA TMAINE Soooconcosovecoovcvs00s 34.000 ÉQUUS CA RATES EE 150.000
(Equus caballus (cheval) est un élément de comparaison.)
On voit donc que la sérumalbumine des deux sélaciens étudiés et celles des Vertébrés supérieurs ont le même poids moléculaire M, à savoir 68.000 environ.
Celle de Petromyzon marinus présente une valeur légèrement moindre, sans doute en raison de la présence de globuline dans les préparations.
Le poids moléculaire de la sérumglobuline (non fractionnée) est très voisin de 150.000 chez Galeus canis et les Vertébrés supérieurs; celui de la même protéine extraite de Scylliorhinus stellaris est du méme ordre de grandeur bien que sensiblement plus élevé. La différence est sans doute attribuable à la prédominance dans le sérum des sélaciens de particules globuliniques de grande taille, celles-ci étant peu nombreuses dans les humeurs des vertébrés supérieurs. Par contre, le poids moléculaire de la sérumglobuline du Petromyzon marinus est égal à 34.000, valeur correspondant à 2 unités Svedberg.
Ces faits permettent de préciser que la fraction protéique de faible poids moléculaire mise en évidence par Svedberg et Anderson dans le sérum de lamproies est constituée par des globulines. Ils traduisent une différence entre les caractères de cellesci et ceux des protéines du même type existant dans le sérum des autres vertébrés.
5° L'étude physico-chimique des sérums a été poursuivie par la méthode cataphorétique par Mme Drilhon et G. Florence. Le sérum des Téléostéens dulçcaquicoles et des Téléostéens offrent de très grandes analogies. Ils montrent un seul point isaélectrique vers PH 6,5 ou pH 7. Par contre le sérum d’un sélacien s’est montré différent. Le point a s’est trouvé à pH 8,5 et le point 8 à pH 8,4.