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MECANISME D'ACTION DES VENINS

Evans et Lond ont montré que le venin de Trachinus draco a des propriétés hémolytiques capables de dissoudre les globules rouges lavés de tous les sangs

en l’absence de sérum. L’addition du sérum du même animal augmente l’activité du venin. Le sérum chauffé pendant une heure à 62°C. voit son pouvoir activant diminué. Les doses minimes de venin peuvent être activées par le sérum d’un autre animal dans le cas de l’homme. Les globules semblent devenir plus susceptibles aux poisons. L'auteur conclut que le poison est un ambocepteur qui s’unit avec l’endocomplément des globules rouges.

Mile Phisalix étudie le pouvoir hémolysant du venin de murène : 1 mgr. de venin est capable d’hémo- Iyser 1 cc. d’une suspension à 1 % de globules rouges de cobaye en 30 minutes à la température de 40°.

Ces propriétés hémolysantes, comme les propriétés toxiques, résistent au chauffage à 75° pendant 15 minutes sans qu’il y ait nécessairement un rapport direct entre elles.

Delezenne, en 1897, étudiant le sérum d’anguille, croit que ce pouvoir est dû à la formation dans le foie du sujet inoculé d’une substance anticoagulante ou thrombase.

En effet, in vitro, le sérum d’anguille accélère la coagulation du sang de chien; mais si on le fait passer à travers le foie isolé, en l’injectant par la veine-porte et qu’on recueille par la veine sus-hépatique, on constate que le sérum a perdu son pouvoir coagulant in vitro.

Delezenne a montré que, toutefois, la présence de globules blancs est nécessaire au phénomène, car si l’on répète l’expérience précédente en lavant préalablement le foie à l’eau salée et en y faisant ensuite

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passer un plasma lymphatique bien débarrassé de ses leucocytes et additionné de peptone, le liquide recueilli dans la veine sus-hépatique coagule d'ordinaire spontanément quelques minutes après son passage et accélère toujours la coagulation du sang in vitro.

Pour Hans Sachs, le sérum d'anguille serait une hémolysine directe. C’est aussi l’opinion de Noc : « La substance toxique du sérum d’anguille semble être simple. On n’a pu, jusqu'ici, la scinder en un anticorps et un complément. >» De ces opinions, les expériences de Camus et Gley ont montré la réalité. Les résultats sur lesquels ils s’appuient pour démontrer l’unicité de l’hémolysine sont les suivantes :

Le sérum d’anguille qui hémolyse rapidement le sang du lapin agit aussi rapidement sur les globules lavés; l’hémolyse est indépendante du plasma sanguin.

Pour Buglia et Gley, dans le sérum de Lampreda Planeri, les hématies elles-mêmes seraient toxiques. Il y aurait dans le sang de lamproiïe deux substances toxiques : une contenue dans le plasma et les globules à laquelle on doit rapporter les symptômes généraux de l’intoxication, et une autre, à action anticoagulante contenue dans le plasma seul.

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