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L'ABSORPTION DE L'OXYGENE PAR LES BRANCHIES

Les branchies sont formées de lames saillantes désignées sous le nom de lamelles ou de feuillets branchiaux. Elles sont situées aux parois du pharynx, s’abouchant d’une part dans la cavité pharyngienne et d’autre part à l’extérieur.

Dans tous ces cas, le fait essentiel est que le courant d’eau rentre par le pharynx et ressort par l’orifice extérieur ; c’est là une différence importante avec les pulmonés chez lesquels lair exécute des mouvements de va et vient par un seul conduit.

Chaque lame branchiale, quelle que soit son origine, porte des vaisseaux qui la desservent ; sur un bord une division de l’artère branchiale et sur l’autre un vaisseau d’origine de la veine branchiale.

Physiologiquement, les échanges se passent comme chez les mammifères et dépendent essentiellement de la tension partielle de l'oxygène.

Le plus souvent le passage de l’eau dans les branchies est le résultat d’une activité rythmique réalisée au moyen de la bouche. Les poissons font des succions rythmiques d’eau dans leur pharynx puis ils rejettent cette eau par Jes ouvertures branchiales. Pendant l'inspiration, Ja bouche est ouverte, la cavité orale est élargie par l’expansion latérale de

ses parois. Pendant l'expiration, Ja bouche est fermée et par la contraction de ces parois l’eau est rejetée à travers les chambres branchiales. I] convient de noter au passage que, n’ayant pas à revenir par le même trajet, mais ayant à parcourir un cycle avec une porte d'entrée et une porte de sortie indépendante, l’eau ne séjourne pas, ne laisse aucun résidu. On ne trouve pas l'équivalent de l’air alvéolaire des mammifères.

Pendant l’expiration, les arcs branchiaux se déploient, les ligaments entrent en contact direct avec l’eau circulante et les échanges gazeux se font facilement au travers de la paroi des filaments.

Les poissons semblent très inégalement sensibles à l’abaissement de la tension partielle de l’oxygène dans l’eau inspirée.

a) Certains poissons, tels que Stenotomus chrysops Tautogolabrus adapersus, Palinurichthys paciformis Poronothus triacanthus cessent de respirer à une tension d'oxygène qui s’abaisse en dessous de 11 à 16 mm. de Mercure. D’autres, tels que Spheroides maculatus, supportent un abaissement jusqu’à 5 mm. Enfin, pour certains, notamment pour Opsanus Tau, il n’y a pas de limite inférieure pratique.

Pour expliquer ce phénomène, Hall a expérimenté sur les Maquereaux. Il a placé ces animaux dans de l’eau de mer contenant 5 cc. d’oxygène par litre. Un premier groupe est mis dans un bassin où ces poissons se meuvent librement. Un second groupe est retardé dans ses évolutions par un poids suspendu à la queue, un troisième groupe est placé dans une cage si minuscule qu’elle ne leur permet aucun mouvement. Après 15 minutes, du sang prélevé sous paraffine à l’artère caudale présente les saturations suivantes :

MaqUeReateNDER RL ne nee A en 85 % MAQUÉLE HET AR ER Le 2 en neo M eee es 46 % MaquéreautimmMmobilisés 20. issue 11 %

Ainsi, à côté de la circulation établie par le mécanisme oral précédemment décrit, il faut tenir compte d’une circulation dûe à la motilité de l’animal. Il est probable que les deux fonctions d’alimentation et de respiration sont chez ces animaux liées aux mouvements. [Il faut que, chez ces poissons qui vivent de petits copépodes, une quantité suffisante de ce plancton passe à travers la bouche. Pour cela, l’animal s’adapte peu à peu à une vie de mouvement. Sa respiration s’adapte secondairement à cette manière d’être, chez ces poissons, elle ne peut se réaliser qu'imparfaitement ou même s’arrête s’ils sont immobilisés. C’est ainsi que, si l’on donne à un Maquereau une dose d’uréthane juste suffisante pour anesthésier et priver de mouvements un Stenotomus chrysops, le Maquereau immobilisé, lui aussi, meurt par asphyxie.

Le rythme respiratoire est variable chez les poissons. Chez Spheroides maculatus à 12°, le rythme est de 22 respirations par minute, mais il passe à 85 respirations par minute à 22°. La quantité d’eau passée à travers la cavité branchiale est, à 12°, de 5 décilitres par heure et à 22° de 65 décilitres. Chez ce poisson, les branchies peuvent être cathétérisées, ce qui permet d’obtenir des chiffres très exacts.

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