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VIII. — LES DIPNEUSTRES

Les chimistes ont surtout étudié le Protopterus Aethiopicus (Heckel). Ces animaux vivent dans le lac Tchad une vie normale en hiver, puis l’été, ils estivent dans la boue; ils s’entourent d’un cocon de boue qui, en se desséchant, leur fait une protection jusqu’à ce que l’eau soit revenue. Quand on les retire de leur coque, on les voit entourés d’une membrane semblable à du parchemin, insoluble dans l’eau, non hygroscopique. Elle protège le poisson contre la perte d’eau et contre l’infection toujours facile dans ses tissus mal oxygénés.

Smith a étudié en 1930 le métabolisme de ces poissons aux différents moments. Il note: avant l’estivation, le poisson utilise 53 cc. d’oxygène par kilo et par heure (après un jour de jeûne); à la fin de l’estivation, 6 à 7 cc.; après la reprise des mouvements dans l’eau, mais encore à jeûn, 10 à 14 cc.

IX. — Le cas des Dipneustes pose la question du RÔLE DE LA PAROI DE LA VESSIE NATATOIRE DANS LE PAS- SAGE DES GAZ. Notons tout d’abord que chez certains Crossoptérygiens, chez Caelacanthus du Dévonien et chez Undina du Jurassique, la vessie natatoire est calcifiée, ce qui peut paraître en contradiction avec son rôle fonctionnel et demanderait une explication.

Grécue a étudié les gaz de la vessie natatoire chez un poisson de Californie, Porichthys Notatus.

Biot a montré que les gaz de la vessie natatoire des poissons des profondeurs marines contiennent de

l'oxygène en plus grande quantité que l’air atmosphérique. Bohr étudia la teneur des vessies natatoires de Gadus calarias dont la vessie natatoire est privée de conduit et bien isolée. Quand le poisson était en équilibre, les gaz contenaient de 0,2 à 9,6 vol. % d’oxygène. Pris à 14 mètres de profondeur, les gaz analysés immédiatement au moment de l’immersion contenaient 52 % d’oxygène, mais le jour suivant la distension ayant disparu, la vessie natatoire n’avait plus que 10 à 12 % d’oxygène. Wodland publie un grand nombre de figures montrant la constitution histologique de la glande à gaz. I] conclut à une sécrétion d’oxygène.

Porichthys Notatus, qu’a plus particulièrement étudié Grécue, présente une vessie natatoire qui, à mesure qu'on la vide, est remplie par ses corps rouges. Dans toutes les conditions, on a trouvé des teneurs en oxygène plus grandes que celles de l'air, variant de 30 à 88 %. Chez ce poisson, les gaz servent à faire des vocalises; quand ils sont vidés, ils se reforment très rapidement. Les gaz reformés sont peu différents des: gaz primitifs.

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