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I. — LES PROTEIDES

Baudony, étudiant la substance de la capsule ovulaire de Raja batis, décrite sous le nom d’ovokératine, montre que celle-ci s’écarte notablement à la fois des scléroprotéines sèches telles que les kératines phanériennes et des scléroprotéines humides telles que les collagènes et les élastoïdines. Ces différences ont été observées sur l’ensemble des propriétés concernant l’imbibition de ces substances.

Les valeurs de l’imbibition en fonction de la tension de vapeur et des variations du pH sont notablement

plus élevées dans le cas de l’ovokératine qui s’écarte à cet égard du crin de cheval pris comme type des protéines sèches définies par Jordan Lloyd.

Si on rapproche l’ovokératine des protéines humides du type collagène, qui s’imbibent très fortement, on constate que l’ovokératine s’en éloigne également par les valeurs très imprévues de son imbibiton, quoique dans ce cas, l’eau soit retenue avec une énergie beaucoup plus grande.

Un certain nombre de protéides ont été décrits :

a) Les protéides des œufs de hareng ont été étudiés par Hugounenca en 1904. Ces œufs contiennent 81,47 %

protéines.

C’est un produit lévogyre en solution alcaline ([a]p — — 57,4).

Sa composition élémentaire est Ja suivante:

ETC TERRE NE E VA NAN Re 040 -— AO RENE DOME PR RES Lire 23 900— Ne EAN NA 14042

Lorsqu'on hydrolyse la clupéovine par l’acide sulfurique à 30 % à l’ébullition pendant 16 heures, on peut extraire des produits de dédoublement de nom-

breux dérivés :

Arginine. .. 2,7 % Acides aminés di- ENSIRE sr ce A0 — vers (calculés en HS Hdines RE de 0,4 — leucine) 262005 50,7 — HVTOSIME CU Lee 1,0 — Produits humiques. 22,0 — Pencinermec ere 21.2 —

b) Les protéines des œufs de saumon. — Gordon

Young et Inmann ont étudié les protéines de la membrane de la coquille des œufs de saumon. Ce problème

est intéressant car il est en relation avec le processus. de l’éclosion au cours duquel un amincissement puis upe rupture de cette membrane se produisent. Il est aussi en rapport avec le problème de la semi-perméabilité des capsules d'œufs.

Les auteurs opèrent sur des œufs de Salmo salar de l’Atlantique, les uns fertilisés, les autres non fertilisés. Les œufs sont séchés sur un papier-filtre et ouverts au scalpel et à la pince. On sépare l’enveloppe du jaune, on la suspend dans une solution de chlorure de sodium à 1 % à 0° et on agite pendant 2 heures. On lave à l’alcool-éther puis on sèche à 105°, pendant plusieurs heures. 1.500 œufs fournissent 1 gr. de produit à étudier. On analyse alors les différents acides aminés ; la tyrosine et le tryptophane par la méthode de Folin et Marinzy, l’arginine, l’histidine et la lysine par la méthode de Block, la cystine enfin par la méthode de Pollard et Siebnall modifiée par Sulliévan.

Les résultats sont résumés dans le tableau suivant :

Saumon Saumon Hareng nue

% Q P À NStOtAl ET. 15.20 15:32 14.22 15.08 SOA MES 0.55 1.44 ATSInine se... 5.72 5.85 6.35 32 Histidine# 123 1.28 2.09 17 Lysine# 3.54 3.47 5.55 7 NYroSine re 5.12 5.12 6.27 10.06 Tryptophane .. 1.42 1.42 2.02 + Cystine "0. 179 1.89 0.71 0.44 Glucosamine .. 1.04

Le rapport entre les molécules d’acide diamine : histidine, lysine et arginine est de 1, 2, 8. Il s’agit d’une pseudokératine d’origine mésodermique.

Enfin Greene a trouvé, dans l’œuf de saumon une proportion de 26,56 et de 27,01 % de protéines.

c) Par ailleurs l’œuf de truite a été étudié par Tangl et Farks en 1904. Ces auteurs ont noté 25,43 % de pro-

téine dans cet œuf. La même étude reprise par Fauré- Frémiet et Garrault en 1922 leur a donné le chiffre de 21,81 %.

Fauré-Frémiet, étudiant la composition chimique de l’œuf de truite, est arrivé à en extraire une vitelline qu’il appelle ichtuline.

La séparation de la vitelline est possible à partir des œufs frais que l’on broie avec quelques cristaux de chlorure de sodium; la purée obtenue est filtrée sur toile avec un entonnoir de Buchner, et le résidu (membrane vitelline et restes protoplasmiques) est lavé avec le minimum d’eau salée à 8 %. On obtient un liquide jaune, filant, transparent, que l’on peut déjà débarrasser d’une partie des matières grasses en l’épuisant à l’éther; la précipitation de la vitelline se fait très facilement en versant le liquide dans l’alcool ou mieux en diluant ce liquide dans une très grande quantité d’eau distillée; le précipité obtenu de cette manière peut être redissous et reprécipité plusieurs fois, puis lavé à l’alcool, épuisé à l’éther et séché. On peut extraire ainsi de l’œuf 28 % de vitelline.

Valenciennes et Frémy avaient déjà en 1857 réalisé la séparation de ce corps par une technique analogue. Ces auteurs avaient à l’analyse trouvé les chiffres suivants : azote — 15,2; phosphore = 0,6; cendres = 0,6.

Fauré-Frémiet et Garrault obtiennent des résultats approchants : azote — 14,28; phosphore — 0,57; cendres — 2,17.

L’ichtuline du cabillaud, étudiée par Levène contient 14,03 % d’azote.

La vitelline de la truite est soluble dans l’eau, soit en milieu nettement alcalin, soit en présence de sels et mieux en présence de sels de métaux bivalents : une solution à 3 % est stable en présence de NaCI N/5 (1,16 %) ou de CaCl? N/100 (0,11 %). Or l’œuf de truite renferme 0,27 % de calcium et la vitelline précipitée à l’alcool en contient encore 0.137 %.

La vitelline ou ichtuline de truite semble bien être, comme la vitelline de l’œuf de poule, une paranucléoprotéide assez voisine de la caséine.

Sous l’inspiration de Dalcq et de Brachet, Ghinst à entrepris d’étudier la synthèse de l’acide thymonu-

cléique dans les œufs de truite. I dose, à la fois, à différents stades, l’acide nucléique par la méthode de Dische, les pentoses par la méthode d’Hoffmann et le phosphore nucléoprotéique par la méthode de Plimmer et Scott, modifiée par J. et D. Needham. Ces mesures conduisent l’auteur à conclure qu'aucun de ces trois constituants n’est présent dans l’œuf vierge mais qu’ils apparaissent au cours du développement.

Le dosage de l’acide thymonucléique a été effectué

sur la partie cellularisée de l’œuf.

Après fixation au formol à 7 % pendant 48 heures, ce qui durcit complètement le vitellus, le chorion est ouvert et le blastodisque découpé à l’aide de pinces d’horloger. La méthode de Dische n'est pas applicable directement au matériel car les précipités abondants des phosphatides, en même temps que ceux de l'acide nucléique, rendent le dosage impossible. Cependant la modification apportée n’a aucun inconvénient, l’auteur a pris soin de le vérifier. Mais cette technique exige une assez grande quantité d’œufs pour les jeunes stades tout au moins et l’isolement d’une quantité suffisante de blastodisques est évidemment assez longue. Aussi l’auteur n’a-t-il que peu de résultats se rapportant à un embryon de 17 jours.

Voici les résultats obtenus sur les blastodisques iso-

lés :

Pour les œufs vierges, la réaction de Feulgen est négative. 38 blastodisques (Salmo fario) 5 jours : traces avec les œufs de Salmo irridens :

embryons 17 jours contenaient 0,63 mg.

La synthèse de l’acide thymonucléique au cours du développement est donc évidente.

d'acide thymonucléique

Un grand nombre de dosages de pentoses a été effectué mais on ne peut encore établir une courbe. Il faut noter cependant que les acides pentoses-nucléiques sont uniquement localisés dans la partie cellu!arisée de l’œuf. L’auteur a dosé également la teneur en pentoses de 50 embryons de 28 jours isolés du sac vitellin après fixation au formol et il a comparé les résultats obtenus à ceux que donnent les œufs entiers provenant de la même fixation. L’auteur constate qu’il existe une synthèse progressive d’acide pentose-nucléiques, phénomène dont on ignore la signification.

Les résultats du dosage du phosphore nucléoprotéique montrent également une synthèse, alors qu’on ne trouve pas dans l’œuf vierge ce constituant des acides nucléiques, il apparaît progressivement au cours du développement.

L’auteur fait remarquer la grande analogie entre le développement de l’œuf de la truite et celui de la poule. Dans les deux cas, il semble que l’on ait affaire à une « synthèse totale ».

Il. — LES LIPIDES

On trouvera au chapitre des lipides des renseignements sur les modifications des lipides ovariens au cours du développement des ovaires.

Leulier et A. Bernard ont étudié les constituants chimiques des œufs de Trutta irrida, en particulier le cholestérol. Ils ont déterminé ses variations au cours

du développement de l’alevin. Leurs résultats sont les suivants :

Un œuf de truite, le premier jour après la fécondation, contenait 1,26 de cholestérol pour cent de produit sec ; 10 jours après la fécondation, deux œufs de ce même poisson en contenaient respectivement 1,10 et 1,22 ; 20 jours après 1,26 et 1,16 ; 30 jours après 1,04 et 1,25.

A l’éclosion, 1,09 et 1,50. Quant aux alevins, un individu, 10 jours après l’éclosion, donnait 1,58 de cholestérol. Un alevin, après la résorption de la vésicule vitelline, 1,75 ; 50 jours enfin après l’éclosion, les auteurs ont trouvé 2,05 de cholestérol.

Le taux de cholestérol reste donc à peu près constant pendant toute la durée du développement ; il augmente après l’éclosion et peut doubler dans les alevins de 50 jours.

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