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I. — SECRETION ANTEHYPOPHYSAIRE

Plusieurs méthodes d’études ont été utilisées :

..a) La méthode des implantations. — Houssay a implanté des hypophyses de Micropogon opercularis et de Luciopimelodus pati à de petits ovo-vivipares, Cuesterodon decemoculatus (Jenyns), les hypophyses étaient triturées avec de l’eau salée dans la proportion d’une glande pour 0,1 ou 0,5 cc. qu’on injectait dans la cavité péritonéale. Chez les femelles ainsi traitées, l'expulsion des œufs s’est produite dans la plupart des cas de 1 à 8 jours. Les œufs n’ont jamais été expulsés après l’injection d’eau salée ou d’extrait musculaire. Le moment de l’expérience précédait de 15 jours l’époque de la ponte spontanée.

L'implantation du lobe glandulaire d’hypophyse détermine donc l’expulsion ovulaire chez ces poissons.

b) Par emploi d'extraits hypophysaires. — Cardoso,

en injectant des extraits d’hypophyse de poissons, amène un frai précoce chez Prochilodus.

Owen, en injectant des extraits hypophysaires à un poisson japonais, Acheloguathus intermedium, et jugeant de l’apparition de caractères sexuels secondaires chez le poisson par le développement de mélanophores et de pigments rouges, note une activation de ce développement, chez le mâle dans 66 % des cas, chez la femelle dans 60 % des cas.

Beaucoup plus intéressante est une expérience de Hassler, Myer et Field qui utilisent un extrait hypophysaire de Cyprinus carpio après une dessiccation à l’acétone. La poudre obtenue est mise en suspension dans 1 cc. d’eau et injectée dans le péritoine. L'auteur utilise Salmo Gairducici et Salmo fario. 6 à 7 semaines avant la maturation normale, on obtient des œufs mûrs chez les femelles, du sperme chez les mâles.

Damas a expérimenté sur des lamproiïies dont il décrit le développement génital. Il nous a paru intéressant de rapporter cette description.

Il existe chez la lamproie une véritable livrée sexuelle. Au moment de son retour dans les rivières, la lamproie est extérieurement neutre. Il est impossible d'en reconnaître le sexe. Le corps est rectiligne. Les deux nageoires dorsales, peu élevées, sont séparées par un important intervalle et, du cloaque allongé en fente linéaire, sort un tube urogénital dans les deux sexes.

Au moment de la reproduction, mâles et femelles se distinguent à première vue. Chez la femelle, les deux nageoires dorsales sont contiguës et la deuxième débute par une base fortement tuméfiée. D’autre part, l’orifice cloacal est délimité par deux épais bourrelets injectés dont le postérieur forme ce que l’on appelle la nageoire anale. La portion caudale de l’animal est tournée vers le haut.

Chez le mâle, les nageoires sont également contiguës. Mais le bourrelet de la seconde dorsale fait défaut. Celle-ci est particulièrement haute et injectée de sang. Le tube urogénital est

fortement saillant; la portion caudale est recourbée vers le bas.

lauteur a eu l’occasion de suivre l’apparition de cette livrée sexuelle sur un lot important de lamproies provenant. de la Meuse hollandaise et tenues en aquarium à partir du mois de février.

L'auteur a fait les constatations suivantes :

Jusqu’à la fin du mois de mars, il n’est pas possible de déterminer le sexe ue ces animaux. fls sont restés à l’état présexuel. Les œufs sont encore fixés dans l’ovaire et Jes spermatides globuleuses.

Vers le 10 avril, chez la plupart d’entre eux, Jes nageoires. dorsales se réunissent et la papille génitale se tuméfie. Alors le tube uro-génital des mâles a atteint sa longueur maximale; la nageoire dorsale des femelles montre les premiers signes d’épaississement.

Le 14 avril, Damas ouvre l’abdomen d’une femelle dont les caractères sexuels ne sont pas encore pleinement développés. Il trouve tous les œufs détachés de l'ovaire et aptes à la fécondation. À ce moment, quelques mâles fournissent du sperme actif.

C’est sur de tels poissons que l’auteur a injecté dans les sinus sanguins qui séparent les muscles de la tête, 1 ou 2 cc. d'urine de femme gravide préalablement agitée avec l’éther pour la débarrasser de sa folliculine.

L'introduction de ce liquide provoque la distension des sinus, le gonflement de la tête et l’étalement de la ventouse.

Le résultat fut une apparition prématurée des caractères sexuels, et une ponte plus hâtive.

L'auteur a fait également une injection de 1 cc. d'extrait antéhypophysaire (— 0,1 gr. d’extrait sec) à trois lamproies ne présentant aucun caractère sexuel externe. La première injection faite le 8 mars fut renouvelée les 11, 16 et 21 mars. Le 11 mars, les nageoires dorsales étaient réunies. Le sexe des individus était reconnaissable le 28 mars. Le 6 avril, la femelle fut ouverte. Les œufs étaient tous détachés de l’ovaire et d'aspect normal.

Ils furent fécondés par le sperme d’un mâle de la même expérience. Cette culture donna de nombreuses larves nageuses.

Aux mêmes dates, l’auteur a fait des injections de 1 cc. d’hypophysine (= 0.1 gr. d'extrait sec de la glande totale) à trois lamproies. Trois jours après la première injection, les nageoires étaient réunies. Le sexe de ces individus devint reconnaissable le 28 mars. Ils ne fournirent du sperme que le 6 avril.

On voit donc que les sécrétions antéhypophysaires hâtent l’apparition des caractères sexuels de la lamproie et avancent la date de la reproduction. Les produits sexuels ainsi avancés donnent naissance à des larves normales.

Il. — SECRETION TESTICULAIRE

Eversole, en 1939, a injecté du propionate de testostérone à Lebistes reticulatus femeile. Il a obtenu une diminution de l’accroissement du corps. La femelle normale a 31 mm., la femelle traitée a 21 mm. Pour interpréter ce résultat, il convient de noter que le mâle normal a 18 mm. Il a encore obtenu une suppression de l’ovogenèse et une apparition de quelques-uns des caractères secondaires du mâle.

Owen étudiant le poisson Acheloguathus du Japon, jugeant les caractères secondaires sexuels par le développement de l’appareil mélanophorique, a injecté du testotérone avec des résultats positifs dans 100 % des cas chez le mâle et 66 % des cas chez la femelle.

Les extraits aqueux testiculaires n’ont donné des résultats positifs que dans 50 % des cas chez le mâle et chez la femelle.

C’est aussi des résultats positifs qu'avait noté Wunder en 1931 chez Rhodeus amarus en injectant des extraits testiculaires.

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