III. — SECRETION OVARIENNE
Berkowitz injecte de l’estrogène à des mâles de Lebistes reticulatus. Il note chez ces mâles la suppression des caractères sexuels secondaires et l’apparition de quelques caractères secondaires féminins. Quant aux gonades, on a soit un arrêt de développement, soit un type hermaphrodite.
Chez la femelle, l’estrogène a peu d’action sur l'ovaire.
Weisman, Mishkind, Kleiner et Coates ont extrait l’hormone des ovaires de Xyphias gladius. Ils l’injectent aux rats castrés. Ils obtiennent le phénomène vaginal de l’œstrus.
En terminant, nous notons qu’un certain nombre d’auteurs, dans le but pratique de détecter la grossesse, ont fait absorber des urines de femmes enceintes à des poissons. Les résultats sont d’ailleurs variables et plus ou moins heureux.
Owen note 75 % de résultats positifs avec Rhodeus amarus.
Calvet, en 1932, a injecté pendant deux jours de suite 0,2 cc. d’urine de femme enceinte à une jeune lamproie. Celle-ci n’a survécu qu’un jour, mais déjà on pouvait noter à la base de l’ébauche génitale l’apparition de nombreux ovocytes beaucoup plus évolués que chez l’Amnocète normal.
L’auteur a, devant les difficultés provoquées par les injections, mis les lamproies dans un bain d’urine diluée avec un tiers d’eau. Elles y séjournaient 8 à
10 minutes toutes les 24 heures pendant 10 jours, et étaient sacrifiées 5 à 6 jours après. Il s’était produit un développement net des Ovocytes et une disparition presque totale du tissu conjonctif.
On voit que les principes actifs contenus dans l’urine de femme enceinte, folliculine ou substance antéhypophysaire, non seulement accélèrent le cycle génital mais peuvent encore le provoquer à contretemps chez des animaux à cycle temporaire.
Boucher M., Boucher S$. et Fontaine ont également étudié l’action de l’urine de femme enceinte sur des anguilles pouvant arriver à maturation des régions et dont les individus trouvés sexuellement mûrs constituent des pièces extrêmement rares.
L’urine de femme enceinte était introduite par injection intramusculaire dans la région caudale de l’animal.
Les expériences les plus intéressantes par leurs résultats ont porté sur des anguilles mâles, argentées, provenant des marais de Brière, et qui ont été conservées 2 mois dans l’eau de mer.
L'une, de 59 gr., ayant reçu au cours de 2 semaines, 3 injections représentant en totalité 13 cc. d’urine de femme enceinte, a été sacrifiée 15 jours après la dernière injection. Déjà les testicules avaient considérablement augmenté de volume, perdu toute transparence et l’histologie confirmait une évolution très nette vers la maturité sexuelle.
Une autre anguille de 45 gr., qui avait reçu dans le même temps 3 injections représentant 6 cc. des
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mêmes urines, a été conservée vivante 7 semaines et au bout de ce temps est morte naturellement.
Les organes génitaux étaient très développés, les lobes très agrandis et épaissis étaient d’un blanc laiteux et l’aspect général rappelait celui de l’anguille mâle sexuellement mûre trouvée par A. Fedderson en 1908.
D’autres expériences des mêmes auteurs ont porté sur de grosses anguilles femelles d’avalaison provenant de la Loire. Mais étant donné la taille de ces individus, les poissons ont dû être conservés en eau douce. Dans ces conditions, une anguille de 1.200 gr. ayant reçu de décembre à mars 7 injections de 10 cc. chacune d’urine de femme enceinte, a été sacrifiée 15 jours après la dernière injection. Le rapport du poids des organes génitaux au poids du corps était de 3,4 %. Or, dans le même lot, 8 anguilles sacrifiées sans avoir subi aucun traitement, présentaient un rapport de 1,5 en moyenne.
Chez l’anguille femelle ce résultat est donc également satisfaisant. Les auteurs notent que chez les deux sexes, sous l’action de ce traitement, les yeux
s’agrandissent sensiblement.