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B. — LES ALCOOLS ET LES CAROTENOIDES

Comme chez la plupart des vertébrés, le glycérol domine, mais on trouve à côté de lui: des alcools à chaîne longue que nous aurons à décrire, du Cholestrérol et enfin, des produits d’oxydation d’un car-

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bure d’hydrogène ; les Caroténoïdes, parfois alcools, toujours cétones que, pour des commodités didactiques, nous étudierons dans ce chapitre.

1° L'alcool à longue chaîne, le mieux étudié chez les poissons est l’alcool oléylique (C18H360).

L'alcool oléylique est un liquide légèrement jaune, de densité 0,8.527, son point de fusion étant de 2° ou 3°. C’est un alcool non-saturé, qui possède un indice d’iode de 92. Toyama l’a trouvé en 1922 dans l’huile d’un squale, le Chlamydoselluchus anguinens (Garman), dernier représentant d’une famille qui disparaît.

On trouve encore divers glycols dans l’huile des Sélatiens. On a décrit le Glycol batylique, saturé (C20H4203), solide et peu soluble dans l’acétone, et le Glycol selachique non-saturé (C20H4003), liquide très soluble dans l’acétone. Ces alcools ont été trouvés d’abord, par Tsujimoto, en collaboration avec Ioshiyuki Toyama, dans le foie de l’Hexanchus Corinus, puis ils ont été retrouvés chez d’autres Sélaciens faisant partie des trois principaux embranchements. On peut citer :

Chez les Squales : Hexanchus corinus, Cirrhigaleus barbifer, Somniosus microcephalus, Lepidorhinus kimbei, Zameus squamulosus, Scymnorhinus licha, Centroscyllium ritteri, Heptranchias deani, Galeocerdo ligrinus, Centrophorus (non déterminé).

Chez les Raies : Narcacion tokionis.

Chez les Chimères : Chimoera Owstoni.

Il faut encore citer l’alcool chimylique C19H4003 découvert dans le foie d’une Chimère du Japon. Enfin dans l’huile de foie de certains élasmobranches,

des alcools non saturés découverts par Toyama et de formule C25H4203.

2° Le Cholestérol. — Nous savons que la Perche contient 1 gr. 23 de Cholestérol par kilog. d’animal et la Tanche 1 gr. 22 (Terroine). Ces chiffres sont voisins de ceux trouvés chez les autres vertébrés.

Il semble que l’organisme du poisson puisse faire la synthèse du cholestérol. Chez le hareng, le cholestérol augmente dans les glandes génitales, alors que l'alimentation n’en apporte pas. Au même moment, la dose de cholestérol du muscle ne change pas, celle du foie et du mésentère diminue, mais dans une proportion insuffisante pour justifier l’augmentation ovarienne.

3° Les Caroténoïdes de la peau de poisson ont été particulièrement bien étudiées.

Citons les observations spectroscopiques de Merefkowsky, Max Munn et Lonnverg et les études chimiques de Lederer et Sœrensen. On isole de la peau du poisson un certain nombre de pigments Caroténoïdes. Le principal est l’Astacine (C40H5004). I] contient quatre groupements C O et onze liaisons éthyléniques. Son spectre d'absorption, dans le sulfure de carbone donne une bande à 5.500 A°, et une autre à 4.500 A°. On trouve encore de la taraxanthine (C40 H5604) qui possède trois groupements alcool, et dix liaisons éthyléniques. Elles possèdent deux bandes d'absorption, l’une à 5.010 A°, l’autre à 4.690 A°. La pectenoxantine (C40H5400) qui possède deux groupements alcool, un groupement cétone, et onze liaisons éthyléniques. Elle présente deux bandes, l’une à

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5.180 A°, l’autre à 4.830 A°. L’échinénone (C40H560): qui possède un groupement cétone. Elle a deux bandes, une à 5.200 A°, l’autre à 4.880 A°. On trouve enfin des xantophiles qui sont des caroténoïdes alcool à 40 atomes de carbone dont la formule est encore mal précisée.

Tous ces caroténoïdes ont été trouvés chez de nombreux poissons. En 1936, Lederer a trouvé des Esters. de l’astacine dans une Dorade (Geryx hexadactylus) et dans un poisson rouge (Carassius auratus). Sœrensen a montré que le pigment de la chair du Saumon est lui aussi de l’astacine. Summer et Fox, ont décelé chez deux poissons : Fundulus parvipinnis et Hupsypops rubicunda des xantophiles qui semblent être de la taraxanthine. En 1936, Lederer, étudiant quelques poissons provenant de la région de Léningrad (Sébastes marinus, Perca fluviatilis, Esox lucius et Lota lota) retrouve encore de l’astacine et de la taraxanthine. En outre, des ovaires de l’Eleginus alvaga, il isole trois xanthophiles.

En 1938, Lederer, dans sa thèse de Sciences résume ces connaissances. Il semble bien que les poissons puissent faire la synthèse des caroténoïdes. L’originalité de leurs molécules de caroténoïde en est la meilleure preuve. Cette synthèse part sans doute du ca-

rotène.

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