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BAILE

La famille Baile de la Tour des Villards(Bajuli de Turre Villardorum) peut être citée comme une des plus anciennes ayant occupé dans le Briançonnais. une situation d'une certaine importance.

Pierre Baile, évêque d'Apt en 1256, mort à Marseille en 1268, était de cette famille (Chorier, état politique, Guy-Allard).

En 1322, autre Pierre Baile fut investi par le Dauphin de la misiralie du Villard-Saint-Pancrace ; entre parenthèses, ces fonctions étaient fort modestes. Le mistral n'était autre qu'une sorte de Vice-Châtelain. La mistralie du Villard- Saint-Pancrace comprenait : Villard supérieur, Villard inférieur, Sachat, La Tour, Morandes, Pasquier, les Ayes, faisant 125 feux. (Inventaire de la Cour des Comptes).

Dans le même inventaire de la Cour des Comptes (Brianç.), à la suite d'une description du Château de Briançon, du 28 mai 1339, se trouve une liste des nobles du Briançonnais qui comprend 85 noms ; on y relève celui de sept membres de la famille Baile, savoir : Bertrand, Bermond, Pierre, Reymond, autre Bermond, Izoard et Antoine.

11 août 1342, hommage au Dauphin prêté par noble Bertrand Baile, du Villard-Saint-Pancrace, pour ses possessions au Villard-Saint-Pancrace et à Briançon.

En 1462, Antoine de Baile était lieutenant au baillage de Briançon (Chorier).

En 1453, Jean Baile était pourvu du titre et de la charge de président unique au Parlement. Il devait sa nomination au Dauphin (depuis Louis XI) retiré en Dauphiné depuis 1448.

En 1457, Jean Baile, fils du président, est pourvu deTArchevêche d'Embrun. Il est mort en 1494.

Il y a eu entre les historiens du Dauphiné divergence d'opinions sur le fait de savoir si le président et TArchevôque du nom de Jean Baile appartenaient à la famille Baile du Villard-St-Pancrace ou à une famille du même nom fixée à Embrun.

Le curé Albert (histoire du diocèse d'Embrun. T. 2, p. 200), est très aflîrmatif à ce sujet. « Jean Baile, dit-il, en parlant de r Archevêque, était d'une famille noble et ancienne du Briançonnais qui résidait au Grand-Villard. J'ai encore connu deux MM. Baile de cette famille dont l'un était curé de Saint-Martin et l'autre docteur en médecine. Noble Jean-Joseph de Baile, co-seigneur de Baratier, était de la même famille. »

M. de Ili voire de la Bâtie, dans son Armoriai du Dauphiné, conQrme, de l'autorité de ses immenses recherches, l'opinion du curé Albert. « Nous remarquerons, dit-il, que toutes les familles qui vont suivre et que l'on retrouve dans les actes sous les divers noms de Baile, Bayle, Beyle et Belle (Bajuli), ne sont que des branches d'une même souche, fort ancienne en Briançonnais, dont les premiers membres connus sont : Ismidon Baile ou Belle, vivant au xi*" siècle, qualifié Ismidonus Belli de Auriol, dans un acte du Gartulaire de Saint-Hugues; Pierre Baile, chanoine de l'église de Grenoble, mentionné dans un acte de l'an 1132; Pierre Baile, Evêque d'Apt en 1250; Ghabert Baile, caution de Robert Bermond, en 1259; Guillaume Baile, châtelain de Grest, en 1299. Elle se divisa dès cette époque en plusieurs rameaux, ayant des armes difTérentes. • Golomb de Batines se range à la même opinion.

Nous n'insisterons pas sur ces questions généalogiques. Il n'est, ce me semble, nullement désirable de revendiquer pour la biographie Briançonnaise, ces peu estimables

personnages, ces rapirïeulx, suivant Texpression de Louis XI qui a flétri le père et le fils par une peinture énergique de leurs vices (lettre de 1482 à Elie de Bourdeilles, Archevêque de Tours), — à ces vices signalés par le monarque, alors sur son déclin et revenu des emportements de ses premières colères, impartial dès lors, on peut ajouter l'ironie non dissimulée de la devise de leurs armes : Qui croit en Dieu, Croïst, Ils faisaient à Dieu l'injure de le prendre comme auteur de leur élévation temporelle et pour complice de leurs pilleries, (Expression de Louis XI). (Voir mes notes sur le canton de l'Argentière, p. "21)0 à 263.)

Les deux Jean Baile étaient d'ailleurs réputés pour leur intelligence et leurs lumières.

Le sieur Brunet de TArgentière consacre quelques lignes aux Baile de la Tour dans ses mémoires historiques sur le Briançonnais (Mss. en ma possession.)

I La plus ancienne de ces familles est celle de Baile de la Tour, Dajuli de Turre Villardorum; elle possède une partie du fief de ce nom, le seul qui soit dans le Briançonnais et qui était avant ir)30, très considérable; cette maison est très illustre, et de celles dont on ne peut pas découvrir ni remonter jusqu'à lorigine; on sait seulement qu'en 1285, elle avait un Evéque d'Apt; elle eut un Archevêque d'Embrun et un premier Président au Parlement de Grenoble ; un de Baile fut pris avec François I*"" à la bataille de Pavie; sa rançon où les pertes qu'il fit consommèrent ses meilleurs biens, et cette famille n'a pu depuis se rétablir dans son premier éclat.

II y a un manuscrit du Cardinal d'Ostie^ Archevêque (1), dans la bibliothèque des Jésuites d'Embrun (auquel est joint un mémoire) sur les droits que l'Eglise prétendait avoir dans le Briançonnais, qui parle des Baile de la Tour^ et il les qualifie Sires et dit qu'ils sont d'un mérite et d'une naissance distingués; ce Cardinal vivait vers le milieu du xiv* siècle.

(I) Henri de Suze, archevêque d'Embrun, de 1250 à i27l.

Les de Balle de Baratier, près d'Embrun, sont une branche de cette famille ; ils prétendent en être la souche, mais cela n'est pas ; tous les titres sont contraires à leurs prétentions.

Le dernier représentant mâle de la branche Briançonnaise des Baile de la Tour du Villard, fut Pierre Balle, ancien curé de Saint-Martin-de-Queyrières. Sa nièce, Anne Baile^ fille de Reymond Baile, avait épousé en 1778 Antoine Rana des Comtes Rana de Suzc, receveur des Gabelles royales à Turin.

ClËuvre de TArchevêque Jean Baile : Breviarium Ebredunense. (Lugduni Joh. Moylin, 1520).

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