BERTRAND (FRANÇOIS
Bertrand François, ecclésiastique d'Embrun (suivant Guy-Allard, Bibliothèque du Dauphiné)', a donné en 1654 un recueil de vers accrostiches.
M. H. Gabriel a consacré quelques lignes dans la Petite revue des bibliophiles Dauphinois à Bertrand François. Les voici :
* Fauché-Prunelle. Essai sur les aacieanos institutions du Briançonnais. Tome II, pp. 704 et suivantes,
* Je dois à mon savant compalrioto, M. le D» Ghabrand, d'utiles indications sur la famille Berthelot.
• « Indication vague suivant les habitudes de Quy-AUard — Cela no Tcutil pas dire du diocèse d'Embrun?
€ Œuvres poétiques dédiées à Mgr Georges d'Aubusson,
€ archevesque et prince d'Embrun par P. F. B., Gre-
« noble, chez P. Fremon, 1654, in-8* de 36, 18-VIII, 70-1 p.
Dans le cahier VIII pages, je lis :
Au lecteur,
Si vous voulez sçavoir le nom et la demeure
De Fauteur de ces vers :
Vous les pourrez trouver aux suivans à cette heure
Ayant les yeux ouverts.
Or les vers suivants sont des stances accrostiches dans lesquelles ont trouve : par le RRD (révérend) père François Bertrand, curé de Ville-Vieille (en Queyras).
Si les vers du père Bertrand ne sont pas bons, ils sont fort rares et les amateurs d'aujourd'hui ne demandent pas autre chose aux livres qu'ils couvrent d'or. »
BRUN (Jean-Baptiste) Fabbé.
M. Vabbé Brun, actuellement curé à la Bessée ^canton de TArgentière) estnéle Sjanvier 1829 à TEchalp (commune de Ristolas). Il a été quelques temps curé de l'importante paroisse de la Salle (canton de Briançon).
Né dans une des plus hautes vallées du Dauphîné, M. l'abbé Brun a contracté de bonne heure un goût très vif pour la flore des Alpes ; il a cultivé la Botanique avec succès. Ses travaux ont eu aussi pour objet Tétude des coléoptères.
Vie de Sainte Agathe , vierge et martyre, suivie d'une neuvaine en son honneur, par l'abbé J.-B. Brun, curé.
Paris. V. Raveau-Dartois et G»% in-8% 83 pp. 1867.
Le Botaniste et le Goléoptérologue au Mont-Vîso par l'abbé J.-B. Brun, curé.
Paris. V. Raveau-Dartois et G*», 1868, in-18, 130 pp.
GHABRAND (Augustin).
Ghabrand (Augustin) fut dans la seconde moitié du 16* siècle le chef des réformés de Molines-en- Queyras. Les catholiques durent céder l'église du lieu pour les
prédications huguenotes. Certains écrivains racontent, au sujet de cette prise de possession et des abus de pouvoir du parti protestant, des actes de violence et môme de barbarie auxquels il nous répugne de croire sur ce que nous connaissons du caractère des habitants du Queyras et de la cordialité qui caractérise leurs relations entre eux. Augustin Ghabrand est qualifié dans les mémoires du temps [Storia délie Alpi Maritime et Transitons du Queyras) de capitaine et même de général de l'armée molinoise (armée de 50 ou 60 hommes ! I). Il fut consul de la communauté de Molines en 1572, 1574, 1578,
Un petit fils d'Augustin Chabrand se fixa à Anduze (Gard). L'un des membres de cette branche de la famille, le pasteur Chabrand, est devenu, dans les premières années du règne de Louis-Philippe, président du consistoire de Toulouse et fut créé Chevalier de la Légion d'honneur.
Parmi les autres descendants d'Augustin Chabrand demeurés dans le pays et dans le domaine de leur ancêtre, on doit citer comme ayant acquis à ce nom une flatteuse et honorable notoriété, M. le chanoine Pierre Chabrand et surtout le docteur Armand Chabrand, dont la biographie est esquissée dans ces modestes notes biographiques.
CHABRAND (Jean Armand).
Chabrand (Jean Armand), est né le 21 septembre 1812, à Molines-en-Que y ras .
M. Armand Chabrand, ses études universitaires achevées, fut nommé professeur au collège de Briançon. Il n'occupa que peu de temps ces fonctions et partit pour Paris pour y faire ses études de médecine. Intelligent, laborieux, plein d'ardeur, il revint, muni de 3on diplôme de docteur et d'une solide instruction médicale, se fixer à Briançon où il a exercé longtemps la médecine avec distinction et avecun dé voûment dont ses compatriotes lui ont gardé une durable reconnaissance. Quand l'âge est venu, le Docteur Chabrand, abandonnant le pays natal au rude climat, s'est fixé à Grenoble .
Avant ce changement de résidence, le Docteur Chabrand, très attaché à son pays, s*était consacré à un tra« Yail de recherche et à la mise en lumière des documents recueillis ayant trait à un point quelconque de la statistique ou de rhistoire du Briançonnais. Tous les loisirs que lui laissait l'exercice de sa profession étaient religieusement consacrés par le docteur, aussi lettré que savant, à ces recherches, à ces travaux, dont le résultat s'est traduit en un certain nombre de publications pleines d'intérêt, publications qui constituent, à ce jour, un riche fonds d'informations sur l'histoire du Briançonnais, sur sa situation économique actuelle, ses besoins» ses ressources présentes et celles que Ton peut espérer de l'avenir, sur les mœurs des habitants. Il a fouillé les archives municipales de Briançon et des communes briançonnaises^ les inventaires de la Cour des comptes, les minutes de notaires, les obituaires, etc.
M. le D' Ghabrand a été inspecteur des eaux thermales et minérales du Monôtier-de-Briançon. Dans la 24» session du congrès scientifique qui a eu lieu à Grenoble, 11 a lu une notice très remarquée sur rétablissement thermal du Monêtier.
Plus tard et en 1864, M. le docteur Ghabrand publia sur le goitre et le créténisme endémiques une étude qui révéla une rare sagacité, un talent d'observation peu commun. La question était à l'ordre du jour à ce moment ; le livre de M. Ghabrand fut remarqué et discuté. M. Nitter , médecin principal à Strasbourg et M. le docteur Armand Bey, à Grenoble, ont rendu compte du livre. Ils ont loué grandement l'œuvre et l'auteur.
M. le docteur Ghabrand est depuis longtemps membre de l'Académie delphinale. Il a fait dans les réunions de cette société littéraire des lectures écoutées avec une religieuse attention .
Notice sur les eaux minérales et l'établissement thermal du Monétier-de-Briançon. Grenoble, Maisonville, 1858, in-8, 15 p.
DuGottre et du Grétinisme endémiques et de leurs véritables causes; Paris, A. Delahaye, 1884, in-8, 92 p.
Antoine Gayre-Morand, fondateur de la manufacture de cristal de roche de Briançon ; Grenoble, X. Drevet, 1874, in-8, 32 p.
Les Refuges Napoléon dans les Hautes-Alpes ; Grenoble. X. Drevet, 1877, petit in-8, 16 p.
De Guilleste au Gbàteau-Queyras, Grenoble, X. Drevet, 1876, petit in-8, 21p.
La famille Videl ; Grenoble, X. Drevet, 1879, petit in-8,
LesEscoyères en Queyras ; Grenoble, X. Drevet, 1881, petit in-8, 15 p.
État de rinstruction primaire dans le Briançonnais avant 1790 ; Grenoble, X. Drevet, 1882, petit in-8, 32 p.
Monsieur d'Angervilliers, bienfaiteur du Briançonnais : Grenoble, X. Drevet, 1884, in-8, 8 pages,
La Noblesse et la Bourgeoisie à Briançon avant 1789 ; Gap, Jouglard, 1884, grand in-8, 15 p.
La guerre dans les Alpes ; Grenoble, X. Drevet, 1885, in-12, 109 p.
Un épisode de l'Histoire des Vaudois ; Grenoble, G. Dupont, 1885, in-8, 28 p.
Vaudois et protestants des Alpes ; Grenoble, 1886, in-8, 287 p.
Patois des Alpes cottiennes; Grenoble, 1877, grand in-8, 228 p. (en collaboration avec M. Albert de Rochas d'Aiglun, commandant du génie).
Briançon administré par ses consuls ; Gap, 1888, in-8«,
CHABRAND (Pierre).
L'abbé Pierre Chabrand, frère ainô du docteur Ghabrand, est né à Molines-en-Queyras le 27 novembre 1800. Il est mort à Gap, le 9 février 1888.
L'abbé Ghabrand, dont la vie entière s'est passée dans le diocèse de Gap, avait conquis, par sa science théologique, sa piété, et l'élévation de son caractère, une grande considération soit dans le clergé, soit au sein des populations des Hautes- Alpes. H a été, durant de longues
années, supérieur du grand séminaire de Gap et vicairegénéral. Ses fonctions qu'il remplissait avec zèle et avec sagesse, ne l'empêchaient point de se livrer avec ardeur à l'étude. Il a écrit en latin avec autant de correction que d'élégance des explications et méditations suv Vimitatîon du Christ. Ce travail qui atteste une profonde connaissance des Pères de Téglise, des œuvres des plus savants docteurs, des conciles, de l'ancieu et du nouveau testament, semble avoir été réservé par l'auteur à une élite de lecteurs, dans la partie la plus éclairée, la plus instruite du clergé.
La Bibliothèque catholique, dans un long article signala la parfaite orthodoxie du livre et les grandes lumières de l'auteur.
L'abbé Ghabrand a fondé à Molines une bibliothèque populaire avec des fonds à lui remis par la reine Amélie avec cette destination (Ladoucette, Histoire des Hautes- Alpes, p. 91-92, édit. 1848).
Il a fait don au petit séminaire d'Embrun du magnifique herbier du colonel Serres, acquis par lui avec l'intention de cette libéralité.
L'abbé Ghabrand avait, en 1860, lu dans une séance de l'Académie fiosalpine, une savante dissertation sur Tétymologie celtique des noms de rivières, de montagnes et de localités du pays compris dans les Hautes-Alpes.
De imitatione Christi libri quatuor. Editio altéra, cuî accedunt varîae et pise considerationes ad usum cleri, auctore P. Ghabrand, vicario generali et seminarii Vapincensis superiori, in-12 de XII-400 pages (1853), chez Ambroise Bray.
Explication du pontifical romain à l'usage des ordinands, etc. in-12, 1801. Paris, 4J4p.
Mois de Marie à l'usage du clergé, etc., în-12, 379 p., 1874. Gap, Richaud.
CHAILLOL ou GHAILLOT
Famille originaire du Queyras [de turre Chaillolorum). La tour de Ghaillot était située, suivant les coiijectures
les plus admissibles, aux Roux, commune d'Abriès. Un Jacob Ghallol représenta la communauté d'Aiguilles (jui comprenait à cette époque celle d'Abriès (la séparation n'eut lieu qu'en 1387) dans la convention particulière intervenue entre le Dauphin Humbert n et les communautés du Queyras, le 19 Juin 1343. Plusieurs membres de cette famille ont occupé, par une sorte de transmission héréditaire les plus hautes fonctions de judicature dans le Briançonnais. M. J. Roman (Tableau historique du département des Hautes -Alpes) a donné le nom des Chailloi qui ont été vibaillis du Briançonnais : Lazare de Ghaillol 1568 ; François de Chaillol 1568-1617 ; Claude de Chaillol 1620-1629 ; François de Chaillol 1648-1671 ; Charles de Chaillol 1677 ; Sébastien de Chaillol 1680-1707 ; Sébastien de Chaillol 1725-1733. Le mariage de Gaude de Chaillol avec Françoise Béatrix Robert, dame de Bouquéron, donna naissance à la branche des Chaillol Bouquéron, représentée encore en 1766 par un président au bureau des finances, seigneur de Bouquéron.
Ce fut une tradition dans cette famille de graver sur la tombe des ascendants décédés des épitaphes où l'hyperbole dans réloge dépasse toute mesure. A prendre au pied de la lettre ces pieux panégyriques, tous les Chaillol furent des preux à l'égal des pairs de Charlemagne, des Pic de laMirandoIe pour l'universalité des connaissances, des Cujas pour la science juridique 1 1 (voir notamment épitaphe de Lazare de Chaillol dans la Bibliothèque du Dauphiné (édit. Gariel, v** Chaillol), et celle de François de Chaillol I dans les essais d'Antoine Froment (édition A. Albert, p. 247). Le caractère briançonnais porté à répargne (à Gap, tout sur le dos; à Embrun, tout dans le ventre ; à Briançon, tout dans la poche — vieux dicton des Hautes- Alpes) se révèle dans Tune de ces épitaphes où le défunt est loué d*avoir arrondi le patrimoine de la famille, œquas adfecit opes.
Le mathématicien Vincent Léotaud , natif de la Vallouise, a dédié son livre: Insiiixdionum arithmé tic arum , etc. 1660, à François de Chaillol : Nobilissimo, clarissimoque domino d, Francisco de Chaillol, ioparchœ du
Plan, de la Tour, etc. Brianconnensium prœtori, dignissimo regio que consiliaro. Dans cette longue préface, le Jésuite Léotaud, avec une emphase italienne, exalte (nous ne savons dans quel intérêt) les vertus guerrières, politiques et religieuses de tons les Ghaillol, passés et présents. Les membres de cette famille devaient à coup sûr être généreux envers leurs panégyristes.
Les vibaillys Chaillol défendirent avec énergie et sauvegardèrent les attributions et prérogatives de leur charge contre toutes les tentatives d'empiétement, Claude de Chaillol, contre les consuls de Briançon et Sébastien de Chaillol, contre le châtelain royal Gabriel Bonnot, de Briançon. (Avertissement pour noble Sébastien de Chaillol, etc. 16 p. in-4* — A Nos seigneurs de parlement etc. 18 p. in-4*, 1.697 — (de ma collection de documents briançonnais) .
La famille de Chaillol possédait une villa près du gracieux hameau de Forville {fores-ville, commune de Briançon), au lieu dit le Martinet. Il y avait là sur les bords de là Guisanne des forges et des moulins à blé. Ce petit groupe de bâtiments était fort pittoresque. La terrible inondation de Mai 1856 a tout rasé jusqu*au pied du mur de la maison Chaillol, la seule épargnée.
Bibliographie:
Propositiones et universa philosophia depromptœ, gratian. 1641. in-4** 24 p. (thèse de François de Chaillol).
DEJUINE (NoëL)
Dejuine (Noël), maréchal-des-Iogis chef au 20« régiment de dragons, né au fort Queyras (Hautes-Alpes), étant tombé dans une embuscade de 17 hussards autrichiens, à la bataille de Castiglione, réussit à se faire jour après en avoir tué deux et blessé plusieurs autres. Dejuine fit également preuve d*un grand dévouement pendant Texpédition d'Egypte, en sauvant la vie à deux dragons et à une négresse près d'être submergés dans le Nil.
(Victoires et conquêtes des Français — tome 25 — p. 121 des tables du temple de la gloire.)