ROZAN (FRANÇOIS, LE DOCTEUR
Le D' RozAN est né au Ghàteau-Ville-Vieille en Queyras le 27 mars 1823.
Ses études universitaires terminées, bachelier essciences et ès-lettres à 16 ans, il est entré à Tàge de 18 ans, à la suite d'un concours, dans la médecine militaire. Il a parcouru cette carrière d'une manière brillante et y est parvenu au grade le plus élevé, celui de médecin principal de l'* classe. Doué d'aptitudes remarquables, il n*a point borné son ambition à devenir un chirurgien de supérieure habileté; il a élargi le champ de son instruction et acquis des connaissances variées. Il a pu affirmer par ses écrits, et plus tard par sa participation aux affaires publiques, dans son pays natal, l'étendue de son savoir et les ressources de sa vive et souple intelligence. Il débuta dans le service de santé militaire par un séjour de onze ans en Algérie. Il prit part à Texpédition de Rome en 1849. n fit ensuite la rude campagne de Grimée, celle d'Italie
en 1859, commanda en chef le service médical au combat de Mentana, et, comme médecin major de !'• classe, fut constamment sur la brèche pendant la désastreuse guerre franco-allemande.
Quelles terribles épreuves pour Théroïque petite phalange des médecins et chirurgiens militaires, si réduite de nombre au regard du personnel médical des armées étrangères, si superbe de dédain du péril, suppléant à l'insuffisance numérique par Tabnégation et la surhumaine activité I Cette gloire si pure du médecin militaire, elle lui est acquise, soit dans le triomphe des armées, soit et plus encore dans la défaite, qui multiplie pour lui les obstacles, les écrasants labeurs et les dangers de tous genres. A lire les rapports du D' Chenu sur Texpédition de Grimée, ceux du D' Bertherand sur celle dltalie, et le livre La guerre et la charité par MM. Moynier et Appia, on demeure pénétré de la vérité de ces paroles du médecin en chef de Tarmée de Crimée : « Chacun continue à faire son devoir avec un héroïsme et un mépris de la mort qui font l'admiration de l'armée. » Maxime du Camp, qui cite ces mémorables paroles, les fait suivre de ces réflexions dont irréprochables sont la justesse etTà-propos : « Il est facile de monter à l'assaut, malgré les paquets de mitraille, lorsque l'on sent les coudes des camarades, enivré par le bruit, stimulé par l'exemple, les yeux fixés sur le drapeau qui marche en avant, comme l'image même de la patrie. La chaleur du sang, l'éréthisme nerveux, je ne sais quelle voix intérieure qui chante les fanfares de gloire, tout anime au combat et devient du courage ; l'effort n'est pas de longue durée, on arrive ou Ton tombe ; la mort est foudroyante ; elle a frappé avant qu'on ne l'ait aperçue. Cela est grand, je le sais, car tout sacrifice de soi-même est beau ; mais bien plus admirable me semble le dévouement du médecin qui, de pied ferme en son hôpital, engage contre la contagion la lutte quotidienne. Là, point d'emportement irréfléchi, point de cris de victoire ; mais la volonté, l'abnégation et le sentiment de ce que l'on doit à ceux qui souffrent, au respect de soi, à la fonction que l'on exerce. Dans le milieu empesté des salles d'ambu-
lances, la mort est humble, presque honteuse ; elle est partout, elle vous enveloppe ; on respire son haleine ; elle vous saisit entre le pot de tisane et le geigneux. Son appareil est misérable, son toucher fait de vous un objet de répulsion ; se battre contre elle sans défaillance, pendant des jours, pendant des mois, ne pas reculer d'un pas lorsqu'elle marche vers vous et vous regarde face à face, savoir qu'elle sera la plus forte, ne s'en point soucier, et redoubler d'énergie pour lui disputer ses victimes, c'est donner preuve d'une hauteur d'âme qui défie les paroles les plus élogieuses. Cet exemple, notre service de santé l'a offert en Grimée à tous les degrés de la hiérarchie, et la France n'aura jamais assez de reconnaissance pour le dévouement avec lequel il s'est prodigué. » {Revue des Beuœ-Mondes, 15 octobre 1888).
Le D' Rozan, atteint en Grimée, ainsi qu'un grand nombre de ses collègues, du t3rphus, ce formidable frère de la guerre, se sauva de la mort, grâce à ses habitudes d'intelligente hygiène, de sobriété, et grâce aussi à son énergique volonté de vivre. Il donna raison, en cette circonstance, aux ingénieuses théories sur l'omnipotence de la volonté sur la maladie du D' baron de Feurchtersleben, le célèbre médecin viennois [Hygiène de Vâme). Il put, en toutes autres circonstances de sa carrière militaire, grâce à sa viguexir de montagnard, traverser les épreuves de la guerre, sans nouvelle atteinte à sa santé .
Le Panthéon de la Légion d'honneur indique en ces termes les derniers errements de la carrière militaire du jy Rozan : « Médecin en chef aux hôpitaux de Briançon, de Delys, de Perpignan et du Gh'os-Gaillou, il s'est distingué dans toute sa carrière médicale par un dévouement, une activité et une intelligence professionnelle qui lui ont valu plusieurs ordres du jour et des félicitations de la part de ses chefs. »
Les limites de cet écrit nous interdisent d'entrer dans des détails sur la caiTière militaire si honorablement parcourue du D' Rozan. Qu'il nous soit permis cependant de signaler sa conduite à Montana. Il y commandait en chef le service médical. Les dispositions, sur le champ de
combat, furent prises avec une habileté, une prévoyance et une célérité merveilleuses, t G*est un fameux débrouillard, votre parent le D' Rozan >, me disait peu après, le colonel Bougaud, de Tartillerie, acteur dans la lutte et témoin oculaire des mesures prises pour les soins aux blessés. C'est, en effet, une des qualités maltresses de l'esprit du D' Rozan que cette rapide intuition du ce qu'il faut faire suivie de rimmédiate exécution. Le colonel Bougaud, d'un mot vulgaire, mais expressif, avait très bien caractérisé cette rare faculté si précieuse, si nécessaire dans la profession du médecin militaire. Le D' Rozan fut fait, à cette occasion, ofûcier de la Légion d'honneur. Il est aussi officier de l'Instruction publique et décoré de plusieurs ordres étrangers.
Au cours de ses fonctions militaires et alors qu'il jouissait, dans le service des hôpitaux, de quelques loisirs, le D' Rozan écrivait un livre et des opuscules sur des matières que le médecin traite avec autorité, la famille, l'éducation, les soins à donner à la première enfance, certaines maladies chroniques, les épidémies, etc.
Le livre fut publié en 1866 et sl pour iiive: Nouvelle physiologie du mariage, par le D' du Queyras (pseudonyme du D' Rozan). C'était là, il faut le reconnaître, un sujet délicat, scabreux, bien difficile à traiter à la suite de Balzac et de Sthendal, ces maîtres en analyse railleuse et fine. L'auteur s'en tira à son honneur. Le D' Rozan fit un livre sincère et sérieux . Le sous-titre de l'ouvrage en indique le but légitime et la loyale intention : Le l'ignorance du mari et des déceptions de Vépoicse. Les observations, les conseils de l'auteur tendent à restituer au mariage la probité dans les relations entre époux, la poésie et les attraits du bonheur domestique au foyer conjugal. Ce livre appartient, par une visible parenté, à la famille des œuvres si discutées, si honnies mal à propos des uns, et des autres si justement admirées de Michelet, V Amour, la Femme. Michelet écrit en poète, en amoureux ; le D^ du Queyras expose, analyse, discute en médecin, en savant, se laissant aller du {reste, lui aussi, à des entraînements admiratifs, à des déclarations
attendries sur le charme initial faussé par Téducation, sur les suaves délicatesses d'esprit et de cœur de celle pour laquelle il poursuit le redressement des ignorances, des erreurs et des torts du mari. A son apparition, le livre du D' du Queyras a été remarqué ; il a été Tobjet dans la Presse de bienveillantes appréciations. Je cite parmi les critiques, Louis Jourdan, le rédacteur en chef du Siècle, et M. le professeur Berlioux, de la Faculté des lettres de Lyon.
Après sa mise à la retraite, le D' Rozan, honoré, à plusieurs reprises, du mandat de conseiller général pour les cantons de la Grave et du Queyras, maire de la commune de Château-Ville-Vieille, s'est occupé avec ardeur des intérêts matériels et moraux de ses compatriotes, apportant dans Texamen et la discussion des questions le tribut d'un travail consciencieux, les multiples et précieuses ressources d'un esprit éclairé, ainsi que celles de l'expérience .
Parmi les projets de travaux publics, dont l'exécution était d'un intérêt majeur pour le Queyras, conçus par le D' Rozan, mis par lui à Tordre du jour et dont il a vaillamment poursuivi, avec des fortunes diverses, l'exécution, il faut signaler la tentative du déplacement de la rive gauche à la rive droite du Guil de l'assiette d'une partie de la route de Guillestre à la vallée du Queyras. L'amorce de la route du Queyras à Guillestre et son par" cours sur une longueur de 5 kilomètres environ, présentaient jadis cette disposition de circulation à la fois difficile et dangereuse d'une rude ascension de Guillestre au point culminant dénommé la Viste et d'une descente vertigineuse sur la paroi de roches abruptes jusqu'à 150 mètres au-delà de la Maison du roi, au lieu appelé le Pont- Brûlé. « C'est le chemin le plus effrayant que j'aie suivi de ma vie », dit l'intendant Pajot de Marcheval dans le procès-verbal de son inspection du Haut-Dauphiné de juillet 1762 (mss. de ma collection).
Ces pentes, soit à l'ascension, soit à la descente, ont été quelque peu adoucies par des travaux de rectification
accomplis il y a quelques années. Mais ce n*est là qu*un palliatif insufûsant.
Le projet radical, le déplacement complet parle transfert d'une rive à l'autre de la route assurait seul, en toute saison, une bonne et sûre viabilité.
Depuis plus d*un siècle ce projet de rectification de la route a hanté la pensée des hommes d'intelligence et d'initiative qui ont eu la charge des intérêts de ces pays, soit comme administrateurs civils, soit comme commandants militaires, ces derniers se préoccupant de la question au point de vue stratégique.
Dans une Notice sur le Brîançonnais, œuvre du subdélégué Bonnot, du 31 juillet 1784 (mss. de ma collection), on trouve sur cet important sujet des détails qu'il n'est pas sans intérêt de reproduire :
€ Le chemin qui conduit de Ghâteau-Queyras à Mont- Dauphin et à Embrun, est situé dans la Combe-du-Vehier, sur le bord de la rivière du Guil, qu'on est obligé de traverser plusieurs fois, et qui, étant grossie par la fonte des neiges ou par les grosses pluies, emporte chaque année des parties de chemin et des ponts, qui interceptant la communication et assujetissent les habitants de la vallée de Queyras à des travaux très considérables. Cette Combe, qui a près de trois lieues de longueur, est formée par des montagnes très hautes et très escarpées, d'où il écroule (.9^c), dans le temps du dégel oudes grosses pluies, une grande quantité de terres et de rochers, et dans le temps des neiges, des avalanches fréquentes, qui causent souvent des accidents ; elle est coupée par beaucoup de ruisseaux, torrents et ravins, qui causent aussi beaucoup de dégradations à cette route. Il n'est pas possible qu'il y ait, en quelque endroit, un passage plus mauvais et plus dangereux, en sorte que les habitants de Queyras ne peuvent sortir de leur vallée que très difficilement, au péril de leur vie et de la perte de leurs bestiaux.
« M. de Villaine, capitaine commandant le corps royal du génie à Briançon, chargé de la direction des fortifications du Château-Queyras, ayant reconnu tous les inconvénients et tous les dangers du passage de la Combe-du-
Vehier, s'est occupé, pendant les campagnes dernières, des moyens d'établir une communication plus solide et plus sûre, de Mont-Dauphin au Ghâteau-Queyras, tant pour les troupes du Roi, qui vont en garnison dans ces places, et pour les convois militaires, que pour le bien du commerce de la vallée de Queyras et de Mont-Dauphin dont l'accès est très difficile du côté de cette combe. Il a formé, en conséquence, le projet d'une nouvelle route sur le revers de ta montagne qui est sur la rive droite de la rivière du Quil ; l'exposition de cette montagne étant au midif la route sera praticable dans tous les tem^ps de Vannée : elle sera d'ailleurs, moins dangereicse, plus courte et beaucoup moins sujette à des dégradations : M. de Rozières, directeur des fortifications de cette province, a approuvé ce projet, après V avoir examiné sur les liet4(v, dans la dernière tournée qu'il a faite dans le Haut'Dauphiné. M, de ViUaine a aussi cow^muniqué les plans et devis de cette nouvelle route à M. le duc de Tonnerre et à Af. de Marcheval, qui ayant vu les lieux, lui ont ai^si donné leur approbation, et ont promis d'agir de concert pour obtenir les fonds nécessaires pour V exécution d'un projet dont ils reconnaissent la nécessité et les avantages.
€ Les communautés de la vallée de Queyras ayant un grand intérêt pour le bien de leur commerce et pour éviter les dangers aiùxquels les passants sonteooposés, que ce projet soit exécuté, et désirant V accélérer et le faciliter autant qu^ leurs forces peuvent le permettre, ont offert, par leur délibération du 30 octobre 1 783, de faire les déblais des terres et des pierres dans V étendue de leur territoire, jusqu'à leurs limites séparatives deA'Embrunois, dont les communautés chargées de l'entretien de la combe du Vehier * continueront les déblais à faire dans cette nouvelle rotde sur leur territoire \ ce serait rendre un service très important aux communautés de Queyras et à la ville de Mont-Dauphin, que de faire exé-
^ Les communautés du mandement de Saint-Grëpin (Saint-Crépin et BygUers), et ceUes du mandement de QuiUestro (Guillestre, Geillac et Risoul).
ciUer cette nouvelle roule projetée ^ à laquelle le service du Roi se trouve très intéressé. >
M. Rozan a cru possible, de nos jours, la réalisation de Tœuvre projetée dans les dernières années du xvm* siècle. Il n'a épargné ni mémoires au ministère des travaux publics, à Tadministration militaire, ni tentatives pour unir en un faisceau puissant Taction et les réclamations des communes de la vallée duQueyras, de celles de Mont- Dauphin et d'Eygliers, dans le canton de Guillestre, ni les vives expositions de la question au Conseil général. Il a échoué. Le chiffre élevé de la dépense, la résistance à outrance de la petite ville de Guillestre que le tracé de la rectification laissait en dehors de la voie, Topposition du génie militaire, adoptant, au point de vue stratégique, d*autres vues que celles des ingénieurs militaires du XVIII* siècle (et peut-être non sans raison) ont, été les pierres d'achoppement de cet important projet. Mais ce que Ton peut retenir des incidents de la lutte, c'est que le D' Rozan y a apporté les ardeurs d'un chaud patriotisme, d'un amour vigilant de son pays natal, l'action de toutes ses facultés, et toute la séduction de sa parole persuasive *.
Il lui a été adressé, à ce propos, le reproche d'avoir usé, dans les négociations et les pourparlers de cette grosse affaire, de finesse et de diplomatie. Singulier grief, en vérité et de quelle dérisoire portée II Quand et où futil interdit, pour entraîner les adhésions, de faire miroiter à l'éclat d'une vive lumière l'excellence du but, de proclamer le résultat profitable, nécessaire, et, dans la généreuse ardeur du désir du succès, de dépasser peut-être inconsciemment la région des possibilités ? Si le D' Rozan a fait de la diplomatie au milieu des fiévreuses préoccupations des intérêts de sa chère vallée natale, c'est sans doute aussi par amour de l'art et pour ne pas être en reste avec ses compatriotes, les plus fins diplomates du monde puisqu'ils en ont été et en sont encoreles plus habiles négociants.
* Le Dr Rozan poursuitf en ce moment mémet un nouveau redressement de la route par la rive gauche du Guil.
L*un des plus grands hommes de notre France, le plus fin diplomate peut-être de ce siècle, Thiers, était Queyrassin d*origine ^
Pour mon compte, j'ai toujours trouvé, dans les relations de famille et d^amitié, le D' Rozan, sincère, d^absolue droiture, pas n'est besoin de le dire, et aimablement affectueux. Si c'est là de la diplomatie, c'est de la bonne I
Un reproche plus fondé, mais qui ne ressort que du jugement du coupable lui-même, qui n'a qu'une portée intime et personnelle, c'est celui qui peut être articulé contre le docteur pour sa réclusion volontaire dans sa vallée du Queyras, sous prétexte de menaces de rhumatismes avec lesquels il n'a jamais eu, Dieu merci, rien à démêler. Qu'il y prenne garde I Les dons de l'intelligence ne demeurent dans leur intégrité qu'à la charge, non seulement d'entretien, mais de développement sur tout le front de bandière. Le champ de Cihàteau- Ville-Vieille y suffit-il ?
La rouille entame quelquefois les lames les mieux trempées. Â bon entendeur, .salut.
-^ Nouvelle physiologie du mariage, par le docteur du Queyras, in-12. Paris, Arnault de Vresse, 1866, 2^ édition.
— Mémoire sur la nécessité de réformer le système agricole dans les Hautes-Alpes, par le D' Rozan, in-8". Lyon, Aimé Vingtrinier, 1867.
— L'administration et le service de santé militaires, in-8®. Paris, librairie militaire, 1879.
— Prof et d'Un chemin de grande communication sur la rive droite du Ouil, de Saint-Ouillaume sous Mont-
1 Garnier-Pagès, ancien membre du gouvernement provisoire , disait Tin jour à M. Thiers qu'il venait de faire vlh voyage à Briançon pour visiter y à Saint-Blaise, le berceau do la famille de son frère, Garnier- Pages Tatné (on sait que les Garnier-Pagôs étaient frères utérins). « Moi aussi, lui dit M. Thiers, je suis, par mon aïeul paternel, un Gavot (terme provençal), un haut-alpin du Queyras. » Je tiens ce détail de M. Garnier- Pagès lui-même.
Dauphin au Pont-Brûlèj în-4*', avec plans. — Autographié.
— Étude sur Vètiologie du goitre à propos d'une êpidemie de goitre aigu observée à Bnançon en 1863, par M. Rozan, (publié dans le recueil de Mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires^ 1863).
— Articles sur Tindustrie nourricière publiés dans divers journaux. *"
— Mémoire déposé à titre de pétition sur le bureau du Sénat, sur la suppression des bureaux de placement des nourrices et des nourrissons. Mss.
— Nombreux articles dans le journal Y Echo du Valde- Grâce sur la nécessité de Tautonomie du corps de santé militaire vis-à-vis de l'intendance, 1849.
— Mémoire sur la perforation du col Lacroix et la création d'une grande voie des Alpes du midi à Turin par le Queyras, BobMo, La Tour, Pignerol (Autogra-
phié) .
VASSEROT.
La famille Vasserot, fixée à Aiguilles-en-Queyras, était nombreuse et ricbe.
Des membres de cette famille émigrèrent à la révocation de redit de Nantes et se fixèrent à Genève. Ils y trouvèrent bon accueil. — Voici ce qu'on lit dans YHistoire des réfugiés protestants de France, de M. Ch, Weiss (t. 2, p. 210) :
« La population genevoise comprenait trois classes distinctes : les citoyens, les habitants, les étrangers. Le peu d'étendue delà ville et du pays, et plus encore la crainte d'offenser Louis XIV, ne permirent pas aux magistrats de concéder le droit de cité à beaucoup de fugitifs. Cette faveur, prodiguée dans le siècle précédent, ne fut accordée après la révocation qu'à des hommes dont la fortune ou l'illustration personnelle promettaient à la République un surcroît de puissance ou d'éclat : à Jacques Aynard de la Baume... aux Vasserot, de la vallée de Queyras,,. eue ...
Ceux des Vasserot qui restèrent dans la vallée du Queyras s'enrichirent dans le commerce.
Parlant des habitants d'Aiguilles et de leurs aptitudes pour le commerce, le curé Albert (ainsi que nous Tavons dit plus haut) s'exprime ainsi : € Il y en a aussi quelquesuns qui ont fait des fortunes considérables dans le commerce, comme les sieurs Vasserot et autres. »
Cette opulence qui suppose chez ceux qui Tout acquise, vive intelligence et forte activité, est encore signalée par cette boutade de la muse populaire dans la vallée du Queyras :
La cavalo de Moussu Vasserot Qu*avio lou fers d'argeint Et qui piaffava sur la peiro Faslo de fuo, fasio do fuo.
Dans la liste des notables du département des Hautes - Alpes, dressée en Tan X de la République, figure, parmi les fonctionnaires : Joseph-Ghaffrey-Valentin Vasserot (d'Aiguilles), conseiller de préfecture, âgé de 33 ans.
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