‹ Biographie-bibliographie du BriançonnaisChapitre 6 sur 36 · GRANDE-RUE, 8, COUR DE CHAULNES · texte numérisé non relu

GRANDE-RUE, 8, COUR DE CHAULNES

Tiré à 300 exemplaires , dont 25 sur papier de Hollande,

«.uuRAPHIE BIBLIOGRAPHIE

nu

BRIANCONNAIS

CANTON DE L'ABGENTIÈRE

PAR

Aristide ALBERT ■ Wl I ■

IHPKlMEItlE P. ALLIER PERE ET FILS ORANDE-RUE, 8, COUR DB CH AULNES

sa fortune, insouciant et prodigue, partant besoigneux, était toujours à Taffût des moyens de se procurer des ressources. Ses droits sur le Briançonnais étaient mal définis. Les habitants de ces montagnes étaient en possession, de temps immémorial, de certains privilèges, de certaines exemptions d'impôts et résistaient, avec autant de ténacité que d'énergie, aux exigences excessives des collecteurs des redevances delphinales. Ces difficultés de recou\Tement et le besoin d'argent chez le Dauphin facilitèrent le rachat des taxes féodales.

Guillaume Albert représenta encore les communautés de la Vallouise dans la convention particulière inten'enue le 19 juin 1343 entre elles et le Dauphin. Cette convention confirmait les accords de la charte du 29 mai précédent et réduisait à une rente annuelle en argent tout ce que les habitants du mandement de Vallouise pouvaient devoir au Dauphin pour ses censés en hleds, tailles, fiefs, arrièrefiefs, gabelles, lods, pâturages, offices municipaux et autres droits. Les mentions de cet acte nous apprennent que Guillaume Albert était notaire dans son pays natal.

La constatation des clauses de l'acte, sinon leur rédaction, fut faite non seulement par le notaire delphinal, Jean Nicolet de Crémieu, mais encore par Michel Maurel de Sézanne (des vallées cédées du Piémont) participant, sans doute, à la réquisition de Guillaume Albert, à Tauthenticité de l'acte. C'est là un trait de cette salutaire méfiance du montagnard agissant en dehors de la sphère ordinaire de ses relations.

Guillaume Albert résidait probablement à Ville-Vallouise. Dans une reconnaissance faite en 1399 au Dauphin, par Georges de Laval, mentionnant une terre située à Ville-Vullouise, on trouve dans les confins l'indication

d'un terrain appartenant à Guillaume Albert. (Invent, de la Cour des Comptes, vol. Brianc, n» 1,384).

ALBERT (Romain).

Maître peintre et vitrier, Romain Albert est né à la Bâtie-des- Vigneaux, vers 1590. Il se maria en 1615 à Gap. Sur la commande d'Abel de Béranger, gouverneui* de Grenoble, il peignit trois chambres en la maison du roi au fort Barraux. Il peignit aussi les tables d'attaiche pour rentrée de Louis XIII à Grenoble. Il fut payé de ce travail parla Ville, en novembre 1622. (Voir les Artistes grenoblois, par Edmond Maignien. — Grenoble, 1887.)*

BARDONNÈGHE ou BARDONNENGHE.

Cette famille nombreuse, qui exerça dans les vallées d'Oulx et de Bardonnèche une puissance quasi-souveraine et presque rivale de celle des Dauphins, se divisa en plusieurs branches. L'une d'elles acquit, dans la seconde moitié du xiiP siècle, des possessions en terres et en droits seigneuriaux dans la Vailouise.

Guy-Allard, dans la généalogie qu'il a dressée des Bardonnèche ou Bardonnenche, ne mentionne pas la branche de Vailouise. Et cependant, les nombreux hommages rendus aux Dauphins, durant plusieurs siècles, par les Bardonnèche, possessionnés en Vailouise, et rappelés

* M. r intendant Lemaitre, président de la Société d'études des Hautes- Alpes, rattache, par erreur, ma famille à celle des Albert du Queyras (Bulletin de la Société d'études, 8« année, p. xxiii). Le berceau de mes ancêtres est la Bàtie-des- Vigneaux. A. A.

dans les actes de la Cour des Comptes, n'avaient pu, pour lui, passer inaperçus. Cette prétention fut-elle volontaire? Cela est possible. Le généalogiste a paru n'avoir en vue que les branches puissantes et riches de la famille.

M. de la Bâtie, en son Armoriai du Dauphiné, en a usé, soit plus impartialement, soit avec plus d'exactitude.

« La maison de Bardonnenche , dit-il, se divisa en <i branches nombreuses, dont quelques-unes tombèrent (( dans la médiocrité. Fixées dans la Yallouise, à Glaux, « à Upaix, etc., elles s'y sont continuées jusqu'à ce jour^ « après avoir exercé le notariat et rempli les charges de « châtelains et de vice-châtelains. »

On trouve dans VInventaire de la Cour des Comptes la mention d'hommages prêtés aux Dauphins pour les possessions en Yallouise :

23 février 1329, par Boniface de Bardonnèche ;

1334, par Parceval de Bardonnèche ;

15 août 1352, par Jean de Bardonnèche ;

Les 2 et 29 novembre 1413, par Obert et Justet de Bardonnèche ;

27 février 1506, par Vincent de Bardonnèche.

Dans le courant du xvi« siècle, hommages d'Antoine, de Thomas, d'Etienne, de Claude, de Vincent, de Pierre de Bardonnèche, etc., etc.

Thomas de Bardonnèche fut vice-châtelain de la Yallouise de 1460 à 1468.

Claude de Bardonnèche en fut châtelain de 1485 à 1487. Il se rendit acquéreur, à la suite de la guerre d'extermination dirigée contre les Vaudois en 1488 et de la confiscation qui suivit, des biens d'Etienne Gay et de Lohys Trobal, déclarés hérétiques.

ËUeane de Bardonnèche fonda une école à Ville- Vallouise, en 1672. « Il avait affecté, dit l'abbé Rossignol ', c le revenu d'un capital de mille écus, somme alors assez € considérable, aux gages d'un maître chargé de l'école < publique. Le fondateur était un ecclésiastique, d

Par décret du 25 novembre 1806, Antoine-Etienne de Bardonnèche, né en 1766, fut nommé juge de paix du canton de l'Argentière. Il exerça ces fonctions jusqu'en 1814. Il demeurait à Ville- Vallouise.

C'était un homme plein de droiture et de sagacité. A juger de son caractère et de son instruction par sa correspondance avec le procureur impérial François Albert (mon aïeul), il. était de Waucoup supérieur aux autres juges de paix de l'arrondissement de Briançon, nommés par le même décret. En 1807 et 1808, Etienne de Bardonnèche faisait partie du Conseil du département des Hautes- Alpes.

La famille de Bardonnèche est représentée, encore aujourd'hui, par d'honorables propriétaires-cultivateurs, à Viile-Vallouise et dans la commune de la Pisse-

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