‹ Biographie d'Abbeville et de ses environsChapitre 10 sur 12 · Ô2 BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

Ô2 BIOGRAPHIE

dans la marine marchande, où. il parvint, après de longs voyages , au grade de capitaine. Il passa, en 1 793, dans la marine militaire, en qualité de lieutenant de vaisseau. Commandant de la frégate La Proserpine, il captura, dans une seule croisière, soixante-trois bâtimens, au nombre desquels était une frégate hollandaise de trente-deux canons, qui ne se rendit qu'après un combat opiniâtre. Ces brilians succès le firent nommer, en 1794» capitaine de vaisseau.

Il prit alors le commandement de La Mineree, et à la tête de quatre frégates et de deux corvettes , il fut chargé d'aller détruire les établissemens anglais, à la côte d'Afrique. Non-seulement il parvint à exécuter les ordres qu'on lui avait donnés, mais il s'empara encore dans le cours de cette expédition, de cinquante-quatre bâtimens richement chargés. En 1 795 , il reprît aux Anglais , dans la rade de Tunis, une frégate et deux corvettes françaises, qu'il ramena dans le port de Toulon, d'où il était sorti peu de jours auparavant, et y débarqua six cents prisonniers ennemis. En 1 798, il fit partie de l'expédition d'Eygpte, en qualité de chef de division, sous les ordres de l'amiral Bruéys. Après le malheureux combat d'Aboiikir, Bonaparte chargea Perrée de parcourir le NU, afin de con-

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courir aux opérations de l'année, et suivre tous ses mouvement. Perrée arma un grand nombre àe bâtimens légers, et rendit, avec cette flotille, des services importans aux troupes, soit en leur fournissant des vivres, soit en transportant de l'artillerie et des munitions sur les points où Ton n'aurait pu parvenir que très-difficilement par terre. Il eut différens engagement sur le Nil, avec des bâtimens de guerre turcs , qu'il parvint à détruire : il y fut blessé, et l'intrépidité qu'il montra dans toutes ces occasions, lui valut un sabre magnifique, sur lequel était gravée cette inscription : d'un côté, bataille de Chebreiss; et de l'autre, donné par le général Bonaparte. A l'époque de l'expédition de Syrie, Perrée reçut l'ordre d'embarquer à Alexandrie l'artillerie nécessaire au siège des places fortes , et de venir croiser devant Jaffa. Il débarqua dans ce port un grand nombre de pièces avec des munitions suffisantes, et ce convoi, depuis longtemps attendu, répandit une allégresse universelle dans toute l'armée. Il croisa pendant quarante-deux jours sur les côtes de Syrie , entre deux divisions bien supérieures en forces; prit deux bâtimens de la flotte destinée à secourir Djezzar pacha, dans lesquels étaient les canonr niers, les bombardiers et mineurs, ainsi qu»

plusieurs pièces de canons. Bonaparte ayant échoué devant SaintJean-d'Aere, donna ordre avant tout d'évacuer les blessés. Perrée fut chargé de cette mission, et reçut du général en chef la lettre suivante :

» Au camp devant Acre, u mai 1799.

« Le contre-amiral Gantheaume vous fait connaître, citoyen amiral, ce que vous ayez à faire pour enlever quatre à cinq cents blessés que je fais transporter à Tentoura, et qu'il est indispensable que vous transportiez à Alexandrie et à Damiette : Vous vaincrez, par votre intelligence, vos connaissances nautiques et votre zèle, toutes les résistances que vous pourrez rencontrer; vous et vos équipages acquerrez plus de gloire par cette action que par le combat le plus brillant; jamais croisière n'aura été plus utile que la vôtre, et jamais frégates n'auront rendu un plus grand service à la république.»

Au mois de juin 1 799 , û appareilla avec une division de frégates et de corvettes qu'il avait ordre de ramener en France, et allait rentrer à Toulon , lorsqu'il fut atteint par la flotte anglaise qui le poursuivait depuis vingt-huit heures. Il se défendit glorieusement, mais accablé par des forces supérieures , et contraint de se

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rendre , il fut conduit en Angleterre. Le gouvernement français se hâta de réchanger , le nomma contre-amiral, au mois de décembre 1799, et le chargea daller prendre à Toulon le commandement d'une division destinée à ravitailler Malte, 11 appareilla le 10 février 1800 , monté sur Le Généreux \ qu'accompagnaient une frégate, deux corvettes et une flûte, portant trois mille hommes de troupes, une grande quantité de vivres et de munitions de guerre. Dans la traversée, il détruisit plusieurs bâti mens anglais, et le 18 du même mois, il était à la hauteur de Malte. Il espérait y entrer le même jour , lorsqu'il aperçut la frégate Le Succès, fesant partie de l'escadre anglaise , et manœuvra pour la capturer. Un cutter, qui accompagnait la frégate, força de voiles pour prévenir l'amiral Nelson , qui croisait au vent de l'île. Cet amiral se rapproche et laisse arriver sur le convoi français avec quatre vaisseaux et plusieurs frégates. Perrée s'empresse aussitôt de sauver les bâtimens de sa division, eu leur donnant le signal de virer de bord , et manœuvre lui-même pour échapper à l'ennemi; mais forcé de combattre, il essaie de se frayer un passage au travers des quatre vaisseaux , et fond avec impétuosité sur Le Foudroyant, que montait l'amiral Nelson.

Assailli à la fois par les quatre vaisseaux , il est blessé à Fœil gauche , dès le commencement de Faction. « Ce ri est rie», mes amis, dit-il avec calme à ceux qui t'entouraient, continuons notre besogne, » H ne quitte pas son banc de quart, et continue à diriger les manœuvres avec le plus grand sang froid. Au bout d'une heure, et après des efforts inouis de courage, un boulet lui emporta la cuisse droite : il tomba sans connaissance, et par un triste effet du sort, mourut sur la place même où son illustre compatriote Lcjoille, frappé comme lui par un boulet, avait rendu le dernier soupir ( Voyez Lejoille ). Son corps fut inhumé à Syracuse , dans l'église de Sainte-Lucie, le 21 février 1800, et ses armes suspendues au-dessus de sa tombe, à gauche de l'autel. Perrée , dont les Anglais eux-mêmes appréciaient les talens et admiraient le courage, n'a laissé à sa veuve et à sa fille unique que la gloire de son nom.

PICOT (*) Victor -Mark ), graveur, né à

(*)M. Picot (François), l'un de nos peintres les plus remarquables, né à Paris en 1786 , est fils d'un Abbevillois , et parent de ce graveur. 11 remporta le grand prix en i8i3 , et leçut , en i8a| »

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Abbeville en 1744. a demeuré long-temps en Angleterre, où il a fait paraître un nombre considérable d'estampes et de portraits pointillés. On cite particulièrement Pile de Cythère y Diane au bain, grande composition d'après Amiconi, etc. Picot ne revint à Abbeville que sur la fin de ses jours, et y mourut le 7 janvier 1802.

POCQUET ( Louis- Je àn-Baptiste-Wulphy ) , capitaine de vétérans, naquit à Rue en 1 745. Grenadier de la légion de Soubise en 1761 , il reçut plusieurs blessures dans les campagnes de Hanovre, où sa conduite fut remarquée. En 1 767, Pocquet entra dans les gardcs-du-corps , puis passa

la décoration de la légion d'honneur. On a vu de lui au salon du Louvre : l'Amour qui abandonne Psyché pendant son sommeil: Saphire qui tombe mort devant les apôtres ; Oreste épuisé par ses fureurs, t' endormant dans les bras d' Electre ; Jésus-Christ baptisé par Saint-Jean-Baptiste sur tes bords du Jourdain ; Baphail peignant sa maîtresse ta Fornarina ; les portraits de S, A. R. Monseigneur te duc a 9 Orléans et de sa famille ; celui de Tatma , etc. En i8*4, M. Picot représenta pour l'hôtel de ville de Paris , 5. A. H, Monseigneur te due d*Angouléme à Chiclana. La même année, il y eut aussi de lui au salon : Céphale cherchant inutilement à rendre Procris à la vie. Ce tableau et \Qrestc ont reçu les honneurs du musée du Luxembourg.

successivement dans la gendarmerie, compagnie d'Artois, et dans le régiment de Rohan, infanterie. Eni790, admis comme lieutenant à l'hôtel des Invalides, il fut peu de temps après nommé capitaine de la compagnie de vétérans au fort de Bellegarde , en Roussillon , où il parvint à déjouer les manoeuvres secrètes que les Espagnols entretenaient dans cette place, et à empêcher qu'ils ne s'en rendissènt maîtres. Mais le trait suivant, que la gravure a reproduit dans différens recueils (*), est celui qui l'honore le plus. Le 3i fructidor an 4 (1796) ,'Pocquet arrive à Auch, département du Gers, à la tête de la compagnie de vétérans qu'il commandait, et trouve les habitans vivement indisposés contre une demi-brigade qui en formait la garnison, et dont ils avaient à se plaindre. L'effervescence était portée au comble. Les soldats et les citoyens, également sous les armes , allaient en venir aux mains , lorsque Pocquet, séparé de sa troupe , parut au milieu d'eux. C'est en vain que quelques baïonnettes se tournent contre lui, bravant le péril qui le menace, il s'élance à travers les fusils, les relève, arrache même avec intré-

(*) Voyez entre autres Lu Fastes de la Nation française » par Ternisicn d'IIaudricourt , tome a , in-f°.

pidité ceux des plus furieux, leur reproche avec énergie de vouloir faire usage de ces amies contre des Français et des frères; il rappelle aux militaires l'obéissance qu'ils doivent à leurs chefs; aux citoyens leurs devoirs envers les magistrats dont ils méconnaissent la voix, et par cet acte de fermeté, parvient à arrêter les funestes effets de la révolte. Le capitaine Pocquet mourut à Abbeville, dans les premières années de la restauration.

POILLY (François m), l'un des graveurs les plus célèbres qu Abbeville s'honore d'avoir produits, y reçut le jour en 1622. Son père, qui était orfèvre, lui donna les premières leçons de dessin, et l'envoya à Paris , en 1639, sous la direction de Pierre Daret (*), près duquel il eut

(') Pierre Dabst, graveur au burin, a qui Ton doit une collection presque complète des portraits des personnages illustres du seizième siècle et du commencement du dix-septième, ainsi qu'un fort grand nombre d'estampes faites d'après les plus fameux peintres de différentes écoles, était d' Abbeville , suivant des titres généalogiques qui existent encore dans la famille de François de Poilly , et qui concernent cette famille. Ce fait est confirmé dans CHUtoirc du comte de Ponthieu , tome a , page 365 ; et les auteurs du tableau qu'on voit dans la bibliothèque publique, n'ont point hésité à placer Daret parmi les hommes digues de mé«

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