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bientôt fait de brîllans progrès. L'envie de perfectionner ses talens par l'étude des chefs-d'œuvre de l'antiquité, lui inspira le désir de se rendre , en 1 649 > à Rome , où il passa sept années , fesant sa principale occupation de copier les statues et les tableaux des grands maîtres , sans perdre de vue la gravure qu'il y étudiait sous Bloëmaërt. Il publia à Rome un assez grand nombre d'estampes, entr'autres : Saint Charles Borromée, donnant la communion aux pestiférés, d'après Mignard, pièce capitale du peintre et du graveur, d'autant plus précieuse que le tableau n'existe plus. De retour à Paris, en 1 656, il y vit ses ouvragés recherchés. Par brevet du 3i décembre 1664, Louis XIY le nomma son graveur ordinaire, « en considération , dit le monarque , des beaux ouvrages qu'il a mis au jour , tant en Italie qu'en France. * Parmi ceux qu'on estime le plus, nous citerons la Vierge dite au Linge; elle lève un voile pour montrer à saint Jean l'enfant Jésus qui dort (Raphaël); la Vierge dite au berceau, ou Sainte Famille dans un paysage ( Raphaël ); La Sainte Famille, (Poussin); La Nativité (Le Guide); La Fuite en Egypte (le même); le Mariage de Sainte Cà-
moire, nés à Àbbeville, malgré les biographes qui le font naître k Pon toise, en 1610, on ne sait sur quel fondement.
HABBEV1LLE.
therine (Mignard); un Grand Christ; un Saint Jtan darts lile de Pathmos (Lebrun); La dispute de Minerve et de Neptune, sur la question de savoir qui donnerait son nom à la ville d' Athènes ( le même); La V ision dEzèchiel (Raphaël), etc. Les bonnes épreuves de ces estampes se vendent à de très-hauts prix, et figurent dans toutes les collections précieuses. Poilly a aussi gravé plusieurs portraits , tels que ceux de Louis XIV \ de Bossue t, de Mazarin, de Lamoignon, de Fahert, de Bignon, du cardinal Baronius, etc. La douceur, le moelleux et le brillant du faire, distinguent son œuvre immense. On a peine à concevoir, quoiqu'il ait été aidé par d'habiles élèves, qu'il ait pu porter à près de quatre cents le nombre de ses planches; car la manière de Bloëmaërt, qu'ilavait adoptée, très-lente et fort difficile, mais très-agréable, exige un travail prodigieux et une patience inaltérable. Poilly avait le rare talent de conserver les grâces, la noblesse et la précision des tableaux qu'il gravait : » Peut-être eut-il été à désirer qu'il mît plus de variété dans ses travaux, dit la Biographie Universelle; ses hachures , généralement du même grain et delà même largeur, donnent à ses estampes un ton monotone qui, cependant, se trouve en quelque sorte compensé par la pureté des for-
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mes et la suavité de l'exécution. » Il n'y a point de graveurs dont l'école ait été aussi célèbre, et à qui fart ait dû tant d élèves excellens. On cite parmi eiix Hainzelman, d'Ausbourg; Amelin , graveur <Hi roi de Bavière; Vanderbans, qui «est fait estimer à Londres; J.-L. Roullet, qui l'a presque égalé dans son art ; un autre graveur d'un nom bien connu à Abbeville, Duflos, qui avait parfaitement imité sa belle manière de graver; (*) le célèbre Edelinck, que la France n'a pas encore remplacé depuis plus d'un siècle qu'il est mort, et beaucoup d'autres que nous ne citerons pas. Poilly mourut à Paris , au mois de mars 1693, âgé de soixante-onze ans. Il avait épousé la fille d'un marchand d'estampes nommé Hermann Weyen , dont il eut six enfans.
L'abbé Goujet a publié son éloge, et J.-L.Roullet , én 1680, a gravé son portrait d'après le dessin que F. de Poilly en avait fait d'après luimême; mais Roullet étant mort avant de l'avoir achevé , Pierre Drevet le termina. (Yoy. Robert Hecquet ).
(») Suivant la Biographie Universelle, Duflos (Claude), mort à Paris en 1747, y serait né l'an 1678. Son fils, Claude-Augustin, mourut très-vieux dans la même ville, en 1785. Le dictiounaire des graveurs de Bazan fait mention d'eux sans indiquer le lieu de leur naissance»
d'àbbevhxe. 27%
POILLY ( Nicolas de ) , graveur , frère et élève du précédent, naquit à Abbevilleen 1626, et mourut à Paris en 1 696. Il eut aussi de grands talens ; mais il n'a pas égalé François. Le porr trait a été sa principale occupation. On lui doit ceux de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche, son épouse; de labbè de Marolles, du duc de Iresmes, de Michel Le te Hier t du prince Henri de Bourbon, fils naturel de Henri IV, etc. Il a aussi gravé plusieurs sujets d'histoire, tels que Saint Augustin , d'après Champagne; une Sainte Famille, d'après Lebrun, où la Vierge tient sur ses genoux l'enfant Jésus qui dort. Cette estampe, connue sous le titre du Silence, est d'un travail infiniment gracieux. Ce maître laissa deux fils, aussi graveurs. L'aîné Jean-Baptiste, mort en 1728, a surpassé son père. Il fit le voyage de Rome, et fut de l'académie. Il avait une pointe ferme, un burin pur, une grande précision de dessin. On a de lui : une Suzanne accusée, d'après Coypel; V Adoration du Veau d'or; la Verge de Moïse, dévorant celle des magiciens de Pharaon (Poussin); la Madeleine chez le Pharisien (Lebrun); le Martyre de Sainte Cécile, d'après les dessins du Dominicain»
Son plus bel ouvrage est la Galerie de Saint- Clpud, d'après Mignard.— François de Poïlly, son frère , fit le voyage de Rome avec lui. Il grava dans cetjte ville Sainte Cécile donnant son bien aux pauvres ( Dominicain ). Depuis son retour à Paris, où il est mort en 1723, il n'a rien fait d'important. Le fils de ce dernier, aussi graveur, est peu connu.
POISSANT (Thibaut), sculpteur et architecte, né à Abbeville en i6o5, fut nommé conseiller de l'académie en i663, et mourut en 1668 (*). En 1641, Nicolas Poussin, premier peintre du roi, chargea Poissant d'exécuter les chapiteaux des colonnes et les autres ornemens en bronze doré qui décoraient les bains d'Anne d'Autriche, dans l'intérieur du Louvre. Poissant, que Sauvai nomme à tort Perlant, ornemaniste et ciseleur de talent, remplit sa tâche avec le plus grand soin. En i65a, il travailla
(*) Voy. Collée, de Lettres de Nicolas Poussin, Paris i8a4, in-S».' page 383. — Entretiens de Felibieo, — Musée de Sculpture antique et moderne, page 499.
avec Ànguier , Regnaudin et Coustou (*) , au mausolée du maréchal de Montmorency, décapité à Toulouse, sous le règne de Louis XIII. Ce magnifique tombeau existe encore à Moulins, dans la chapelle du Collège, En 1 79a, des Vandales supputaient à le détruire , lorsqu'au milieu deux une voix s'écria : t Quoi ! vous allez renverser le monument d'un bon républicain, puisqu'il est mort victime du despotisme ! » Le marteau leur tomba des mains, et le tombeau fut respecté. Les autres ouvrages de Poissant ne nous sont pas connus : son nom même nous aurait échappé, si le P. Ignace ne l'avait cité en rapportant la fin tragique de Henri de Montmorency, dans son Histoire des Mayeurs iAbbe ville, page 81 5.
POISSANT (Jean-Baptiste) , naquit dans la ferme du Halloy, paroisse de Neuilly-l'Hôpital, le 21 mai 1747» de Pierre Poissant, laboureur, et de Marie-Françoise Chivot. Peu disposé à embrasser l'état ecclésiastique, auquel son père le destinait, il sortit du séminaire, et sollicita
(') Biographie (JLniverselte , tome 3o , pagte ai.
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un emploi dans les bureaux de l'administration de l'enregistrement et des domaines. Sa demande ayant été favorablement accueillie, on le vit donner des preuves de si grands talens, qu'on le nomma bientôt administrateur. -, M. Poissant était un de ces hommes de bien qui, en s'acquittant toujours et parfaitement de leurs devoirs, ne peuvent manquer d'obtenir une juste considération. Bon ami, bon parent, il employait tout son crédit à être utile, et les Abbevillois trouvaient en lui un protecteur zélé. Il termina son honorable carrière au mois de juillet 181 3, emportant les regrets de tous ceux qui l'avaient connu.
POULTIER ( Jean-Baptiste ) , sculpteur , naquit, en 1753 , à Huppy , près d'Abbeville , et mourut en 1719 (*). Poultier , dit-on, gardait les vaches dans sa jeunesse , et employait le temps qu'il passait au milieu des champs,
(♦) Non» avons trouvé le lieu et la date de la naissance de Poultier, ainsi que celle de sa mort, dans un Dictionnaire des JrtUtcs, manuscrit, par M.Alexandre Lenoir , que nous avoni (ait consulter à paris.
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à faire avec son couteau de petites figures en bois. Un assez bon sculpteur d'Abbeville , nommé Lempereur , dont les ouvrages décoraient plusieurs églises de cette ville , notamment celle de la Chapelle, ayant reconnu le germe de ses talens, à travers la faiblesse de ses productions , l'aida de ses conseils , et lenvoya à Paris chez un statuaire. Bien convaincu qu'un artiste qui veut se faire une réputation durable doit être instruit , Poultier s'attacha à l'étude. On a de lui une Lettre sur les plus belles Statues des jardins de Versailles ( Choix des Mer-cures , tome 18 , page 70). Voici ceux de ses ouvrages que nous avons pu découvrir : i° Statue de Didon sur le bûcher , dans les jardins de Versailles; 2° un fort beau Vase, dans le même jardin ( Voy. Almanach de Versailles , année 1782 ) ; 3° La Charité et la Persévérance, bas-reliefs dans le chœur de Notre- Dame de Paris ; If Le Tombeau du marquis et de la marquise de L * hôpital , dans l'église des Augustins de la place des Victoires; 5° Statues de saint Firmin , martyr , et de saint Françoisde -S ailes, dans la cathédrale d'Amiens ; 6* Dtpers Ornemens de la place Vendôme.