‹ Biographie d'Abbeville et de ses environsChapitre 6 sur 12 · I76 BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

I76 BIOGRAPHIE

ibid. 174°* a in-12, figures. Cet ouvrage agréable, souvent réimprimé , a été traduit en plusieurs langues. M. Barbier, dans son Dictionnaire des Anonymes et des Pseudonymes , l'attribue à tort à de Poellnitz. On y trouve 1 anecdote suivante : « Etant assez jeune encore, dit le marquis de * * * , je fus en garnison à Àbbeville , en Picardie. Quelques officiers de notre régiment me mirent d'une partie qu'ils fcsaient à un petit bois à demi-lieue de la ville. Dans cet endroit , il y a une chapelle dédiée à un saint Milfort , qui guérit, dit-on, les enfans de la fièvre, des vers et de ce qu'on appelle la maladie anglaise. Nous vîmes quantité de nourrices qui y apportaient leurs enfans ; et

nous allâmes voir la cérémonie Il y a une

pierre consacrée par leur saint Milfort, sur laquelle il faut asseoir trois fois ces pauvres enfans à nu. Celte bizarrerie me fit rire. Les femmes en furent si scandalisées , que sans l'arrivée de mes amis, qui y régalaient la vicomtesse de Melun et quelques dames des plus qualifiées du pays , j'aurais été mis en pièces. J'en fus quitte pour quelques sottises que j'essuyai. » 2° Les Amusemens des Eaux d* Aixla-Chapelle, Amsterdam, 1736, 3 vol. in-8°.

Cet ouvrage , faussement attribué à de Poell-

D'ABBEVILLfi* \nj

nitz , par M. Barbier , a eu moins de vogue* que les Eaux de Spa. 3° Histoire de dont Ranucio d t /IIé£ès,yen\se ( Rouen), 1736-1758- 1762, a vol. in-ia. C'est un tableau satirique des mœurs des moines relâchés , et des désordres de leurs couvens. Quelques exemplaires de ce roman , dit M. Barbier , contiennent une clé imprimée. Il a reparu dans ces derniers temps , sous le titre de Raphaël dAguïlar, ou les Moines portugais , histoire véritable du i8 me siècle , publiée par de Rougemont , Paris , 1820, 2 vol. in-12. Si M. de Rougemont échappe à l'accusation de plagiat, ajoute 3VL Barbier, il le devra à l'équivoque que présente le mot publiée. Les uns ont attribué cet ouvrage à l'abbé C.-G. Poréc, frère du célèbre jésuite de ce nom ; d'autres à l'abbé Quesnel , auteur d'une histoire des jésuites; mais nous savons de bonne part qu'il est de Hecquet, ainsi que les précédens. Cet Abbevillois mourut à Cologne, le 10 octobre 17495 après* y avoir fait l'éducation d'un jeune prince de la maison d'Orange. Il se maria dans le même pays , sous le nom de Larmère , que sa postérité porte encore. C'est lui qui a fourni à Chauffepié les notes que celui-ci a insérées sur Philippe et Nicolas Hecquet ,

dans son Supplément au Dictionnaire de Bayle. Un de ses parens , à Abbeville , possède son portrait; mais il n'a point été placé sur le tableau de l'Hôtel -de -Ville.

HECQUET ( Robert ) , graveur , né en 1 693 ,

à Abbeville, où il est mort en 1775, exerçait son art à Paris. C est de lui que Daullé et fieauvarlet reçurent les premières leçons du dessin et de la gravure, et c'est pour cet artiste un titre honorable que d'avoir formé des élèves d'un si grand mérite. Hecquet a publié : i° Catalogue des Estampes de François De Poilly , précédé d'une notice biographique sur ce célèbre artiste (*) , Paris , 1752, in- 12; 2° Catalogue des Estampes gravées d'après Rubens, auquel on a joint l'Œuvre de Jordaens et celle de Wisscher , 1 760 , in - 1 2 ; 3° une Notice étendue sur la vie du graveur Lebas, à la tête du catalogue de sa vente. Il a gravé en petit les Travaux d Hercule, d'après les tableaux du Guide, qui sont à Versailles; un Bain de Femmes % d'après le Poussin; des portraits , etc.

(*) Ce catalogue est incomplet.

DABBEVILLE. 1 -g

HECQUET ( Marie-Catherine HOMASSEL Madame), d'une famille originaire de Lorraine, naquit le 12 juin 1686. Elle a publié : Histoire dune jeune Fille sauvage , trouvée dans les bois, à V âge de dix ans; Paris, 1736-1765, in- 12 (*). Les relations sociales de madame Hecquet Tayant mise à portée de connaître cette jeune sauvage , et de la voir souvent , elle profita de cette circonstance pour recueillir, de sa propre bouche , les faits les plus curieux.

Madame Hecquet parvint même à découvrir sa patrie, en lui montrant une collection de figures représentant les diverses peuplades qui habitent les contrées septentrionales de l'Amérique ; collection qu'une dame de ses amies , religieuse à Québec , lui avait envoyée du Canada. Un petit canot d'écorce d'arbres, qui avait été joint à l'envoi de ces figures, acheva de faire connaître que M ,le Leblanc, ( c'est le nom que Ton avait donné à la jeune sauvage ) était de la tribu des Esquimaux (**). Racine fils,

( # ) Cet ouvrage a été faussement attribué à la Condamine.

(••) Cette jeune fille fut trouvée au mois de septembre t 7 3r ; près du village de Sogoy , à quatre lieues de Châloni. Madame Hecquet croit qu'elle fut abandonnée à la suite d'un naufrage sur les côtes de France , et que de fjrét en forêt , elle parvint au lieu

<lans les additions qui suivent son poëme de La Religion, édition de 1 760 , a donné de nouveaux <éclaircissemens sur cette même fille sauvage*

HECQUET (Clament), doyen du collège de médecine d'Abbcville, ne le i ,r avril 1704 , avait pour aïeul Clément Hecquet , savant médecin dont nous avons déjà parlé. Après avoir fait ses humanités à P ans . Hecquet y suivit les leçons de Duverney, de Winslow, d'Antoine et de Bernard de Jussieu , auxquels Philippe Hecquet, son oncle, l'avait présenté. On fit de vains efforts pour le retenir dans la capitale; il voulut retourner dans sa patrie, où ses ancêtres s'étaient transmis les uns aux autres , depuis plus d'un siècle et demi, un nom généralement honoré. Voué tout-à-fait à ses concitoyens, ses travaux remplirent bientôt tous ses instans.

où on la trouva. Sa force, son agilité à la course étaient étonnantes. La manière dont elle courait après les lièvres, n'offrait presque pas de mouvement dans ses pieds ni dans son corps. C'était moins courir que glisser. Elle a passé la plus grande partie de sa vie dans un couvent à Cbaillot, où le duc d'Orléans pourvoyait à son entretien. Elle est morte vers 1760, après s'être conformée à nos usages , et avoir adopté avec zèle les principes de la religion chrétienne.

d'abbeyillb. fSl

Recueillant avec soin , pour sa propre instruction et pour le progrès de Fart , les observations les plus frappantes de sa pratique, il entretint avec la société royale de médecine de Paris , depuis 1776 j usqu'en 1784 , une correspondance des plus exactes. On lui doit la description de deux épidémies varioleuses, et celles de deux épidémies dyssenteriques; il a fait de savantes observations et des recherches curieuses sur les abcès hépatiques et utérins; sur l'œdème et l'infiltration des poumons, et sur l'efficacité de la racine de bryone dans les traitemens de ces maladies ;. sur l'empyrème et l'hydropisic de poitrine , et sur l'utilité de la ponction dans ce dernier cas; sur les calculs biliaires et intestinaux , et sur les fièvres rémittentes. « Voilà le résultat de mes veilles et de mes travaux, disait-.il dans sa première lettre, à la société royale de médecine, jugez -les, et faites -en usage, s'il se peut, sans parler de l'auteur. » Quoique cet habile praticien n'ait rien publié , sa réputation s'étendait jusque dans l'étranger. 11 était en correspondance avec les plus sa vans médecins de l'Europe. Philippe Hec quet, son oncle, dont il se glorifiait d'avoir été l'élève , s'était interdit tout aliment tiré

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