‹ Biographie d'Abbeville et de ses environsChapitre 7 sur 12 · Ô2 BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

Ô2 BIOGRAPHIE

des animaux; Clément Hccquet, sans être aussi rigoureux , suivait un régime analogue. Il avait fixé des époques dans la journée pour ses différens exercices , et il suivait exactement les règles qu'il s était prescrites. 11 ne s asseyait jamais chez ses malades, de peur, disait-il , de passer le temps à discourir.

Parvenu à un âge avancé, privé de ses forces, et en partie de la vue, il vendit sa bibliothèque, qui lui était devenue inutile , et en distribua la valeur aux pauvres. Peu après, le 5 février 1785, il termina sa longue carrière , toute remplie de bonnes œuvres et de cures surprenantes. Yicq d'Azyr a, diton, publié son éloge dans les Mémoires de la Société Royale de Médecine % année 1786.

HÉLISÀCHÀR, abbé de Saint-Riquier , et grand chancelier de France, commença à exercer cette charge Tan 81 5, et la conserva pendant dix ans. Une partie de l'Espagne s'étant soulevée en faveur des Sarrasins, il fut envoyé , par Louis-le-Débonnaire , en Catalogne , avec deux autres commissaires, pour remédier aux désastres de cette province. Il se dé-

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clara ensuite pour les fils de ce malheureux prince, dans une cause où ils outrageaient la nature , et obtint sa grâce après quelques an-* nées d'exil. Hélisachar, originaire du Ponthieu,. mit en ordre l'antiphonier romain, interdit aux femmes l'entrée de son, monastère , et mourut vers 807.

HELLENCOURT ( Antoine-Mime LEFEB^ VRE D' ) , inspecteur général au corps de9 mines, naquit à Abbeville, le 2.5 mai 1759. 11 cultiva de bonne heure les sciences dont la con* naissance et l'application sont nécessaires à la pratique de l'art difficile et dangereux du mineur , vers lequel le portait son goût. Il y fit des progrès rapides, qui ne tardèrent pas à fixer l'attention du gouvernement. Comme un des élèves les plus instruits , il mérita d'être envoyé, en 1783, pour visiter les exploitations des mines du midi de F Allemagne, et celles de la Hongrie. Il en rapporta des observations précieuses , tant sur fart que sur l'administration des mines. Mais l'ardeur avec laquelle il s'élait livré aux travaux qui pouvaient rendre son voyage plus utile > développa dès lors en

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lui le germe de la maladie qui l'emporta. De retour en France , il fut regardé comme un des sujets les plus distingués du corps dont il était membre ; et pendant une carrière de trente années, d'abord comme ingénieur des mines, puis comme conseiller, enfin comme inspecteurgénéral de ce corps, il s'occupa continuellement des travaux les plus utiles aux progrès de l'art et de l'administration. En 1791 , il fit connaître le premier l'importance , pour h prospérité de l'état, d'une bonne administration des mines, et de l'utilité dont le corps chargé de cette administration pouvait être pour la direction et l'inspection des exploitations. Il traita la même matière avec le même succès , lorsque le gouvernement s'occupa de nouveaux réglemens des mines. Il fut le principal rédacteur de Fin-» struction ministérielle sur la loi de 1 791 , et depuis , de l'instruction sur la loi de 1810. Il est auteur de divers mémoires lumineux qui ont été, les uns imprimés, les autres déposés dans les archives du corps dont il était membre.

Lefebvre d^Hellencourt joignait les qualités les plus aimables aux talens les plus rares. Peu répandu au dehors, il partageait son temps entre le travail et ses enfans, et un petit nombre d'apis qui trouvaient en lui un intérêt profond et

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une sensibilité peu commune. Il mourut à Paris, le i3 janvier i8i5, à peine âgé de cinquantetrois ans. Tous les officiers du corps des mines assistèrent à ses funérailles, et M. Gillet de Lau* mont , doyen des inspecteurs-généraux , prononça sur sa tombe un discours qui fut inséré au Moniteur du 28 janvier 181 3,

HÉMON DELAFOSSE. « Sous le règne de Louis XII , dit Saint-Foix (*) , un écolier nom-»

mé Hémon Delafosse , natif d'Abbeville , à force de lire et d'admirer les auteurs grecs et latins , devint assez fou pour se persuader qu'il n'était pas possible que la religion d'aussi grands génies qu'Homère , Cicéron et Virgile ne fût pas la vraie. Le 25 août i5o3, étant entré dans la Sainte-Chapelle, à Paris, il arracha l'hostie des mains du prêtre, au moment de l'élévation , . en disant : Quoi! toujours cette folie! Il fut arrêté , et mis en prison. On retarda son supplice de plusieurs jours , dans l'espérance qu'il abjurerait ses extravagantes erreurs , et qu'il reconnaîtrait son crime. Mais toutes les repré-

(•) Essai* sur Paris , lome 3, page a5i , édition de 1778.

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sentations et les exhortations qu'on lui fit furent inutiles. Il persista toujours à soutenu* que Jupiter était le souverain dieu de l'univers» et qu'il n'y avait point d'autre paradis que les Champs Élysées. Il fut brûlé vif, après qu'on lui eut coupé le poing et percé la langue. J'ai ouï conter qu'à la procession solennelle qu'on fît en réparation de l'action sacrilège de cet écolier, deux bœufs que l'on conduisait à la boucherie de l'Hôtel-Dieu, et qui se trouvèrent à la petite paroisse de Saint-Pierre , s'agenouillèrent devant le Saint-Sacrement , et que les deux figures de bœufs en pierre et en relief qu'on voyait sur le portail de cette paroisse , étaient un monument de ce miracle. »

HOCQUINCOURT (Voy. Charles de Monchi ).

HOMÀSSEL (.....), ancien chef des ' teintures de la manufacture royale des Gobelins, Abbcvillois d'origine, a publié : Cours théorique et pratique sur l'Art de la Teinture en laine, fil, soie, coton, fabrique d'indienne en grand et petit teints, suivi de lArt du Dégraisseur et du Blanchisseur , revu et corrigé par Bouillon La Grange; Paris, 179g-

1818, un vol. in-8°. Cet ouvrage est le plus pratique et le meilleur qui ait encore paru sur la teinture. Le médecin Sacombe, qui en fut l'éditeur, y ajouta ses propres expériences sur les végétaux colorans.

HONORÉ ( S 1 . ) , naquit , vers le milieu du 6"* siècle, au village de Port, lieu alors plus considérable qu'aujoud'hui. Si Ton en croit quelques auteurs, il était fils d'Aimeric, comte de Ponthieu et de Boulogne , qui y fesait sa résidence; mais ces données sont incertaines. On ne sait rien de précis sur sa famille, ni sur le rang qu'elle occupait (*). Honoré, dès ses premiers ans, forma le dessein de se consacrer à Dieu. Il alla trouver Saint Béat, évêque d'Amiens, et se plaça sous sa direction. Après la mort de ce prélat , les suffrages du clergé et du peuple l'élevèrent sur le siège épiscopal de la même ville , qu'il occupa pendant trente-six ans (**). Il partage avec

(*) Les boulangers prennent Saint Honoré pour patron , dans l'idée que son père nourricier était de leur métier.

(*•) Le peuple participait alors aux élections sacerdotales. Les

Saint Riquier la gloire de l'apostolat dans le comté de Ponthieu* leur patrie commune; mais il n'alla point comme ce dernier prêcher la foi sur les terres étrangères. Plein de mérites et d'années, il mourut le 16 mai l'an 600, dans le lieu même de sa naissance (*). On l'inhuma dajis l'église de Port, et on y voit encore aujourd'hui son cercueil de pierre derrière l'autel. Dans le 9™° siècle , on transporta ses restes à Amiens, pour les soustraire aux profanations des Normands. Dans la suite , on lui consacra le monastère des chartreux d'Abbeville, auquel on fit présent de sa tête , précieuse relique que tous les ans, le 16 de mai , un nombreux concours de fidèles venait visiter. La réputation d'Honoré ne fit que s'accroître avec le temps, et de nos jours encore,

évoques eux-mêmes étaient nommés par leurs troupeaux, ta multitude accourait de toutes les parties du diocèse , pour réclamer ses droits; et ses acclamations, à la vue de quelque saint personnage , étaient prises pour la voix môme du ciel ( Voy. de Sismondi , ffist. des Fronçait , tome a ). w

(*) Il y avait anciennement à Port, un monastère de religieuses bénédictines, dont Sainte Àustreberthe fut abbesse , au 7 B ° siècle. Cette sainte, née dans les environs d'ilcsdin , mourut à Pavilly , l'an 70^. Sa vie a été écrite à Abbeville , par le P. Simon Martin , minime , et imprimée à Paris en x635 , un vol. in- ia > orné de gravure» curieuse**

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il est dans les campagnes l'objet des merveilleux récits qui charment les soirées d'hiver (*)* En 1204, Renold Cherchas, Boulanger et son épouse , fondèrent à Paris , sous le vocable de cet évêque , une église paroissiale dans laquelle ils établirent des chanoines. Cette église', démolie en 1792, donna son nom à l'une des plus belles rues de Paris, et devint la sépulture du cardinal Dubois. En 1 240 , après de longs travaux, la construction de la magnifique cathédrale d'Amiens , qui devait durer encore près de trente années, ayant été suspendue faute d'argent , on fit une quête , en promenant dans toutes les communes du diocèse la châsse de vermeil qui renfermait les ossemens d'Honoré, et Ton recueillit ainsi des sommes considérables. Ce moyen lucratif fut souvent employé.

HUBERT (François), graveur, oncle maternel de Millevoye , né à Abbeville, le 2 février 1 744 9 apprit le dessin dans sa ville natale , chez

(*) Les mouumens de la Chartreuse d'Àbbeville rapportent que les crucifix plantés sur les chemins le saluaient poliment , quand H passait devant eux, '

Lefebvre (*), et sortit de cette école après y avoir étudié avec succès pendant cinq ans. H alla à Paris en 1762, et se plaça sous la direction de Beauvarlet, son parent, qui le fit travailler à plusieurs de ses planches et à divers portraits. 11 quitta Beauvarlet vers 1770, et ne tarda pas à faire paraître nombre de morceaux qui prouvent un très-bon goût de gravure ; tels sont entr'autres : A* Retour de la Nourrice, d'après Greuze ; La Nouvelle Hêîoïse , d'après Lefebvre ; La douce Mélancolie , d'après Vien ; L'Adoration des Mages, d'après **\ Cette estampe , commandée par le roi d'Espagne , qui l'avait chargé de graver sa galerie , est , dit-on , son chef-d'œuvre. On cite encore comme une de ses meilleures productions , le portrait de Marie- Antoinette , qui parut peu de temps après l'arrivée de cette princesse en France. Ce portrait remarquable par la finesse de sa touche, et surtout par une parfaite ressemblance , eut la vogue la plus méritée. Hubert excellait dans le portait. On lui doit ceux du

(*) Lefebvre (Philippe- Augustin) a donné les premières leçon* du dessin et de la gravure aux Fauvel, aux Beauvarlet, aux Danzel, aux Dequevauviller et à plusieurs autres. Il n'était cependant que graveur médiocre; mai» il avait un coup d'oeil stir, une excellente méthode.

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chancelier Maupeou; de l'évêque d'Amiens, La Motte d'Orléans; de l'archevêque de Paris, Christophe de Beau mont; de Henri IV, etc.

Son plus beau titre à la reconnaissance publique, est une action hardie et généreuse dans une des scènes les plus sanglantes de la révolution, et qui lui mérita la croix de la légion d'honneur lors de la création de cet ordre. Napoléon lui avait accordé en outre une pension de huit cents francs, mais il mourut peu de jours après, le \l\ février 1809. C'est dans les rangs de la brave garde nationale de Paris qu'il avait signalé son courage.

IGNACE-JOSEPH DE JÉSUS MARIA ( Voy.

Jacques Sanson).

JEAN DE LA CHAPELLE, notaire apostolique et curé à Oneux , où il était né, a composé, en 1492 : Chronique abrig 'c de t Abbaye de Saint-Riquier. Cette chronique était conservée dans la bibliothèque de Colbert , parmi les manuscrits de Duchesne. a° Une Vie de Saint Gervin , imprimée dans le recueil deâ Bollandistes , au 5 mai.

LÀLLEMANT ( Jacques -Philippe ) , né à Saint-Valeri, le 12 juillet 1660, Fut un des plus zélés défenseurs de la constitution unigenitus, et se donna beaucoup de mouvement pour cette fameuse dispute. Le premier écrit qu'il publia sur ce sujet paraît être : Le Véritable Esprit des nouveaux Disciples de Saint Augustin; Lettres d'un Licencié en Sorbonne , à un Vicaire-général a" un diocèse des Pays- Bas , 1705-1706-1707, 3 vol. in-12, qui furent suivis d'un in-4°; tableau vrai à certains égards, quoique peint par la passion , dans lequel il se propose de faire sentir la fausseté de la doctrine des prétendus disciples de Saint Augustin. Ce livre n'est dépourvu, dit-on, ni d'intérêt ni de sel. Ses Entretiens sur la Constitution, en huit parties, et son Journal des Assemblées de Sorbonne au sujet du P. Lecomte , ont pour objet les querelles du temps , et méritent peu qu'on s'en occupe. On croit que le P. Lallemant est encore auteur de plusieurs écrits anonymes contre les jansénistes. Ceux-ci lui attribuent le Mandement de M.

de Vintimille , contre les Nouvelles ecclésiastiques , en 1732, et différons opuscules contre leur parti. On pense aussi qu'il ne fut pas

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étranger à la rédaction du Supplément aux Nouvelles ecclésiastiques t que les jésuites firent paraître de 1734 à 1748. On a encore de lui des livres de piété, comme le Sens propre et. littéral des Psaumes, Paris, 1707-1728-1772, in-12; ouvrage qui met dans un beau jour ces sublimes cantiques, et qui eut nombre d'éditions, toutes rapidement enlevées. Fléchier a porté le jugement le plus honorable de ce livre, annoncé par l'auteur comme son premier début, et fait à l'âge de quarante ans. Réflexions morales avec des noies sur le Nouveau Testament, traduit en français, et la Concorde des évangélistes ,1713, douze volumes in-i 2. Lallemant voulut, par ses réflexions, faire oublier celles de Quesnel. Fénélon et vingt-trois autres archevêques et évéques firent l'éloge de son travail , et on trouve leurs approbations en tête du premier volume. Il y eut plusieurs* éditions de cet ouvrage ; mais il n'eut pas néanmoins autant de vogue que celui de Quesnel , plus énergique et plus pénétrant. Le P. Lallemant poussa ses travaux littéraires jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans , et les termina par sa traduction de Y Imitation de Jésus-Christ \ 1740, in-12, dont il s'est fait douze éditions jusqu'en 1808 , in^4* On lui attribue encore

un assez grand nombre d'ouvrages , entr'autres : X Histoire de ce qui s'est passé au tombeau de Sainte Génerièee, etdesProcessionsdesa -châsse, avec sa vie , traduite du latin, suivie du texte latin { publiée sous le nom pseudonyme du Père Charpentie» ) , Paris, 1697, ûa-8°- Père Quesnel séditieux dans ses Réflexions sur le Nouveau Testament, Bruxelles, 1704, in-12, etc. Le P, Lallemant avait l'humeur enjouée, des manières franches et ouvertes, de la douceur, une élocution vive, ingénieuse et facile. Son cœur droit et généreux le fit aimer de tous ceux qui le connaissaient, jet ses talens lui attirèrent des preuves, non équivoques, de satisfaction de la part du clergé, qui lui fît une pension de mille francs en 1723. Il mourut, le 19 avril 1748, dans la quatre-vingt-huitième année de son âge, et la soixante-onzième de son entrée chez les jésuites. Il avait eu des relations suivies avec le P. Bouhours.

LANGLET (Nicolas), fusilier à la 54- demiirigade, né à Abbeville. Le 3"* jour complémentaire an 7 ( 19 septembre 1799), il se jeta

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dans la rivière qui le séparait de l'ennemi, encloua une pièce de canon, fit six prisonniers , et mourut d'une blessure qu'il reçut dans cette action ( Tables du Temple de la Gloire, à la suite des Victoires et Conquêtes des Français).

LECLERC ( Jacques ) , curé et officiai à S*.- Valeri, vivait au commencement du i7 mo siècle. On a de lui différens poèmes ascétiques , réunis dans un seul volume de quatre cent soixante-dix pages, Rouen, 1628, in- 12. La pièce la plus considérable de ce recueil bizarre, est intitulée : Uranie pénitente; Fauteur y déplore ses fautes, et débute ainsi:

« Un jour que mon âme pressée Des atteintes d'an grand remord , Sentit couler en sa pensée La souvenance de la mort; Et que tous mes péchés énormes , Puants, horribles et difformes, Ouvrant les yeux de mon esprit, Donnèreut à mon coeur l'alarme s Il se fondit du tout en larme , Et soupira ce triste écrit. •

Les autres pièces sont : Les larmes de Saint- Pierre; les Repentirs, les Dédains, les Remords, les Soupirs, les Regrets d'un Pénitent;

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la Conversion de Saint Paul; la Contrition de la Madelaine (*) ; le Jugement dernier; des Strophes et une Complainte sur ces mots : Miseremini mei , vos saltem amici mei. La Paraphrase du Nunc dimittis; le Retour et le Repentir de F Enfant prodigue, etc.

LEFEBVRE DE S'-REMI ( Jean ) , dit Toi-

son dOr, premier roi d'armes de Tordre de la Toison d'Or, et chancelier de Phiiippe-Ie-Bon , duc de Bourgogne, était originaire du Ponthieu. Il a laissé des mémoires qui commencent vers Fan 1416, et vont jusqua Tannée 1422 , qui termine le règne de Charles VI. Lelaboureur les a fait imprimer au tome deux de l'histoire de ce monarque ; Paris, 1661 , in-f\ On les trouve aussi dans la Collection des Chroniques nationales du i3 mo au \&°* siècle, par Buchon, dixième vol., i8a5. Ces mémoires contiennent un récit détaillé de la bataille de Mons en Vimeu, et ceux de plusieurs autres évènemens arrivés dans le Ponthieu. Témoin oeculaire de ces évènemens, l'auteur les dé-

(*) Voyez Biographie V&wmtfU, tomjc 3, p. 657.

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dit avec exactitude. Ses mémoires 9ont curieux ; mais il ne fait que raconter avec moins de détails , ce qu'avait raconté Monstrelet.

LEFEBVRE ( François) , curé de Cambron^ principal du collège , et chanoine de S-

Tu

mort en 1721 , a publié un livre intitulé :

Relation du Voyage de Pile d'Eutopie , Delet ( Abbeville), 171 1, in-12; ouvrage allégorique à l'imitation de l'Utopie de Thomas Morus , où l'on trouve des vues saines et de la piété , des réflexions hardies sur les mœurs et le salaire des prêtres , et le dénombrement de beaucoup d'abus. Les allusions sont claires, et les attaques fort vives.

LEFILLEUL ( Gilbert ) , peintre et graveur, élève de Daret , né à Abbeville en 1 644 » était fils d'un chirurgien. On a de lui : Les Mausolées de Blasset ; Moïse tenant les tables de la loi; un Portrait de Tabbè de Rancà , dédié à dom Claude de Vert ; celui de ce savant

bénédictin; plusieurs sujets d après Lebrun, Simpol, etc.

Pierre Lefilleue, son fils, gravait à Paris en 176b. On a de lui: les Voituriers , d'après Wouwerinans ; plusieurs Contes de La Fontaine, d'après Pater, etc.

LEJOILLE ( Louis-Nicolas ) , Fun des plus intrépides officiers de la marine française , na-

Son père, marin très-expérimenté, le destinant à sa profession , le fit emharquer, dès l'âge de sept ans, sur le navire marchand qu'il commandait, et r emmena à Marseille. Au retour de ce voyage, Lejoille vint faire ses études au collège d'Abbeville, puis alla les achever à Amiens. En 1772, il s'embarqua encore avec son père , et parcourut successivement les cotes d'Espagne, d'Afrique et d'Italie. Il le suivit ensuite à Petersbourg, et continua de servir

(*) Nous devons la plupart des détails qui composent celte notice, au zèle patriotique de M. Ravin, docteur-médecin à Saint- Valeri, qui a décrit dans un mémoire plein d'intérêt, un camp ou établissement romain, situé près de cette ville, et qui poursuit avec ardeur ses savantes et curieuses rechercha

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sons ses ordres pendant dix ans. Ils naviguaient ainsi, tantôt pour la marine roj aie r tantôt pour le commerce. Leur bâtiment , armé en guerre, fesait partie de l'expédition commandée par le bailli de Suffren r qui se rendait aux Indes. Il assista au combat que les Français eurent à soutenir contre le corn^ modore Johnston, dans la baie de la Praya, et fut expédié du cap de Bonne-Espérance pour apporter en France des nouvelles de l'escadre. Lejoille resta au service de létat jusqu'à la paix de 1783; il passa ensuite dans la marine marchande. En 1793, il entra dans la marine militaire , et commanda la corvette La Céleste. Peu de temps après, il se rendit à Toulon , tt fut nommé capitaine en second sur le vaisseau Le Tonnant, commandé par Cosmao. Ce bâtiment s'empare de la frégate anglaise LAlceste, et Lejoille déploie dans cette affaire tant de résolution et d'énergie , qu'on lui confie le commandement du bâtiment capturé. Il appareilla bientôt. Le 7 mars 1795, il rencontre le vaisseau anglais Jjâ Berwïck, de soixante - quatorze canons.

L'Alceste n'en portait que trente-six. Le combat s'engage avec acharnement; mais malgré la supériorité du bâtiment ennemi, Lejoille

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