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parvient à le désemparer, et le force d'amener son pavillon. Cette brillante action, dans laquelle il reçut plusieurs blessures graves, lui valut sur le champ le grade de capitaine. Le représentant, Letourneur de la Manche, en mission auprès de l'armée navale de la Méditerranée , et témoin de ce combat, écrivk à la mère de Lejoille, en lui annonçant la prochaine guérison de son fils, une de ces lettres qui sont la plus belle récompense des braves. * Votre fils-, lui disait-il, est conservé à sa patrie; consolez son digne père par l'espoir de le voir bientôt cueillir de nouveaux lauriers. » Pub il ajoutait : « Jouissez longtemps et paisiblement de la considération publique que vous mérite le présent que vous avez fait à la patrie, en lui donnant un tel défenseur. » En 1798, Lejoille montait Ix Généreux, de soixante-quatorze canons, l'un des deux seuls vaisseaux échappés au désastre d'Aboukir. Pendant ce combat funeste, il fut sur le point de se rendre maître du vaisseau Le Bellérophon, celui-là même sur lequel Napoléon s'embarqua, lorsqu'il eut résolu de se livrer aux Anglais. Foudroyé par Le Généreux, ce bâtiment amène en hissant un fanal à sa corne d'artimon. Lejailje donne l'ordre de l'amariner;
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mais les lenteurs de l'officier qu'il charge de cette mission, et qui n'ose point l'exécuter, donnent le temps à plusieurs vaisseaux ennemis de réunir leurs efforts contre Le Généreux, et le contraignent de lâcher prise. « J'ai donc manqué Le Bellèrophon , par la faute d'un de mes officiers, écrivait Lejoille à son père; je crois que je l'aurais tué... mais il a payé sa négligence et sa désobéissance , pour ne pas dire sa poltronnerie; car quelques heures après , il a été tué par un boulet de l'ennemi. » Malgré les pertes qu'il avait éprouvées dans cette sanglante journée, Lejoille vint mouiller dans la rade de Corfou, amenant avec lui Le I^eander , de cinquante-quatre canons, qu'il avait enlevé dans sa route, et que Nelson avait chargé de porter à Gibraltar la nouvelle de sa victoire. * Je fus obligé de le combattre pendant quatre heures trois quarts, disait-il encore à son père, faute de bons canonniers et de matelots. Il portait du vingt-quatro à sa première batterie, et du douze à sa seconde. Je devais l'avoir mis en canaelle en moins d'une heure, me battant avec lui bord è bord, et nous étant même abordés dans le combat. Mais nos vaisseaux sont on ne peut plus inal armés en matelots
et en officiers. Je puis dire que je n'ai au^ cune de ces deux espèces d'hommes à mon bord. Autant vaudrait-il naviguer avec des> paysans. » Le séjour de Lejoille à Corfôu lui fournit bientôt de nouvelles occasions de déveloper ses talens et sa valeur. Cette île manquait de tout. L'Italie , qui pouvait lui offrir des ressources , était au pouvoir des Russes. Mais plus le danger devient pressant, plus le commandant du Généreux redouble d'efforts. 11 comprime la révolte qui venait d'éclater, en bombardant le faubourg de Manduchio, dont les habitans avaient donné le premier exemple de la rébellion; combat à Butrinto, contre les Albanais; marche à la tête des grenadiers pour attaquer les redoutes ; harcelle l'escadre turco-russc, aux ordres d'Ocsakow, et forte de trente voiles, qui vient bloquer Corfou , tandis que les Albanais , au nombre de quinze mille, l'assiègent par terre. Rien ne l'ébranlé; il poursuit deux frégates jusqu'à la distance de trois lieues ; fait fuir les bâtimens qui voulaient îui couper la retraite ; ♦attaque peu de jours après le vaisseau amiral et deux frégates russes restées à l'ancre ; se bat pendant plus d'une heure contre ces trois vaisseaux , leur fait éprouver des avaries
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graves, et revient prendre son mouillage. Cependant les ressources s'épuisèrent. La position des Français devenait de plus en plus critique. Le Généreux reçut Tordre de se rendre à Âncône pour y presser l'envoi des secours attendus , et pour les escorter. Lejoille mît à la voile avec le brik Le Rivoli, commandé par son compatriote Darras, qui était venu se réunir a lui en arrivant d'Egypte , et jeter l'ancre à Corfou à la face de^ l'ennemi. Ils traversèrent l'escadre turco-russe, qui leur lâcha plusieurs bordées, endommagea leurs bâtimens, mais ne put les arrêter. Arrivé à Ancône, Lejoille embarque un millier d'hommes avec des vivres et des munitions, et quitte cette ville un mois après la reddition de Corfou. Ne voulant pas s'engager dans le canal de cette île avant d'avoir des renseignemens certains sur sa situation depuis son départ, il résolut en attendant de se mettre en sûreté dans le port de Brindes , sur les cotes du royaume de Naples ; il fallait y pénétrer de vive force. L'entreprise ne paraissait pas très-difficile. L'entrée était défendue seulement par un fort occupé par quelques centaines d'hommes , des bandes du cardinal Ruffo. Lejoille avait le dessein de passer à pleines voiles sous les batteries de
ce fort , et de le prendre â revers ; mais son pilote ayant maladroitement échoué le vaisseau sous le fort, il se vit obligé de l'attaquer de front, et avec d'autant plus de désavantage, qull ne pouvait tirer sur lui que les canons placés depuis l'arrière jusqu'au grand mât. Malgré cela , le fort se rendit au bout de deux heures; mais malheureusement, peu d'infitans auparavant, Lejoille fut emporté par un boulet. La reddition de la ville suivit immédiatement ; mais cette conquête sans fruit ne compensa pas la perte que la patrie venait de foire dans la personne d'un officier aussi distingué que le commandant du Généreux. Ainsi périt, le 20 germinal an 8 ( 10 avril t8oo ), à l'âge de trente-neuf ans , ce valeureux homme de mer , qui promettait de marcher un jour sur les pas des Jean Bart, des Touxville et des Dugay-TrouijK
LEMAIRE ( Pierre ) , pharmacien , né à Abbeville , alla s'établir à Paris , et se distingua dans sa profession. On a de lui : Analyse de lEau minérale ferrugineuse qui se trowc à Abbeville, 1740, in-12; des Thèses
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et des Mémoires sur son art , qui ont été imprimés. H mourut à Paris, en 1750. Le célèbre botaniste de Jussieu Fa cité dans ses ouvrages.
LEMOINE ( Jean ), cardinal, fondateur du collège dè son nom, dans la rue Saint-Victor, à Paris, naquit au i3 ma siècle, à €récy, d'une famille obscure, qui y subsistait encore en i645. H commença ses études dans sa pa— trie, les continua à Abbeville, et alla les achever à Paris, où il reçut le bonnet de docteur en théologie. Le pape Saint Gèles tin, qui connaissait ses talens , l'appela à Rome , et lni fit un accueil distingué. Il le nomma auditeur de Rote, et chancelier de l'église. On attribue ces faveurs au commentaire que Lémoine avait fait sur le sixième livre des décrétâtes. Ce travail , sur une matière qu'il connaissait à fond , fut accueilli par tous les savans, et lui valut la pourpre. Le successeur de Célestin , le célèbre Boniface VIII , l'envoya en i3oa, en qualité de légat, auprès de Philippe-le-Bel. Il chercha à rétablir la paix qui avait été troublée entre ce prince et Tau-
J2o6 BIOGRAPHES
dacieux pontife, à cause des subsides que le roi voulait lever sur le clergé ; mais il ne put mettre un terme aux fameux démêlés qui occupèrent si long-temps la scène politique.
Ses instructions, qui nous ont été conservées, n'offrent rien d'offensant dans leur forme (*) , et le pape s'était flatté que Lemoine, qui était agréable à la cour , et grandement considéré du roi, dit Velly, réussirait dans* sa mission. L'évêque d'Àuxerre et le comte d'Alencon l'en avaient assuré, en sollicitant l'envoi de ce cardinal ; mais Philippe ne voulut faire aucune concession; Boniface prescrivit alors à son légat d'excommunier le royaume , et de mener à Rome le confesseur du roi, pour y rendre compte de sa conduite et de celle du prince. Il paraît que Lemoine différa d'exécuter cet ordre, et qu'il ne négligeait rien pour arriver à une conciliation désirable , quand un incident vint rompre le fil des négociations. Le pape, cédant à l'emportement de son caractère, chargea l'archidiacre de Coutances , et un domestique du cardinal Lemoine, de porter en France les bulles d'excommunication. Ces messagers ré-
(•) Voy. Simonde-Sismondi , HUt. det Français, tome 9, p. i*W
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pandirent sur la route des copies de ces foudres qui pouvaient tout incendier. Philippe, indigné, et instruit à temps, les fit arrêter à Troyes. Les offres de pacification du légat furent rejetées à l'instant même. On le mit en surveillance, et on l'entoura de gardes.
On afficha jusque sur les murs de Saint- Marèin-de-Tours , où il s était retiré , l'ordonnance qui convoquait les états-généraux contre les attentats de son maître. Ces mesures rigoureuses , qu'il justifiait peut-être dans son cœur, dit Velly, le contraignirent à retourner à Rome. On assure qu'il avait su mériter l'estime des bons Français, sans rien perdre de son crédit auprès du pape. Le cardinal Lemoine assista, en i5o5, au conclave qui se tint à Pérouse, pour l'élection de Célestin V, et le suivit à Avignon, où ce pontife avait résolu de fixer sa résidence. Il y mourut le 20 août i5i5. Son corps fut transporté à Paris , dans un cercueil de plomb , et inhumé, selon ses désirs, dans l'église du collège qu'il avait fondé (*). Ce cardinal en fit et refit les réglemens dans les années i3oa,
(*) Les bâtimens de ce collège sont aujourd'hui occupés par des manufactures, et le jardin a été converti en chantier de bois à brûler.
i3o8 et suivantes. Ses intentions portaient qu'il y aurait dans ce collège cent étudians , et six bourses en faveur des écoliers dû diocèse d'Amiens , lesquels seraient à la nomination des chanoines de Saint-W ulfran. Le fondateur régla le montant des bourses sur le poids de l'argent. Les bourses des artistes valaient quatre marcs d'argent fin, au poids de Paris, et celles des théologiens, six marcs. Cette sage disposition préserva le collège de l'appauvrissement que lui aurait causé la baisse de la valeur des monnaies. « C'est, dit M. Dulaure, le premier exemple de cette précaution conservatrice que présente l'histoire des fondations des collèges de Paris. Les parens du cardinal Lemoine se plurent à augmenter, par des bienfaits nouveaux, les revenus et le nombre des boursiers de ce collège. Un d'eux, sans doute grand amateur de spectacle, y établit, en mémoire du fondateur , une fête nommée la Solennité du cardinal Lemoine, dont voici quelques détails. Le i3 janvier de chaque année, un familier de ce collège jouait pendant cette fête le personnage du cardinal :
vêtu des habits de sa dignité , il le représentait à l'église et à table , et recevait gravement les hommages , les complimens en vers et en
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prose , que venaient humblement lui adresser les écoliers de cette maison. Pendant la messe, célébrée en grande solennité j on voyait figuK rer les comédiens de l'Hôtel de Bourgogne, qui exécutaient des morceaux de musique en l'honneur du cardinal, et s'acquittaient d'un tribut de reconnaissance pour les bienfaits que leur théâtre avait reçus des personnes de la famille de ce prélat, qui possédaient, dans la salle de ces comédiens , une loge longtemps nommée Loge du cardinal Lemoùie» (Histoire physique, civile et morale de Paris, tome 3, page 99, 3"* édition. Ce cardinal a laissé différons monumens de son savoir, qui ne sont point parvenus jusqu'à nous, Sa Glose, appelée Aurea, fut imprimée à Paris, en i535, et à Venise , en 1 586 , avec quelques autres morceaux sur le droit canon , sous ce titre z Glossa aurea nobis priori loco super sexto decretalium libro tradita per J. Monachum, etci Nicolas de Grambus, et non de Gravibus, soi* parent, a écrit sa vie. On prétend que c'est par erreur que, dans le dictionnaire de Moreri, oa annonce que Lemoine avait occupé le siège épiscopal de Meaux. * ' • -
BJOGEAPHIK
, LENFANT ( h an ) , habile graveur , né à Abbeville , était fils de Jean Lenfant 9 maître brodeur , et de Marie Sanson. Par un acte du 7 mars i64i , il fut mis en apprentissage chez Claude Mellan, graveur et peintre du roi. 11 fit de grands progrès sous les yeux de ce maître , et g adonna spécialement au portrait , genre dans lequel il excella. On lui doit ceux du comte de Brienne, d'après Lebrun-; de F. Faure, évêque d'Amiens; de Louis de Machault, prieur de S*. -Pierre d' Abbeville ; de Nicolas B lasse t, sculpteur; de Jean de Gaudebeut géographe ; -de Gabrielle Foucquart, et de plusieurs autres personnages. On a encore de sa main quantité d'estampes d'après Annibal Carrache, Le Guide, Nanteuil , Ferdinand , Nicolas Loir, Claude Lefebvre , etc.; mais ces estampes, gravées avec une grande propreté, sont d'un travail un peu froid.
Lenfant mourut à Paris, en 1674, après y avoir exercé son art pendant vingt-deux ans. C'est , en sortent de son atelier , que le célèbre J. L. Roullet entra dans 1-école de François De Poilly. » " .
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LEVASSEUR (Jacques), docteur en théologie, archidiacre et juge ordinaire de la cour spirituelle de Noyon , naquit au village de Vismes, où sa famille existe encore, le ai décembre 1571 , comme il l'apprend lui-même dans ces vers :
Vbmes m'a vu sortir nouvellement au jour ,
liâmes comble d'honneur toute la Picardie.
Après avoir fait ses premières études à Douai et à Tournai, chez les jésuites, il se rendit à Orléans , où il professa lui-même avec succès. Il quitta cette ville en 1602, et vint à Paris professer les humanités , la théologie et la philosophie, dans les collèges de Navarre, de Lisieux, des Grassins et de Montaigu. Il était recteur de l'université en 1609, et Ton voit par ses lettres , qu'il était lié avec les hommes les plus instruits et les plus distingués de son temps» Le chancelier Brulart de Sillery, le premier président au parlement de Paris , Nicolas de Verdun, le cardinal du Perron, et beaucoup d'autres parlent de lui avec éloge. Il était à Paris,lorsqu'il fut nommé archidiacre de Noyon, puis doyen de cette église ( 161 3). On a de ce docteur un grand nombre d'ouvrages sous des
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titres qui paraissent aujourd'hui ridicules; tels sont : i° Le Cri de l'Aigle provoquant ses petits au vol, Paris , i63i ; 2° Antithèses ou Contrepointes du ciel et de la terre , ibid. 1608, in-8°. C'est un recueil de vers français sur des sujets moraux. 'S* Le Bocage deJossigny,où est compris le Verger des Vierges et plusieurs autres pièces saintes, tant en vers quen prose, ibid. 1608, in-8°. On y apprend plusieurs circonstances de la vie de l'auteur et de celle de quelques gens de lettres qui vivaient alors. 4° L'Entrée et la Sortie de l'homme au monde, ou la Recherche de la terre promise, deux livres, ibid. 1612; 5* Annales de l'église cathédrale de Noyon, avec une description et notice de cette ville, ibid. i633, 2 vol. in-4*; ouvrage mal écrit comme tout ce que Levasseur a composé en français; mais curieux et plein de recherches utiles ( Voyez Becquet , Notes Suppl ) . 6° Ftanciœ Reges , ibid. 1602, in~8°. C'est une liste des rois de France, en vers latins. 7 0 Les Devises des Empereurs romains, tant italiens que grecs et allemands , depuis Jules César jusqu'à Rodolphe II, ibid. 1608, in-8« de 72 pages, dédié au dauphin; 8° Tombeau dressé à la mémoire de messire Claude de ) Mmtigrvf , prétrf -de [oratoire > ibid, i6*5l, in-S 0 ;. ^ Diva Virgo
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Mediopontanœ, etc. 1622, in-8°. Il s'agit de la vierge de Moyenpont, pèlerinage fameux à deux lieues de Péronne. io° Plusieurs Traductions et des Lettres imprimées à Paris , en 1623. Ces lettres, dédiées au prince Henri de Lorraine , abbé de Saint-Denis f contiennent des anecdotes littéraires , beaucoup de principes sur diverses matières, quelques bons vers latins et de très-mauvais vers français. J. Levasseur avait une prédilection particulière pour Juste-Lipse, dont il imite le style, notamment dans ses lettres. Il mourut à Noyon, en i636, âgé de soixante-cinq ans. On le regardait comme un homme éloquent , et on le chargea plusieurs fois de haranguer les princes et de grands magistrats. Cette vaine réputation n'a pas duré; son nom et ses ouvrages sont maintenant dans l'oubli ( Voyez son éloge dans X Histoire du Collège de Navarre, parDelounoy) ^
LEVASSEUR ( Jean-Charlks ) , graveur, n# à Abbeville le 21 octobre 1734, vint à Parisà l'âge de dix-neuf ans , chez Beauvarlet ; mais il sentit bientôt que la manière de ce maître ne pouvait être la sienne , et que , pour réussir ,
il devait suivre ses dispositions naturelles et son goût particulier. Ses différentes manières prouvent qu'il a su varier ses travaux suivant le style des maîtres d'après lesquels il a gravé. Parmi ses ouvrages , qui sont fort nombreux , on distingue : La Belle - Mère ; La Veuve et son Curé; Le Testament déchiré (Greuze); 'Léonard de Vinci mourant dans tes bras de François ( Ménageot) ; Le Médecin Erasisira te découvrant f amour a?Antiochus (Colin deVermont); L Amérique indépendante, estampe allégorique présentée au congrès; TJ Histoire de Saint Georges , d'après le pastiche que Téniers a peint dans le style de Rubens ; La Continence de S ci pion ( F. Lcmoine), et son pendant (Restout) ; Vénus sur les Eaux (Boucher); I*e Satyre amoureux , et son pendant (Mettai); deux Pay sages ( Diétrick ) ; Les Quatre Saisons , du célèbre Callet ; une Sainte Famille, dédiée au grand aumônier de France; Le Triomphe de Neptune ( Lépicié ) , supérirement exécuté; plusieurs autres morceaux d'après Carie Vanloo, L. Lagrenée, Lemonnier, Peters , et surtout ceux d'après Greuze , au nom duquel Levasseur semble en quelque sorte associé (*). Cet habile graveur était doyen
(*) Creuic , pour prouver toute ton estime à celui dont le s*-
dabbeviixe. 5t5.
de l'ancienne académie royale de peinture , o de sculpture et- gravure , dans laquelle il avait été admis en 1771. Le sujet qu'il fit pour sa
réception, est le tableau de J. -B. Vanloo représentant Vénus et Adonis. 11 était encore membre de l'académie de Vienne. Avant la révolution , il avait déjà mis au jour soixantecinq sujets principaux. Nos longs orages politiques ne purent le distraire de son goût passionné pour les arts. Il mourut à Paris le 29 novembre 1816, et fut inhumé dans le cimetière du P. Lachaise. Ch. F. Bidou , homme de lettres et membre de l'université , prononça sur sa tombe un discours qui a été imprimé à Paris, chez Didot jeune, in-8° de douze pages. M. Pclissier a consacré ( dans le Mémorial universel, journal du cercle des arts, 7 j m * livrais. ) une notice à cet artiste, non moins distingué par les excellentes qualités de son âme que par ses talens comme dessinateur et graveur. Parmi les élèves qu'il a formés, plusieurs
Tant burin traduisait arec tant de grâces ses ouvrages les plus précieux , voulut se donner la jouissance de faire son portrait et de le lui offrir en reconnaissance des belles et nombreuses gravures qui assuraient à ses tableaux un grand prix et de nouveaux succès. Ce portrait a été gravé par lui-mCnic, xq-4°ï et Utbograpbié en i$2? K par Motte»
sont devenu» eux-mêiftes des maîtres habiles ( Yoy. le Moniteur du 29 décembre i8t(} ).
LEVASSEUR ( Pierre-François ) , premier violoncelle de l'académie royale de musique , et professeur à l'école royale de musique et de déclamation, naquit à Abbeville, dans la rue des Rapporteurs, le 11 mars 1753. Il fut d'àbord enfant de chœur à Saint-Wulfrah; et destiné par sa famille à suivre la, carrière ecclésiastique, il fit des études analogues à cet état. Mais entraîné par son penchant pour la musique , il se mit sous la direction de Belleval , qui lui enseigna les principes ' élémentaires , pendant trois mois seulement. Levasseur apprit ensuite, sans maître, la musique et le violoncelle, et devint d'une grande force sur cet instrument. « C'est, disent les auteurs du Dietionnaire historique des Musiciens, celui de tous les violoncellistes qui, pour la qualité du son , se rapproche le plus du célèbre Louis Duport. » Levasseur , après avoir parcouru la France , et tiré de son talent d'honorables produits, exécuta, en 1789, au concert spirituel, des concertos de Duport, et se fit remarquer,
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en 1 795 , aux concerts de Feydeau. Quelques années après, il fut attaché à l'orchestre de l'académie de musique, et à la chapelle des Tuileries , que dirigeait alors l'auteur des Bardes et de la Mort d Adam (*). Levasseur est mort à Paris, il y a environ douze ans. Il a laissé un frère et deux fils , qui se distinguent dan» son art.
(*) C'est aux portes d'Abbeville, an village du Plessiel, paroisse de Drucat-Saint-Martin , que naquit, le i5 février 1760 (a), M. Lb Scror ( Jean - François ) » membre de l'institut, surintendant de la musique b^e la chapelle idu roi, chevalier de la légion-d'honneur- et de Saint-Michel , etc. , dont la musique sacrée soutient la concurrence avec les productions les plus renommée* dé l'Allemagne et de l'Italie, et qui a enrichi la scène lyrique, de plusieurs, compositions du mérite le plut rare, telles que : 1* La Caverne, opéra en trois actes, 1793; a° Paul et Fïginiê, autre opéra, 1794 ; 3° Tètèmaque, tragédie lyrique eu trois actes, 1796; 4* Les Bardât, en cinq actes, i8o4; 5« La Mort dtAéam, autre tragédie lyrique, eo cinq acte», 1809; véritables chefcd'oeuvre , où le génie du compositeur approprie toujours sa noble et brillante mélodie à la vérité dramatique et à l'effet théâtral. » Je ne ttotwe pas d'expression assez forte pour exprimer le plaish\ la sensation et l'étonnement que j'ai éprouvés hier soir à la représentation des Bardes, écrivait le célèbre Paësiëllo, le i4 juillet i8o4; tout y est sublime, tout y est original, tout y est
(a) Voir les registres de la commune de Drucat, que nous avons été consulter nous-même. Un monument religieux, sur lequel on a inscrit le nom et les titres de M. Le Sueur, a été placé par ses soins, sur le chemin qui conduit de cette commune au Plessiel, et consacre ainsi l'attachement que notre illustre compatriote a conservé pour le lien de sa naissance.
MACHECRIER ( Valerand )., né à Abbeville, a publié en latin une Méthode de fArt poètique, Paris, Robert Etienne, 1529. Celle méthode , dit le P. Daire , a prouvé qu'il avait de bons principes de grauunairc.
MACRET ( Charles-François-Adi\ien ) , graveur, né le 2 mai 1760, montra de bonne heure les plu» heureuses dispositions pour son art, et fut envoyé à Paris, où il étudia avec succès les principes du dessin et de la gravure sous Nicolas Dupuis et Littrait de Montigny. Un accident funeste rayant privé de son père, il sentit la nécessité de s'appliquer ardemment au travail. Après la mort de ses premiers maîtres y il se plaça sous la direction d'Aliamet et de Saint-Aubin , et fit en peu d'années des
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dans la nature. » C'est à cette occasion que Napoléon donna à M. Lcaucur la direction de la musique de sa chapelle » le nonma membre de la légion -d'honneur , et lui Gt présent d'une tabatière en or , portant ponr exergue : l'Empereur des Français à l'Auieur des Bardes. Nous regrettons que les bornes dans lesquelles nous devons nous renfermer ici ne nous permettent pas de tirer un plus grand parti des documens précieux que nous nous sommes procurés sur ce compositeur célèbre , dont la réputation européenne fera la gloire éternelle du lieu qui l'a tu naltae*
D'àBBEVILLE. 2 M)
progrès étonnans. On lui doit : T»a Samaritaine (Vanderweff), et La Prière de V Amour (Greuze); La Fontaine enchantée ( Cochin ) ; La Fuite à dessein ( Fragonard ) ; L Arrivée de J.-J.
Rousseau aux Champs Etysées(M<mau), pour servir de pendant à L'Arrivée de Voltaire , qull avait mise au jour peu de temps auparavant, etc. Mais c*est surtout dans Les Prémices de ï Amour- propre ( Gonzalès ), qu'il développa ce goût pur et ce style harmonieux qui le caractérisent. Consumé par une fièvre lente, que son ardeur pour le travail rendit peut- -être incurable, il mourut à Paris le 24 décembre 1 783 , à l'âge de trente-trois ans , n'ayant pu terminer sa belle planche du Siège de Beauvais, à laquelle il donnait tous ses soins , et qui lui aurait infailliblement ouvert les portes de l'académie de peinture.
MÀLLET (Pierre), né à Abbeville, vers l63o, était ingénieur ordinaire du roi et professeur de mathématiques à Paris. Il conçut le projet de réformer l'orthographe française , et chercha à développer son système dans les deux ouvrages suivans : 1 • L'architecture mi-
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Maire, ou les Fortifications particulières , générales et universelles, Paris, 1666, in- 12; a* Le Jeu de Dames, et la Méthode d'y bien jouer; Ortograje nouvele et rézonée, etc.; Paris,. i668 r in- 12 de quatre cent cinquante-six pages r avec deux planches. Le Jeu de Dames n'y occupe qu'une centaine de pages» L'auteur croit être le premier qui en a trété et qui an a pu rézonablemant écrire. Son plan consiste à écrire coinme on prononce r sans égard pour Fétymologie, ce qui rendrait notre orthographe plus facile ; mais ce système , qui aurait pu s'établir si l'académie française avait été instituée au 1 6°^ siècle, et que l'on propose encore aujourd'hui^ est maintenant impossible. Une foule d'écrivains ont professé les opinions de Mallet» * Cest d'un tans immémorial, dit-il, que ces re tranche m ans et changemans ont été proposés , et même jé an min, ou an ma propre posésion, plusieurs gramères, ou élémans de la langue Jrancèze, imprimés , il y a plus d'un siècle, antre léquels on 9oi les écris de François de Larde, de Claude Lejranc et la gramère de M*. Jacque SiMus , médecin; cèle de Philipe Jubert, cèle de M*. Louis Mégret, etc. Le livre de Mallet peut servir à faire connaître quelle était de son temps la prononciation de certains mots;
d'abbeville. aar
mais les trois quarts de son ouvrage sont en divagations. Après avoir montré combien le jeu de dames est supérieur aux échecs, et cité les plus fameux joueurs connus, Fauteur en donne les règles, et défie une douzène des meilleurs joueurs européens, ou de quelque partie de la terre au hasard, d'une ftouzénc de pistoles par chaque partie. 11 termine son livre par l'explication de plusieurs autres jeux, et promet de donner dans un nouvel ouvrage, un irète des jeux naturels et magiques et des ljibirintes.
' * Kil : •"...<: irr h -\
MANESSIER ( Charles-François ) , conseiller du roi , lieutenant de la maîtrise des eaux
et forêts , né à Abbeville , d'une famille honorable, vers l'année i6i3, a traduit en fran-* çais : i* Le Traité du Pallium , ou manteau de Tertullien, Paris , i665, in-12; 2 9 Le livre de la Pénitence, avec t Exhortation aux Mar- . tyrs , 1667 , in-12, où l'on trouve un admirable portrait de Job. Mane&sier a encore publié quelques autres traductions que nous ne connaissons pas. : i , . .
MANESSIER ( Nicolas ) , prêtre , docteur de la maison et société de Sorbonne , se signala dans la querelle du Jansénisme. La chaleur avec laquelle il se prononça contre la condamnation des cinq fameuses propositions attribuées au livre de Jansénius , lui mérita la confiance des évêques opposés à cette condamnation : ils le chargèrent d'aller à Rome avec un autre prêtre soutenir les efforts de Saint- Amour, qui pressait Innocent X de distinguer, d'une manière claire et précise, dans le jugement qui interviendrait, le sens dans lequel les propositions seraient condamnées , de celui dans lequel elles pourraient être soutenues; mais ces négociations échouèrent contre le crédit des jésuites. On trouve dans le Journal de Saint-Amour ( pages 4^8 et suiv. ) , de longs détails sur cette mission. Nicolas Manessier soutint sa cause par des écrits qui nous sont entièrement inconnus. Il mourut à Paris le i5 janvier i634, et fut inhumé à Saint-Jacques du-haut-Pas. .
MANESSIER ( Charles ), seigneur de Préville, lieutenant-général civil et criminel des ville et bailliage dllcsd'ui et du comté de
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Saint-Pol , procureur du roi à Abbeville , etc. , est cité par le P. Lelong , dans sa liste des portraits des Français illustres; J. Lenfant del. etscutp. % i65S, in-4*. Nous n'avons aucun autre renseignement sur ce personnage.
MANESSIER de Gdiberbiesnil (Michel), religieux augustin , né en 1682 ou 85, a publié : Chronologie nucktographique des Seigneurs de la maison Durwier et de leurs nobles alliances depuis Charlemagne jusqu'à présent , in-4°. Le portrait de cet Abbevillois a été dessiné par Carie Variloo, et gravé par le célèbre Wills, en 1748 ( Voy. Histoire des Nobles de la Germanie inférieure , Gand , 1 557 , et YHist. des Majeurs d Abbeville, page 579, 772 et 807 ).
MATHIEU (Nicolas SANSON, connu sous le nom de Père ) , capucin , était le frère consanguin du père Ignace. Il se voua au ministère de la chaire, et y parut avec éclat. Ce fut lui qui, dans l'église de St.-Nicolas-des- Champs, à Paris, prononça devant le parlement et la noblesse assemblés , Y Oraison fu-
nèbre dû Henri IV (*). Cette pièce est un mo* J nument curieux de l'art oratoire à cette époque. L'auteur y met à contribution la mythologie , l'histoire grecque et romaine, l'Ecriture-Sainte, l'astrologie; s'épuise en hyperboles, en jeux de mots ridicules; fait un étalage immense de citations, et prouve ainsi beaucoup de savoir sans se montrer plus éloquent. Ce n'est pas qu'il ne s'anime quelquefois; il y a de l'âme et surtout un excellent patriotisme dans ces passages : « Ha ! vil(e de Paris, que tu es bâtie sous une constellation malheureuse ! que ta fortune est infortune , et que tes adventures sont sanglantes ! jadis les étrangers t'adoroient comme le lit de justice de nos roix, l'appui de leurs sceptres et l'assurance de leurs couronnes : mais hélas ! que diront-ils maintenant , quand ils sauront qu'en tes rues auront été violées les loix divines et humaines , qu'on y aura commis le plus exécrable parricide qui puisse être, et que ton pavé aura souffert être rougi du sang du roi des François , par les mains d'un François même ? Ils diront que jadis tu étois lé
(*) On la trouve dans tes Oraisons et Discours funèbres de divers auteurs sur te trépas de Henri-te-Grand , recueillit par G. Dupeyrat, Paris, 1610 , 1611 , un fort roi. in-ia«
siège de justice et le lit des bonnes loix; mais qu'il faut maintenant ou que tu vives sans ordonnances, ou si tu ensuis quelques loix, il faut que tu périsses , car les ordonnances du royaume font raser les villes où les rois ont reçu quelque outrage.. ..mais ce seroit, ô cher Paris ! blâmer ton innocence , et avant que la renommée s'envolé pour porter ces tristes nouvelles parmi les étrangers, je veux écrire sur ses ailes que Paris est si dolente de sa perte ,
qu'il n'y a cœur qui ne rende l'esprit Elle
dira que c'est bien dans Paris , mais non de Paris que nos maux ont pris naissance; c'est d'une âme conçue par l'ouvrage de l'enfer , du ramas de toutes les ordures du monde, née parmi les sauvages , nourrie par les furies au carnage , et instruite au parricide ; c'est d'une main infernale , c'est d'un bras diabolique qui s'est forgé en Angoulesme , qu'est cheust celui que toutes les armes du monde ne pou voient ébranler. Ah ! parricide main , que tu es cause de grands maux , et qu'abominable sera ta mémoire à la postérité! »
Le Père Mathieu , dont le nom est inscrit dans le martyrologe des saints de France , mourut à Paris le 5o décembre 1610. Son frère dit que les Huguenots l'empoisonnèrent pour avoir
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converti une grande dame à la religion catho* lique ; mais que les secours qui lui furent prodigués le rappelèrent à la vie ( Voy. Histoire Ecclésiastique cCAbbeville , page 525 ; — Des Mayeurs, page 765 ).
MAUGU1LLE , en latin Madelgisilas , saint anachorète, qu'on croit Irlandais de naissance, florissait vers le milieu du 7"* siècle- Il venait de parcourir F Allemagne , et traversait la France avec saint Furcy , lorsque ce dernier mourut à Maizerolles , dans le Ponthieu. Douloureusement frappé de sa perte , il se retira dans l'abbaye de Centule , puis alla vivre dans ]a retraite, à quelques lieues plus loin , à Monstrelet-sur-l'Authie. 11 y fut visité par saint Yulgan (*), qui témoigna le désir de partager sa solitude et d'y mourir près de lui. 11 y avait près de trente-cinq ans qu'ils s'y livraient ensemble à la prière, quand Vulgan cessa de vivre. Peu à près , vers l'an 685, Mauguille
(•) Ou Vi'gaine. Quelques auteurs le font passer mal à propos pour un archevêque do Cantorberry. Les religieux de Saint-Vai possédaient ses reliques,
DABBE VILLE,
ermitage, à côté de son ami. A la fin du io me siècle, on bâtit une église sous son invocation , et cette nouvelle paroisse , érigée près de Centule, et dans laquelle on déposa ses reliques, se glorifia de porter son nom. Les moines de St.-Riquier, jaloux de posséder ces reliques, qui devenaient l'objet d'une grande vénération , les transportèrent, en 1 1 1 3 , dans leur église, où, depuis ce temps, elles sont encore.
MAUPIN ( Paul ) , né à Abbeville , a gravé ; dans le dernier siècle , en bois et en camaïeu* plus de cent dessins de prophètes, de sy billes, d'apôtres 9 de martyrs, d'après Stella. Il ne faut pas le confondre avec un autre Maupin ^ son parent , qui a aussi gravé en bois.
MAUVOISIN, Abbeville, construisit, en 1768, l'horloge du beffroi d'Amiens, qui est regardée comme un chef-d'œuvre. Il paraît
que cet artiste, ou était peu épris de son art, ou ne menait pas une conduite très-régulière; car, suivant la tradition, il fut enfermé dans
le beffroi pour achever son œuvre; et , en effet , on y montre encore 1 établi et les outils dont il s'est servi ( Voy. Dulaure , Histoire des Entirons de Paris ). *
MELLAN ( Claude ) , graveur et dessinateur célèbre, né le 23 mai 1.598, dans une maison près du pont de Talance, étudia son art à Paris, sous Thomas de Leu et Léon Gautier.
En 1 6 1 7 , il alla à Rome , où il se perfectionna sous la direction de F. Yillamena. A son retour en France , Louis XIV lui accorda, avec Je brevet de peintre et de graveur du roi, un logement au Louvre, en récompense du refus ♦qu'il avait fait daller se fixer en Angleterre, où Charles II l'avait appelé. Mellan imagina une manière de graver avec un seul trait qu'il renflait ou diminuait suivant le ton qu'il avait besoin d'obtenir, et il a produit autant d'effet, autant de couleur par ce moyen nouveau, que s'il y avait employé plusieurs tailles. Ce procédé hardi ét singulier, qu'il a porté au plus haut degré de perfection, présente sans doute une difficulté vaincue, disent les connaisseurs, mais il ne peut entrer en parallèle avec les tailles croisées qu'il avait, ainsi que les au-
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très graveurs, employées pendant son séjour à Rome , et qui varient bien mieux les objets qu on veut rendre. Mellan s'était livré à la peinture par les conseils de Simon Vouet ; mais il quitta le pinceau pour s adonner entièrement à la gravure , vers laquelle il se sentait préférablement entraîné. Ses plus beaux ouvrages, presque tous dessinés d'après ses propres compositions, sont : Saint François dans le désert, à genoux devant la croix , pièce distinguée par le savant contraste des travaux. Psyché, prête à poignarder Cupidon endormi; morceau d'un bel effet et en tailles croisées r d'après Vouet. Saint Pierre Nolasque, enlevé au ciel par deux anges;, pièce de sa composition, la plus belle qu'il ait jamais laite, gravée en 1627, et devenue très-rare, la planche ayant péri, dit-on, dans un naufrage. Une «preuve de ce magnifique morceau a été vendue neuf cent quatre-vingt-quinze francs , il y a peu d'années, à Paris. Saint Bruno, retiré dans le désert; Rebecca abreuvant les chevaux du serviteur d 'Abraham , d'après Le Tintoret ; morceau d'une couleur admirable et du moelleux le plus rare. La Saints Face, grande comme nature, gravée d'une seule taille tourjxinte qui commence au bout du nez. Ce tout