Univers, IX
On ne connaissait guère à cette époque, dans nos pays la situation des israélites de la Turquie d'Europe. Ce n'est pas vers eux que se tournèrent surtout les sympathies des israélites des autres pays. Pour ceux-ci, l'Orient Israélite, c'était la Terre sainte, le pays consacré par tant de pieux souvenirs ; c'était Jérusalem, la montagne sainte et ce pauvre pan de mur, débris antique et vénéré du temple. C'est de ce côté qu'Albert Cohn porta ses efforts. Personne ne s'en étonna, personne ne demanda ce qu'on ferait pour les israélites de la Turquie d'Europe, pas même M. Philippson, à ce qu'il semble. Le programme d'Albert Cohn répondait à tous les vœux et donnait au sentiment public pleine satisfaction.
Les ISRAÉLITES DE JÉRUSALEM. — Lcs difîérentcs communautés israélites de Jérusalem. — Cause de la misère des israélites de la Ville-Sainte. — Les distributions de secours ou Halucca. — Efforts antérieurs de Sir Moses Montefiore.
Quoique réduite à ces proportions, l'œuvre dont Albert Cohn se chargeait était encore pleine de difficultés.
Jérusalem comptait alors environ 8,000 israélites ^ Cette population est montée depuis à 13,000 âmes 2, formant le tiers de la population de la ville. Elle est divisée en deux groupes principaux, de force à peu près égale : celui des Sefardim (7,000 âmes) et celui des Askenazim (6,000 âmes). Les Sefardim descendent des israélites établis de temps immémorial dans le pays et des exilés d'Espagne, auxquels se sont ajoutés sans interruption des émigrants