Univers israélite, II
3. Archives Israélites, 1873, p. 273. Journal des Débats, 14 décembre 1877.
israélites algériens. Ils n'étaient point déclarés citoyens français. Les israélites étaient soumis à la juridiction française pour toutes les affaires civiles et commerciales, mais pour tout le reste ils gardaient leur ancienne juridiction religieuse et leurs tribunaux, composés de rabbins. L'ordonnance du 26 septembre 1842 laisse aux rabbins le droit de connaître les infractions qui ne sont ni crime, ni délit, ni contravention pour la loi française. Un chef de la nation ou adjoint Israélite prit place à la tête de chaque communauté pour l'administrer. Il était entouré d'un conseil qui votait avec lui la perception et la répartition des impôts concernant le culte 1. L'œuvre de cette administration ne fut point des plus satisfaisantes : les rabbins regrettaient l'autorité qu'ils avaient en partie perdue ; les administrations se débattaient dans de misérables querelles. La situation financière des communautés avait été bouleversée par les nouveaux règlements. Leurs revenus se composaient autrefois de trois impôts : l'un sur la boucherie, les deux autres sur le vin et les marchanuises ; le premier seul fut maintenu. Il en résulta une gène extrême, qui fut signalée aux grands rabbins de Paris dans une
]. Archives israélites, 1845, p. 107; 1847, p. 509 et 915.
lettre des rabbins d'Alger du mois de novembre 1840 1. Les écoles indigènes se fermaient; maîtres et élèves étaient tombés dans le plus grand dénûment, toutes les institutions étaient menacées de périr.
Les Israélites d'Alger sentaient heureusement le besoin de se relever et de se rendre dignes de la protection française. Ils accouraient aux écoles fondées par TÉtat, tandis que les Arabes fuyaient ces établissements. Une école Israélite de garçons fut créée par le gouvernement à Alger en 1832, puis reconstituée en 1840. Dès
1837, une école Israélite de jeunes filles fut ouverte à Alger, rue des Trois-Couleurs, avec le concours du conseil municipal, et dirigée, pendant de longues années, par Mlle Hartog, de Paris -, Les juifs, en acceptant la civilisation française, entraient dans les administrations et occupaient des fonctions publiques. Dès
1838, Mardochée-Amar, autrefois membre du conseil municipal d'Alger, fut nommé, par ordonnance royale, adjoint au maire de cette ville 3.