‹ Biographie d'Apollonios de Rhodes [microform]Chapitre 16 sur 55 · Cf. ici p. 26 ss · texte numérisé non relu

Cf. ici p. 26 ss

4, GERCKE, art, cité, p. 252.

égaux... En conséquence, nous devons réviser complètement nos idées sur leur fameuse querelle! ». Cette opinion surprenante n’est démontrée que par un seul argument : d’après le papyrus déjà cité, Callimaque, ne fut pas bibliothécaire en chef d'Alexandrie; d’autre part Apollonios remplit ces fonctions après Zénodote et avant Eratosthène. On ne saisit pas le rapport entre ces deux faits et la conclusion du savant anglais. Suidas et les vies anonymes d’Apollonios prouvent que Callimaque n’était pas bibliothécaire lorsqu’il eut pour élève Apollonios. La nomination de ce dernier à la Bibliothèque empêche-t-elle de le croire plus jeune que Callimaque ? On serait alors curieux de savoir à quelle date mourut Zénodote et à quel âge le poète d'Alexandrie remplaça le grammairien d’après Gillies: mais on chercherait en vain dans son introduction des renseignements de ce genre; les dates y sont rares et l’auteur écrit, avec raison d’ailleurs : « la chronologie de toute l’école alexandrine est sujette à la plus grande incertitude et la plupart des dates sont tout au plus approximatives ». On s'étonne qu'après cette déclaration prudente, il considère comme une vérité démontrée qu’'Apollonios et Callimaque étaient du même âge.

Tous les documents que nous possédons prouvent qu’Apollonios fut élève de Callimaque : il est donc naturel d’en conclure que l’auteur des Argonautiques était plus jeune que son maître d’une douzaine d'années au moins.

À quel moment de sa vie Callimaque fut-il maître d’Apollonios ? Ce dernier naquit à Alexandrie; d’après la seconde Vie d’Apollonios, Callimaque était « grammairien », γραμματικός, dans cette ville quand il eut pour élève le futur auteur des Argonautiques, et nous savons par Suidas que le poète de Cyrène, avant d’avoir été présenté au roi d'Egypte,

1. The Argonautica of Apollonios Rhodius, Book III, Cambridge, 1928, Introduction, p. XI.

« enseigna la littérature », γράμματα ἐδίδασκεν, à Eleusis, faubourg d'Alexandrie. Les deux expressions $e COrrespondent et s'expliquent l’une par l’autre si l’on donne au mot γραμματικός 16 sens large qu’il avait à l’époque alexandrine eb à γράμματα celui de belles-lettres, de littérature qu’on

trouve déjà chez Platon!. Callimaque apprit donc au jeune Apollonios la littérature, et non de simples rudiments. Le futur chef de l’école poétique alexandrine eut Apollonios pour élève après son établissement définitif à Alexandrie et avant son accession à la faveur royale, quand il était un

homme mûr maïs encore jeune.

D'après le passage de la première Vie, où Callimaque est appelé le « maître particulier » d’Apollonios, tous deux semblent avoir été très liés avant d’entrer en conflit.

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