‹ Biographie d'Apollonios de Rhodes [microform]Chapitre 32 sur 55 · DR NE · texte numérisé non relu

DR NE

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De Wilamowitz est du même avis et apporte quelques arguments :

« Cela ne peut faire allusion à la prise de possession de Cyrène par Battos et ses descendants, car le dieu ne pouvait la promettre puisqu'ils y entrent déjà; Veut-on par hasard traduire « et il promit de leur donner des murailles » parce qu'ils n’ont bâti que plus tard une forteresse ? Il est tout à fait incompréhensible que les Cyrénéens, au troisième siècle, aient à louer le dieu d’avoir tenu sa promesse envers une dynastie qui, deux cents ans auparavant, avait trouvé une fin sans gloire. Mais voici l’argument décisif : si l’on glorifie quelqu'un qui fait une promesse de la tenir, on veut parler d’une promesse qui n’est pas encore réalisée, sinon l'affirmation n’a aucun sens. Callimaque dit trois choses : Apollon a montré Cyrène aux Grecs, il a dirigé lui-même la fondation et il a décidé de l’avenir de Cyrène, un avenir qui, pour les Cyrénéens et pour Callimaque même, a de l'importance. Apollon, selon sa promesse, donnera Cyrène à « nos » rois, les rois légitimes. Si l’on ajoute, comme il convient, que la résistance au roi de Callimaque est aussi impuissante que la résistance à Apollon et inversement, il en résulte pour la situation présente de Cyrène que le roi d'Egypte, car c’est lui le roi pour Callimaque, a des prétentions légitimes, reconnues aussi par les Cyrénéens, à la souveraineté

de la ville et qu'il les fera triompher malgré toutes les résis-

tances.

I1 nous suffit maintenant de citer le fait bien connu que Cyrène, après la mort de Magas, devait revenir à l'Egypte, mais qu’elle fut conservée par la veuve de Magas et le Macédonien Démétrios jusqu’à ce que Bérénice, fiancée du futur Ptolémée Evergète, se fût délivrée, sibien que le mariage put avoir lieu et que Cyrène revint à l'Egypte; toutefois il y avait encore un soulèvement démocratique à réprimer. Nos informations mauvaises ne permettent pas de reconnaître le détail et la date ne peut pas être fixée plus exactement que dans les dernières années avant 250 : il reste établi que la situation correspond exactement à celle qui résulte du texte de l’hymne à Apollon. Ainsi le problème est résolu. Callimaque avait naturellement un intérêt personnel au sort de sa patrie, ce qui l’incita à écrire cette poésie; il était alors déjà beaucoup plus savant que poète... Le roi qui punit ses ennemis aussi sûrement que le dieu est Philadelphe; ensuite le pluriel est nécessaire, car Cyrène passe d’abord au prince héritier. Cel4 aussi concorde donc très exactement, »

Telle est la théorie de Wilamowitz, acceptée par Koerte’

et Pfeiffers.

Mais une autre interprétation ἃ été proposée. Après

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