‹ Biographie d'Apollonios de Rhodes [microform]Chapitre 33 sur 55 · Hermes, t. LXIII, 1928, p. 340, n · texte numérisé non relu

Hermes, t. LXIII, 1928, p. 340, n

Vahlen!, Gercke? prétend que ce sont les premiers rois de Cyrène, les Battiades, à qui Apollon «promit de donner des places fortes », en Cyrénaïque naturellement. Maass® adopte ce sens et voit dans tout le passage de Callimaque une allusion à un oracle que cite Diodore de Sicile“, par lequel Apollon promet à Battos de le guider en Libye et de faire de ui le fondateur d’une dynastie qui règnera sur ce pays.Mais cet oracle n’est qu’une variante de celui que cite Hérodote. Betheÿ ne voit dans l’hymne à Apollon aucune allusion aux Ptolémées ni à des événements contemporains. Dans le passage sur la fondation de Cyrène,

« il n’est pas encore question de la ville; sur la promesse d’Apollon, les colons se sont rendus en Libye; dans leur marche, Apollon les a conduits et a promis de leur « donner des murailles ». A qui ? Le parallélisme des trois tournures ἔφρασε, ἡγήσατο, ὦὥμοσε et de leurs trois compléments Βάττῳ, λαῷ οἰκιστῆρι, ἡμετέροις βασιλεῦσιν, conduit à l'interprétation que c’est juste au moment de l'entrée en Libye qu’Apollon a promis des murailles « à mes rois ». C’est compréhensible : les nouveaux venus en pays étranger ont besoin de la certitude qu'ils y trou-

veront protection et sécurité. Elle leur a été donnée par la promesse d’Apollon et son accomplissement. »

C’est donc à Battos et aux Grecs amenés par lui que le dieu ἃ promis « le strict nécessaire, des murailles pour les colons et des murailles qui dureront des générations® »- Le pluriel « à nos rois » désigne Battos et ses descendants les Battiades, puisque les murs de Cyrène doivent rester debout après la mort de Battos. L'expression devient claire « dès que la traduction « à mes rois » est remplacée par celle, plus exacte d’« aux rois de ma ville ». Dans tout le passage relatif à la fondation deCyrène’,Callimaque aurait donc suivi

1 Üeber einige Anspielungen in den Hymnen des Callimachus, Sitzungsber. de l’Acad. de Berlin, t. XXXV, 1896, 797 ss.

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