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CHAPITRE VII

APOLLONIOS BIBLIOTHECAIRE D’ALEXANDRIE ET PRECEPTEUR DE PTOLEMEE EVERGETE.

Le problème capital pour la biographie d’Apollonios est sa présence à la tête de la bibliothèque d'Alexandrie.

Avant la découverte du papyrus sur les bibliothécaires, on était réduit sur ce point à des témoignages fort embarrassants. La première Vie du poète ne mentionne pas ces fonctions ni son retour à Alexandrie : elle raconte simplement l'échec des Argonautiques dans cette ville, l’exil de l’auteur à Rhodes et les succès qu’il y remporta.

La seconde reproduit ces indications à peu près dans les mêmes termes et ajoute : « Selon certains, il revint à Alexandrie et, après une nouvelle lecture de son poème, il parvint au comble de la gloire; aussi fut-il jugé digne d’être préposé aux bibliothèques du Musée et enseveli à côté de Callimaque même ».

Le silence de la première Vie et la réserve « selon cerbains », qui précède les renseignements donnés par la seconde seule, prouvent qu’on doit les accueillir avec défiance; mais Suidas semble les confirmer à deux reprises. Dans sa notice sur Apollonios, il affirme que le poète « devint le successeur d’Eratosthène à la direction de la bibliothèque d'Alexandrie »; et à l’article Aristophane de Byzance, que le célèbre grammairien « dirigea la bibliothèque du roi après Apollonios ». Ces renseignements mettaient les savants dans l'embarras. Il était en effet malaisé de concilier les re-

lations d’Apollonios avec Callimaque assez jeune et sa présence à la bibliothèque d'Alexandrie après la mort d’Eratosthène. Nous connaissons en effet, à deux ou trois ans près, les dates de la vie d’Eratosthène : comme elles sont données avec une précision suffisante par Suidas elles forment le pivot de toute discussion sur la chronologie alexandrine au point de vue littéraire!.Le géographe,né dans la 126° O- Iympiade (276-272 avantJ.-C.), vécut 80 ou 82 ans : sa mort se place donc entre 196 et 190. C’est alors qu'Apollonios l’aurait remplacé et son retour d’exil serait antérieur de quelques années. Mais la chronologie de Callimaque se prête difficilement à cette hypothèse. On admet en effet, d’après Aulu-Gelle, Suidas et les datesconnues de certaines de ses pièces, que lepoëtedeCyrènenaquit vers310?; c’est donc vers280-275 qu’Apollonios put suivre ses leçons à Alexandrie; même si l'élève avait une vingtaine d’années de moins que son maître, ilétait né au plus tard vers 290.En ce cas, il avait au moins 94 ans lorsqu'il devint bibliothécaire à la mort d’Eratosthène vers 196. Devant cette difficulté, les érudits étaient divisés : les uns faisaient naître Apollonios à une date aussi récente que possible et prolongeaient sa vie jusqu'aux dernières limites de la vraisemblance*; les autres, renonçant à concilier les relations d’Apollonios avec Callimaque et ses fonctions de bibliothécaire après Eratosthène, rejetaient cette dernière tradition fondée seulement sur Suidas et sur un biographe. D’après la première vie d’Apollonios, qui ne mentionne pas le retour du poète à Alexandrie ni son

. 1. Les objections tirées des prétendus rapports d’Eratosthène avec Zénon de Kition ont été réfutées par THALAMAS, La géographie d’'Eralosthène, pp. 28 ss.

2. Cf. E. CAHEN, Callimaque et son œuvre poétique, pp. 11 ss.

3. P. ex. CAUSSIN, traduction des Argonautiques, Introduction, p. 7 ss.: 276-186; WEICHERT, Ueber das Leben und Gedicht des Apollonius Rhodius, pp.8 ss. (naissance entre 284 et 267, mort entre 195 et 181); Couar, La poésie alexandrine (naissance avant 260); J. GirARD, Etudes sur la. poésie grecque, Ὁ. 323; LiNDE, de diversis recensionibus Apollonii Rhodii Argonauticon; DE LA ΝΕ DE MiIrMONT, traduction des Argonautiques, éd. sans notes, Introduction, p. X 5.; G. W. Mooney, éd. des Argonautiques, Ὁ. 11 (naissance vers 265, mort vers 193).

« bibliothécariat », ils pensaient que le poète, exilé à Rhodes, y était resté jusqu’à sa mort et n'avait jamais dirigé la bibliothèque d'Alexandrie’. « Enfin quelques-uns adoptaient une solution intermédiaire en modifiant la première théorie. Ils admettaient qu’Apollonios, élève de Callimaque, fut bibliothécaire d'Alexandrie, mais avant la mort d’Eratosthène. Selon

Ritschl?, Eratosthène, malade des yeux, quitta son poste

de bibliothécaire et fut remplacé par Apollonios quelques années avant sa mort. Cette opinion, approuvée par un petit nombre de savants’, n’est qu’un expédient; elle diminue de quelques années l’âge du poète devenu bibliothécaire; mais ne supprime pas, en les réduisant, les invraisemblances de la première hypothèse. Comme Ritschl le reconnaît lui-même, nous n’avons aucune raison de supposer que la maladie d’Eratosthène dura longtemps, puisqu'il y mit fin par le suicide. Ritschl d’ailleurs est forcé d’admettre que, vers la 1452 Olympiade (200-196), Apollonios avait plus de 70 ans, qu’il resta peu de temps bibliothécaire et que son dernier séjour à Alexandrie fut bref. Ainsi, même en rajeunissant Apollonios et en avançant de quelques années sa nomination à la bibliothèque alexandrine, on se heurte à cette objection qu’il put difficilement succéder à Eratosthène mort très âgé vers 196. L’hypothèse

1. Bernaaroy, Grundriss der Griechischen Litieratur*, 11,1, 350 ss.; Busc, De bibliothecariis Alexandriae qui feruniur primis; SUSEMIHL, Analecta Alexandrina Chronologica, 1, p. XIII et Geschichie der griechischen Litteratur in der Alexandrinerzeit, t. 1, 385 n. 56 (naissance vers 283); GERCKE, JAW., νοῖ. 150, p. 484 s.; Dz1ATZKO, dans P. W. art. Bibliotheken; KNAACK, dans P. W., art. Apollonios, 71 (naissance vers 295-293); F. Spiro, Rendiconti dei Lincei, série V, vol. II, p. 341 sq.; SANDYS, À history of classical Scholarship, 29 éd. I, 114 5.; GUDEMANN, Grundriss der Geschichte der klassischen Philologie, p. 30; G. Cessi, la poesia ellenistica, p. 106; A. et M. CROISET, Hist. de la Littérature grecque*, V, 229 : naissance entre 280 et 260.

2. Chronologie der ersten Alexandrinischen Bibliothekare, Opuscula Philologica, I, p. 67.

3. MERKEL, éd. des Argonautiques, Leipzig, 1854, Prolégomènes, p. XIV. G. W. MoonEy, éd. des Argonautiques, p. 11 n. 28, hésite entre cette solution et la première.

de Busch, d’après laquelle Apollonios ne fut pas bibliothécaire et ne revint pas à Alexandrie après son exil à Rhodes, restait donc la plus vraisemblable, bien qu’elle fût en opposition avec les témoignages de Suidas et d’une partie de la seconde Vie d’Apollonios.

En 1914, les données du problème furent modifiées par la publication d’un papyrus contenant une liste des bibliothécaires d’Alexandrie!. Ce document, qui remonte au 1e siècle de notre ère, n’a pas, semble-t-il, moins de valeur que le lexique de Suidas et les biographies d’Apollonios, mais il présente aussi quelques défauts. D’abord il est mutilé juste avant le passage relatif à Apollonios?; ainsi se trouve ajournée la solution d’un problème souvent discuté : Callimaque fut-il bibliothécaire d’Alexandrie ? Ensuite il contient quelques erreurs que l’on s’est efforcé de corriger. Apollonios de Rhodes est désigné comme précepteur « du premier roi », τοῦ πρώτου βασιλέως. Ptolémée Soter étant né vers 3673, l'erreur est évidente, aussi admeton généralement la correction τρίτου, proposéepar les premiers éditeurs du papyrus‘. Apollonios fut donc précepteur de Ptolémée III Evergète.

Une erreur plus grave est la double mention d’Aristarque, qui empêche de fixer avec certitude l’ordre des bibliothécaires après Eratosthène. En effet, le papyrus énumère

1. GRENFELL et HuNT, Oxyrhynchus Papyri, t. X, p. 99, πο 1241, 00]. II. TH. BIRT, Alexander der Grosse und das Weligriechentum, p. 483, n. 41, prétend qu’ «il ne s’agit pas du tout spécialement de bibliothécaires, mais seulement des plus célèbres grammairiens ». En réalité à l'exception d’Apollonios eidographos et de Kydas, les personnages cités étaient déjà connus comme bibliothécaires d'Alexandrie.

2. Col. I, 1. 16 s., on lit : γρα]μματι[κ... φιλα]δελφου : cela peut se rapporter à Zénodote, précepteur de Ptolémée Philadelphe, selon RosraGni, 1 bibliotecari alessandrini nella cronologia della letteratura ellenistica, Aïti della R. Accad. delle sc. di Torino, t. L (1914-1915), p. 246, qui propose de lire γρα]μματι[κὸς καὶ διδάσκαλος τοῦ Φιλα Ἰδέλφου.

3. GAUTHIER, Le livre des rois d'Egypte, t. IV, 2, p. 214. (Mémoires publiés par l’Institut français d'Archéologie Orientale du Caire, t. XX ὦ, 1916); Boucaé-LECLERCO, Histoire des Lagides, 1, 3.

4. GRENFELL-HUNT, 0p. cit, p. 108; correction approuvée par DE WILAMOWITZ-MŒLLENDORFF, ROSTAGNI, KŒRTE, PERROTTA et BARBER.

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successivement un « grammairien » dont le nom a disparu, Apollonios de Rhodes, Eratosthène, Aristophane de Byzance et Aristarque, Apollonios d'Alexandrie, surnommé le classeur, εἰδογράφος, Aristarque et un certain Kydas, officier du corps des lanciers. Si l’on s’en tient au texte du papyrus, Aristarque aurait été d’abord associé à Aristophane de Byzance, puis successeur d’Apollonios eidographos. Comme l’a vu Rostagni!, il est peu probable qu'il y ait eu en même temps deux bibliothécaires et que l’un d'eux, à la mort de l’autre, ait cédé la place à un troisième pour la reprendre ensuite. Aussi à-t-on essayé de corriger le texte. Les éditeurs suppriment simplement la première mention d’Aristarque, qui leur semble due à une interpolation?. Aristophane de Byzance devient alors seul bibliothécaire entre Eratosthène et Apollonios l’eidographos. Rostagni, qui trouve cette solution « trop expéditive » et insuffisante, s'efforce de mettre le papyrus d'accord avec Suidas. Il admet, comme on le croit généralement depuis la découverte du papyrus’, que Suidas ἃ confondu les deux Apollonios, l’auteur des Argonautiques et l’eidographos. Mais Suidas est très affirmatif quant à l’ordre des bibliothécaires : il déclare qu’Apollonios succéda à Eratosthène et fut remplacé par Aristophane de Byzance. Rostagni en conclut que le successeur d’Eratosthène fut Apollonios EBidographos cité dans le papyrus et que Suidas l’a confondu avec le poète parce que tous deux étaient d’Alexandrie; le savant italien modifie donc l’ordre des bibliothécaires dans le papyrus, en plaçant l’Eidographos après Eratosthène et avant Aristophane de Byzance et Aris-

2. Correction approuvée par SITZLER, Die alexandrinischen Bibliothekare, W. kl. Ph. 1917, col. 1088.

3. DE WiLAMowiITz-MŒLLENDORFF, IN. «ὦ. f. ἃ. πὶ. Alt., 1914, p. 246 5. et Hellenistische Dichtung in der Zeit des Kallimachos, Berlin, 1924, ΠῚ, 167; Carist, Geschichie der griechischen Litieratur, 69 éd., II, 141, n. 1; BELOCH, Griechische Geschichie, 2° éd., IV, ὦ, 596.

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tarque. Ainsi la succession des bibliothécaires est la même dans le papyrus et dans le lexique de Suidas. Ce changement, outre qu'il remet l’Eidographos à sa vraie place, offre l'avantage de supprimer, dans le papyrus, la double mention d’Aristarque, aucun bibliothécaire ne se trouvant plus cité entre Aristophane de Byzance et lui. Cette ingénieuse correction met d'accord le papyrus avec Suidas : aussi doit-elle être préférée à celle des éditeurs de ce document et à celle de Perrotta, qui voit en Apollonios Eidographos un disciple d’Aristarque et son successeur à la tête de la bibliothèque?. La liste complète des premiers bibliothécaires, d’après les deux témoignages, comprendrait ainsi Zénodote, peut-être Callimaque, Apollonios de Rhodes, Eratosthène, Apollonios Eidographos, Aristophane de Byzance, Aristarque et Kydas.

Avant la publication du papyrus, on croyait généralement que Callimaque avait été bibliothécaire. Depuis la découverte de ce document, les avis sont partagés : de Wilamowitz-Mællendorff, Rostagni, Gillies et Cahen rejettent cette opinion traditionnelle*, tandis que Sitzler, Jouguet, Perrotta et Beloch l’acceptent encore. Nous n’avons pas à

1. RosTAGni, art. cité, p. 258 explique la double mention d’Aristarque par une étourderie du copiste, qui aurait déplacé deux lignes, et propose de lire : εἶτ᾽ ᾿Απολλώνιος ᾿Αλεξανδρεὺς ὁ εἰδογράφος καλούμενος: μεθ᾽ ὃν ᾿Αριστοφάνης ᾿Απέλλου Βυζάντιος χαὶ ᾿Αρίσταρχος ᾿Αριστάρχου ᾿Αλεξανδρεὺς ἄνωθεν δὲ Σαμόθραξ.

2. Il papiro d'Ossirinco e la cronologia dei bibliotecari d’Alessandria (Athenaeum, N. S. VI, 1928, pp. 125 ss.).

3. RirscxL, Opuscula philologica, 1, 67 ss.; WACHSMUTE, Die pinakographische Thätigkeit des Kallimachos, Philol., XVI, 1860, p. 653; LINCKE, De Callimachi vita et scriptis, dissert. Halle, 1862; O. SCHNEIDER, Callimachea, 11, 299; J. MATTER, Essai historique sur l’école d'Alexandrie, 1, 151 ss.; Couar, La poésie alexandrine, PP. 34, 48, 51; SUSEMIHL, Analecla Alexandrina, 11, p. XVII et Geschichte der griechischen Litteratur in der Alexandrinerzeit, 1, 341 ἢ, 69 et 894: HoLM, Griechische Geschichte, IV, 558; Boucné-LECcLERCO, Histoire des Lagides, 1, 224 s.; GUDEMANN, Grundriss der Geschichte der klassischen Philologie, 27 et n. 2; Mooney, éd. des Argonautiques, 3; E. CAHEN, éd. de Callimaque, pp. 5 et 7.

4. DE WILAMOWITZ-MŒLLENDORFF, Ν. Jb. Î. d. kl. Alt., 1914, p. 246; Hellenistische Dichtung, 1, 166, 171; RosrTaAGni, art. cité, pp. 246 55.; GILLIES, The Argonautica of Ap. Rh., Book 111, Introduction, p. XI; CAHEN, Callimaque et son œuvre poétique, pp. 48-68.

trancher cette question, qui concerne la vie et la chronologie de Callimaque!.

Pour Apollonios, le papyrus, après Suidas et l’un des biographes, semble attester sa présence à la tête de la bibliothèque. Il ajoute un renseignement précieux que nous ne possédions pas auparävant: Apollonios fut précepteur du troisième Ptolémée, le futur Evergète. C’est là une preuve nouvelle qu’il remplit les fonctions de bibliothécaire. On ἃ remarqué en effet?, et le papyrus ἃ confirmé cette observation, que les bibliothécaires d'Alexandrie étaient en même temps précepteurs dans la famille royale : Zénodote eut ainsi pour élève Ptolémée Philadelphe; Eratosthène, Philopator; Aristarque, Philométor et Evergète II. Même si le papyrus n’en disait rien, il serait donc permis de croire qu'Apollonios était bibliothécaire lorsqu'il fit l’éducation du futur Ptolémée Evergète.

Cependant tel n’est pas l’avis de Beloch : d’après le papyrus et la chronologie de Callimaque, il s’efforce de prouver qu'Apollonios ne fut ni précepteur ni bibliothécaire et que le successeur de Zénodote à la bibliothèque fut Callimaque.Lepapyrus nous a révélé qu’Apollonios l'Eidographos fut bibliothécaire après Eratosthène : selon Beloch, Suidas a confondu le grammairien avec le poète en citant Apollonios de Rhodes comme successeur du géographe, et sur ce point l’historien allemand est d'accord avec tous les érudits. Mais il va plus loin et prétend que l’Eidographos seul fut bibliothécaire : tous les textes anciens qui attribuent ce poste à Apollonios de Rhodes, c’est-à-dire la seconde Vie du poète et le papyrus,contiennent à son avis la même erreur que le lexique de Suidas : « ces témoignages n’ont donc

1. SITZLER, art. cité, col. 1091; JouGuET, L’impérialisme macédonien et l'hellénisation de l'Orient, p. 289 et n. 2; PERROTTA, Studi di poesia ellenistica (Studi ital. di filol. class. N. S. IV, 2, 125 ss.); BELOCE, Griechische Geschichte 2° éd., IV, ὁ, 595 sq.

2. DE WILAMOWITZ-MŒLLENDORFF, ari. cité, Ὁ. 246 et Hellenistische

Dichtung, t. 1, 165; BARBER, dans Cook, ADCOCK, CHARLESWORTH, The Cambridge Ancient History, t. VII, 253; BeLocs, op. cit., LV, 2, 593.

Apollonios

plus aucune valeur pour le Rhodien’ ». Beloch reprend ainsi les arguments de Busch? contre le « bibliothécariat » du poète et conteste la valeur du papyrus comme Busch avait contesté celle de Suidas et du second biographe d’Apollonios, en lui opposant la première vie du poète et le début de la seconde, où il n’est pas question d’Apollonios bibliothécaire. I1 arrive à cette conclusion : «Le renseignement du papyrus est donc complètement isolé, et l’on se demande dans quelle mesure il mérite confiance. Or le papyrus est plein de fautes. I1 est donc vraisemblable que le Rhodien aussi, dans cette liste, n’est pas autre chose qu’une réplique de l'Eidographe. Au lieu de διδάσκαλος on devrait lire ou comprendre τοῦ πέμπτου, par conséquent d’'Epiphane, qui était né en 209 ou 208 et qui, depuis 196 environ, se trouvait en âge d’avoir besoin d’un instruction supérieure. L'Eidographe, en tout cas, n’était pas encore bibliothécaire à ce moment, mais Eratosthène mourut juste vers cette date et son successeur Aristophane était déjà sexagénaire® ».

Inutile d’insister sur la situation invraisemblable de l'Eidographos qui aurait été précepteur plusieurs années avant de devenir bibliothécaire. Quant à Apollonios de Rhodes, il est difficile de croire que le papyrus le confonde avec l’Eidographe et ne le cite pas comme bibliothécaire. On comprend à la rigueur cette confusion chez un écrivain comme Suidas, qui ne cite qu’un des Apollonios et à la place qui convient à l’autre. Mais comment supposer une erreur pareille dans le document le plus complet, qui mentionne les deux personnages à. leur place respective au point de vue chronologique, en ajoutant pour chacun des renseignements qui ne peuvent pas s'appliquer

à l’autre ? Le poète « fils de Silleus, Alexandrin, appelé

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