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entre l’église et la révolution. La révolution est cosmopolite aujourd'hui. Partout un mal profond, un malaise inexprimable agitent, soulèvent et tourmentent les sociétés modernes. L'on dirait que dans l'immense fournaise du XIXème siècle, bouillent tous les germes de sédition et de mort qui bouleversent le monde. |
L'homme ne veut plus travailler !
Partout l’on ne recherche que jouissances, l’on est dévoyé ; le char de l’état, brisé et à côté de sa route, attend toujours l’habile mécanicien qui l’y réinstallera ; l’on ne voit de toutes parts que troubles et anxiétés.
C'est en vain que la société s’agite pour trouver une solution à ses maux; la cause du mal semble s'éloigner davantage, à mesure qu’on cherche à la saisir : c’est le tourment sans cesse renouvelé de nos Tantales modernes.
L'on nous propose divers systèmes qui tous n’aboutissent qu'au désenchantement et à l’abîme.
Le phalanstérisme n’a creusé que des ruines, le socialisme n’a: amoncelé que-des décombres, le scepticisme n'a
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nisme ne fait que des dupes.
Regardez partout MM, et que voyez-vous sinon l'effondrement ? et que constatez-vous de plus, sinon la véracité de cette sinistre parole de l’Aigle de Meaux : partout la mort en face ?
Les Puissances ne sont plus qu’un jouet entre les mains de sociétés perverses qui trament leur ruine, dans l'ombre ; les Républiques demandent à la force ce qu’elles n'obtiendront jamais que par la vertu. Aussi rien ne résiste, MM, niles monarchies antiques avec leur gloire séculaire, ni les empires moderne avec leurs victoires sanglantes, ni les républiques électives avec leur grossier athéisme : nous appelons le chaos ; le cataclysme approche.
Ah ! c'est qu'il manque une clef de voûte à l'édifice, celle de la croix :
c’est que les sociétés n’ont plus de base, —celle du travail. C’est que le pouvoir n’a plus de sceptre,—celui de l’épée.—La foi est éteinte, les bras sont oisifs, le courage n'existe plus.
Au risque de passer encore une fois, pour l’Orateur des vérités dures
abouti qu'au désespoir, le moder-.
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MM, il faut, au milieu du langage de l'enthousiasme que tant de bouches éloquentes vous tiennent en ces jours, vous faire aussi entendre celui plus calme de la raison. Le cœur qui est une lyre sur laquelle se module tous les chants, peut avoir ses exaltations et en même temps faire de judicieuses réflexions.
Il nous faut donc sonder la plaie qui ronge les nations, il faut trouver le dictame, il faut appliquer le remède, il faut enfouir au pied de la tribune, leur fosse naturelle, toutes les idées malsaines qui pullulent dans le monde, sur le grave sujet du travail, sur le but des sociétés, sur les aspirations des peuples.
C’est en déplaçant cette grande question d'économie sociale, c’est en niant la déchéance originelle de l’homme, c’est en excitant toutes les convoitises des nations, c’est en aiguisant tous les appétits des multitudes, c'est en excitant toutes les passions populaires, c’est en prêchant une égalité, une fraternité et une liberté nienteuses que Fon a dévoyé les masses, et égaré les peuples. Il faut donc les ramener à leur vérita-
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ble point de départ ; briser les anneaux multiples de la chaine honteuse qui les retient dans les arceaux de l'erreur. La véritable égalité n’est que dans le christianisme, la seule liberté est dans la vertu, l'unique fraternité est dans la foi.
Le paganisme nous ‘a donné pour modèle de fraternité Etéocle et Polynice, deux frères qui s’entrégorgent ! la révolution française nous a donné pour modèle de liberté que les noyades de Nantes, et pour modèle d’égalité que les couperets de la guillotine. | Dieu ne s’est manifesté que deux fois solennellement à l’homme dans toute l'antiquité : deux fois pour lui donner ses commandements, deux fois pour lui tracer ses devoirs.
Parce que Adam lui a désobéi, il a mérité sa haine ; il lui faut se racheter. Et quel est le moyen imposé au coupable ? un seul, MM. celui du travail. Voilà la graude loi primordiale à laquelle tous les êtres sont soumis : loi irrévocable, commandement absolu auquel nul n'échappe.
La terre, maudite à cause de la désobéissance de l’homme, a pourtant
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encore conservé assez de force pour produire sans de trop grands efforts.
Arrosée de sueurs elle se couvre encore de luxuriantes moissons et de ieurs magnifiques.
A l’origine, les tribus se composèreut de pasteurs ; les familles se partageaient une partie des champs ; le commerce, l’échange.le trafic n ‘étaient pas encore connus ; un bonheur relatif régnait sur la terre : ce fut l’âge d’or du monde. Cependant les descendants de Seth, malgré la défense formelle de Dieu font des alliances avec ceux de Caïn, le fratricide. De ces alliances naissent une race criminelle, injuste et sanguinaire qui couvre la terre d’abomination. Le ciel va se repentir d’avoir créé l’homme ; le déluge va puriüer un première fois toute la terre.
L'histoire, ce tableau des œuvres de Dieu dans le genre humain en même temps que celui des œuvres de l’homme, agissant dans le domaine de sa liberté, d’après cette belle pensée de Mgr Parisis, ne commence, à proprement parler, qu'avec les anciens empires, pour ne se continuer qu'avec les actions étonnantes, dérou-
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, lées par la nation choisie de Jéhovah, comme son peuple de prédilection.
Ce peuple est dans le désert; protégé de toutes manières il ne cesse cependant de murmurer contre ses chefs et contre Dieu ! Alors Jéhovah se montre de nouveau et promulgue, sur le Sinaï en flammes, au milieu des horreurs de la nature, ses lois éternelles qui sont l’omniscience de Dieu, et contre lesquelles viendront en vain se heurter toutes les sociétés à venir. Or, parmi ces arrêts de la justice divine,au nombre de ces préceptes qui seront toujours la réverbération de l’absolue sagesse du ciel étaient ceux-ci :
‘ Vous ne déroberez point. Vous ne convoilerez [point les biens des autres.»
C'était bien là la sanction de Ia première sentence rendue contre
Adam :
Tu mangeras lon pain à la sueur de lon front : Homo-nascilur ad laborem Dieu ne se déjuge jainais.
Pourquoi donc fausser aujourd’hui l’éternelle doctrine ? pourquoi vouloir vivre sans travail et sans peine ?
pourquoi vouloir dépendre du bien d'autrui.
L'on aura beau venir nous prècher que le travail est indigne de l’homme, que les biens sont communs, que l'égalité est parfaite, que la propriété est le vol, que l’homme est fait pour la jouissance, l'âme humaine qui entend encore, au milieu des clameurs socialistes, les échos toujorirs retentissants du Sinaï, s'insurge con:
tre ces doctrines néfastes, contre ces funestes conseils. Oui, le travail honnête seul procure le bonheur ; et donne Ja paisible possession des richesses.
Homo-nascitur ad laboreïsn.
C’est pour avoir oublié ces préceptes divins, c'est pour avoir méconnu l'efficacité du travail que les nations antiques tombèrent dans une corruption si effrénée ; c’est pour se procurer des jouissances illicites qu’elles exercèrent tant de cruautés et qu’elles instituèrent l’esclave, qui a couvert le monde d’ignominie et de honte, qui a déshonoré et avili l’homme, qui a perpétué tant de crimes, qui a sanctionné tant d'injustices, qui a fait répancre tant de larmes. .
Du moment que la culture du sol tomba en décadence, du moment que les soins de la terre furent abandonnés aux mains des esclaves, c'en était fait de la moralité, c'en était fait de"Tà société, c'en était fait de la richesse sociale. Car le travail libre seul est capable de maintenir l’équilibre, de combler les brèches faites aux fortunes privées et aux fortunes publiques. C’est, du reste, le plus grand préservatif contre tous les vices qui déshonorent l'humanité ; son action étant essentiellement moralisatrice. C’est par lui que l’on arrive au progrès réel, durable et vrai, savoir la gravitation naturelle de l’homme vers Dieu. Les peuples qui ne travaillent pas sont malheu-
reux, indigents, vicieux et dégradés ;
les Arabes nous en fournissent de nos jours même de tristes exemples, ainsi que les Sauvages non encore civilisés du Nouveau-Monde.
Oui, l'histoire est là ; elle nous affirme que toutes les époques de décadence d’un peuple correspondent avec l'abandon de la culture de ses terres ; que la plupart de ses mailheurs proviennent de son-refus de
travailler le sol ; car, si la croix est sa sauvegarde, si l'épée est sa sécurité, la charrue est sa garantie contre Ja misère et le vice, sa conséquence prochaine.
Aussi les nations ancienres attachèrent-elles un singulier honneur à l'exploitation et à la culture du sol. Ce fat là la canse de leurs plus grands succès ; ce fut la pierre angulaire de leur civilisation. C’est ainsi qu’elles assurèrent d’abord leur bien-être et se fortifièrent au travail salutaire des champs.
Aux Dieux de l'Olympe étaient attribués les bienfaits de la terre.
Osiris et Isis étaient regardés par les Egyptiens, comme les initiateurs de la science agricole. Les Grecs rendaicnt leurs hommages à Cérès, et, Zoroastre, chez les Perses, avait attaché aux travaux de la terre une espèce de sainteté. Les Romains aliaient arracher aux manchons de la charrue, leurs consuls, leurs dictateurs et leurs généraux; ils prenaient grand soin de ne point dévaster les * Champs cultivés des nations où ils portaient !a guerre.
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