‹ Biographie de L.-Ch. Thiers, avocat au Parlement de Provence, archiviste deChapitre 6 sur 10 · M] BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

M] BIOGRAPHIE

Vrillière , sur les termes indécents et même injurieux employés dans la réponse de M. de Pilles. Le corps municipal la réclame , cette réparation , pour les écbevins que M. de Pilles offense sans raison, pour les citoyens de Marseille dont il attaque mal à propos tous les états, et pour la municipalité elle-même , à qui Ton ne peut manquer d'égards sans blesser Tordre public (i).»

Cette réplique très vive , et très hardie pour le temps oli elle fut écrite, mit fin,pour quelques mois, aux taquineries du gouverneur.

Pendant que le marquis de Pilles fait tout ce qu'il peut pour les humilier, les écbevins, ainsi qu'ils le disent dans leur éloquente réponse , se dévouent au bien public; leur sollicitude est éveillée par la cherté du pain, et ils ne prennent aucun repos jusqu'à ce qu'ils aient pourvu dans les meilleures conditions aux besoins de leurs concitoyens. Le

(i) Registre des Mémoires, fol. 145.

bureau d' abondance ^ créé spécialement pour assurer rapprovisionnement de la ville , surveille , avec un soin extrême, les fluctuations du commerce des blés.

Voici, d après un mémoire rédigé par M. Thiers, jj

quelle fut l'origine de ce bureau et quel en était le ^

fonctionnement : « Il y a près d'un siècle , dit-il , 9

que le bureau d'abondance est établi à Marseille. ^

Cette Administration a produit, en divers temps,les j:?

meilleurs effets, et prévint en 1709, pour Marseille, 5

la disette qui fut presque générale dans le royaume. » S

— Cet établissement a deux objets principaux : l'un, 5*

d'attirer un grand commerce de grains dans la 9^

ville , l'autre, de pourvoir aux moyens nécessaires

pour assurer la subsistance de ses habitants : la libre

sortie des grains, dans des temps d'abondance, a

rempli le premier objet ; la permission donnée aux

échevins, de retenir les quantités nécessaires pour

les besoins de la ville, assure le second.

a Si le blé abonde dans Marseille, nulle difficulté pour l'exportation ; mais si à force d'en exporter

lapprovisionnement diminue considérablement,

pour n'avoir pu être remplacé dans Tintervalle ,

pour lors la sagesse du législateur paraît exiger

de la prudence du magistrat politique, non de

suspendre tout à coup les permissions de sortie ,

mais de les ménager insensiblement, de manière à

concilier toujours l'intérêt du commerce avec la

subsistance des habitants, et si, enfin, par des

événements extraordinaires les approvisionnements

tombent au-dessous de la quantité prescrite par le

règlement ( 12 à i5,ooo charges), le magistrat se

trouve alors dans la dure nécessité qu'impose la

loi naturelle , c'est de retenir le blé dont il est sur

le point de manquer.

(( Tout cède , en effet, à la loi de la nécessité, et

chacun' est forcé de reconnaître que si le grain

étranger doit être assimilé aux autres propriétés ,

il cesse d'avoir cette faveur générale dès qu'il devient

une propriété nécessaire à la vie : nulle loi n'arrache

des mains d'un citoyen le dernier pain qu'il lui reste pour sa subsistance.

DK L..CH. THIERS 39

« Cette police, qui n'est autre que la loi naturelle, recevra sans doute l'approbation de M. l'Intendant, et s'il était possible qu'elle eût été mal exposée au Ministre, M. de Montyon voudra bien lui rendre compte des procédés du bureau d'abondance et des circonstances qui les ont rendues nécessaires (*). »

Le contrôleur général des finances, M. l'abbé Terray , reçut communication de ce mémoire , et répondit aux échevîns qu'il ne pouvait qu'approuver les vues sages qui les animaient. Il insista, cependant, sur les bienfaits de 'la liberté du . commerce : « Les principes qui ont déterminé ce que je vous ai retracé dans ma lettre du 18 juillet , subsistent toujours. Le port de Marseille a joui , en tout temps, d'une liberté illimitée , les grains et autres denrées qui s'y trouvent , peuvent , d'un moment à l'autre, être transportés chez l'étranger, et désirant maintenir cette liberté , que je regarde

(i) Mémoire adressé à M. de Montyon, le 24 juillet 1772 , fol. 43.

comme une des sources de la richesse et de l'étendue de votre commerce, je ne veux pas y apporter d'atteinte (*).»

Vers la fin de 1772, les représentations théâtrales donnèrent lieu à un violent tumulte, à une véritable émeute , que l'autorité ne parvint à réprimer qu'après avoir employé la force. armée. Quelques jeunes gens , qui avaient soulevé ce désordre , en demandant le changement du spectacle (*), reçurent de cruelles blessures; l'un d'eux, M. de Remusat, . fils d'un ancien échevin , en mourut dans la nuit même. On comprend l'émotion que cet événement produisit en ville. Les échevins en rendirent compte à l'Intendant, et, dans le rapport rédigé par M. Thiers, nous trouvons cette réflexion qui dépeint bien la situation des esprits : « Nous avons eu le sort ordinaire des personnes en place; les

(1) Registre des lettres reçues. (!•' septembre 1772.)

(2) La veille, l'un des comédiens ayant annoncé, pour ce jour-là, la pièce dt Zémire et A^or^ le parterre s'était mutiné ot plusieurs voix avaient demandé la représentation de 'Varvick,

uns ont blâmé la sortie des troupes, les autres l'ont jugée indispensable. Il y eût eu certainement des censeurs , quelque parti que nous eussions pris.»

Les représentations furent suspendues pendant quelques jours; lorsqu'on ouvrit de nouveau le théâtre, les échevins assistèrent assidûment au spectacle. Le duc de La Vrillière , qui avait été tenu au courant de tout ce qui s'était passé , crut devoir les féliciter sur le bon efifet produit par leur présence et par les dispositions qu'ils avaient prises. « Je vois avec plaisir, par vos diverses lettres , que le bon ordre continue à régner au spectacle de votre ville. Je ne peux trop vous exhorter à ne pas vous relâcher sur les précautions que vous avez prises pour Ty maintenir. Les applaudissements que vous y recevez doivent vous faire connaître que votre présence contribue beaucoup à la tranquillité. Je ne veux pas , cependant , vous laisser ignorer qu'il m'est venu des avis particuliers qu'on avait, quelquefois, pendant les entr'actes, joué à ce qu'on

appelle la main- chaude, et à d'autres jeux de mains que Ton permet au peuple dans les rues, mais qui sont messéants au spectacle. Il convient que vous fassiez cesser les abus, qui pourraient ramener le désordre (*).»

A partir de cette époque, on sent que les relations de la municipalité avec l'autorité provinciale et même avec les ministres sont détendues. La correspondance se radoucit, sous Tinâuence des lettres, remplies de tact et de convenance , rédigées par M. Thiers. Ainsi, le 19 janvier 1773 , M. de Montyon, Intendant de Provence, croit devoir témoigner ses bons sentiments par une lettre particulière :

a J'ai reconnu, Messieurs, dans plusieurs de vos lettres , des sentiments d'affection dont je suis flatté et dont je crois vous devoir des remercîments séparés et indépendants de toute affaire. Je puis vous

(i) Lettre du 23 janvier 1773. — Recueil des lettres reçues.

assurer que vous avez pris la méthode la plus sûre pour m*attacher fortement à votre ville , et que je n'aurai pas de fonction plus agréable que celle de contribuer à sa prospérité.»

Le cadre de cette biographie ne me permet pas de ^ retracer, avec tous les détails qu'elle comporterait , la vie municipale de nos échevins, année par année, jour par jour. Peut-être entreprendrai-je plus tard la publication de ces annales , qui offriraient , certainement , un très grand intérêt. Je dois rtx^ borner à mentionner ici les principaux actes de l'Administration active et laborieuse qui marqua son passage par de nombreux travaux d'utilité publique , et dota notre ville des quartiers commerçants , situés entre le quai de Rive-Neuve et la rue Paradis.

Indépendamment de cet agrandissement, qui fut l'œuvre exclusive de M. Thiers , et dont je parlerai un peu plus loin avec quelque détail , les échevins, secondés par l'esprit d'initiative du secrétaire-

archiviste , donnèrent tous leurs soins à divers travaux d'embellissement, commencés, il est vrai, par leurs prédécesseurs , mais laissés inachevés , et qui auraient peut-être été abandonnés, s'il n'y avait tenu la main avec cette fermeté et cette persévérance que Ton retrouve, à un haut degré, dans le caractère de son illustre descendant.

La rue de Rome s'arrêtait, en 1770, à la place qui porte encore ce nom. A peine installé à THôtel-de- Ville , M. Thiers fit étudier un projet tendant^à prolonger cette rue jusqu'au quartier de Saint-Suffren (aujourd'hui place Castellanne). Il obtint des divers propriétaires du sol l'abandon gratuit de dix toises sur tout le parcours du prolongement , et fit rendre un arrêt par lequel le Conseil d'État, approuvant l'ouverture de cette avenue , dite de Rome , autorisa la Communauté à dépenser 23,i3o livres pour construire , à droite et à gauche de la voie , des murs de soutènement. Il fut stipulé qu'au fur et à mesure que l'on édifierait

des maisons sur la nouvelle avenue de Rome , les propriétaires de ces maisons rembourseraient à la ville les frais avancés par elle, pour rétablissement des murs. (Arrêt du 3i mai 1774.)

Cette grande voie fut donc créée sans autre dépense que celle du pavage de la chaussée , et encore les riverains en payèrent-ils une partie. La belle place qui termine l'avenue fut donnée à la ville par M. le marquis de Castellane-Majastre. Ce qui explique naturellement la dénomination qu'elle a conservée.

Pendant que ces travaux s'effectuaient , l'Administration municipale s'occupait avec activité de l'achèvement des deux belles promenades parallèles, qu'elle avait ouvertes entre l'église des Réformés et les deux portes de Noailles et des Capucines. La pétition suivante , adressée aux échevins, en 1774, fait connaître dans quel état se trouvaient encore , à cette époque , les nouvelles allées.

a Nous osons vous représenter, Messieurs , que

depuis longtemps la communauté a fait commencer deux avenues aux portes dites de Noailles et des Fainéants , pour faciliter les habitants et pour rassurer les étrangers, en perfectionnant le chemin royal qui vient aboutir à ces mêmes avenues. La communauté fit des dépenses considérables à cette occasion. Les propriétaires de ce quartier viennent eux-mêmes de se soumettre à une forte dépense , pour une plantation qu'ils ont fait faire sur le terrain acquis par la ville. Cependant , le tout devient inutile, si on laisse subsister une vieille masure et un petit morceau de terrain y joint, appartenante feue M"' Delille, terrain de peu de valeur, qui néanmoins dérange, par sa position, la beauté de cette promenade , et fournit les moyens de troubler la sûreté publique. »

L'administration ne tarda pas à donner satisfaction au vœu émis par ces pétitionnaires, la maison de la demoiselle Delille fut abattue et la muraille du jardin des Religieuses Capucines fut reculée, de manière à former l'alignement réclamé.

Les rues Coutellerie, des Templiers, d'Aubagne, de Saint-Victor et autres, furent élargies ou débarrassées des obstacles qui en rétrécissaient certaines parties. La plaine Saint-Michel fut nivelée, et, enfin , Tagrandissement projeté par l'ingénieur Peiron fut sérieusement mis à Tétude, mais ajourné après un mûr examen.

Ce fut dans ces circonstances , que le Gouvernement fit proposer à la ville de Marseille d'acheter remplacement de l'arsenal maritime, qui n'était plus d'aucune utilité à l'État, depuis que les galères royales avaient été envoyées à Toulon. L'affaire était des plus importantes et demandait à être étudiée à divers points de vue, et surtout au point de vue financier. Il ne s'agissait de rien moins que de payer le terrain dix millions de livres, et de le revendre à des entrepreneurs, qui en tireraient le meilleur parti possible , soit en créant de belles voies et quelques grandes maisons , soit en y établissant une «érie de petites rues, dans

lesquelles on bâtirait des habitations pour les petits ménages ou les ouvriers.

Un grand nombre de plans furent proposés à l'administration, mais, après un sérieux examen de tous les projets présentés par les architectes, le Conseil municipal s'arrêta à celui qui avait été rédigé par un anonyme sous ce titre : Avis d'un citoyen sur l'emploi des terrains de l'arsenal.

L'auteur de ce projet qui se fit connaître et que Ton avait deviné, M. l'archiviste Thiers, profitant de toutes les idées émises par des hommes compétents, mais systématiques, avait su demeurer dans une juste mesure. Il faisait une large part à l'embellissement de la ville, tout en réservant un bon nombre de rues bien percées , convenablement aérées , dans lesquelles pourraient figurer les plus belles comme les plus modestes habitations.

a Je commence par rejeter, disait-il , d'un lieu consacré au commerce, ces promenades inutiles, ces places à colonnes rostrales , ces édifices somp-

tueuxy plus propres à flatter Tamour-propre du dessinateur qu*à remplir l'objet proposé. Mais, j'admets très bien une sage et prudente économie dans la distribution du terrain , non dans Tobjet de procurer un bénéfice que la ville ne doit pas rechercher, mais pour l'assortir à la nature du sol, aux avantages du commerce et aux besoins de la partie agissante de nos habitants qui doit l'occuper.

ff Je ne suis, ajoutait -il, ni géomètre, ni architecte , je ne saurais par conséquent figurer un plan , mais je puis décrire mes idées. Ce sera à nos sages magistrats à les redresser.»

On connaît Templacîement délaissé par Farsenal; il était limité par la mer, par la rue Gannebière , une partie de la rue Paradis et toute la rue Sainte. Sa contenance totale était de 24,047 toises carrées , dont on déduisait 7,842 toises pour les rues, places et quai ; il restait donc une superficie à bâtir de 16,20^ toises.

M. Thiers n'acceptait pas le projet recommandé

5o BlOGRAPmE

par k GooTernement, de maintenir, en Félaipssant, le canal intérienr qui existait d^â dans l*anenal. « Le port de Marseille n'ayant ni flux ni reflux , disait-il , les eaux se trouveraient toujours sur le mâne niveau , et n'auraient point d'issue. La communication avec les eaux du bassin sentit trop peu sensible , ce canal deviendrait l'août de toutes les immondices du quartier, et ses eaux bientôt corrompues dans les grandes chaleurs de l'été exhaleraient des vapeurs nuisibles à la santé, i

Le Conseil municipal partagea la manière de voir de Tarchivaire , mais il fut obligé plus tard de consentir au maintien du canal.

M. Thiers proposait d*affecter tous les terrains conquis sur le canal, à des quais larges et parfaitement disposés poui* recevoir les marchandises.

Il proposait, en outre, d'élargir la place du Cul-de-Bœuf (place du Change) et la rue des Templiers.

Revenant ensuite à la distribution des terrains

de Tarsenal, il traçait les rues et places qui ont été créées depuis lors et dont le détail suit : f

Prolongement delà rueCannebièrejusqu'àlamer.

Place de la Bourse.

Rues Suffren et de Latour.

Prolongement des rues du Pavillon et Vacon,

Rue Beauvau.

Place du Théâtre.

Rues Molière, Corneille, de l'Arsenal et Breteuil.

Rues d'Albertas et Rameau.

Rue Sainte et quai du Canal.

En somme, le projet exposé dans VAvis d'un citoyen sur remploi des terrains de Parsenal (*) fut adopté dans son ensemble et exécuté en grande partie, sauf le maintien du canal, qui a pu rendre certains services au commerce , avant Tagrandissement des ports , mais qui , aujourd'hui , pourrait être supprimé sans inconvénient.

(1) Brochure in-4* de 3o pages, imprimée en 1781, chez Sibi^, imprimeur du roi et de la ville.

L'opération financière de l'emprunt de dix millions , pour payer TEtat , offrit d'assez grandes difficultés que Tarchivaire parvint à surmonter. Le Gouvernement lui accorda une gratification de 6,000 livres (^), et la municipalité lui alloua une indemnité de i,ooo livres par an. La délibération par laquelle cette somme fut votée est motivée de la manière la plus flatteuse pour M. Thiers. Le maire, parlant au nom de Tadministration , s'exprima en ces termes :

oc Le sieur Thiers succéda au sieur Capus en 1770, sous le même traitement de trois mille livres, qui fut porté à quatre mille livres par l'arrêt du Conseil du 3o août 1778, avec pouvoir au Conseil municipal de lui accorder une gratification de

(i) Etat des gratifications accordées par M. le Contrôleur général anx personnes qui ont été employées aux opérations relatives à la vente des terrains de l'arsenal, et à l'emprunt de lo millions: Au sieur Thiers, secrétaire-archivaire de la ville, 6,000 livres. Les échevins l'ont recommandé comme ayant en la principale part à toutes les opérations. Paris, le 2 juillet 1784.

(Archives de la Préfecture des Bouches ^ du 'Rhône. Fonds de l'Intendance, J

mille livres lorsqu'elle serait trouvée juste et raisonnable.

c II remplit cette place depuis près de vingt ans sous les mêmes appointements.

c Dans ce long espace de temps, les affaires se sont multipliées à l'infini. Il est juste , Messieurs, de vous faire connaître la nature du travail de M. Thiers et les avantages qu'il a procurés à la Communauté.

c Le greffe de la Juridiction consulaire est disputé en 1770 par le Collège des notaires pour le mettre en ferme ; la Communauté est maintenue dans la propriété de ce greffe à la suite des recherches de M. Thiers qui découvrit, par dix-huit actes, Tachât fait par la ville des engagistes du roi.

oc L'augmentation du prix du sel excita nos réclamations auprès du trône et sur nos représentations, il intervint deux arrêts du Conseil qui nous ont accordé successivement jusqu'à trente-quatre mille livres de bonification annuelle.

« Le Gouvernement donne ordre, en 1774, de mettre en vente le terrain de la place Latour, pour le produit être employé à la libération des dettes de la Communauté ; représentations contre cet ordre, le Gouvernement insiste, cinq différents mémoires sont adressés successivement au Ministre pour obtenir la conservation de cette place , elle nous est enfin accordée et vous connaissez , Messieurs, son utilité.

« La petite voirie nous est disputée en 1776 par le bureau de MM. les Trésoriers de France; divers mémoires ont été envoyés à Paris, à la suite de la découverte faite aux archives du titre d'acquisition

de cet office en 1702, et nous avons lieu d'en espérer un heureux succès.

a La recherche de cent vingt-cinq actes , tant d*achats que de ventes , pour justifier que les murs et les lisses de la ville appartenaient en propre à la

Communauté, fait que le Gouvernement n*a point eu d'égard à l'opposition que MM. les Ingénieurs

faisaient que le nouveau poids de la farine s'appuyât sur les remparts.

« En 1781 , survint TafiFaire de Tarsenal, elle est SI récente que nous n'avons pas besoin de vous rappeler la multiplicité des opérations qu'elle a entraînées ; trois mille lettres de change sont envoyées au trésor royal ; sans erreur, sans équivoque , sans aucune omission, le compte général de cet emprunt est adressé au Ministre de la finance, sa réponse est que notre tableau ne laisse rien à désirer.

« Le Ministre demande aux échevins un plan de distribution du terrain de l'arsenal , divers architectes s'évertuent , aucun de leur plan n'est agréé , M. Thiers en imagine un qu'il développe dans un mémoire anonyme qui fut lu dans un Conseil municipal et unanimement approuvé, puisqu'il fut signé et paraphé par MM. les maire, échevins et assesseur, le Conseil tenant, et ce même Conseil en requit l'impression.

« Le travail de l'archivaire est si multiplié, qu'il

faut aujourd'hui deux et trois registres de correspondance par an, tandis qu'un seul suffisait autrefois pour deux ou trois années , et , sans vous parler d'une infinité d'autres mémoires qui ont été suivis du succès à l'avantage de la Communauté , nous devons vous rappeler les représentations qu'il fit contre le projet d'agrandissement de la ville et dont vous avez eu connaissance dans le temps.»

Le Conseil vote immédiatement et à l'unanimité a la somme de quatre mille livres à titre de gratification à M. Thiers, pour le travail extraordinaire qu'il a fait depuis quatre ans (^).»

Parmi les mémoires rédigés par M. Thiers et dont il est fait mention dans l'exposé du maire , il en est quelques-uns qui seraient encore lus aujourd'hui avec le plus réel intérêt.

Ainsi , à l'occasion d'un conflit soulevé par le marquis de Pilles , Gouverneur-Viguier de

(i) Reg. des Délib. Séance du 17 décembre 1787.

Marseille, Tarchivaire écrivit une notice historique très complète sur la charge de viguier, sur son origine et sur les attributions successives de ce fonctionnaire (*).

Un grand nombre de ces mémoires ont été imprimés ; mais il est difficile de les reconnaître , parce qu'ils ont été publiés sans nom d'auteur, et qu'ils sont confondus avec tous les autres factums conservés à l'Hôtel-de-Ville. J'ai pu , cependant , en découvrir quelques-uns au moyen des originaux écrits de la main de l'archivaire. Le seul imprimé portant la signature de M. Thiers , a pour titre : *

Page 1